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Comment parvenez-vous à accepter vos limites ?

 
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feuilledarbre
Bipote Diamant

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MessagePosté le: Jeu 26 Fév 2015 - 00:38    Sujet du message: Comment parvenez-vous à accepter vos limites ? Répondre en citant

Coucou du soir ..

Moral en berne ...
En ce moment je me cherche un nouveau job dans le Groupe où je bosse, et je viens d'avoir une info que j'ai du mal à digérer de la part de ma RH à propos de mon image professionnelle : bonne professionnelle mais fragile et émotive : donc, pas de poste trop "exposé."
"On a l'impression qu'une pichenette te ferait t'écrouler " - " Tu as parfois tendance à te faire des nœuds au cerveau"

Ce soir, ça me révolte : s'ils connaissaient mon combat quotidien ! S'ils mesuraient la force qu'il faut pour me maintenir à flots !
Mais bon, on en a déjà parlé dans un autre post - il ne vaut mieux pas qu'ils le sachent, on est d'accord.

D'un côté : c'est vrai, c'est complètement exact, c'est criant de vérité : je suis fragile.
Mais d'un autre côté, ça me déprime que ça se voie autant, je suis mortifiée de ne pas parvenir à mieux donner le change.
D'un troisième côté, je me rends bien compte que ce n'est qu'une blessure d'orgueil puisque je le sais bien, tout ça, qu'il ne me faut pas un poste trop "stressant" ... donc où est le problème puisqu'en en réalité je suis d'accord, même si je n'ai pas envie de l'admettre ... ( = "nœuds au cerveau" ... oui bon.. grmmf :-)

D'où ma question : comment parvenez vous à accepter vos limites ? voire, mieux qu'à les accepter, à vous aimer avec ces limites ?

En parcourant le Forum, qui m'est ce soir plus que jamais d'un grand réconfort, j'ai vu plusieurs pistes pour soigner son estime de soi :
- ne pas se comparer aux autres ? ... ne se comparer qu'à soi même en se félicitant du chemin parcouru
- faire le deuil de la personne qu'on aurait voulu être (il serait temps, à 44 ans :-) .... la réalité vs la "vie rêvée" ..
- Relire "Imparfaits, libre et heureux " de Christophe André
- capitaliser sur ses points forts, au lieu de focaliser sur ses faiblesses
- se recentrer sur ses priorités : qu'est ce que j'attends vraiment de mon boulot ? Effectivement, un poste "exposé" m'obligerait sans doute à affronter des comportements scélérats et non respectueux, donc toxiques pour moi .. donc à fuir de toute évidence
- etc ....

En démarrant ce post j'avais le moral en berne, mais le fait d'avoir exprimé mes questions m'a déjà fait beaucoup de bien.
Décidément... vive l'écriture à destination de gens bienveillants.

Vos conseils supplémentaires me seront précieux. Merci d'avance les Bipotes.
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MessagePosté le: Jeu 26 Fév 2015 - 00:38    Sujet du message: Publicité

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TheValuk
Bipote Saphir

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Inscrit le: 24 Juil 2009
Messages: 1 361

MessagePosté le: Jeu 26 Fév 2015 - 13:22    Sujet du message: Comment parvenez-vous à accepter vos limites ? Répondre en citant

Coucou feuilledarbre,

Je dois dire que je partage tes interrogations. Personne ne m'a fait de remarque dans mon travail mais je n'ai pas besoin des gens pour me les faire moi-même très sévèrement.


Donc pour ton questionnement sur l'acceptation des limites, ou plutôt le fait d'avoir du mal à les accepter pour le coup, je vois deux choses en ce qui me concerne mais peut-être bien que ça s'étendra à toi et à d'autres :

1) Le ressenti, l'émotion, immédiats ou différés face à une situation qui déstabilise. Le fait d'être affecté par ce à quoi on ne s'attendait pas, malheureusement la plupart du temps jugé comme négatif. Et ça peut venir à mon avis d'une exigence trop élevée que l'on a de soi. On a un "sur-moi" complètement disproportionné et tyrannique.

A titre d'exemple, ces situations sont les plus récurrentes pour moi vis-à-vis de l'agitation de mes élèves à certains moment, et à mes difficultés pour ramener l'ordre en classe dans mon boulot d'instit. Je crois que beaucoup de mes collègues connaissent les mêmes difficultés inhérentes au métier mais malheureusement je me compare beaucoup trop à ceux chez qui c'est ultra carré.
Et je pense que la tendance qu'on a à comparer va de pair avec notre exigence trop élevée de nos aptitudes personnelles.


2) Le besoin de plaire, d'être aimé, accepté. C'est d'autant plus criant chez des personnes comme nous qui souhaitons "être comme tout le monde" et nous battons chaque jour durement pour ça. Je crois que ça va de pair avec le point précédent de toute façon.

Donc en gros il faut s'enlever de la tête l'idée qu'on doit absolument plaire à tout le monde : c'est impossible et inutile. Il vaut mieux plaire à ceux qu'on aime.
Facile à dire évidemment, surtout quand on a besoin d'un travail pour vivre et que, vu le temps passé avec les collègues et l'environnement professionnel, autant que ça se passe le mieux possible.


Tes propres conseils écrits en fin de ton message sont excellents. Merci de les partager.

Ce qui me fait peur à titre personnel, c'est que j'aime mon métier dans ses meilleurs moments mais déjà que je galère à 30 ans, je me demande comment je ferai à 65 (oui l'âge de la retraite va reculer de plus en plus... hélas). Il faut une énergie considérable pour canaliser 25 gamins surexcités et souvent paumés.
Or dans l'éducation nationale, les perspectives de reconversion sont... euh... absentes. A moins d'être foncièrement déclaré inapte et d'être mis je ne sais où quand il y a de la place. Là encore, pas très valorisant pour l'estime de soi, on sera d'accord.

Du coup tu n'es pas seule feuilledarbre, et je serai heureux de suivre ce fil pour recueillir les futures contributions des membres.

Passe une bonne journée !
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Parabellum
Bipote Turquoise

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Messages: 150

MessagePosté le: Jeu 26 Fév 2015 - 14:28    Sujet du message: Comment parvenez-vous à accepter vos limites ? Répondre en citant

Bonjour,
ma solution , qui peut ne pas convenir à tous, c'est de m'investir le moins possible au niveau professionnel. Je me contente d'un travail à mon niveau, j'aurais pu avoir beaucoup mieux, je pourrais apprendre et progresser mais je ne le souhaite pas. Il est vrai que financièrement parlant j'y gagnerais, et puis je pourrais en etre fier mais cela me demanderais beaucoup trop sacrifices sur mon état de santé mentale. Moins de responsabilité c'est moins de stress, moins d'attaques, on a notre petit train train journalier et on est plus libre. Sortir tot, profiter des belles fins d'après midi d'été avec ses enfants c'est ça le bonheur. "Nous" ne pourrons jamais gerer notre vie comme les "autres" car nous sommes trop sensibles, trop réactifs, le moindre stimuli peut nous faire basculer. Il ne faut pas chercher à plaire aux autres, c'est peine perdue, la société est très dure, si nous montrons nos faiblesses on va au mieux s'apitoyer ou bien se moquer. Je n'accepte pas les limites, j'aimerais avoir toujours plus, etre quelqu'un d'autres, de mieux, avoir fait d'autres études, avoir un autre travail, mais j'ai parfois l'impression que peu importe ce qu'on ai, on sera toujours insatisfaits, on voudra toujours l'inverse. Je pense que nous ne sommes pas capables de s'arreter, nous ne savons pas saisir les plaisirs, le temps est trop limité pour nous, les plaisirs, nos reves nous filent entre les mains. Je pense que je n'ai pas apporté de réponses à tes questions
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TheValuk
Bipote Saphir

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Inscrit le: 24 Juil 2009
Messages: 1 361

MessagePosté le: Jeu 26 Fév 2015 - 18:56    Sujet du message: Comment parvenez-vous à accepter vos limites ? Répondre en citant

Je trouve tes propos plutôt sages même si je serais incapable de suivre ta voie, Parabellum.

Ça me rappelle ce qu'a dit un des quatre enfants dans le magnifique film "Sur le chemin de l'école".
Grossièrement : On arrive dans la vie avec rien et on repart avec rien. Entre les deux il faut garder cette idée en tête dans ce qu'on fait.

Cette citation me parle beaucoup car premièrement je la trouve pleine de bon sens et d'humilité, et deuxièmement, elle peut être appliquée à n'importe quelle interprétation. Celle qui nous convient.
Exit la vanité, l'orgueil, le besoin de plaire. Mais aussi pouvons-nous accueillir ce qui compte le plus pour nous : la famille, l'entraide, etc. Donner son maximum, tout en se préservant...

Je vous recommande ce film.
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fontaine
Bipote Diamant

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Inscrit le: 03 Mar 2008
Messages: 2 386

MessagePosté le: Jeu 26 Fév 2015 - 20:04    Sujet du message: Comment parvenez-vous à accepter vos limites ? Répondre en citant

Bonjour feuilledarbre

Je peux accepter mes limites mais pas les aimer
Je crois que mes problèmes d’alcoolisme ont accéléré l’acceptation.
Ma vie professionnelle s’est écroulée et j’en ais beaucoup voulu au système des entreprises de ne pas me trouver une place. Il faut dire que j’ai été diagnostic à 42 ans , je me suis débrouillée seule, cela a sans doute été la raison de mon accrochage à l’alcool, faire face au stress.
Et puis donc maintenant j’essaye de me soigner et cela a réduit mes projets : arrivez à passer de bon moment à mon mari, pendant les vacances et nos sorties, une journée de consommation modérée est déjà une victoire.
Par ailleurs comme un mauvais moral agit sur la consommation je me suis appliquée à avoir le moral le plus possible, même si ce n’est pas toujours facile, même si ont vous renvois à votre caractère borderline de temps en temps .
Constater que j’ai un mari qui me soutient justement, de plus qui a un travaille pas trop mal rémunéré.
Je peux écrémer les librairies, voir des expos, me payer pour quelques semaines une clinique avec chambre particulière (en médecine, le fric c’est chic)
J’ai encore des amis (je compte mes relations internet parmi mes amis, mais textes sont pour partie publié sur mediapart)
Je peux relativement analyser ma maladie et mes médicaments.
Bien sur cela pourrait être mieux, mais quand je vois un sdf, j’ai le sentiment de voir une sorte de double, ce qui serait mon sort sans mon mari.
Je me suis beaucoup tourner vers les religions asiatiques, le bouddhisme notamment, mais je m’intéresse aussi au chamanisme, à des civilisations non occidentales pour voir le monde différemment.
Je lis aussi beaucoup sur la peinture
Je lis beaucoup en général et cela arrive maintenant à bloquer certaines douleurs.
Et si cela ne suffit pas je regarde les Shadocks sur you tube.
Voila mes portes de sorties : arts, bibliothèque et pied de nez !
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feuilledarbre
Bipote Diamant

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Inscrit le: 16 Oct 2008
Messages: 2 024

MessagePosté le: Jeu 26 Fév 2015 - 20:56    Sujet du message: Comment parvenez-vous à accepter vos limites ? Répondre en citant

Merci à tous les trois pour vos réponses, qui m’aident et me font réfléchir.
Mon texte est super long parce que je l'ai rédigé pendant la pause déjeuner après avoir lu les 2 premières réponses, mais je ne peux pas poster depuis le boulot.

@ Parabellum

1/ « Sortir tôt, profiter des belles fins d'après midi d'été avec ses enfants c'est ça le bonheur » « j'ai parfois l'impression que peu importe ce qu'on a, on sera toujours insatisfaits, on voudra toujours l'inverse » et « nous ne savons pas saisir les plaisirs »

Alors là, tu as visé dans le mile. Je me dis que c’est l’enjeu n°1 de garder en tête ses priorités et de préserver son équilibre de vie, à plus forte raison bien sûr pour nous les Bipotes.

Et tu évoques aussi la question n°2 du sentiment permanent d’insatisfaction. Souvent je pense à cette belle phrase : « Fleurir là où l’on nous a semé » .
Je me dis que c’est l’objectif vers lequel je voudrais tendre. Sur ce sentiment permanent d’insatisfaction, j’ai commencé à lire « Le Bouddhisme pour les nuls », il y a beaucoup de pistes de réflexion intéressantes dans cette philosophie. Tu vois, Fontaine, on se retrouve sur cette recherche.
Quant à ne pas savoir saisir les plaisirs … oui 1000 fois oui .. vive la méditation de pleine conscience qui nous apprend notamment à mieux profiter du moment présent.

2/ « je me contente d’un travail à mon niveau » (..) je pourrais apprendre et progresser mais je ne le souhaite pas »

Ça rejoint tout à fait une discussion que j’ai eue avec un ami mardi soir sur le sujet de la « progression de carrière » : il m’expliquait le « Principe de Peter » . C’est un principe satirique certes, mais qui a été quand même partiellement validé par des études universitaires. Peter affirme que «dans une hiérarchie, tout employé a tendance à s'élever à son niveau d'incompétence » : un employé compétent à un poste donné est promu à un niveau hiérarchique supérieur ; tandis qu’un incompétent à un poste donné n'est pas promu à un niveau supérieur, ni rétrogradé à son ancien poste.

Il en déduit qu’un employé ne restera dans aucun des postes où il est compétent, puisqu'il sera promu à des niveaux hiérarchiques supérieurs ; et que, autre conséquence, la majorité du travail est effectuée par des salariés n'ayant pas encore atteint leur « seuil d'incompétence ».

Que ce principe soit exagéré ou pas, j’en retiens qu’il est toutefois « préférable de se maintenir à un poste auquel on est compétent, non seulement dans l'intérêt de l'organisation où l'on travaille, mais aussi parce qu'être compétent à son poste est un facteur de bonheur personnel » .. et ce, même si le refus de progresser est mal vu dans notre société.

C’est exactement comme ça que je comprends ta remarque, et je trouve qu’elle est empreinte de sagesse.

Cette idée me fait du bien, car , dans le Groupe où je suis c’est un peu le culte de la performance, du dépassement de soi et du challenge permanent. Heureusement ce n’est quand même pas au niveau de certaines boites anglo-saxonnes qui ont pour devise « Up or out » -tu progresses ou tu pars.

Dans ma boite, heureusement, je pense qu' il y a encore de la place pour les évolutions « horizontales ». J'ai plus de chance que toi, Fontaine ..
Par contre, je ne peux pas rester à mon poste car il va être supprimé fin 2015, c’est pour ça que je m’en cherche un autre. Je retiens qu’il est peut être temps d’admettre que je ne suis pas loin de mon « seuil », donc de ne pas viser trop haut pour la suite.

@ TheValuk,

« ça peut venir à mon avis d'une exigence trop élevée que l'on a de soi. On a un "sur-moi" complètement disproportionné et tyrannique. »

Oui, je pense que tu as raison et d’ailleurs ta phrase me rappelle la notion d’auto-bienveillance dont parlait souvent Bipote.

Ce terme de surmoi est un peu psychanalytique, je l’exprimerais avec mes mots en « fantasme de soi ». Quand on se juge négativement, qu’on ne supporte pas certaines de ses faiblesses, c’est sans doute par rapport à la personne qu’on fantasmerait d’être…
Ca ne veut pas dire à mon avis qu’il ne faut pas avancer, poursuivre ses objectifs .. mais peut-être qu’il ne faut juste pas se tromper d’objectif. Comme on dit en RH J , choisir des objectifs SMART (spécifiques, mesurables, acceptables, réalistes et temporellement définis) .. et pas des fantasmes ?


Ca me fait penser aussi à la question des valeurs : voici ce que j’ai lu sur l’estime de soi sur internet « Pour estimer une personne, je dois (1) connaître cette personne et (2) la voir agir d'une façon qui est conforme à mes valeurs. Ces deux ingrédients sont aussi indispensables dans l'estime de soi. ».

Je me dis que je devrais peut-être travailler à être plus au clair par exemple sur la valeur « ambition professionnelle » pour mieux accepter mes ressources limitées et énergie et en solidité. En écrivant ça je me dis que, comme j’évolue dans un milieu où les gens sont très souvent ambitieux, peut-être que leurs valeurs « déteignent » sur moi ? alors que finalement ce ne sont pas les miennes, puisqu’en général les gens avec qui je m’entends bien, mes meilleures amies par exemple, artistes, ne sont justement pas du tout ambitieuses au sens où on l’entend, leur valeur n°1 étant la recherche de l’esthétisme.

Lu aussi : « La fidélité à soi-même consiste essentiellement à agir conformément à ce qui revêt de l'importance à nos yeux. » « Le respect de soi a un prix, tout comme le non respect en a un. Ce prix fait partie de l'ensemble que je choisis lorsque je décide de respecter ce qui m'importe. Le dicton "On ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre" s'applique aussi dans ce domaine. Chaque fois que nous choisissons de nous assumer en acceptant d'en porter les conséquences, notre estime s'en trouve rehaussée »


« Le besoin d'être accepté » « d’être comme tout le monde »

Voilà, exactement. Dans mon entreprise il faut être solide, et si je laisse transparaître ma fragilité, je ne suis pas comme tout le monde cherche à paraître, comme il faut être. Tu as raison, le plus important est de plaire à ceux qu’on aime. Et même si on évolue dans un milieu difficile, ce n’est sans doute pas une raison pour se renier ou se dévaloriser si on ne correspond pas au « modèle formaté ».

@ Fontaine

Désolée je n'ai pas préparé ma réponse pour toi entre midi et deux parce que tu m'as écrit ce soir, et je dois filer dans 1/4 d'heure.
Je suis admirative de ta force, mais aussi de ton sens de l'humour et de tes textes.
Toi aussi tu insistes sur la nécessité de veiller à faire des activités qui nous ressourcent, pour avoir une bonne estime de soi, et soigner son moral.
Tout ça me fait bien évidemment relativiser mes tout petits soucis de mobilité qui s'avèrera plus compliquée que prévue. :-)
Je prends de la graine de ta persévérance et de ta ténacité.


Merci du fond du coeur les Bipotes.
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kev78
Bipote Turquoise

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Inscrit le: 17 Nov 2010
Messages: 339

MessagePosté le: Jeu 26 Fév 2015 - 23:42    Sujet du message: Comment parvenez-vous à accepter vos limites ? Répondre en citant

Bonsoir,

Je viens de lire vos discussions avec intérêt.

je me dis c'est effrayant comme on se met la pression et comme cette pression est largement dictée par notre environnement, c'est à dire notre famille, notre pays, notre entreprise, etc...

Personnellement j'ai rejeté en bloc la société à peu près à mes 16 ans.

Après une scolarité "successful", mes résultats ont commencé à plonger à cause de problèmes psy carrément envahissant (au même moment, 16 ans).

Aujourd'hui j'ai 32 ans et je crois être sorti de l'enfer depuis peu, c'est à dire, pour moi, le refoulement, mais d'abord la dépression mélancolique et les acoufens chroniques.

Je n'ai pas eu le temps ni l'énergie de me projeter sur une carrière de "chalenger".

J'avais choisi le social, ai fait des études en psychologie. Je suis arrivé comme beaucoup d'autres en pensant que le social c'était "les bisounours" et me suis surtout apperçu que c'était un grand n'importe quoi, avec pas mal de personnalités (chez les travailleurs sociaux) carrément malsaines.

J'ai fui ce milieu qui de toute façon ne m'était plus accessible du fait de mes problèmes d'humeur puisqu'il faut être à 120 pour cent pour ces boulots là et que moi j'avais toujours le moral en berne.

Ensuite j'ai fait une formation pour devenir ouvrier paysagiste, mais le monde ouvrier est très rude aussi, c'est de l'ordre du sacrifice de soi, l'investissement physique atteint rapidement le psychologique et il faut gérer cet effort (qui est souvent difficilement gérable et usant physiquement, beaucoup de collègues de la cinquantaine ont les dos abimé à vie).

Là je suis dans une entreprise adaptée et j'ai réussi à me caser en tant que cantonier.
Bref un boulot à la c** et qui me complexe mais que j'accepte de plus en plus.

J'ai l'impression de voir tout le monde courir de tout côté toute la journée (notamment en voiture), je vois les gens qui traînent leur malheur et leur stress.

je vois très bien l'idéal de nos société, le "chalenge", et cela me dégoûte pas mal (sans vouloir offenser personne).
Je dois faire face au mépris de certains mais je sais maintenant me défendre.

Et donc, bon, si travailler est fondamental pour survivre physiquement et psychiquement, c'est aujourd'hui une "bonne planque" qui correspond à mes ambitions professionnelles.

Le monde du travail est violent de toute manière, et dans certaines boîtes plus que d'autres.
Le monde entier s'alienne au travail. L'idéal de la consommation de toute manière est imposé comme tel, pourtant tant de gens n'y croient pas.

On poursuit des chimères, on se met la pression, mais comme on n'a pas le choix, comme il faut survivre, on continue.

J'ai la chance d'avoir des parents très compréhensifs.

Mon père (maintenant à la retraite) était haut placé dans sa boîte mais il considère que sa vie, bien que ce type de parcours soit extrèmement valorisé, à été beaucoup trop abîmée par son travail, en clair il était cadre sup mais le stress l'a bouffé toute sa vie.

Il y a peu ce fu le premier à m'encourager à suivre le métier que je fais en ce moment.

Biensûr je ne vais pas y passer ma vie, mais pour l'instant c'est pratiquement le seul métier parmis tout ceux que j'ai fait avant , et il y en a eu beaucoup, pour lequel je reviens l'esprit tranquille après le travail.

Biensûr je n'idéalise pas trop non plus, l'entreprise adaptée dans laquelle je suis me met de la pression, mais pas plus qu'il ne le faut.

C'est à dire qu'en ce moment je suis avec une hiérarchie qui me respecte!

Là je vais peut être bientôt prendre un appartement.
Il y a 6 ans j'étais au lit tout le temps avec des pensées suicidaires, j'appelle ça se battre contre des fantômes.
Au moins le travail permet de' se battre contre du concret, pour moi ça a été fondamental.

Mais franchement les "chalenges" qu'on demande dans le type d'entreprise que tu décris, feuilledarbre, est tronqué, parce que toi tu luttes avec tes problèmes psychiques en +, et toute la souffrance qui en découle.

Même si c'est idéaliste, je suis pour un travail qui respecte les employés.

En te souhaitant bon courage.

Kev.
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mepine
Bipote Diamant

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Inscrit le: 26 Mar 2012
Messages: 3 840

MessagePosté le: Jeu 26 Fév 2015 - 23:44    Sujet du message: Comment parvenez-vous à accepter vos limites ? Répondre en citant

Salut Feuilledarbre,

Je suis contente de voir que ta réflexion avance.

Je me reconnais aussi dans ta problématique. De mon côté, j'ai été à un moment donné très sollicitée par mon chef d'établissement, ce qui signifiait des niveaux de classe intéressants et s'accompagnait d'heures supplémentaires et réunions à rallonge. Cela m'a conduit au surmenage et à la dépression... Aujourd'hui, j'ai repris le travail en signifiant mes limites, ce qui implique que mon proviseur me laisse tranquille concernant tout ce qu'il pourrait y avoir à faire en dehors des cours à assurer. Du coup, il sollicite les autres professeurs de la matière que j'enseigne, et ce sont eux qui obtiennent les classes d'un bon niveau. J'avoue que je ressens une certaine frustration quand je vois qu'il me reste en quelque sorte ce dont personne ne veut.

Et puis je me dis alors que j'ai une grande chance d'avoir pu conserver mon travail, ce qui était loin d'être gagné d'avance. J'ai également à présent bien plus de temps libre, et donc de temps pour moi. On met déjà tellement d'énergie à garder le peu que l'on a, difficile d' en accorder davantage à rechercher mieux!

Amicalement,
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feuilledarbre
Bipote Diamant

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MessagePosté le: Ven 27 Fév 2015 - 21:12    Sujet du message: Comment parvenez-vous à accepter vos limites ? Répondre en citant

Merci aussi Kev78 et Mépine. Je ne vais pas faire un aussi long message qu'hier :-) mais vos avis m'aident aussi beaucoup.

Vous aussi, vous évoquez tous les deux la comparaison avec les autres, le regard de la société. Ce sont donc bien des facteurs extérieur qui nous "chatouillent" ..

J'ai trouvé un article pas mal dont je partage un extrait :

http://www.scienceshumaines.com/changer-tout-en-restant-soi-meme_fr_27335.html

Acceptation et art de changer

Ce qui compte, c’est l’authenticité et la sincérité de l’intention : celui qui rencontre des difficultés en pratique ne doit pas s’en affliger, car elles ne dépendent pas de lui. Ainsi, l’échec éventuel est mieux accepté, car il ne doit pas amener le sujet à se blâmer en se l’attribuant totalement. Externaliser la responsabilité personnelle dans ce qui va mal ou bien, et l’évaluer correctement, est l’une des pratiques habituelles de la thérapie cognitive de la dépression.
La souffrance du patient qui entreprend une psychothérapie provient souvent de ses illusions sur lui-même, les autres, le futur, le monde, la vérité, le bien et le mal. Accepter ses limites est le premier pas de toute psychothérapie. « Acceptation » est un mot-valise dont on peut distinguer sept domaines d’application, qui correspondent à chaque fois à une problématique différente. Je vais donc essayer de clarifier les différents types d’acceptation – et de refus d’acceptation – que l’on peut rencontrer en thérapie cognitive.

1. L’acceptation de soi augmente l’estime pour soi : c’est l’un des objectifs de la psychothérapie. Néanmoins, le thérapeute doit accepter le patient tel qu’il est, afin que celui-ci s’accepte lui-même. Il en va de même dans toute relation d’amitié, d’amour ou dans un contexte professionnel. Il s’agit donc d’une acceptation en miroir.

2. L’acceptation de nos limites conduit à n’engager des actions que dans des domaines qui dépendent de nous. Mais comment savoir exactement ce qui dépend de nous ? Seule une bonne analyse de la situation sur le terrain permet de le faire pour déterminer si une bataille peut être gagnée. Il s’agit donc d’une acceptation stratégique.

3. L’acceptation de nos émotions consiste à les vivre au lieu de les nier et de vouloir les contrôler à tout prix. L’acceptation des émotions négatives est l’une des bases des méthodes d’exposition employées par les thérapies comportementales et cognitives (TCC) dans les phobies, dans les obsessions compulsions et dans le stress post-traumatique. Dans cette méthode, le sujet doit accepter de passer par une phase d’exacerbation de l’anxiété, qui, après un plateau d’habituation, va décroître et se stabiliser plus bas. Le paradoxe inhérent à la TCC est qu’il faut accepter de souffrir afin d’espérer guérir un jour de ses souffrances. Il s’agit donc d’une acceptation par exposition au mal-être temporaire en vue d’un mieux-être ultérieur.

4. L’acceptation des autres permet de mieux vivre avec eux. En particulier, comme le recommandent à la fois le bouddhisme et le christianisme, il est bon d’avoir de l’empathie pour ses ennemis, car la haine nous fera encore plus souffrir que le dommage causé par l’ennemi. C’est donc l’acceptation par le pardon.

5. L’acceptation du monde tel qu’il est. Mais qu’est-ce que le monde ? Il est parfois sain de vouloir le changer malgré des forces contraires. Machiavel, dans Le Prince en 1532, a repris la distinction latine entre la vertu et la fortune. La fortune est ce qui nous arrive de bien ou de mal sans l’avoir voulu. L’accepter est la première phase avant une deuxième phase qui consiste à rebondir. La vertu latine dont parle Machiavel s’appelle le courage ; c’est l’attitude positive devant la mauvaise fortune : « Je juge qu’il peut être vrai que la fortuna soit l’arbitre de la moitié de nos actions, mais aussi que l’autre moitié, ou à peu près, elle nous la laisse gouverner. » En ce sens, le machiavélisme, dans son éloge de la « vertu », représente une forme de psychologie positive (8). L’acceptation momentanée est souvent utilisée dans les techniques de résolution de problèmes. Accepter un échec ou un traumatisme ainsi que la dangerosité du monde permet de mieux rebondir et de le changer. C’est donc l’acceptation résiliente.

6. L’acceptation de la condition humaine. Elle consiste à vivre en se disant qu’à tout moment la vie peut s’arrêter, sans que ce que nous avions commencé puisse aboutir sous nos yeux. C’est donc l’acceptation de l’angoisse existentielle.

7. L’acceptation de la mort. Elle consiste à n’envisager la mort que comme un passage et à considérer qu’elle seule a pitié de la souffrance humaine. C’est donc l’acceptation compassionnelle de ce que de toute manière, un jour, nous ne pourrons pas fuir.
L’absence d’acceptation représente un déni qui peut se porter aussi bien sur notre monde interne que sur les contingences de l’environnement et les contraintes biologiques qui nous contrôlent. La définition, en psychothérapie, d’un domaine d’acceptation sur lequel un travail personnel est nécessaire, réoriente le sujet vers une attitude positive, et remplace l’auto critique interminable et sa compensation par le fantasme de Monte-Cristo. Après tout, nous n’avons pas à accepter n’importe quoi, mais le refus d’acceptation de ce que nous sommes peut nous rendre inacceptable par les autres. 
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luciel
Bipote Turquoise

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Inscrit le: 27 Nov 2013
Messages: 344

MessagePosté le: Dim 15 Mar 2015 - 13:47    Sujet du message: Comment parvenez-vous à accepter vos limites ? Répondre en citant

Bonjour à tous,
Je n'ai retravaillé que très peu depuis mon hospitalisation de trois mois en 2013 et là, je suis "à l'école" où je l'ai dit aux profs et à quelques élèves et tant mieux, car j'ai fait un malaise mercredi (cf. mon post "Signal d'alarme). C'a été dur à avaler, le jour où j'ai reçu le papier de la RQTH et où j'ai compris que je disais adieu à mon métier de journaliste, beaucoup trop stressant. Je vais donc faire autre chose, je gagnerai moins bien ma vie, je ne travaillerai plus à temps complet. Il m'a fallu du temps pour me dire : je n'en suis plus capable. Mais je vais vivre autre chose. C'est encore dur, les réglages de cette nouvelle existence, mas je sais que ça sera bien. Je n'aurai plus peur de me faire engueuler à cause d'arrêts-maladie, je n'aurai plus peur de me sentir épuisée à la fin d'une très très longue journée et de ne pas oser le dire par peur des sarcasmes.
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Clémence Penrose
Bipote Saphir

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MessagePosté le: Mar 17 Mar 2015 - 18:32    Sujet du message: Comment parvenez-vous à accepter vos limites ? Répondre en citant

Bonjour les Bipotes,

C'est très intéressant ce fil sur les limites. Je vois - avec un peu de tristesse - qu'on est tous confronté aux mêmes problématiques au travail, peu importe le milieu.

Claire Marin dans un petit livre (La maladie comme catastrophe) analyse à quel point la société a un type de "malade acceptable", celui qui ne se plaint pas, et même surmonte sa pathologie/son handicap, comme si c'était presque une chance. Et je crois que nous les bipolaires nous utilisons beaucoup de stratégies de dissimulation, de défense, de contournement, si bien que nous nous épuisons à coller à cette représentation du "malade acceptable", et qui en plus ne peut pas parler ouvertement de sa pathologie.

La question que je me pose vraiment en ce moment et qui est liée aux questionnements que vous formulez aussi, c'est de quoi on doit faire le deuil ? La limite est difficile à trouver entre le renoncement (illégitime), l'aménagement (nécessaire), et le deuil (de la santé). Pour ma part je me demande presque tous les jours si je dois continuer à me battre pour faire un métier que j'aime et progresser vers un poste qui me plairait encore plus parce que je m'y épanouirai intellectuellement et moralement, ou en faire le deuil : dans quelle mesure c'est essentiel à ce que je suis, à mon identité personnelle ? Je me demande si je serai un jour la maman de quelqu'un, parce que même si c'est tout à fait possible et souhaité, je ne sais pas si j'aurais assez d'énergie.

Faire le deuil de l'idéal de santé, oui, mais jusqu'où ?

Bien à vous,

Clémence.
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mepine
Bipote Diamant

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MessagePosté le: Jeu 19 Mar 2015 - 20:37    Sujet du message: Comment parvenez-vous à accepter vos limites ? Répondre en citant

Salut Clémence,

Ton post trouve bien des échos en moi.

L'idée de "malade acceptable" est très intéressante. Il est vrai que l'on n'échappe à la marginalisation qu'en devenant ce malade capable de fonctionner, inséré dans la vie professionnelle et sociale. On ne nous accepte finalement que si nous agissons conformément aux codes sociaux et professionnels. Nous somme souvent confrontés au besoin de poser des limites, et donc de les avouer, sans spécifier clairement notre maladie; et nous devons donc sans arrêt recourir à des subterfuges pour obtenir un minimum de reconnaissance de notre état. Nous sommes souvent contraints de dire que nous prenons un traitement qui nous fatigue, sans dire lequel, et d'évoquer "un problème de santé", encore un euphémisme pour évoquer une maladie chronique et invalidante. Il faut mettre un masque avant de sortir - maquillage pour les femmes, vêtements coordonnées...

Et tout à coup nous entrons dans la catégorie "malades inacceptables" lorsque nous nous retrouvons en arrêt, ou pire, en invalidité. Nous avons l'impression d'être un poids pour la société. Et pourtant, nous ne l'avons pas choisi, nous avons tout fait pour conserver un travail. Lorsque nous nous protégeons en évitant de côtoyer du monde, nous nous retrouvons jugés par les autres, comme celui qui vit en reclus. Comment leur expliquer que nous sommes mal, tellement que nous ne nous sentons pas visibles, toujours sans citer un trouble qui serait stigmatisant pour de simples connaissances? Ou tout simplement que l'on doit abréger la soirée, lorsque nous nous sommes décidés à sortir, qu'un verre d'alcool suffit, et que non, on ne veut pas être resservi?

Mais nous ne pouvons pas réellement faire de deuil, car alors l'on renoncerait à tout... Il nous faut développer une certaine forme de résignation, mais là encore, se résigner à quoi? Comment évaluer ce qu'il faudrait éviter d'avance? Comment savoir si telle évolution de carrière est envisageable, ou non?

Quant à la question de la maternité, je me pose la même question: comment imaginer la présence d'un enfant alors que le fait de mener sa propre vie et de s'occuper de soi est déjà si épuisant?

Amicalement,
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feuilledarbre
Bipote Diamant

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MessagePosté le: Jeu 19 Mar 2015 - 22:40    Sujet du message: Comment parvenez-vous à accepter vos limites ? Répondre en citant

Merci à vous trois pour vos posts intéressants.

Je voudrais vous dire, sur la question de la maternité, que les enfants demandent certes de l'énergie mais que paradoxalement ils en donnent, aussi, énormément. C'est une relation à double sens, les enfants demandent et donnent, prennent et apportent.
Bien sûr je comprends vos interrogations (j'ai eu mes enfants avant mon diagnostic) , mais aujourd'hui mes filles sont ma plus grande fierté et la plus belle chose qui me soit arrivée. Alors oui, je n'ai pas toujours été une mère "à la hauteur" (à la hauteur de quoi d'ailleurs ?) mais elles savent que je fais mon maximum et c'est ça qui compte. Je crois qu'il ne faut pas surestimer le rôle des parents dans la construction des enfants : très vite ils se nourrissent de plein d'autres choses, par l'école , les copains, la nounou, d'autres adultes de la famille .. et les petits ou gros passages à vide de la maman n'ont pas autant de conséquences qu'on pourrait le craindre s'ils sont bien expliqués.

Mes enfants acceptent très bien mes limites, justement, bien mieux que je n'arrive à le faire moi-même :-)
Et dans mes moments downs, mes filles sont la plus belle raison de m'accrocher.

Sinon, s'agissant de ma problématique d'acceptation de ma fragilité, j'en suis actuellement à me dire :

1/ Je ne veux pas renoncer à évoluer professionnellement, ce renoncement est trop difficile pour moi. Je crois que c'est essentiel à ce que je suis pour reprendre les termes de Clémence.

2/ Je suis convaincue au fond de moi d'être beaucoup moins fragile qu'il y a 5 ans, et en tous cas d'être moins fragile que pas mal de personnes que je croise dans la vie : certaines sont névrosées sans le savoir, d'autres ne savent pas gérer leur stress, ou leur temps, etc ... Finalement le travail sur soi fait à cause de la maladie bipolaire est peut-être, d'une certaine façon, un atout.

3/ Par rapport à l'image de fragilité qui me colle aux basques depuis 2009 (2 arrêts de 3 mois pour dépression), je me suis rendue compte en fait que même s'il n'y a pas de fumée sans feu comme on dit, il y a aussi une part de médisance, de malveillance. J'ai eu confirmation de la personne qui répand ces gentilles informations. C'est comme des "casseroles" que je traîne depuis 5 ans alors que j'ai réussi 2 postes depuis, et que les gens qui m'ont rencontré l'an dernier par exemple, ne comprennent pas pourquoi j'ai cette image de fille fragile.
Bon ...dont acte .. je pense qu'une solution peut être justement de montrer que ça ne m'atteint pas outre mesure.

Voili voilou pour les aventures de feuilledarbre dans l'univers impitoyable de la World Company...
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Clémence Penrose
Bipote Saphir

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MessagePosté le: Ven 20 Mar 2015 - 00:01    Sujet du message: Comment parvenez-vous à accepter vos limites ? Répondre en citant

@ Mépine : je crois qu'on a à peu près le même âge et le même travail :)

J'en parlais avec un ami, de toutes ces interrogations, et lui qui est en bonne santé me disait qu'il se posait aussi la question de son avenir professionnel, et celle des enfants. Comme quoi ça relativise un petit peu : tous les trentenaires se posent les mêmes questions, dans cette décennie de l'injonction (à réussir sa vie professionnelle, familiale, etc.)
Honnêtement je ne me pose pas trop de questions sur l'éducation d'un enfant, l'amour qu'on peut lui porter, je me pose vraiment des questions physiques : comment je pourrais gérer physiquement une grossesse, est-ce que ça ne ruinerait pas cet évènement, comment j'arriverai à gérer le retour à la maison après la naissance, l'organisation, etc. Ben là aussi...toutes les futures mamans se posent ce genre de questions finalement ! Disons que ce qui m'angoisse vraiment et me bloque c'est que je n'arrive pas à évaluer l'énergie que j'ai à disposition, et j'ai parfois l'impression d'avoir déjà une vie diminuée, du coup...

Pour la question du "malade acceptable" socialement pour moi ça a été une grande souffrance quand j'ai commencé à enseigner. J'avais l'impression que j'étais réduite à mes absences, même si j'étais bien notée, et bien inspectée, et promue. Je manquais de reconnaissance, et l'injustice de la situation me mettait très en colère. C'est encore le cas aujourd'hui et parfois je n'en dors pas

J'ai la "chance" d'avoir une autre pathologie, neuro-musculaire, orpheline (50 000 pers/66 millions). Du coup publiquement c'est mon alibi, ou plutôt c'est ma manière d'exprimer ma souffrance indirectement. Et j'avoue que je mens sans aucune culpabilité : cette pathologie est handicapante pour moi (mon côté droit tricote un peu parfois, et j'ai de grosses névralgies du genre urgences en pleine nuit, je n'écris presque plus à la main) mais je fais passer sur elle ce que la bipolarité me fait vivre. Quand j'ai une classe qui est hostile, de manière déclarée ou latente, il arrive toujours un moment où je fais un petit speech très digne sur la maladie. Et là généralement ça calme tout le monde, et mes élèves ne se plaignent plus jamais si je suis absente quelques jours. Honnêtement un peu de démagogie est parfois utile, et ça n'empêche pas d'être sincère dans son métier, ça permet de se faire respecter pour ce qu'on est professionnellement, à savoir compétent et investi. Au début ça me gênait d'avoir à fonctionner comme ça, maintenant je m'en amuse presque intérieurement, j'avoue...Comme si la duperie était finalement l'allier de la vérité...Et je me disais que même si je n'avais pas une seconde pathologie, je crois que j'en inventerai une, pour pouvoir m'exprimer socialement. C'est dire à quel point ça m'a libérée

Amicalement,

Clémence.
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TheValuk
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MessagePosté le: Ven 20 Mar 2015 - 20:48    Sujet du message: Comment parvenez-vous à accepter vos limites ? Répondre en citant

Merci pour vos contributions à cette problématique. J'ai lu avec beaucoup d'intérêt vos sentiments, parcours.
Clémence, je trouve ta réflexion sur la maladie acceptable très intéressante et c'est aussi assez amusant de se dire qu'on n'aurait alors pas spécialement de scrupule à inventer une autre maladie - acceptable celle-ci - pour justifier oralement à ses collègues ses absences.
Je méditerai là-dessus si un jour je suis amené à être arrêté de façon exagéré, à cause de la bipolarité.
Car définitivement, ne nous faisons pas d'illusion, la maladie mentale fait et fera toujours peur. Je ne pense pas qu'on soit un jour considéré avec une bienveillance partagée par tous. A moins d'être un people... ;-)
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Béryle
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MessagePosté le: Ven 27 Mar 2015 - 22:39    Sujet du message: Comment parvenez-vous à accepter vos limites ? Répondre en citant

Biens Chers(es) tous(tes),

Sacré boulot que d'accepter sa maladie d'abord (cela m'a pris plusieurs années), ses limites ensuite...

J'ai 45 ans, tardivement diagnostiquée à 38 ans en pleine manie, je suis aujourd'hui stable mais lourdement médicamentée.

Adieu l'ancienne Béryle, son caractère décalé et drôle.
Bonjour les médocs à haute dose (thymorégulateur toutes les 4 heures, entre autres !)
Le deuil du "Moi d'avant" a été terrible et absolument terrifiant, j'ai eu longtemps l'impression de devenir une deuxième fois "dingue" tellement je ne savais plus qui j'étais, que je ne reconnaissais plus devant un miroir.

Sept ans ont passé, Béryle la bipolaire (la cinglée comme dit ma conne de soeur) est stable depuis quelques années, elle est toute "lisse" de caractère, elle est bourrée de cachetons par son psychiatre, a 30 kilos en trop !
Un élément salvateur est que j'adore mon travail, j'évolue en totale autonomie, sans chef sur le dos, sans ordres à recevoir, tout le monde m'aime au bureau, j'ai toujours le sourire, je suis toujours de bonne humeur simplement parce que c'est que je reviens de très loin.

Personne au travail ne sait que je suis bipolaire, que j'ai une grande fatigabilité, que je suis contrainte de dormir 10 heures par nuit tellement la vie active à temps plein me fatigue...

Oui, j'ai appris à faire avec "la nouvelle Béryle", avec ses grandes limites, j'ai fait ce choix pour mes deux soleils (mes filles) ont 21 ans et 6 ans, j'ai la chance qu'elles aient besoin de moi, cela est ma première raison de vivre.

Bon cheminement à tous et à toutes.

Bien amicalement,
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luciel
Bipote Turquoise

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MessagePosté le: Ven 27 Mar 2015 - 23:48    Sujet du message: Comment parvenez-vous à accepter vos limites ? Répondre en citant

Bonsoir à tous,
On ne fait pas vraiment le deuil de ce qu'on est, je crois, de ce qu'on a été, car sinon on n'est plus qu'un (e) malade. Oui, je suis Marie la bipolaire, avec les souffrances qu'engendre cette maladie, les accès de violence incontrôlée, les exaltations, le désespoir des dépressions, si différentes des dépressions dites "classiques".
Mais je suis aussi la femme qui s'est construite avec "ça" depuis ses 15 ans jusqu'à enfin dire "ok, c'est vrai, je suis malade" à 48 ans.
Au quotidien, nous prenons des médicaments, nos corps ont parfois changé, nos vies sont rythmées par les psys en tout genre. Nos limites sont là, nous fermons les portes à des choses du passé et nous souffrons de cette souffrance qui ne se voit pas.
Mais je retiens une phrase d'un de vos posts :le travail sur soi nous amène paradoxalement à être plus "équilibrés" que bien d'autres gens. Le stress, l'impression de passer à côté de sa vie est le lot de bien des gens de notre entourage. Qui eux ne veulent pas ou ne peuvent pas voir leurs limites. Je n'oserais pas dire que c'est une chance pour nous, mais finalement je trouve que cette maladie m'a obligée à me "rapprocher de moi."
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TheValuk
Bipote Saphir

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MessagePosté le: Sam 28 Mar 2015 - 21:00    Sujet du message: Comment parvenez-vous à accepter vos limites ? Répondre en citant

Citation:
Mais je retiens une phrase d'un de vos posts :le travail sur soi nous amène paradoxalement à être plus "équilibrés" que bien d'autres gens. Le stress, l'impression de passer à côté de sa vie est le lot de bien des gens de notre entourage. Qui eux ne veulent pas ou ne peuvent pas voir leurs limites. Je n'oserais pas dire que c'est une chance pour nous, mais finalement je trouve que cette maladie m'a obligée à me "rapprocher de moi."


Tellement vrai...
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ayla56
Bipote Emeraude

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MessagePosté le: Dim 26 Avr 2015 - 11:32    Sujet du message: Comment parvenez-vous à accepter vos limites ? Répondre en citant

Bonjour feuilledarbre, bonjour à toutes et tous,

J'ai lu avec grand intérêt tous vos messages qui m'ont beaucoup appris sur l'acceptation, et je ne vous ferai pas de grand discours.

En ce qui me concerne, j'ai été diagnostiquée à 35 ans, un an après la naissance de ma fille, j'en ai aujourd'hui 57 et ne travaille plus depuis mes 43 ans, mais je vais de mieux en mieux.

Quand j'étais dans le monde du travail, la concurrence permanente entre les individus m'amenait à être sans cesse en lutte avec moi-même, pour paraître forte et dynamique même dans mes moments "down", et faire semblant de travailler correctement dans mes moments "up" pendant lesquels j'étais en fait très dispersée et inefficace. Ma première acceptation a été la capitulation: je ne pouvais plus continuer à travailler.

Il ne s'en est pas suivi une véritable acceptation car j'étais en pleine culpabilité d'être un poids pour la société, de n'être plus rien. Pourtant, quels que soient les moments, je m'occupais de ma fille, au maximum de mes possibilités, et de mon foyer. Mais tout cela ne comptait pas à mes yeux.

Il a fallu que je connaisse une période d'alcoolisation , j'en ai eu plus que marre de cette souffrance-là, pour m'engager dans un programme de rétablissement qui m'a appris beaucoup sur moi-même.

Il me semble que le début de l'acceptation passe par une très bonne connaissance de soi, de ses défauts, qui n'en a pas, de ses qualités, de ce qui est bon ou néfaste pour soi. Comme je n'étais accompagnée par aucune psychothérapie, psychanalyse ou autre thérapeutique non médicamenteuse, j'ai cherché tout d'abord à poser de petits actes, des objectifs atteignables qui me donneraient satisfaction, comme faire un peu de jardin ou m'occuper d'animaux.

J'ai voulu vivre pour moi, être un peu égoïste au départ, car parler de ma maladie était tabou à la maison. Eh bien, j'ai appris aussi peu à peu à connaître ma forme de maladie sur le bouts des doigts, à déceler le moindre signe de changement et à réagir tout de suite. Cela m'a aidée à accepter de vivre avec, et d'être une personne atteinte de bipolarité mais une personne avant tout.

Maintenant, bien que j'aie encore beaucoup de progrès à faire dans l'estime de moi-même, je vis tout simplement, et je pratique des choses que j'aime, seule ou en relation avec d'autres personnes (l'aspect relationnel est très important pour moi), j'ai quelques rares et bonnes amitiés.

Par exemple, voici ce que je pratique:
- la sophrologie seule ou en groupe,
- j'apprends l'Espagnol en toute simplicité et convivialité,
- je pratique la méditation en pleine conscience (merci Christophe André),
- je cultive mes relations,
- je m’enivre de la nature , des paysages de bord de mer en toutes saisons...
et bien d'autres choses sans culpabiliser. J'accepte de vivre tout simplement sans être focalisée sur ma maladie. J'ai les yeux ouverts sur le monde et sur les autres.

Une autre clé de l'acceptation à mon avis est l'humilité. J'ai entendu parler du pardon, j'y crois. je ne veux plus des colères, du ressentiment qui me bouffent la vie, mais trouver en moi un lieu secret où je puisse me retirer pour trouver calme et repos.

Et dernière chose, ma fille m'a fait beaucoup souffrir jusqu'au Noël dernier, étant agressive avec moi et me traitant comme moins que rien, les nuages sont partis désormais, je crois car je vais bien, elle n'a plus peur et me voit stable. Je ne saurai peut-être que très tard la cause de tout cela mais le bien-être d'aujourd'hui me suffit. Pourquoi revenir toujours en arrière? Mieux vaut profiter du moment présent.

Voilà quelques exemples de ce qui m'a amené à davantage d'acceptation.
Au plaisir de vous lire, vous m'apportez beaucoup.

Bonne journée.

Ayla
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fontaine
Bipote Diamant

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MessagePosté le: Mer 29 Avr 2015 - 18:11    Sujet du message: Comment parvenez-vous à accepter vos limites ? Répondre en citant

je viens de publier un texte dans texte de bipolaire
en gros, je n'aime pas les gros mots, mais ça a chier en boutique !
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fontaine
Bipote Diamant

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Inscrit le: 03 Mar 2008
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MessagePosté le: Mer 29 Avr 2015 - 19:16    Sujet du message: Comment parvenez-vous à accepter vos limites ? Répondre en citant

donc je jette l'éponge
j'arrête d'aider mon amie chapelière fin juin (si j'arrive à tenir jusque là, pas sur!)
dans ce monde de fou ou tout le monde se croit permit j'assiste à des scènes ubuesque de client frustré de ne pas trouver le chapeau de leurs rêves
tant habitué à tout, ils sont près à tout, pour la satisfaction de leurs désirs, je suis prête à les voir se rouler par terre ou m'assassiner ou les deux à la fois
des colères d'enfants dans des corps d'adultes
je ne sais plus gérer!
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tenneko
Bipote Emeraude

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MessagePosté le: Dim 3 Mai 2015 - 11:20    Sujet du message: Comment parvenez-vous à accepter vos limites ? Répondre en citant

Bonjour ,

J'attrape un peu le sujet au vol feuilledarbre , mais je comprends ce que tu ressens , je n'ai "que" 25 ans et j'ai deja du faire face à ses limites là. Et c'est compliqué de les accepter au début. On croit qu'on peut faire face et puis on s'épuise et on rechute. C'est compliqué pour ma part à la fois de me dire que j'aimerais faire mon métier (cuisine-patisserie) , ma passion , et en meme temps de me dire que je dois me limiter parce que je ne suis pas capable d'encaisser par exemple le fait de travailler en sur regime dans un restaurant. Alors il faut moduler , s'adapter, prendre en compte et quand on est jeunes ca fait peur , on se demande si on aura ces limites la toute sa vie . Je n'ai pas encore fait la psycho education mais il parait que çà aide.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 23:21    Sujet du message: Comment parvenez-vous à accepter vos limites ?

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