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L'essentiel à connaître pour réagir face à un état d'excitation et de dépression.

 
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Bipote
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MessagePosté le: Mar 26 Fév 2008 - 07:04    Sujet du message: L'essentiel à connaître pour réagir face à un état d'excitation et de dépression. Répondre en citant

Réagir face à un état d'excitation

1. Le défi majeur est de parvenir à identifier les plus précocement possible les signes qui annoncent une rechute. Ils sont parfois dissimulés par le patient.
2. L'objectif est de "calmer le jeu", d'éviter le conflit, de maintenir un lien et d'enrayer l'aggravation de l'excitation.
3. Le principal écueil est d'interpréter toute manifestation émotionnelle ou comportementale comme l'annonce d'une rechute : un patient a le droit de rire, de se mettre en colère sans que cela signifie qu'il est en train de monter.
4. Tenter de le convaincre de consulter ou au moins de contacter son médecin : la tâches est particulièrement délicate, mais demeure essentielle.
5. Garder son calme : en phase maniaque, le patient "colle" à l'atmosphère générale, répond au quart de tour par des réactions disproportionnées. Face à un interlocuteur agité, il surenchérit.
6. Eviter de contredire, de critiquer ouvertement, et s'efforcer de contourner les mots qui fâchent : il prend la mouche facilement.
7. Réduire les stimulations de l'environnement. Le patient maniaque tend à répondre à toutes les stimulations extérieures. Il traverse un état d'hypersensorialité, ses sens sont affutés et ses perceptions (visuelles, gustatives, auditives, olfactives, tactiles) sont exacerbées.
8. Le calme devient une nécessité. Modérer les visites d'amis, de collègues. Limiter les bruits, la musique, l'usage immodéré de la télévision, les longues soirées, les discussions interminables, les activités sportives à l'excès. Tout est bien sûr question de dosage. Mais tous les excitants (Coca, Coca light ou zéro, café, thé, alcool...) sont à proscrire.
9. Demeurer discret dans cet effort d'apaisement et de recherche de calme. Une attitude dirigiste, infantilisante, serait évidemment mal vécue.
10. Tenter de contrôler les décisions du patient : il y a tout lieu de penser qu'elles seront inadaptées, excessives, injustifiées...
11. Eviter les grandes décisions pour soi-même : assister à la rechute est décourageant. Attendre d'avoir retrouvé davantage de sérénité pour discuter avec le patient.
12. Résister au charisme : en phase maniaque, les patients savent se montrer très convaincants. De plus, ils passent alors maîtres dans l'art de jouer et de manipuler, car ils perçoivent l'emprise et la force de persuasion qu'ils sont capables de développer.
13. Adopter des mesures de protection en conservant ses clés de voiture, son chéquier, et ses cartes de crédit. Si besoin, le médecin pourra demander une mesure de protection des biens.
14. S'assurer qu'il prend correctement son traitement sans revêtir la blouse de l'infirmier Se souvenir toutefois que si celui-ci a été interrompu, et en présence des premiers signes d'une rechute, une consultation et des nouvelles mesures médicales s'imposent.
15. Définir au cours d'une période d'accalmie (intervalle libre) un plan d'action, en accord avec le patient. La mise en place de ce plan d'action est facilité par l'alliance établie entre le patient, le conjoint et le médecin.

Réagir face à une dépression

Il est inutile de dire:

1. "Cela ira mieux demain ; ce n'est pas grave c'est passager, ce n'est qu'un moment de tristesse!" : c'est faux et culpabilisant. La dépression est un état pathologique et invalidant. En revanche, il est important de lui faire comprendre que c'est une affaire de temps et qu'il va guérir.
2. "Sors, cela te fera du bien! Secoue-toi, et cela ira mieux" : ces mots ne font qu'accentuer les sentiment d'échec du fait de l'incapacité du dépressif à établir des relations avec son entourage. S'il suit ce conseil, il sera probablement confronté à un nouvel échec qui ne fera que confirmer son état d'incompétence...
3. "Tu n'as pas de raison de déprimer" : c'est aussi absurde que de dire à un chauve "pourquoi tu es chauve, tu n'as pas de raison de l'être". Inuitile aussi de lui dire qu'il y a des gens qui ont de "vraies raisons" d'aller mal, cela ne changera rien au problème et ne fera qu'accentuer sa culpabilité.
4. "Tu manques de volonté" : la dépression n'est pas un problème de volonté, au contraire elle annihile la volonté. Le déprimé est bien suffisamment qu'il est faible et manque de caractère, ignorant que c'est la dépression qui est en cause !
5. "Tu te complais dans la dépression" : il suffit d'y avoir "goûté" pour savoir que nul ne se "complaît" dans la dépression, qui est une profonde souffrance.
6. "Si tu ne fais pas un effort, je m'en vais " Le chantage affectif n'a aucun effet chez un déprimé si ce n'est de le culpabiliser ou accentuer son sentiment d'isolement.
7. "Secoue-toi et cela ira mieux" : autant dire à un paralysé : "Lève-toi et marche." L'état d'aboulie limites toutes les activités du quotidien.

Il est préférable de tenir un discours positif, encourageant, bienveillant, chargé d'empathie :

1. "C'est une affaire de temps, tu vas guérir comme les autres fois ; le traitement va agir, mais il faut un peu de temps."
2. "Vis à ton rythme. Inutile de t'épuiser. Il est préférable que tu reprennes des forces. Cela ne sert à rien de t'exposer, cela risque de te fatiguer inutilement et tu ne te sentiras pas bien, ne seras pas à l'aise. "
3. "Tu n'y es pour rien. Tu n'as pas choisi d'être déprimé, c'est une maladie, ne l'oublie pas. Les raisons sont multiples et indépendantes de ta volonté. "
4. "On te le répète souvent, la dépression est plus forte que la volonté, tu verras que tu retrouveras la volonté d'agir et à nouveau des désirs. "
5. "Nous avons conscience que tu souffres. Tu as beaucoup de courage pour affronter cette maladie. Nous savons que tu ne complais pas dedans. "
6. "Nous sommes tous autour de toi. Tu sais que tu peux compter sur nous. Ne perds pas confiance. Nous te comprenons. "
7. "Cela ne sert à rien de te culpabiliser. Tu n'y es pour rien. Cela ira mieux progressivement. Ménage-toi et n'en fais pas trop. "

Quelques conseils vis-à-vis du malade

1. La gentillesse ne fait pas de mal à personne, surtout pas à celui qui souffre et en a besoin plus que quiconque. Se montrer calme, rassurant, bienveillant, encourageant.
2. Ne pas manifester d'impatience et rester simple dans ses propos. Encore faut-il prendre conscience des difficultés du dépressif à réagir et à penser, de sa fatigue, de son manque d'entrain et d'envie.
3. Un déprimé, ou un maniaque, peut être agressif ou irritable. Il n'est pas bénéfique de répondre avec les mêmes armes.
4. Manifester empathie, compassion et compréhension. Eviter de porter un jugement.
5. L'aider, si son état le permet, à relativiser, à prendre de la distance par rapport à ce qu'il considère être un échec.
6. Se souvenir qu'un déprimé ne retient que ce qui est négatif. Mieux vaut alors essayer de lui faire percevoir le positif.
7. L'aider à différer les décisions importantes. Il n'est pas en état d'évaluer correctement une situation.
8. Aider et accompagner ne signifient pas soigner. Le surveiller de trop près jusqu'à l'empêcher de faire les choses ne peut que l'étouffer.
9. Savoir fixer les limites de ce qui est tolérable pour vous.
10. Quand la famille va bien, le malade va mieux.

Quelques conseils pour vous-même


1. N'oubliez pas de penser à vous.
2. La dépression est une maladie déterminée par un ensemble de causes. Vous n'êtes pas responsable de son état dépressif ou maniaque.
3. Sachez vous faire aider si vous avez le sentiment de ne plus pouvoir supporter la situation.
4. Conservez de l'espoir, la dépression est une maladie accessible à des soins. Les cas difficiles peuvent justifier plusieurs avis. Il existe aujourd'hui de nombreux traitements très efficaces.
5. N'hésitez pas à demander à son médecin de vous expliquer sa situation, avec l'accord du malade.
6. Ménagez-vous des pauses pour récupérer. Vivre avec un bipolaire est éprouvant.
7. Ne baissez pas les bras, il y a toujours des solutions.
8. Fonctionnez avec votre bon sens.
9. Ne vous laissez pas emporter par vos sentiments du moment. L'attrait physique, l'admiration que vous ressentez pour le patient sont endommagés, mais ce n'est irréversible.
10. Il ne faut pas rester seul face à cette maladie. L'isolement est source de fragilisation. Les groupes de parole existent pour les aidants. Recherchez l'aide d'associations, comme l'Union nationale des amis et familles de malades psychiques qui représente une référence. Le fait de rencontrer d'autres familles permet de mieux comprendre et de mieux accepter.
11. Soyez réaliste dans vos attentes.
12. Conservez vos activités, vos liens, vos loisirs. Le renoncement et l'abnégation ne mèneraient qu'à votre propre fragilisation. La vie continue.
13. N'oubliez pas que votre souffrance n'atténuera pas la sienne, au contraire.

Copyright Hachette Littératures
"Vivre avec un maniaco-dépressif", Christian GAY
Sortie en librairie le 20/02/2008


Dernière édition par Bipote le Ven 20 Fév 2009 - 20:34; édité 1 fois
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MessagePosté le: Mar 26 Fév 2008 - 07:04    Sujet du message: Publicité

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Bipote
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MessagePosté le: Mer 21 Mai 2008 - 07:23    Sujet du message: L'essentiel à connaître pour réagir face à un état d'excitation et de dépression. Répondre en citant

Un lien un peu plus complet et plus facile à imprimer pour celles ou ceux qui n'ont pas encore le livre que je qualifierai d'indispensable pour apporter la meilleure aide qui soit aux bipolaires.

L'essentiel ainsi que sa postface

Nous comptons sur vous aussi, ne l'oubliez pas!
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Bipote
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MessagePosté le: Sam 7 Juin 2008 - 17:29    Sujet du message: L'essentiel à connaître pour réagir face à un état d'excitation et de dépression. Répondre en citant

Critique du livre "Vivre avec un maniaco-dépressif" Dr Christian GAY
Edition Hachette Littérature 2008
http://bipotes.leforum.eu/t898-Vivre-avec-un-maniaco-depressif.htm?start=15…

Comme son titre l'indique "Vivre avec un maniaco-dépressif", ce livre s'adresse essentiellement à l'entourage des personnes souffrant du trouble bipolaire.

Face aux fluctuations de l'humeur, rendant le diagnostic de la maladie difficile et tardif, les proches sont souvent désemparés et sans ressource, oscillant entre colère, culpabilité, angoisse, impuissance, déni,...

Reconnaître la souffrance de ces personnes et y répondre s'avérait donc être une nécessité que Christian Gay s'est donné comme mission tout au long de son livre.

C'est avec clarté, simplicité et rigueur que l'auteur informe sur la maladie, conseille et guide la famille, les amis... il a le mérite de rendre simple la compréhension du trouble bipolaire qui est si complexe de par sa nature et toutes les implications sur nos vies.

Les témoignages sont émouvants et permettent de saisir facilement la souffrance, ils racontent avec une grande simplicité les difficultés que peuvent rencontrer un proche et CG donne en fonction de chaque situation des conseils adaptés avec différentes attitudes à adopter.

C'est un livre vivant, dynamique qui s'appuie sur des cas pratiques, c'est de la vie dont il s'agit, pas de théorie.

Mais avant tout, ce livre est une invitation à un partenariat non plus à deux (malade et psychiatre) mais à trois (malade, psychiatre et proches). L'entourage est un acteur trop souvent mis à l'écart et négligé que le Docteur Christian Gay propose ici de réhabiliter. En effet, il est sans conteste un atout important pour mettre la personne souffrant de cette maladie sur la voie ou à aider à une meilleure qualité de vie. CG intègre l'entourage dans l'approche psycho-éducative qui est l'un des éléments clefs de la prise en charge du trouble bipolaire.

C'est un livre d'encouragement qui dédramatise cette maladie, qui prouve que la vie ne s'arrête pas là et je pense, pour ma part, que Christian Gay à travers cet ouvrage a réussi sa mission.
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Bipote
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MessagePosté le: Mar 12 Aoû 2008 - 06:08    Sujet du message: Critique du livre "Vivre avec un maniaco-dépressif" par H. Cuche Répondre en citant

Vivre avec un maniaco-dépressif, Ch Gay. Hachette Littératures, Paris (2008). 224 pp.
H. Cuche
Clinique du Château-de-Garches, 11 bis, sur de la Porte-Jaune, 92380 Garches, France

Ou « bien venue chez les Bi… »

Comme quoi, on ne parle bien que de ce qu’on connaît bien et de ceux qu’on aime bien.

Christian Gay connaît bien la psychose maniaco-dépressive, « il est tombé dedans très jeune », n’a-t-il pas écrit avec H. Lôo et J.-P Olié Le déprimé et son lithium en 1989 ?

Il aime les patients bipolaires, le dit et le montre au point d’avoir écrit avec un «bipolaire » (J.-A. Genermont Vivre avec des hauts et des bas (Hachette Littérature 2002). En cela, il fut novateur tout en démontrant le respect qu’il a pour les patients.

« Vivre avec un maniaco-dépressif » est un vade-mecum qu’il faut prescrire à tous nos patients bipolaires et à ceux qui vivent avec eux.

L’auteur montre les différentes manifestations inaugurales de la maladie et les raisons du retard au diagnostic, lequel demeure beaucoup trop tardif dans notre pays.

La maladie est exposée et illustrée par des cas cliniques. Christian Gay souligne ainsi que nos patients sont nos meilleurs enseignants, qu’il faut en avoir beaucoup pour bien connaître la maladie, et sur des années pour en appréhender les différentes modalités évolutives.

L’auteur souligne la gravité de la maladie, la souffrance du patient et de ceux qui l’entourent ; en même temps que l’on tente de réguler l’humeur il faut aider le patient et son entourage à limiter les conséquences familiales, professionnelles, et sociales de la maladie bipolaire.

Il est clair pour l’auteur, et il le démontre avec brio, que les bipolaires n’ont pas pour seule vocation d’absorber des régulateurs de l’humeur. Il montre combien la psychothérapie est indispensable. Comme chacun sait, Christian Gay est un des pionniers de la psychoéducation des malades bipolaires en France et ce livre reprend les principaux thèmes des séminaires de psychoéducation qu’il organise à la Clinique du Château (Garches) depuis des années.

Ce livre est destiné aux patients et à ceux qui l’entourent mais il apporte beaucoup aux professionnels, il nous montre comment en termes simples, on peut informer sur la maladie, faire collaborer l’entourage, et le faire participer aux soins sans se substituer au psychiatre.

Pour obtenir l’alliance thérapeutique du patient et de l’entourage il faut apporter des informations honnêtes et se montrer disponible pour le patient et pour les membres de sa famille.

Christian Gay aime les bipolaires, il leur prête beaucoup de qualités telles que : originalité, générosité, créativité… sans ignorer l’agressivité fréquente dans les phases hyperthymiques ; il les admire même, évoquant ces héros de la vie ordinaire, dans leur lutte permanente contre la maladie. Son empathie et sa compassion s’étendent à l’entourage dont il souligne l’humilité et l’abnégation en général, il leur prodigue des conseils pour résister dans les phases difficiles.

Dans un souci pédagogique, le livre est émaillé d’encarts résumant l’essentiel, il faut les photocopier et les distribuer à nos patients et à leur famille en attendant qu’ils lisent ce livre indispensable.

Doi : 10.1016/j.encep.2008.06.005
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Bipote Saphir

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MessagePosté le: Sam 20 Juin 2015 - 22:24    Sujet du message: Conseils pour les proches Répondre en citant

Troubles bipolaires : conseils pour la famille
http://www.douglas.qc.ca/info/troubles-bipolaires-conseils-famille

Les maladies mentales, comme les troubles bipolaires, ont un impact majeur dans la vie des personnes atteintes, mais également dans celle de leur famille et de leur entourage.

  • Ce que vit la famille durant la phase dépressive




Durant cette phase, les proches se sentent souvent démunis, tristes, anxieux, en colère, impuissants, voire coupables vis-à-vis de leur difficulté à aider l'autre. L'entourage doit souvent assumer une surcharge de travail et de responsabilités durant cette période. Il est important qu'il se protège également durant cette phase afin de ne pas tomber malade. N'hésitez pas à demander de l'aide à votre famille et à vos amis pour assumer ces tâches supplémentaires. Acceptez que durant une période tout ne soit pas tout à fait comme avant. Il est également important de vous documenter sur la dépression pour vous aider à mieux comprendre ce que vit votre proche. 

En général, les membres de la famille ignorent comment parler à la personne en dépression. Ils craignent de poser trop de questions et, en même temps, ne veulent pas que la personne croie qu'ils ne s'intéressent pas à leur maladie. Essayez d'apporter un soutien à votre façon et selon vos possibilités. Soyez patient. Le simple fait de reconnaître que la dépression est une maladie peut aider votre proche à se sentir moins coupable de ses comportements.


  • Ce que vit la famille durant la phase de manie



Pendant les phases hypomaniaque et maniaque, il arrive fréquemment que l'entourage n'arrive plus à suivre les idées de la personne atteinte : il ne la comprend plus et se retrouve comme « l'empêcheur de vivre ». Les proches peuvent être frustrés, en colère, ennuyés, ce qui peut entraîner des discordes importantes. Fréquemment, au cours de la phase maniaque, l'entourage ne reconnaît pas que la personne est atteinte de cette maladie. Les actes posés par les personnes souffrant de troubles bipolaires durant cette période laissent en règle générale des traces dans les relations interpersonnelles, 
car la manie peut les placer dans des situations à risque et très précaires (financière, sexuelle, professionnelle).

En tant que proche, durant ces périodes, vous pouvez encourager la personne à s'éloigner des situations trop stimulantes. Évitez d'argumenter avec une personne en manie ou en phase de manie, car souvent son jugement est altéré. Bien que la discussion soit souvent difficile à ce moment de la maladie, vous pouvez essayer de la prévenir des dangers liés à certains de ses comportements. C'est pourquoi il est conseillé de discuter quand la personne est stable afin d'établir un plan d'action avec elle (par exemple : vous mettre d'accord pour qu'elle vous confie sa carte de crédit lorsqu'elle éprouve des symptômes de manie).

La personne atteinte de troubles bipolaires a besoin de vous. C'est grâce à votre soutien qu'elle pourra analyser plus objectivement sa maladie, se fixer des buts utiles et accessibles.


  Vidéos de l'École Mini Psy

http://www.douglas.qc.ca/info/troubles-bipolaires-conseils-famille
http://www.douglas.qc.ca/videos/220
http://www.douglas.qc.ca/videos/137

Regardez d'autres cours de l'École Mini Psy.

Comment communiquer avec une personne souffrant de troubles bipolaires ?



En phase dépressive
  • Parlez d’une voix calme
  • Concentrez-vous sur un sujet à la fois
  • Soyez patient
  • Parlez de sujets routiniers pour reprendre la communication si elle a été interrompue
  • Ne la blâmez pas

En phase de manie ou d'hypomanie
  • Diminuez les stimulations
  • Ayez des conversations brèves
  • Résolvez les problèmes urgents immédiatement
  • N’essayez pas de raisonner la personne
  • Évitez d’argumenter
  • Ne soyez pas autoritaire, mais restez ferme, pratique et réaliste
  • Concentrez-vous sur un sujet à la fois
  • Soyez patient
Que peut faire l'entourage en cas de début de crise?
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Bipote Saphir

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MessagePosté le: Dim 8 Nov 2015 - 18:15    Sujet du message: L'essentiel à connaître pour réagir face à un état d'excitation et de dépression. Répondre en citant

6 CHOSES À NE PAS FAIRE AVEC UNE PERSONNE BIPOLAIRE


Famille, conjoint, ami... L'un de vos proches passe sans arrêt d'un état dépressif ou agressif à l'euphorie totale ? Voici toutes les réactions qu'il ne faut pas avoir pour éviter de déclencher des crises et faire en sorte que votre relation se passe mieux.




Réagir de manière impulsive



"Une personne bipolaire a avant tout besoin de calme et de réassurance", rappelle le Dr Christian Gay, psychiatre, spécialiste des troubles bipolaires et auteur du livre Vivre avec un maniaco-dépressif. L'essentiel est de ne pas se laisser déborder par ses émotions.
En phase maniaque, le patient "colle" en effet à l‘atmosphère générale, et répond au quart de tour par des réactions disproportionnées. Face à un interlocuteur agité, il surenchérit et lorsqu’un patient agresse verbalement, répondre sur le même ton ne peut qu’aggraver ses réactions. En phase dépressive, le patient peut aussi se montrer agressif ou irritable mais il ne faut pas répondre avec les mêmes armes.

Ce qu'il faut faire : mieux vaut essayer de prendre de la distance et de relativiser parce qu'on sait que la personne est bipolaire. Pas toujours facile, mais adopter la réaction adéquate peut se travailler par exemple en thérapie de groupe. Et s'il vous arrive de "craquer" et de réagir de manière un peu trop impulsive, pas la peine de culpabiliser, cela arrive à tous les proches de personnes bipolaires.



Favoriser l'excitation



Dans la phase maniaque, une personne bipolaire se trouve dans un état d’hypersensorialité, ses sens sont affûtés et ses perceptions (visuelles, gustatives, auditives, olfactives, tactiles) sont exacerbées.

Ce qu'il faut faire : "Mieux vaut favoriser un environnement de repos et de calme pour stabiliser l'humeur : limiter les bruits, la musique, l’usage immodéré de la télévision, les longues soirées, les discussions interminables, les activités sportives en excès. Tout est bien sûr question de dosage, il faut rester discret et ne surtout pas avoir l'air d'infantiliser la personne", conseille le Dr Gay.

Il peut être utile de dresser avec le patient la liste de ses facteurs d’excitation, de fatigue, et de stress. Pour l’un, ce sera la pratique sportive qu’il faudra réduire, pour l’autre, les heures supplémentaires au bureau, pour un troisième, les virées arrosées entre amis, pour un autre encore, les déjeuners avec la belle-famille…

A savoir : "Mais rechercher l’équilibre et la modération dans les rythmes quotidiens ne signifie pas supprimer tout relief dans le déroulement de la vie familiale", nuance le psychiatre. Il est important de conserver certaines habitudes et moments forts de la vie du foyer (réunions de famille, anniversaires) à condition de modérer leur intensité. Les fêtes, en revanche, représentent pour les patients en phase maniaque un exercice périlleux.



Culpabiliser le malade et lui faire la morale



"Il faut retenir que la dépression dont souffre une personne bipolaire n’est pas liée à un manque de volonté, que c’est une maladie à part entière, en rapport avec des dysfonctionnements neurobiologiques. Inutile donc de culpabiliser le malade, de lui faire la morale, de l’infantiliser, de lui demander de prendre sur lui…", note le Dr Gay.
Les reproches du type "tu y mets de la mauvaise volonté" sont contre-productifs car le malade n'est pas en mesure de contrôler son trouble. Dans le même ordre d’idées, exhorter un patient déprimé à se secouer est inadapté et inefficace.

Ce qu'il faut faire : mieux vaut manifester de l'empathie, de la compassion et de la compréhension, en évitant de porter un jugement. Il ne faut pas minimiser les plaintes et les sentiments exprimés par la personne et accepter son état comme elle le décrit, même si on ne le comprend pas.



Entrer dans le conflit et critiquer



"Face à une personne qui se trouve en état d’excitation, la communication est souvent compliquée, voire impossible. Il faut éviter de contredire, de critiquer ouvertement, et contourner les mots qui fâchent car une personne bipolaire prend la mouche facilement.

Ce qu'il faut faire : rester positif, mieux vaut par exemple parler au conditionnel plutôt qu’à l’impératif ("ce serait bien si… " ; plutôt que "tu dois…") et montrer de l’empathie : "Je te comprends, tu as beaucoup travaillé ces derniers temps, tu devrais te reposer un peu". Lors des phases maniaques, il faut faire preuve de tact, de diplomatie et de patience", conseille le Dr Gay. L’objectif est "de calmer le jeu", d’éviter le conflit et de maintenir un lien. Il faut rester à l'écoute et se montrer rassurant, bienveillant, encourageant.



Tout mettre sur le compte de la maladie



"Le principal danger est d’interpréter toute manifestation émotionnelle ou comportementale comme l’annonce d’une rechute : un patient a le droit de rire, se mettre en colère sans que cela ne signifie qu’il est en train de monter dans une phase maniaque", rappelle le spécialiste.

Ce qu'il faut faire : il faut donc essayer de ne pas s'inquiéter et se crisper au moindre changement d'attitude, car il existe des intervalles "libres" entre les phases maniaques et dépressives, durant lesquelles l'attitude du patient est la même que celle d'une personne non malade.



Vouloir tout gérer tout seul



"L’entourage joue un rôle important dans la prise en charge : il peut aider et accompagner le patient, mais son rôle s'arrête là, il ne doit pas se substituer aux soignants", rappelle le Dr Gay.

Ce qu'il faut faire : si une personne proche souffre de troubles bipolaires, il est donc important de faire alliance avec les professionnels formés à cette maladie. Et aussi de se faire aider et de prendre du temps pour soi : "Maintenir ses propres activités, ses propres lieux et temps de ressourcement et rechercher un soutien apporte de sérieuses garanties contre l’effet boule de neige qu’a parfois la maladie maniaco-dépressive sur les couples et les familles en général", note le psychiatre. Il est par exemple intéressant de participer aux groupes de parole et d’échange proposés par des associations (par exemple l'Union nationale des amis et familles de malades psychiques, Unafam), voire de suivre soi-même une psychothérapie si on en ressent le besoin.

Sources : Livre Vivre avec un maniaco-dépressif, du Dr Christian Gay, éditions Fayard.


http://www.medisite.fr/troubles-psychologiques-6-choses-a-ne-pas-faire-avec…
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 09:23    Sujet du message: L'essentiel à connaître pour réagir face à un état d'excitation et de dépression.

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