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A quoi bon ?

 
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perledelune
Bipote Emeraude

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Messages: 20

MessagePosté le: Dim 3 Mai 2015 - 17:28    Sujet du message: A quoi bon ? Répondre en citant

Bonjour à vous tous,

Je ne suis pas une lectrice assidue du site, je ne le connais d'ailleurs que depuis quelques mois.
Je le lis depuis quelques jours et j'hésite entre mon envie d'écrire pour venir coucher par écrit ce que je ressens et à la fois la certitude que tous les messages d'encouragement aussi gentils soient ils ne m'aideront pas.

A quoi bon écrire, alors me direz-vous ? Hé bien, je ne sais pas vraiment, peut être pour me délester un peu du poids qui ne cesse de s'accumuler sur mes épaules...L'espoir peut-être d'en laisser au passage sur ce site....

J'ai depuis longtemps eu des sentiments dépressifs, ça remonte même à quand j'étais nourrisson, je pense.
Le vrai départ de la maladie a eu lieu à mes 18 ans, avec des idées suicidaires notamment.
Pourtant, je fais mes 5 années d'études en psycho, bon gré, mal gré. J'ai peu d'amies, mais des amies fidèles. J'ai des relations amoureuses certes compliquées mais avec des personnes respectueuses. Je fais souffrir ma famille par mon mal-être mais j'ai la chance de l'avoir à mes côtés.
Le temps s'écoule avec des épisodes dépressifs récurrents et incompréhensibles. Certainement aussi des phases hypomaniaques mais que je ne sais pas identifier comme telles. En effet, quand on pète la forme, que tout paraît merveilleux, qu'on a envie de tout, que les idées se bousculent dans notre tête, comment voir cela comme un symptôme, plutôt que comme un brin de folie ?

Les 5 ans se terminent avec une TS qui a failli aboutir. Vive les antidépresseurs, et de nouveau l'hypermanie. Et pour finir, la mélancolie, la vraie, jusqu'à ne même plus se lever, ne plus se laver.
Évidemment, l'hospitalisation n'est plus une option mais une obligation. Et enfin, le diagnostique tombe. " Vous êtes bipolaire".
Bien sûr qu'en tant que psychologue, je sais ce que cela signifie. Mais en fait, non, je ne savais rien.
La remontée fut longue et douloureuse. Le diagnostique salvateur. Avez-vous ressenti vous aussi ce soulagement : " Ce n'est pas ma faute, c'est la faute de la maladie ?"

Encore deux ans pour évacuer presque tous les réflexes suicidaires (j'entends par là, souhaiter mourir à la moindre difficulté).
Et puis, enfin, la stabilité. Elle consiste à construire une relation satisfaisante avec mon conjoint, avoir un emploi, des amis. Et surtout, surtout, plus d'épisodes dépressifs. Enfin si. Mais des petits, des gérables. On prend un AD pendant 2 semaines et hop c'est reparti. Des micro-hypomanies aussi qui se traduisent par une hyperactivité productive et somme toute très raisonnable.
Alors voilà, j'en suis là, je suis suivie en psychothérapie, stabilisée avec Lithium + solian, en couple, en activité. Et c'est cela la bipolarité pour moi.
Naïvement, je croyais que, comme j'étais sous traitement, ce serait cela vivre avec ma bipolarité.
Mais...Évidemment, il y a un mais.
En 2011, déménagement et changement de région (le déménagement étant le 3eme facteur de stress le plus important, paraît-il) et donc perte de repères, des amis, du travail, changement de psy aussi.
Peu à peu, les phases dépressives reviennent, plus dures à chaque fois. Un vrai parcours du combattant pour trouver un psychiatre digne de ce nom.
Mais bon, il faut tenir n'est ce pas ? Se battre, se relever chaque fois, prouver aux autres et à soi-même avant tout qu'on veut vivre.
Reprise d'un emploi. Qui me met particulièrement en difficulté. Je tiens bon, je ne m'écoute pas, je reste coûte que coûte.
Résultat, un arrêt maladie depuis plus d'un an, une instabilité bien installée, un amour propre mis à mal, cette sensation d'être inutile, de ne plus même pouvoir envisager de travailler.
Ma vie actuelle est encore pleine de "chance" : j'ai un conjoint qui m'aime et me soutient. Une famille compréhensive. Des amies fidèles. Une belle maison qui concrétise mon rêve de toujours.
Oui, mais voilà le souci, ça compte moins que le négatif que je ressens plus fort.
Je suis actuellement en phases dites rapides, avec toujours une prédominance pour les phases dépressives. Je ne suis vraiment pas convaincue que mon nouveau psy (depuis 4 mois) saura me stabiliser même s'il le crie haut et fort.
Et quand bien même ? Imaginons que je me stabilise à nouveau. Ce sera jusqu'à quand ? C'est une certitude qu'à 34 ans, j'aurai d'autres coups durs, d'autres événements qui risqueront de me faire vaciller voire même tomber.
C'est cela ma réelle prise de conscience : la bipolarité n'est pas la stabilité que j'avais si durement acquise. Non, la bipolarité c'est cette fragilité qui nous ramène sans cesse à notre souffrance profonde et inéluctable.
Je suis psychologue, je crois en la psychothérapie, au travail sur soi. Mais après près de 15 ans de psychothérapie, je n'y crois plus pour moi-même.
Bien sûr, cela me soulage de pouvoir élaborer avec une professionnelle. Mais franchement, ça n'a strictement aucun impact sur mes changements d'humeur.
Les traitements sont efficaces certes. Mais le lithium qui m'a stabilisée pendant plusieurs années, n'est plus efficace. Il faut en changer. Tâtonner jusqu'à trouver à nouveau le bon. Oui, mais le bon pour combien de temps ?
Je passe mes journées seules à la maison. Les semaines sont rythmées par les RDV chez les psy.
J'ai 34 ans et je ne suis plus bonne à rien professionnellement.
Je n'ai pas d'enfants et n'en veux pas. Je ne me sens pas suffisamment forte pour assumer cette responsabilité certes merveilleuse mais si forte.

Alors, je vous le demande : A quoi bon ? A quoi bon continuer ? Pour grappiller ces rares moments de plein bonheur ? Par simple fierté pour pouvoir dire "j'ai tenu", par égard pour les gens qu'on aime et qui nous aime ?
Je n'ai pas d'idées suicidaires. J'ai déjà testé et si j'avais vraiment voulu, j'aurai choisi des moyens plus efficaces. Mais je suis las, fatiguée et désabusée.

C'est donc assez égoïstement que je vais poster ce message. Parce que vous êtes certainement les seules personnes à pouvoir comprendre à peu près ce que je ressens.
Je ne recherche pas de messages d'espoir ou d'encouragement. Mais plutôt la liberté d'exprimer pleinement mon ressenti.
Saisissez vous de ce message, non pas comme une demande (de réconfort, d'espoir, d'astuces...) mais bien comme la possibilité que vous m'offrez de dire les choses sans faux-semblant, de savoir que vous avez vécu, vous vivrez, ou vous vivez quelque chose de similaire.

Merci d'avoir lu ce long post.
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MessagePosté le: Dim 3 Mai 2015 - 17:28    Sujet du message: Publicité

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TheValuk
Bipote Saphir

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Inscrit le: 24 Juil 2009
Messages: 1 361

MessagePosté le: Dim 3 Mai 2015 - 19:38    Sujet du message: A quoi bon ? Répondre en citant

Bonsoir,

Je t'ai lue avec beaucoup d'intérêt et tu as eu raison de poster, même sans attendre d'aide particulière car s'il existe un lieu où des gens te comprendront bel et bien, c'est ici.

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feuilledarbre
Bipote Diamant

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Inscrit le: 16 Oct 2008
Messages: 2 024

MessagePosté le: Dim 3 Mai 2015 - 21:13    Sujet du message: A quoi bon ? Répondre en citant

Bonjour perledelune


Moi aussi je t'ai lue et je te comprends, et je comprends bien aussi que tu n'aies pas envie de lire de messages de réconfort pour le moment.


J'espère que ça t'a un peu soulagée d'exprimer ton ras-le-bol.
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perledelune
Bipote Emeraude

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Inscrit le: 22 Oct 2014
Messages: 20

MessagePosté le: Dim 3 Mai 2015 - 22:26    Sujet du message: A quoi bon ? Répondre en citant

Merci à tous pour votre lecture et vos messages. C'est plus que je n'en attendais.Et la compréhension de notre état est un luxe, c'est comme si j'avais dévalisé un magasin Dior.

Merci encore.

Je pense à nous tous.
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Dédéjr
Bipote Turquoise

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Inscrit le: 02 Aoû 2011
Messages: 174

MessagePosté le: Dim 3 Mai 2015 - 23:23    Sujet du message: A quoi bon ? Répondre en citant

Bonjour perledelune,

Ce que tu décrit, j'aurai pu écrire un peu près pareille.
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laelie
Bipote Diamant

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Inscrit le: 01 Sep 2013
Messages: 1 909

MessagePosté le: Lun 4 Mai 2015 - 08:20    Sujet du message: A quoi bon ? Répondre en citant

Je comprends tout à fait ton ressenti, tellement douloureux...
Mais c'est vrai que se sentir compris est inestimable, et me donne personnellement l'impression de pouvoir arrêter de lutter et faire semblant, un petit début de lâcher prise...
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fdbl
Bipote Turquoise

Hors ligne

Inscrit le: 14 Oct 2010
Messages: 188

MessagePosté le: Lun 4 Mai 2015 - 14:51    Sujet du message: A quoi bon ? Répondre en citant

Bonjour perledelune,

Oui, je ressens aussi au fond de mes tripes ce que tu écris. Tu fais bien de le faire, ici, comme cela.

Je pense que nous pouvons être nombreux sur ce forum à comprendre (= prendre avec, étymologiquement parlant) cela. Et je crois que notre entourage, nos proches, tout aimants et bien attentionnés qu'ils soient, ne peuvent pas percevoir cette réalité, qui est (malheureusement) la nôtre. Encore moins des tiers.
Je me dis parfois que c'est un combat de Titans...
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TheValuk
Bipote Saphir

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Inscrit le: 24 Juil 2009
Messages: 1 361

MessagePosté le: Lun 4 Mai 2015 - 18:55    Sujet du message: A quoi bon ? Répondre en citant

En tout cas, même si elle laisse entendre une situation difficile à vivre, je trouve cette phrase suffisamment amusante pour penser que si tu pratiques l'humour, c'est que l'espoir est là.

Citation:
Et la compréhension de notre état est un luxe, c'est comme si j'avais dévalisé un magasin Dior.


Je suis convaincu que l'humour est une de nos plus grandes armes (avec l'amour de nos proches) devant les absurdités qui nous sont imposées à cause des tensions entre le réel et notre maladie.
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TitRenard
Bipote Emeraude

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Inscrit le: 29 Avr 2015
Messages: 9

MessagePosté le: Mer 6 Mai 2015 - 13:32    Sujet du message: A quoi bon ? Répondre en citant

Bonjour Pierredelune, et bonjour à tous.

Je partage également ton ressenti. Et j'en profite pour partager ici le mien.
J'ai un parcours un peu similaire au tien: première dépression à 16 ans, puis concentration sur les études de Psycho que je termine avec succès. Une entrée dans la vie professionnelle fracassante avec une total désillusion, ce qui me met dans un état de dépression profonde. Mon conjoint de l'époque ne comprend pas mon état, il en souffre (certes pas autant que moi). Je passe de boulot en boulot, sans jamais être satisfaite. Et puis un jour c'est la rupture avec cet homme.
Alors la maladie se réveille totalement, les épisodes dépressifs et maniac (leger) se succèdent.
Puis je décide de partir en voyage (une décision impulsive surement dictée par la maladie) et là c'est le drame. Je tombe dans une communauté baba cool (de type sectaire) où je vais passer 4 mois en états mixtes jusqu'à ce que la manie arrive à son état maximum. Alors je vais être saucissonnée à l'aide d'une corde. Mes parents sont contactés et ma mère décide de faire 5 000km pour venir me chercher. Grâce à elle et au retour à la maison je reviens progressivement à moi, puis c'est la dépression pendant 9 mois: je sors à peine de mon lit pour manger. Quand les idées noires sont apparues j'ai eu peur de passer à l'acte car elles devenaient obsessionnelles, j'ai donc appeler à l'aide; mon médecin traitant m'a conseillé d'aller aux urgences et de là ils m'ont admisse en HP. Ce fut l'horreur, j'étais la seule femme parmi tout ces hommes qui avaient des pathologies lourdes. Je suis restée enfermée dans ma chambre à lire. Les psychiatres que j'ai vu étaient décevant. A un moment tout de même les soignants se sont rendues compte que je ne sortais pas de ma chambre, alors ils m'ont transferé dans un autre service pour bipolaire. Là c'était bien mieux. Lors de ma première permission du week end, j'ai décidé de ne pas y retourner. Je suis alors retournée chez mes parents déprimer dans mon cocon. Puis il a bien fallu se remettre en mouvement alors j'ai cherché du travail, mes parents n'en pouvaient plus de me voir inerte (ou presque) ils m'ont pousse dehors. J'ai trouve un job, un appart et j'ai repris une vie tranquille toujours dans un état dépressif latent. Puis j'en ai eu marre de me faire chier dans cette morne vie, alors j'ai cherché de nouveaux défis professionnelles. Et là j'ai été servie... J'ai intégré une société qui carbure au stress. Or on connait tous l'effet du stresse sur les Bipotes... Sauf qu'alors je ne savais pas que je l'étais. Cette expérience s'est très mal passée, heureusement j'ai pu mettre fin à ma période d'essai.
Et là à nouveau je décide de déménager, d'aller me poser dans une ville plus calme pour y trouver une vie qui me convienne mieux. Une amie m'a hébergée durant 5 mois, le temps que je me retourne. C'est durant nos vacances que j'ai refait une crise d'états mixtes. Au retour de vacances j'ai décidé d'aller revoir ma thérapeute pour qu'elle m'aide car je voyais bien que ca n'allait pas du tout. Elle n'a rien vu et en sortant de son cabinet mon état n'a fait qu'empirer. J'ai erré dans les rues, croyant que j'étais investie d'une mission pour sauver l'humanité de sa dérive. Il fallait que je purifie la planète (un délire de grandeur psychotique? mais pas du tout...) alors je faisais le tour des quartiers, dès que je voyais une plume je la plantais dans mon chignon, je laissais mon sac dans un coin de la rue sans surveillance (pourquoi faire vue que j'étais sous la protection divine, personne ne toucherai à mes affaires, et de fait personne n'y touchait). Et puis le délire a continué à se construire et à me déconstruire. Au fur et à mesure je perdais totalement contact avec la réalité. Ce qui a abouti à ce que les amis qui m’hébergeait appellent les urgences et ma famille qui était à 400 km de là, tous se sont mobilisé pour me venir en aide. Mais comment aider quelqu'un lorsqu'il s'est précipité dans la folie? J'étais totalement incontrôlable, potentiellement violente, mais surtout inconsciente de ce que je faisais. Une ambulance m'a emmené aux urgences, puis des urgences j'ai été sédaté et mes parents ont signé les papiers pour une hospitalisation sous contrainte. De là une autre ambulance, d'autres medecins, j'étais totalement seule de plus en plus paumée, j'ai commencé à faire de la tachycardie car je croyais que j'allais mourrir, que pour accomplir ma "mission" il fallait que je rétablisse l'ordre dans le cycle du temps (rien que ça!!) et donc qu'il fallait que je disparaisse. Une autre ambulance, et enfin le service où je suis admisse. J'arrive dans un état de dissociation très avancée avec une espèce de paralysie mais qui se dissipe en fonction de l'angle de ma tête, ou en fonction de ce que je regarde.(signe de folie...) Il me monte dans ma chambre, je suis à nouveau sédatée, mais je continue mon délire, jusqu'à ce que je tente de m'enfuir de la chambre, alors ils m'ont mis en chambre d'isolement, j'étais libre de délirer sans me faire de mal. Il m'a fallu 7 jours pour redescendre de ma phase up. Lors que je suis revenue à moi, l'hospitalisation sous contrainte a été levée, j'ai eu des droits de sortir la journée. Je suis vite revenue à moi. Mes parents sont venu me chercher une semaine après la fin de l'isolement. Mon dossier a été transféré dans la région ou j'avais déménage. il a fallu attendre 1 mois et demi avant de rencontrer un psychiatre (et non un interne) de là il cherche un diagnostic : "Bipolaire" est tombé.
Avec ce nouveau prisme je revois ma vie sous un jour nouveau.

Moi aussi certain jour je me dis à quoi bon? A quoi bon essayer de se battre contre Madame la Maladie? A quoi bon prendre les traitements?
Pourtant je ne peux pas m’empêcher de me dire qu'un jour ça va s’arrêter, qu'un jour les oscillations vont finir par diminuer. Un jour je vais réussir à être stable, un jour je vais réussir à être heureuse. Un jour... Quand je n'en sais rien, mais je m'accroche à ce jour comme à une boue de sauvetage.
J'aime trop la vie pour renoncer, et ça Madame la maladie ne peut pas me le prendre, je refuse qu'elle me prenne cet amour de la vie et cet espoir.
Alors c'est peut-être ridicule me direz vous, mais c'est ce qui me fait tenir, c'est cet espoir qui chaque jour me fait me lever, me fait agir (même juste un tout petit peu).
Je refuse que Madame la Maladie me prenne tout.
Pourtant ce n'est pas si simple, si la volonté pouvait maitriser la maladie, nous n'en souffririons pas autant... Je ne sais vraiment pas ce qu'il faut faire pour dompter cette humeur labile. La seule chose que je sais c'est que je ne veux pas me laisser gâcher la vie, car déjà elle l'a bien gâchée.

Voilà, je voulais simplement témoigner moi aussi. Je ne dis pas que tout le monde devrait avoir de l'espoir. Nous faisons chacun du mieux que nous pouvons. Je dis juste que j'ai pris le parti d'essayer de garder espoir, même si c'est plus simple à dire qu'à appliquer.
Il y a un petit truc que je fais les jours noires, je me force à sourire, et pour cela je met un stylot en travers de ma bouche que je coince avec mes dents. Cela force les muscles à se mettre en "sourire" ce qui créerait un effet sur le cerveau. Sur le cerveau je ne sais pas mais je me trouve tellement ridicule avec un stylot en travers de la bouche que systématiquement je fini par rire de ma trombine comme ça. C'est con mais c'est une des astuces que j'utilise qui me fait du bien.

Bon courage à tous
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perledelune
Bipote Emeraude

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Inscrit le: 22 Oct 2014
Messages: 20

MessagePosté le: Mer 6 Mai 2015 - 17:07    Sujet du message: A quoi bon ? Répondre en citant

Bonjour à tous et à toutes.

J'ai lu avec attention chacun des posts que vous avez envoyé.
Notamment le tien, Titrenard.

Nous avons effectivement certaines similitudes dans notre parcours.
Je trouve cela admirable que tu puisses dire que tu as envie de vivre et de garder espoir.
Je ne sais pas pour les autres, mais en ce qui me concerne j'ai des sentiments négatifs assez importants. Je pense souvent que ma naissance a été une erreur : à quoi bon vivre dans ces circonstances ? Je ne veux pas vivre éternellement comme le souhaiterait mon conjoint. Souvent même, je me dis que je ne veux pas vivre du tout.
Mais dans ma lucidité, je sais que c'est faux. Des éléments de vie sont bien présents en moi. La preuve, je me soigne, j'ai cherché un psychiatre pendant 3 ans ici avant de trouver un qui me paraisse compétent. Il en faut bien de l'espoir, non, pour continuer à chercher comme cela, malgré les incompétents que j'ai croisés.
Je me soigne donc. Je fais des petites choses mais qui me font quand même un peu plaisir : faire mon ménage par exemple. C'est satisfaisant quand tout est bien rangé et propre. Certainement parce que c'est ce que je n'arrive pas à faire dans ma tête.
Bref, tout cela pour dire qu'effectivement, si nous sommes toujours là, c'est bien la preuve que ces éléments de vie sont présents en nous.

Pour autant, ces derniers jours, je suis dans un état dépressif assez important, comme si plus aucun désir ne m'habitait. J'en ai marre, j'ai envie de tout lâcher, de me laisser envahir complètement, jusqu'à ne plus rien ressentir du tout.
Le sommeil est mon refuge, je dors énormément, souvent à l'aide de mon ami le xanax.
Et pour être honnête, parfois ces éléments de vie m'emmerdent. Ce serait tellement plus simple de faire un choix définitif.......

En tout cas, ça m'apporte quelque chose, même si je ne sais pas bien quoi, de vous lire. De lire vos expériences similaires et pourtant différentes de la mienne.

Désolée, je suis un peu désordonnée dans ce post.

Au plaisir de vous lire.
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TitRenard
Bipote Emeraude

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Inscrit le: 29 Avr 2015
Messages: 9

MessagePosté le: Lun 11 Mai 2015 - 12:36    Sujet du message: A quoi bon ? Répondre en citant

Bonjour Pierredelune.

Je comprends tout à fit ton état, j'étais dans une phase de grosse dépression il y a encore 3 semaines : envie de rien, incapacité à agir, à part bouger entre mon canap mon lit et la cuisine c'était tout ce que je pouvais faire. J'ai vu mon psychiatre et il m'a dit que j'étais dans une profonde dépression. Il a donc changer mon traitement (Quetiapine 300mg + serotonine 25mg) il a donc ajouter des anti-dépresseurs. Cela fait 3 semaines que je prends ce traitement et je revis. Je me suis rendue compte que c'était la maladie et elle seule qui me mettait dans cet état larvaire que je déteste au plus au point, j'avais l'impression d'être totalement privée de ma vie. Dans ces moments là j'ai la sensation de ne même pas survivre, mais de sous vivre, comme si je vivais sous le niveau minimal de vitalité. Je comprends donc très bien ce que tu décris.
Peut-être ce sont là les signes de la dépression et donc de la maladie, et peut-être ton psychiatre pourrait revoir ton traitement. A près tout ils sont là pour cela, non? Nous aider à trouver l'équilibre et la stabilité malgré nos troubles.

A moi aussi ca me fait du bien de lire et de témoigner, peut-être est-ce là un moyen d'exprimer ce que nous vivons à des personnes capables de comprendre.

Cet hiver j'avais des amies qui se disaient déprimées, elles en "riaient" en disant qu'elles sortaient le chandelier. Et moi je me disais que nous bipolaire lorsque l'on parle de dépression on sort 36 chandeliers, l'ampleur de notre état est autre qu'une petite déprime hivernale, c'est d'ailleurs ce qui caractérise notre maladie: l'ampleur des oscillations de notre humeur!

J'espère que tu te porteras mieux bientôt.
Bonne route à toi et au plaisir de te lire.
Tit Renard
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perledelune
Bipote Emeraude

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Inscrit le: 22 Oct 2014
Messages: 20

MessagePosté le: Mar 12 Mai 2015 - 08:15    Sujet du message: A quoi bon ? Répondre en citant

Bonjour à tous,

Je viens donner un peu de mes nouvelles.

J'ai arrêté définitivement le théralithe. Le psy a introduit abilify en plus du lamictal 100.
Malheureusement, je me paye les effets secondaires de l'abilify, cad la sensation de toujours devoir bouger.
Cependant, mon humeur a l'air d'aller un peu mieux. Et comme parfois les effets secondaires ne durent que qq semaines, on a décidé de continuer. Pour contrer les effets secondaires, il m'a filé des béta-bloquants et du valium (le xanax était inefficace).

C'est un peu chiant de prendre tous ces médocs, mais si je peux être un peu mieux et que c'est passager, pourquoi pas ?

Et vous tous, comment allez vous ?

Amicalement
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laelie
Bipote Diamant

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Inscrit le: 01 Sep 2013
Messages: 1 909

MessagePosté le: Mar 12 Mai 2015 - 16:34    Sujet du message: A quoi bon ? Répondre en citant

Contente de savoir que tu vas un peu mieux ! C'est ça qui aide à supporter la souffrance, savoir qu'elle finira par s'arrêter... Même si on n'y croit plus !

Bon courage pour les effets secondaires, c'est dur de passer au travers... Mais si ton humeur s'améliore, ça vaut le coup de s'obstiner !

Je t'embrasse
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TitRenard
Bipote Emeraude

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Inscrit le: 29 Avr 2015
Messages: 9

MessagePosté le: Mer 13 Mai 2015 - 12:16    Sujet du message: A quoi bon ? Répondre en citant

Bonjour Pierredelune,

Je suis également contente de savoir que tu vas un peu mieux. Bon courage avec les effets secondaires, mais si ce nouveau traitement fait que tu te sentes mieux, c'est le principal!

Pour ma part, moi aussi je me sens mieux, même si je continue à faire des nuits de 12 heures, je me sens bien mieux, plus énergique et moins apathique. Le traitement Xeroquel + sertraline fait son effet, donc je suis contente. Je garde l'espoir qu'un jour je trouverai la stabilité.

Bien à toi
Tit Renard
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perledelune
Bipote Emeraude

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Inscrit le: 22 Oct 2014
Messages: 20

MessagePosté le: Sam 16 Mai 2015 - 19:46    Sujet du message: Ras le bol Répondre en citant

Salut à tous,

C'est le we, j'ai des amis de longue date à la maison, que j'apprécie énormément.
Et même si leur présence me fait du bien, je suis quand même mal et j'en ai marre.
Marre d'être toujours mal, au moins un petit peu.
Marre de devoir compter sur un médoc pour espérer "guérir".
Marre de ne pas pouvoir profiter de toutes les bonheurs que me donne la vie.

Je ne sais plus quoi faire. Je n'ai pas envie de me suicider mais je suis tellement épuisée par cette maladie à la con !
Je vois mon psychiatre toutes les semaines, et ce n'est pas encore assez ! Je me sens tellement mal que j'aurai besoin de le crier sur tous les toits, mais en même temps, cela ne changerait rien du tout.
Je sais que lundi, je vais me retrouver toute seule toute la journée, et rien que d'y penser, je pleure déjà.

C'est tellement dur, je ne vois plus comment faire pour tenir le coup, pour en avoir envie seulement....

Je déteste cette putain de vie, les gens qui nous font croire qu'il faut vivre parce que la vie est belle, parce que nous allons "nous en sortir" etc etc

Je voudrai tellement que qn m'aide mais je sais que personne ne peut y arriver vraiment.

Svp, faites que ça cesse !
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anna11
Bipote Emeraude

Hors ligne

Inscrit le: 22 Jan 2010
Messages: 31

MessagePosté le: Dim 17 Mai 2015 - 18:00    Sujet du message: A quoi bon ? Répondre en citant

Bonjour Perledelune,

Voilà mon expérience : je suis bipolaire aussi mais plutôt avec des phases maniaques qui durent environ 2 mois et qui reviennent après 6 mois ou 1 an de stabilité, cela malgré le traitement pris très sérieusement.
Je suis confrontée au même problème que toi : inactive et longues journées seule à la maison pendant que mon mari travaille. J'ai trouvé un réel plaisir à aller faire du bénévolat : comme cela, je rencontre du monde, cela me donne l'impression de ne pas être totalement inutile et cela m'aide à ne pas utiliser toute mon énergie à ruminer sur la maladie mais à me voir comme quelqu'un qui a encore des ressources même fragiles.

Bien à toi.
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g g
Bipote Turquoise

Hors ligne

Inscrit le: 25 Jan 2012
Messages: 235

MessagePosté le: Lun 18 Mai 2015 - 09:45    Sujet du message: A quoi bon ? Répondre en citant

Bonjour , perledelune ; effectivement , Anna 11 , pointe , me semble - t - il , quelque chose qui est essentiel pour tout un chacun , sortir de soi , de quelque manière que ce soit ... Meme , si les gens trop positifs et les conseils qui vont avec nous hérissent parfois , il faut reconnaître que cela peut aussi avoir un peu de " bon " ... Personnellement j'ai toujours été assez " récalcitrante " un peu à tout ou presque , mais je suis encore là , ( 60 ans bientôt ) avec mon parfois pour ne pas dire fréquent , pourtant , manque d'envie de " vivre " , mais je n'ai pas vraiment non plus l'envie de mourir encore ( je commence à le croire ) , j ' ai été pourtant plus qu' un peu " obsédée par la bonne solution pour en finir une grande partie de ma jeunesse , mais ma dernière tentative date " un peu" LOL : j'avais 22 ans ... Je ne dirai pas bien sur que la vie me semble si " rose " , mais plus le temps passe plus j'arrive à apprécier toutes les petites choses agréables du quotidien , et pourtant j'ai été " difficile " ( à me " satisfaire " ) , je crois qu'il faut prendre conscience que c'est vraiment dommage de s'arc-bouter , de se retenir de respirer tout simplement calmement , meme les maniaco - dépressifs , d'après mon vécu , en sont capables , meme si cela leur est plus " compliqués que pour certains autres ( nous dirons : à la " problématique " moins empetrée d'office , LOL ) Pas besoin d'etre encouragée , LOL , je n'y crois pas " trop " , ne seriez vous pas un peu trop " ( peut - etre , " un peu de " déformation " professionnelle " ) dans une forme de toute puissance " , on sait ce que c'est , je connais aussi à mes heures ... , mais comme le prônent certains , il est simple et bon parfois aussi de " lacher prise " ... Bonne journée de Lundi ( peut - etre ) à l'air libre et au soleil ... g g
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perledelune
Bipote Emeraude

Hors ligne

Inscrit le: 22 Oct 2014
Messages: 20

MessagePosté le: Jeu 21 Mai 2015 - 14:43    Sujet du message: A quoi bon ? Répondre en citant

Salut à tous !

Merci de me lire et de vos témoignages.

Bien l'abilify n'a fait qu'empirer au niveau des effets secondaires, cette sensation de devoir bouger sans cesse accompagnée d'une angoisse sous adjacente. De plus, les sentiments dépressifs sont revenus en force.
Bref, mardi, j'ai dit STOP. Plus d'abilify. Résultat je suis shootée au xanax (6 par jours) afin d'attendre que les effets secondaire se barrent.
Et ensuite, j'essaye le trilepal, ce sera une grande première qui annihile les effets contraceptifs.

En attendant, tout ce que je veux c'est que ces effets secondaires se barrent parce qu'ils sont finalement pire que tout le reste.

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perledelune
Bipote Emeraude

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Inscrit le: 22 Oct 2014
Messages: 20

MessagePosté le: Sam 30 Mai 2015 - 06:39    Sujet du message: A quoi bon ? Répondre en citant

Bonjour à tous et toutes,

Je viens donner des nouvelles.
Je suis actuellement sous trileptal et sous lamictal 125

J'ai énormément soufflé après l'arrêt de l'abilify, qui me provoquait en fait des angoisses innommables.
Depuis c'est un peu l'inconnu.
J'ai eu une phase hypomaniaque de 3 jours seulement. Puis du matin au soir, je suis passée dans une phase dépressive. Là, il semblerait que je vais mieux. Phase normale ou hypomaniaque, je ne saurai le dire.
Mais je penche quand même pour des cycles encore plus rapides.
Je ne peux vous dire mon désespoir quand la phase dépressive est revenue.
Un gros sentiment d'injustice mal placé : j'ai jamais bu, jamais pris de drogue, je ne fume même pas, j'ai toujours bien travaillé à l'école etc....
Et donc, pourquoi moi ???

J'essaye de profiter des phases up quand j'en ai mais c'est difficile de le faire quand tu sais que la phase basse peut arriver presque d'une minute à l'autre.

Malgré tout, au cas où je serai dans une période "normale", je me dis "et si"...et si le trileptal marchait, s'il y avait enfin un espoir de stabilité.
Cet espoir me fait terriblement peur, car c'est très dur de retomber après si ce n'est pas le cas finalement.

Si vous pouviez partager vos histoires avec moi, j'en serai heureuse.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 16:18    Sujet du message: A quoi bon ?

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