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Et si Rowling avait parlé des bipolaires dans Harry Potter ?

 
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Dragondeau
Bipote Emeraude

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MessagePosté le: Mar 24 Mar 2015 - 22:50    Sujet du message: Et si Rowling avait parlé des bipolaires dans Harry Potter ? Répondre en citant

Le narrateur de Proust s'est longtemps couché de bonne heure. Je fais des phrases plus courtes que lui et j'ai longtemps pensé qu' Harry Potter, ce n'était pas très intéressant, que Rowling s'était contentée de puiser dans la soupe millénaire du conte occidental : les elfes, les dragons, les sorciers, etc et de l'accommoder un peu à sa sauce. Bref, je ne comprenais pas ce que tout le monde lui trouvait.

Puis j'ai ouvert les bouquins... et j'ai révisé mon opinion.

La saga Potter, ce n'est pas seulement un conte de fée au sens où les Anglais parleraient d'escapism, d'évasion, comme on appuierait sur la touche Echap du clavier du réel.

C'est aussi, c'est surtout, une école de vie et le monde des adultes expliqué aux enfants de 12 ans dans un livre à leur portée, avec la suite à la portée d'un enfant de treize ans l'année suivante. Etc.

On voit bien qu'il y a des traductions transparentes. Par exemple, la "plume à papote" est une critique féroce du journalisme. Harry dit deux mots et la plume magique brode, brode, brode, comme de la presse people. Moralité (car, au fond, la saga Potter est très morale et austère, même si elle est enrobée de sucre) : les enfants, méfiez-vous de la presse. Elle raconte parfois vraiment n'importe quoi.

Ce point est clair et, je pense, ne souffre aucune contestation.

Là, où je m'aventure peut-être, c'est de penser qu'au nez et à la barbe de tout de le monde, Rowling a AUSSI parlé de notre maladie.

Quel est le cours le plus important à Poudlard ? Sans conteste le cours de protection contre les forces du mal. C'est autour de lui qu'est bâti la majeure partie de l'intrigue.

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, ce qui est tout à fait respectable, Poudlard est une académie de magie où l'on apprend à canaliser son don de sorcier dans différentes matières : métamorphose, divination, contact avec les créatures magiques, etc.

Dans le cours de protection contre les forces du mal, on apprend à se défendre du mal. Il ne faut pas traduire les contes. Ou, si l'on veut les traduire, il ne faut pas faire que ça. Cours de métamorphose ? Les langues à déclinaison ? Divination ? Faut-il croire aux mediums ? etc.

Le Mal existe-t-il de manière positive et non comme une simple négation du Bien ? Existe-t-il des forces du Mal ? Lu comme ça, on commence à respecter Rowling de faire avaler des questions de théologie complexes à des ados.

Mais là où cela devient encore plus intéressant c'est quand on se rend compte que ce cours maudit, ce cours qui change de professeur tous les ans, est à chaque fois professé par un fou.

Première année, premier tome de la saga : on commence doucement. Un bègue pusillanime.

Deuxième année, on monte en puissance : le narcissime.

Troisième année : un loup-garou.

Quatrième année : un paranoïaque.

Cinquième année : une sadique.

Puis la mécanique se détraque pour le final par de Rowling est trop fine mouche pour être trop prévisible.

Remus Lupin, ce loup-garou, m'a fasciné. Il a l'air tout à fait sain d'esprit. Il est utile. Inventif, rigolo. Il apprend à Harry un sortilège capital dans qui la quête échouerait. Il sait (et que l'on soit d'accord ou non avec Rowling est un autre point, dans sa fiction au minimum elle a raison) que le mal est une puissance "positive", non au sens de moralement bonne, mais au sens d'énergie noire. De côté obscur de la Force, si l'on veut.

Que vient faire la lycanthopie au milieu d'affections que ne bouderaient pas notre bien aimé DSM ?

Mon hypothèse : Rémus Lupin, dans la saga Potter, peut être lu, entre autres, comme un cours sur la bipolarité à destination des ados.

Il faut bien comprendre que Rowling, de son point de vue, parle du réel. Certains journalistes sont des salopards, c'est un fait, il faut le savoir. Le mal existe, c'est fait. Il est des Loups-Garous. Des loups-garous dans le réel.

Impensable ? Allons-y :

_ Remus Lupin a des cicatrices. Combien de nous ont des vergetures parce que les traitements ont fait grimper la balance ?
_ Remus Lupin a un mal fou à trouver du travail. Combien de bipolaires dans ce cas ?
_ Remus Lupin utilise le chocolat contre la tristesse. Combien de fois n'ai-je pas soigné mes downs au Côté d'or ?
_ Remus Lupin est pauvre. Combien de nous doit vivre avec l'AAH ?
_ Remus Lupin a peur de la lune, mais il sait tourner cette peur en ridicule. Comme les bipotes équilibrés ?
_ Remus Lupin a peur d'aimer, parce qu'il sait qu'il peut être dangereux pour lui-même ou pour les autres. Combien d'entre vous ont ressenti cela ?
_ Sous l'influence de la lune, Remus se transforme en Garou et perd périodiquement son libre arbitre. Quelle belle image de la phase maniaque ?
_ Rogue, le maître des potions, le sorcier LOGIQUE, sait préparer une potion "tue-loup", tant que Remus la prend a intervalle régulier, il ne se transforme pas. La potion "tue-loup" : allégorie de nos traitements ? Après tout, c'est très précis, presque médical, l'art des potions à Poudlard. C'est médical. Il faut les bons ingrédients, la bonne quantité.

Que ma lecture soit juste et que Lupin soit inspiré d'un bipolaire réel ou qu'elle soit tirée par les poils du Loup-Garou, Lupin reste, à mes yeux, un des personnages les plus sympathiques et les plus réussis de la série, que je vous invite à découvrir, si cela n'est pas déjà fait depuis très longtemps.

Qu'en pensez-vous ?

PS : En bonus, une vidéo qui me parle. Ecoutez-bien les paroles... https://www.youtube.com/watch?v=zzUTvigxG_4
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MessagePosté le: Mar 24 Mar 2015 - 22:50    Sujet du message: Publicité

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feuilledarbre
Bipote Diamant

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Messages: 2 024

MessagePosté le: Mar 24 Mar 2015 - 23:47    Sujet du message: Et si Rowling avait parlé des bipolaires dans Harry Potter ? Répondre en citant

....et les détraqueurs, ce sont les "black dogs" = les dépressions ..

Ca se tient, Dragondeau, ça se tient.

J'y avais déjà pensé, mais pas de façon si aboutie que toi.
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Justine
Bipote Emeraude

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Inscrit le: 20 Mar 2015
Messages: 13

MessagePosté le: Mar 31 Mar 2015 - 14:26    Sujet du message: Et si Rowling avait parlé des bipolaires dans Harry Potter ? Répondre en citant

Je trouve ça très intéressant, Dragondeau.
J'ai beaucoup aimé la série moi aussi, il y a énormément d'enseignements "politiques" pour les enfants (dans le sens noble du mot politique, si je peux dire)
Je n'avais pas vu tout ceci sur Remus.

Comme Feuilledarbre ce sont les détraqueurs que j'avais vu comme une représentation de la dépression et le Patronus qu'il faut créer pour les chasser est une pensée positive.

J'y pense souvent pour essayer de me donner un peu de courage quand je sens venir la phase down: "tiens, voila les détraqueurs, vite, mon patronus!"
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Dragondeau
Bipote Emeraude

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Inscrit le: 05 Jan 2015
Messages: 62

MessagePosté le: Jeu 23 Avr 2015 - 16:59    Sujet du message: Et si Rowling avait parlé des bipolaires dans Harry Potter ? Répondre en citant

Bonjour Justine,

C'est vrai que le Patronus est aussi une très belle idée.

Magnifique avatar et félicitations si tu en es l'auteur. Je pense avoir déjà ressenti le genre ce sensation qu'il exprime. Et je pense n'être pas le seul ici dans ce cas.
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Justine
Bipote Emeraude

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Inscrit le: 20 Mar 2015
Messages: 13

MessagePosté le: Dim 3 Mai 2015 - 10:12    Sujet du message: Et si Rowling avait parlé des bipolaires dans Harry Potter ? Répondre en citant

En fait il s'agit d'une image du film Melancholia... d'où j'ai tiré mon pseudo.
Il m'a tellement touché... Merci!
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Dragondeau
Bipote Emeraude

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Inscrit le: 05 Jan 2015
Messages: 62

MessagePosté le: Ven 15 Mai 2015 - 16:51    Sujet du message: Et si Rowling avait parlé des bipolaires dans Harry Potter ? Répondre en citant

Bonjour Justine,

Merci pour la réponse. J'ai une grande admiration pour le talent de Kirsten Dunst, même si je n'ai pas suivi toute sa carrière. Le film à l'air très réussi.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 22:47    Sujet du message: Et si Rowling avait parlé des bipolaires dans Harry Potter ?

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