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Neuroplasticité et troubles bipolaires

 
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PostPosted: Mon 11 Feb 2008 - 21:17    Post subject: Neuroplasticité et troubles bipolaires Reply with quote

Neuroplasticité et troubles bipolaires

Dr Christian GAY
Clinique du Château, Garches



Le patient bipolaire et son entourage sont aujourd'hui informés des aspects neurobiologiques du trouble bipolaire. Cette information est diffusée dans des buts bien précis, celui de comprendre la maladie mais aussi celui de faire accepter la réalité du trouble, de l'assimiler à une maladie à part entière. Expliquer qu'il existe des perturbations de la biochimie du cerveau et des modifications anatomiques avec un amincissement de certaines zones lors des phases dépressives est une étape tout aussi importante que celle qui consiste à aborder l'aspect multidéterminé du trouble.
En outre, cette information permet de lutter contre la stigmatisation de cette pathologie, la discrimination et le rejet de l'entourage et de la société qui continuent à avoir une vision négative des troubles de l'humeur, en les banalisant et en responsabilisant les patients.


Culture Psy Neurosciences : En quoi la prise en charge des troubles bipolaires a-t-elle évolué ?


Dr Ch. GAY : Nous attribuons une place importante à l'information du patient, à la qualité de la relation, au recours à des mesures psychoéducatives qui intègrent les règles d'hygiène de vie et nous impliquons la famille dans la prise en charge. Ceci va permettre d'aboutir à une alliance tripartite en respectant la liberté de chacun et en instaurant la règle de la transparence. Cela ne remet en rien en cause la place des traitements thymorégulateurs, clef de voûte du traitement.
En revanche, les antidépresseurs sont utilisés plus prudemment, au même titre que les neuroleptiques en privilégiant les produits qui présentent un risque plus faible de faire virer l'humeur.


CPN : Comment expliquer cette modification de l'approche thérapeutique du trouble ?


Dr Ch. G : Les troubles bipolaires sont des affections à déterminisme complexe, intriquant des facteurs de vulnérabilité génétiques et psychologiques et des facteurs environnementaux. Il est fait référence au modèle bio-psychosocial.
Il est aujourd'hui admis de manière consensuelle l'existence d'une vulnérabilité génétique, sur laquelle des événements de vie précoces et plus tardifs pourront jouer un rôle précipitant. Le schéma selon lequel le rouble bipolaire était lié à une seule cause n'est plus d'actualité. Il tient compte du sujet, de son histoire, de son patrimoine génétique, de son environnement social, professionnel, familial, de la nature des événements, de son état physique et des traitements associés. Par ailleurs, les progrès de l'imagerie médicale ont considérablement fait évoluer la compréhension de cette pathologie et notamment l'implication des phénomènes de neuroplasticité. Nous savons désormais que les mécanismes étiopathogéniques des troubles bipolaires mettent en jeu des altérations structurales et fonctionnelles de l'hippocampe (1), de l'amygdale (2) et du cortex préfrontal (3). L'identification des causes constitue une étape tout aussi importante que l'évaluation clinique et la démarche diagnostique. Elle permet de proposer un traitement qui tiendra compte des différentes composantes de la maladie : biologiques, psychologiques et sociales. La participation active du patient à la prise en charge constitue une garantie supplémentaire. Ayant été informé de la nature des déterminants, il pourra ainsi se protéger contre certaines situations de fragilisation, avec l'aide de son thérapeute.



CPN : Comment définir les mesures psychoéducatives ?



Dr Ch. G : Cette composante essentielle de la prise en charge peut se définir comme l'éducation ou la formation théorique et pratique axée sur la compréhension du trouble et de ses différents traitements.
Elle prend en compte les causes et les conséquences de la maladie, le contrôle des facteurs déclenchants et les principaux aspects psychopathologiques du trouble, la qualité de la relation médecin-patient-famille. Elle constitue une approche spécifique du trouble bipolaire, faisant référence non seulement à ses déter-minants mais aussi à ses conséquences et aux pathologies associées qui constituent souvent des facteurs de résistance au traitement.
Différentes approches de mesures psychoéducatives ont été proposées ces dernières années. Néanmoins, si les objectifs et les modalités de travail en groupe sont, en partie, superposables et nettement influencés par les thérapies cognitivocomportementales, le nombre de séances, la sélection des patients, la participation ou non de l'entourage apportent une spécificité à ces différentes approches.



CPN : Quelle est la place des mesures psychoéducatives ?



Dr Ch. G : Les mesures psychoéducatives occupent une place prépondérante dans la prise en charge des patients bipolaires. Elles dépassent largement le cadre de l'information générale transmise sur la maladie et ses traitements. Les mesures psychoéducatives, dont le rôle a longtemps été sous-évalué dans les troubles bipolaires, font partie avec les thérapies cognitivocomportementales, des traitements psychologiques les mieux documentés et pour lesquels il existe un niveau de preuve d'efficacité élevé.
Les dernières études publiées confirment ces données et rapportent une diminution du nombre de récidives et de rechutes, une diminution de la durée d'hospitalisation, un meilleur équilibre de la vie familiale et une amélioration de la qualité de vie.



CPN : Comment expliquer cet impact aussi positif ?



Dr Ch. G : Il s'explique par les bénéfices attendus de cette approche complémentaire : acceptation du trouble (au sens d'une reconnaissance et non d'une résignation), reconnaissance précoce des symptômes qui annoncent une récidive, amélioration de la qualité de l'observance thérapeutique et prévention des abus de substances, meilleure gestion de la vie sociale, professionnelle et affective, identification des facteurs déclenchants et précipitants, respect des règles d'hygiène de vie, amélioration des relations interpersonnelles et du fonctionnement social dans les périodes intercritiques (symptômes mineurs et symptômes résiduels). En outre, le patient durant le temps de cette prise en charge est mis sur des rails et bénéficie de l'expérience du groupe.



CPN : Quelles en sont les modalités pratiques ?



Dr Ch. G : Elles s'inspirent principalement des techniques comportementales. Le nombre de séances est variable et dépend des objectifs fixés. Il est limité à 5 ou 6 lorsqu'un seul thème a été préalablement défini ou lorsque l'on donne une information générale sur la maladie.
Le nombre idéal est une vingtaine de séances pour donner la possibilité au groupe de fonctionner et aborder les différents aspects du trouble.
Ces mesures s'adressent préférentiellement à des patients équilibrés. Elles pourraient s'envisager en fin d'hospitalisation au décours d'un épisode d'excitation ou de dépression.
En théorie, tous les patients devraient être accessibles à ce type de mesures, comme peuvent l'être tous les diabétiques, asthmatiques, hypertendus... Cette approche peu coûteuse, en parfaite adéquation avec les objectifs du programme de santé de lutte contre les maladies mentales, pourrait être facilement applicable et généralisable à l'ensemble des patients. En pratique, il apparaîtrait logique de proposer cette mesure aux patients dès le premier accès, compte tenu de l'enjeu important et de la nécessité de mettre tout en oeuvre dès le premier épisode afin d'enrayer le processus évolutif : plus la prise en charge est tardive, plus il y a de risques de récidive, de résistance et de désocialisation. Par ailleurs, il est admis que les bénéfices de cette approche sont inversement proportionnels au nombre antérieur d'épisodes. Une consultation préalable est, en règle, nécessaire afin de préciser, avec le patient, les objectifs et de constituer un groupe homogène en excluant des personnalités trop psychorigides ou antisociales qui pourraient exercer une action négative sur la dynamique du groupe. Le respect de la confidentialité, la ponctualité et l'assiduité constituent des règles élémentaires au bon fonctionnement du groupe.
Ces mesures sont délivrées par un personnel entraîné aux thérapies de groupe (psychiatres, psychologues, infirmiers). Elles constituent un acte thérapeutique à part entière.



CPN : Quelle est la place de la famille ?



Dr Ch. G : L'entourage proche est aussi concerné par ce type d'approche. Il peut être constitué par les conjoints, parents, enfants ou amis. Il peut être inclus au groupe de patients ou être intégré dans des groupes spécifiques d'accompagnants. Les programmes destinés à l'entourage se superposent à ceux des patients.



CPN : Quelle conclusion rapide pourriez-vous nous proposer ?



Dr Ch. G : L'approche psychoéducative constitue un des éléments clefs de la prise en charge du trouble bipolaire et permet d'optimiser le traitement médicamenteux auquel elle ne peut se substituer.



Bibliographie
1. Blumberg HP, Kaufman J, Martin A, et al. Amygdala and hippocampal volumes in adolescents and adults with bipolar disorder. Arch Gen Psychiatry. 2003;60:1201-1208.
2. Altshuler L, Bookheimer S, Proenza MA, et al. Increased amygdala activation during mania: a functional magnetic resonance imaging study. Am J Psychiatry. 2005;162:1211-1213.
3. Drevets WC, Price JL, Simpson JR Jr, et al. Subgenual prefrontal cortex abnormalities in mood disorders. Nature. 1997;386:824-827.
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Bipote
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PostPosted: Sun 17 Feb 2008 - 06:43    Post subject: Neuroplasticité et troubles bipolaires Reply with quote

Dépression et neuroplasticité

Relation entre la dépression et la neuroplasticité : les zones du cerveau impliquées dans le contrôle de l’humeur et des émotions, les conséquences de la dépression en terme de capacité neuronale à se remodeler en fonction de l’environnement...

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PostPosted: Mon 25 Feb 2008 - 12:51    Post subject: Neuroplasticité et troubles bipolaires Reply with quote

Neuroplasticité et psychothérapie

Dr Dominique SERVANT
CHU de Lille, Hôpital Michel Fontan, Lille


Tout comme les médicaments, les psychothérapies agissent sur la neuroplasticité neuronale au niveau du cortex frontal et du système limbique. Les différentes techniques psychothérapeutiques comme la thérapie cognitive, la gestion du stress et des émotions, les thérapies psycho-dynamiques pourraient activer des zones cérébrales spécifiques. Une meilleure connaissance des effets des différentes psychothérapies sur la neuroplasticité pourrait permettre à l’avenir de mieux orienter leur choix et d’optimiser leurs effets.

Culture Psy Neurosciences : Les psychothérapies sont-elles aussi efficaces que les médicaments dans le traitement de l’épisode dépressif ?

Dr D. Servant : Les études contrôlées montrent des résultats sensiblement équivalents entre les antidépresseurs et les psychothérapies, à savoir entre 50 et 70 % de réponses positives. Ce sont les thérapies cognitives et comportementales (TCC) qui ont été les plus étudiées, probablement parce qu’elles sont plus facilement évaluables du fait d’une procédure bien définie et surtout reproductible. L’évaluation des psychothérapies pose plusieurs problèmes, notamment concernant le groupe témoin (patients en liste d’attente) mais aussi les objectifs qui peuvent varier d’une technique à l’autre. Il existe aujourd’hui un consensus des experts et des autorités de santé pour recommander systématiquement la psychothérapie dans la dépression traitée ou non par des médicaments. On peut schématiquement distinguer 2 niveaux de prise en charge de la dépression : l’information et la psycho-éducation s’inscrivant dans une prise en charge en médecine générale et les psychothérapies structurées du domaine du praticien spécialiste psychiatre ou psychologue formé. Enfin, je dirais aussi que, dans bien des cas, nous allons associer médicaments et psychothérapies ; cela paraît tout à fait licite surtout pour le long terme et pour favoriser l’arrêt des traitements. Le grand problème réside dans le fait que les psychothérapies ne sont pas toujours accessibles et que tous les patients n’en font pas la demande explicite.

CPN : Toutes les psychothérapies sont-elles efficaces et quelles sont les techniques que l’on peut proposer ?

Dr D. S : Différentes modalités psychothérapeutiques structurées ont été proposées dans la prise en charge du patient déprimé. Les thérapies cognitives et comportementales ont donné lieu aux études de validation les plus nombreuses. Les thérapies d’inspiration psychanalytique ou psycho-dynamique sont largement pratiquées, mais sont plus difficilement évaluables de façon standardisée. Elles sont plus difficiles à mettre en place durant la phase aiguë de dépression. Elles ont un intérêt chez certains patients, par exemple ceux qui présentent des troubles de la personnalité associés. Des approches systémiques comme les thérapies familiales ou de couple sont proposées en pratique, mais seules les thérapies interpersonnelles ont fait l’objet d’études contrôlées. Toutes ces approches et toutes ces techniques ne sont pas entièrement comparables et ne peuvent être opposées. Elles n’ont pas les mêmes objectifs : les TCC ont pour objectif principal les symptômes psycho-comportementaux et émotionnels, les thérapies psycho-dynamiques sont plus orientées vers les conflits psychologiques récents et anciens et l’approche systémique sur l’interaction du sujet avec la famille et les différents entourages du patient. Il importe certainement à l’avenir de mieux définir des recommandations les concernant.

CPN : Les psychothérapies agissent-elles sur la neuroplasticité cérébrale comme les médicaments et quels sont les changements constatés ?

Dr D. S : Les techniques d’imagerie par l’IRM fonctionnelle permettent d’étudier les modifications des activités mentales observées dans la dépression. Avec les médicaments, les résultats les plus constants des études de neuro-imagerie montrent une normalisation de l’activité au niveau du cortex frontal. De façon plus inconstante, on observe une diminution de l’activité au niveau du système limbique et des régions sous-corticales. Les modifications cérébrales des psychothérapies sont moins documentées à partir de l’imagerie et nous en sommes aux résultats préliminaires1. On a constaté un effet qui varie dans le temps, avec un effet initial au niveau cortical, puis limbique. Goldapple et al. ont observé une augmentation de l’activité au niveau des aires limbiques, contrastant avec une diminution au niveau des aires corticales chez des déprimés traités par TCC2. Des résultats similaires ont été observés avec les thérapies interpersonnelles. Les mêmes aires cérébrales sont donc bien concernées, mais les résultats obtenus avec les psychothérapies vont dans le sens opposé de ceux obtenus avec les médicaments. L’hétérogénéité des résultats observés peut être compatible avec l’hypothèse selon laquelle les traitements de la dépression sont sous-tendus par des mécanismes d’action différents. On peut penser que le traitement de la dépression passe par un mécanisme d’équilibre de la balance corticolimbique3 qui peut certainement s’obtenir selon différentes voies d’activation (corticocorticale, corticolimbique, limbosubcorticale) mais qui certainement à plus long terme aboutit à une normalisation et un retour à l’état d’équilibre.

CPN : Quel est le rôle de la gestion du stress et des émotions dans la prise en charge psychothérapeutique de la dépression ?

Dr D. S : C’est pour moi un élément fondamental : les études cliniques montrent de façon évidente le rôle du stress dans la dépression. Les événements de vie stressants augmentent le risque de dépression, d’autant plus que coexistent des facteurs de vulnérabilité génétique ou concernant la personnalité du sujet. Cette vulnérabilité varie avec le temps et est liée à la neuroplasticité cérébrale. À la longue, le sujet devient de plus en plus vulnérable face à des stress mineurs. L’émotion anxieuse réactionnelle au stress empêche les phénomènes de neuroplasticité au niveau limbique. Ce phénomène joue très probablement un rôle dans la chronicisation ou dans la persistance de symptômes résiduels dépressifs. Dans mon expérience, j’observe que les patients déprimés acceptent bien ces techniques de gestion du stress et de l’anxiété pratiquées en individuel ou en groupe4. Des techniques de centration sur la respiration et le corps, de visualisation, de repérage de pensées et d’émotions positives, d’acceptation des stress et des problèmes peuvent être, chez certains déprimés, très utiles, surtout lorsque la thérapie cognitive est difficile à mettre en place, et sont un bon complément du traitement médicamenteux.


Bibliographie
1. Brody AL, Saxena S, Stoessel P, et al. Regional brain metabolic changes in patients with major depression treated with either paroxetine or interpersonal therapy: preliminary findings. Arch Gen Psychiatry. 2001;58:631-640.
2. Goldapple K, Segal Z, Garson C, et al. Modulation of cortical-limbic pathways in major depression: treatment-specific effects of cognitive behavior therapy. Arch Gen Psychiatry. 2004;61:34-41.
3. Seminowicz DA, Mayberg HS, McIntosh AR, et al. Limbic-frontal circuitry in major depression: a path modeling metanalysis. Neuroimage. 2004;22:409-418.
4. Servant D. Gestion du stress et de l’anxiété. Paris : Masson, 2004:192 p.
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Paona
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PostPosted: Mon 25 Feb 2008 - 19:01    Post subject: Neuroplasticité et troubles bipolaires Reply with quote

Merci Bipote pour ces documents!
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agathe
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bipote

PostPosted: Wed 30 Apr 2008 - 10:43    Post subject: Neuroplasticité et troubles bipolaires Reply with quote

Je suis entrain de lire sur le thème de la neuroplasticité un livre remarquable :

                        Les étonnants pouvoirs de transformation du cerveau
                                                        Guérir grâce à la neuroplasticité

de Norman Doidge,

Norman Doidge, M.D., is a psychiatrist, psychoanalyst, researcher, author, essayist and poet. Canadien né à Toronto, il partage son activité entre Toronto et New York.

la traduction de son livre en français est parue en avril.

Il a fait le tour des chercheurs qui ont découvert ce phénomène, et des soignants qui ont mis au point des techniques pour des applications à diverses pathologies suite à des accidents cardio-vasculaires, infirmités motrices et ou cérébrales accidentelles ou de naissance, maladies comme la nôtre, pathologies et déviances sexuelles, etc

C'est passionnant, peut être compris par le néophyte un tant soit peu cultivé, et comme l'a dit le dr Gay, voir plus haut, les applications n'en sont encore qu'à leur début.

Je sais que c'est possible, je me suis déconditionnée de mes angoisses de mort par rapport à mon fils. Dès qu'il n'était plus dans mon champ de vision, une sirène de pompiers, une ambulance ou croiser une ambulance de pompiers suffisait à me mettre dans un état d'angoisse intense, avec palpitations cardiaques, sueurs, le besoin incontrôlable de vérifier si mon fils était concerné etc. J'ai été au devant de ces angoisses au risque de me ridiculiser, et certains n'ont pas manqué de le faire... Mais je ne pouvais pas continuer à polluer ainsi la vie de mon fils, l'empêchant parfois de faire certaines activités.

Suite aux divers traitements d'électrochocs, d'abord en 90, j'ai retrouvé ma mémoire grâce la tenue impeccable de mes dossiers et une très bonne organisation, 1ère étape, ménage, puis rangement, puis stage de mémoire, il s'est avéré que j'en avais plus que l'animatrice, puis écriture pour reconstituer le tableau.
mars 2007, rebelote car j'avais arrêté mon lithium en 2000, pensant pouvoir m'en passer après des années de stabilisation. Rechute fin 2005, manie suivie de 2 phases maniaques profondes (ce serait plutôt une qui a eu un petit mieux au centre.
Rééducation essentiellement par la lecture de bandes dessinées, au début plusieurs fois la même; et mes cours de clarinette (je suis des cours depuis 5 ans), quand je suis sortie de la clinique, je ne me rappellais même pas que j'en avais une, même de certains objets de cuisine ...et beaucoup de souvenirs s'étaient envolés, je ne savais plus lire la musique, ni les doigtés, j'ai travaillé un heure tous les jours et en quelques mois, j'ai dépassé mon niveau antérieur.
et puis aussi bien sûr diverses activités sur mon portable, internet et autres.

Dans la dernière clinique où j'ai été pour les ect, on nous prescrivait des médicaments, mais aussi des activités comme musculation, yoga, gymnastique, conférences, psy de groupe, peinture sur soie, perles, promenade sur le marché, randonnées, jeus de société, thalasso, je ne sais plus, etc
Selon, les cas, elle différaient bien sûr. On pouvait s'inscrire volontairement aux activités de notre choix. On pouvait discuter ausi, bien sûr. Mais plus toute celle foule de malades désoeuvrés shootés qui s'ennuient à mourir et attendent que les jours passent ...

J'ai retrouvé la mémoire de ma jeunesse.

Cà se passe dans la banlieue lyonnaise ...
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agathe
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Bipote
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PostPosted: Thu 1 May 2008 - 09:41    Post subject: Neuroplasticité et troubles bipolaires Reply with quote

Bonjour Agathe,

Je te remercie pour ton témoignage et la référence de ce livre.

L’ECT reste l’un des traitements les plus efficaces pour soigner la dépression résistante. Bien qu’elle soit utilisée depuis plus de 60 ans, les mécanismes d’action sous-tendant son effet antidépresseur sont toujours mal connus. Il existe bien des phénomènes de neuroplasticité au cours de l’ECT, en lien avec son effet antidépresseur mais leurs causes restent à mieux préciser dans l’avenir.

Il n’est pas rare d’observer les premiers effets antidépresseurs de l’ECT dès les premières séances, voire dès le premier jour. Ceci ne peut certainement pas être directement lié aux phénomènes de neuroplasticité, même s’ils débutent dès les premières heures.

Parmi les différents phénomènes impliqués par le concept de neuroplasticité, la neurogenèse est l’un des plus étudiés, la neurogenèse désigne la création de nouvelles cellules neuronales dans le cerveau.

La neuroplasticité et l’apprentissage sont actuellement au centre des avancées de la psychiatrie : on considère désormais que chaque nouvelle dépression a un « coût neuronal », avec une altération progressive de la neuroplasticité et des processus cognitifs, correspondant à une perte de « flexibilité mentale ».

Une piste thérapeutique très récente vise toutefois, de façon beaucoup plus spécifique, la correction des déficits cognitifs du déprimé et de leurs conséquences fonctionnelles : il s’agit des techniques de remédiation cognitive, s’appuyant en particulier sur les propositions théoriques de R. Jouvent, la remédiation cognitive vise à corriger le déficit cognitif global du déprimé : elle vise à « fluidifier la pensée », elle tente de permettre au déprimé d’utiliser de nouveau ses capacités cognitives, favorisant ensuite la mise en œuvre des thérapies.

Bonne journée!

ECT : de la neuroplasticité aux mécanismes d’action J. Holtzmann, M. Polosan, P. Baro, T. Bougerol-Encéphale- Vol 33 - N° 4-C1 - Septembre 2007
Rémission cognitive et rémission clinique de la dépression C. Spadone -Encéphale- Vol 34 - N° 2 - Avril 2008
Jouvent R. La remédiation cognitive des déprimés, séminaire de l’Inserm : aspects cliniques et thérapeutiques de la dépression, mai 2007.


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agathe
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bipote

PostPosted: Thu 1 May 2008 - 11:24    Post subject: Neuroplasticité et troubles bipolaires Reply with quote

je ne comprends pas tout ce que tu écris, Bipote, disons que ce ne sont pas des termes que j'utilise au quotidien et cela me demande un très gros effort de lecture, mais je comprends en gros ce que tu exprimes.

c'est vrai que l'ect fait effet dès le premier de la série. j'imagine que çà doit bouger des connexions synaptiques indésirables; Et que c'est  pour cela qu'il faut une série pour avoir un effet durable; mais peut-être aussi d'autres choses. La dépression, c'est sûr paralyse en grosse partie la pensée. Et je n'ai pas retrouvé certains souvenirs même marquants de cette période. Par exemple, je suis allée au mariage d'un ami en 2006, et même en regardant les photos, çà ne me ravive pas la soirée, alors que j'ai des images de la mairie.
Par contre, pour le reste, il a suffi que je me retrouve en contact avec des choses pour que je me les remémore. Mon fils m'a fait redécouvrir que j'avais un mixer pour la soupe cet hiver. J'avais besoin d'un instrument qui fasse cette fonction, mais je n'avais pas le souvenir de l'appareil dans un tiroir; Pour d'autres comme la clarinette et le solfège , il m'a fallu quelques temps de travail.

Plus une activité est pratiquée, plus elle prend de place dans le cerveau, et d'autres connexions se défont. C'est comme çà que çà marche
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agathe
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Bipote
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PostPosted: Mon 8 Dec 2008 - 19:21    Post subject: Neuroplasticité Reply with quote

Bonjour,

Nous avons le plaisir de vous informer que le site www.neuroplasticite.com est en ligne.

Vous y trouverez, entre autres, des informations sur la neuroplasticité, ses implications scientifiques et des témoignages sur son impact dans la pratique médicale.

Définition de la neuroplasticité


La neuroplasticité correspond à la réorganisation d'une structure neurale existante, produisant, par voie de conséquence, une modification fonctionnelle. Ce phénomène peut s’observer à différents niveaux, du gène au comportement.

Au niveau cellulaire, la neuroplasticité s’exprime par des remodelages des synapses, des modifications de la structure des dendrites et des axones allant jusqu'à la production de nouveaux neurones dans le cerveau adulte ("neurogenèse secondaire").



Rôle dans le système nerveux


Le processus de neuroplasticité est considéré aujourd’hui comme un principe fondamental du fonctionnement du système nerveux et révèle le caractère dynamique de son organisation.


Nécessaire à la mise en place d’un réseau fonctionnel de neurones au cours du développement, la neuroplasticité dans le cerveau adulte se manifeste aussi bien dans des conditions physiologiques que physiopathologiques.

Diaporamas téléchargeables PowerPoint
Neuroplasticité et formes cliniques de la dépression16 slides818 Ko
Neuroplasticité et imagerie : avancées récentes dans la dépression12 slides4 214 Ko
Neuroplasticité et pharmacologie de la dépression20 slides2 330 Ko

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Barsanuphe
Bipote Emeraude

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Unipote pour l'insta Salarié

PostPosted: Wed 10 Dec 2008 - 16:42    Post subject: Neuroplasticité et troubles bipolaires Reply with quote

C'est tout simplement passionnant.

Je n'ai malheureusement pas le bagage scientifique qui me permet de tout bien comprendre, même si je commence à situer les hippocampes, l'amygdale, les cortex préfrontaux, etc et à être familier avec tous ces termes (5Htp, Bdnf, etc).

Y a eu beaucoup de travail effectué ces derniers temps sur la compréhension du fonctionnement du cerveau et ses troubles, c'est encourageant.
Vivement que ça aie des repercussions sur le plan therapeutique.
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ashanti
Bipote Saphir

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bipote enseignante en dispo

PostPosted: Fri 19 Dec 2008 - 11:59    Post subject: le cerveau sur arte Reply with quote

Bonjour les bipotes,

L'un ou l'une d'entre vous aurait-il vu de documentaire récent (2008) sur arte : le cerveau et son fonctionnement sont encore si "mystérieux"...

Sera-t-il rediffusé ? Si oui, quand ?

http://www.programme-tv.net/culture-infos/1217466-le-cerveau-en-miroir/

Le cerveau en miroirCulture Infos (16 votes)Genre : DocumentaireDate de sortie : 2008Durée : 51 mnTous publics
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Résumé :

Le cerveau reste un organe mystérieux. Il y a vingt ans, les scientifique pensaient qu'à chaque zone du cerveau correspondait une fonction, comme l'audition, la mémoire ou la vision. Les progrès des neurosciences ont fait voler cette idée en éclats. Aujourd'hui les chercheurs découvrent l'extraordinaire plasticité du cerveau, capable de se déformer et de se reformer à l'identique, chez le bébé comme chez l'adulte. Ils traquent la formation d'une pensée et explorent les relations complexes entre le corps et le cerveau. Qui commande ? D'où vient la conscience ? Le cerveau est-il un organe très différent des autres ?


Casting :
Réalisateur : Philippe Baylaucq - Françoise Lindeman - Véronique MaisonCaractéristiques techniques :


Pays : France - Nationalité : français - Année de réalisation : 2008 - Durée : 51 mn

Bonne journée
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@sh
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