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Ces si petites choses qui pèsent une tonne

 
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Auteur Message
marlaug
Bipote Emeraude

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Messages: 33

MessagePosté le: Dim 26 Juil 2015 - 16:15    Sujet du message: Ces si petites choses qui pèsent une tonne Répondre en citant

Bonjour à tous!

J'espère que tout va pour le mieux pour vous. En ce qui me concerne, c'est un peu difficile. Voilà où j'en suis: je suis passée, comme vous, par différentes périodes, différents traitements, et cet éternel diagnostic de dépression unipolaire qui faisait que je n'étais pas traitée comme il faut (oui j'ai la fâcheuse tendance de me plaindre beaucoup quand ça va pas, mais de ne rien dire par peur de me porter malheur quand ça va bien -superstition à la con-). Pour faire bref, ça fait deux ans sur quinze de maladie que je suis traitée correctement. On a même passé un stade dernièrement: je suis sous lithium depuis un mois, et dans la bon dosage depuis une semaine (dixit les analyses de sang). Je sens un mieux: plus d'achats compulsifs depuis quinze jours environ, un peu plus calme. On va vers le positif, quand on pense que l'année dernière à cette époque, j'étais hospitalisée. Ils voulaient me garder un mois, j'ai réussi à négocier une semaine et demi.

Il y a cependant des choses que je n'arrive pas à éradiquer: mes crises de colère se transformant en gros désespoir accompagné de torrents de larmes, et une empathie exagérée qui m'amène des larmes pour de minuscules petites choses (en gros, quelqu'un trébuche, ça me fait pleurer ). D'ordinaire, j'arrive à maîtriser tout ça à force de philosophie et de grandes respirations. Là, je suis dépassée. J'ai, en fait, fait une connerie: je vis en colocation depuis un an, contrainte et forcée. C'était ça, ou retourner chez ma mère. Ma meilleure amie était la personne avec qui je me voyais le mieux vivre. Ca aurait été impossible avec qui que ce soit d'autre. Mes sautes d'humeur, mes changements de rythme, etc... tout ça est difficile à comprendre pour quelqu'un qui n'est pas familiarisé avec la chose. Ce que je n'avais absolument pas imaginé, c'était mon manque de tolérance à moi pour ses (mauvaises) petites habitudes, son mode de vie désormais incompatible avec le mien, et son intolérance à la solitude qui fait qu'elle veut toujours qu'on regarde des films ENSEMBLE le soir, qu'on mange ENSEMBLE, etc... En définitive, elle est presque dans une logique de couple, moi SURTOUT PAS. Et puis elle, elle aime ça, la colocation. Ce qui fait que je n'ose pas lui dire que moi, j'exècre littéralement ça. Résultat, je ne me sens pas chez moi... chez moi. J'ai l'impression que je loue une chambre chez celle qui était ma meilleure amie, que j'ai désormais du mal à supporter. Je passe donc le plus clair de mon temps chez mon homme, mais ce n'est pas chez moi non plus, il manque mes affaires, et je ne peux pas emménager chez lui dans la mesure où il a un T1. Je passe donc mon temps à trimbaler mes sacs entre ma chambre et l'appartement de mon copain.

Ce qui me gêne dans tout ça (désolée pour le pavé), c'est que j'ai la sensation de me laisser obnubiler par de petites choses, et c'est un problème que j'ai depuis toujours et que je n'arrive pas à corriger. De toutes petites choses du quotidien qui déclenchent des tsunamis émotionnels sans précédent. J'ai de violentes réactions parfois qui me poussent à me faire mal, seul moyen pour me faire revenir un peu sur terre. D'ailleurs, sur le coup, je ne ressens absolument pas la douleur. Heureusement, ça n'est pas arrivé depuis longtemps, ça j'arrive à contrôler. Ma solution? Penser à mes parents. Il ne me reste que ma mère, mais justement, je suis pour elle une partie de mon père subsistante, et elle m'aime comme je suis. Si moi j'en suis pour l'instant presque incapable, c'est pourtant une bonne raison pour ne pas gâcher le corps qu'ils m'ont donné. Bonne technique, jusqu'ici. Mais les émotions disproportionnées face à des problèmes qui sont en fin de compte minimes, IMPOSSIBLE de les contrôler.

J'ai donc ressenti le besoin de vous écrire mon petit pavé, j'ai parcouru encore un peu le forum, pour essayer d'y débusquer de bons conseils ou des témoignages... J'aimerais bien me calmer grâce à mes propres pensées raisonnées, plutôt que grâce à mes dix gouttes de tercian prescrites en cas de crises d'angoisse. J'ai la chance d'avoir perdu presque 7 kilos depuis l'arrêt du Dépakote, et rien pris depuis le début de mon traitement au Téralithe... Merci en tout cas de m'avoir écou... lue, et si jamais vous avez des petites techniques pour envoyer balader les obsessions, je suis preneuse!

Bon après-midi à ceux qui me liront, et aux autres aussi!
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MessagePosté le: Dim 26 Juil 2015 - 16:15    Sujet du message: Publicité

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tonia
Bipote Emeraude

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Inscrit le: 21 Juin 2015
Messages: 24

MessagePosté le: Dim 26 Juil 2015 - 16:37    Sujet du message: Ces si petites choses qui pèsent une tonne Répondre en citant

Bonjour marlaug,
je n'ai aucun "truc", mais souvent parler avec l'autre avec sincérité peut aider.
Pourquoi ne pas lui dire tout simplement que tu as besoin de plus d'espace, de plus d'intimité et aussi d'un peu de solitude ? Lui expliquer que tu te sens envahie quand la présence, même de quelqu'un d'aussi proche, est trop régulière, et que tes besoins à toi ne sont pas respectés par la façon que vous avez de cohabiter...
Tu t'es inquiétée d'être supportable pour elle, à elle aussi de se demander comment être supportable pour toi...
Le plus difficile est d'arriver à en parler calmement, sans se focaliser sur "les petites choses" qui t'insupportent, et sans qu'elle se sente jugée ou dénigrée, ce qui ne ferait que mener à la dispute...
Entre personnes honnêtes et de bonne volonté, le bon sens et la sincérité (y compris avec soi-même : connaître ses limites par exemple) sont souvent les meilleurs atouts pour régler les problèmes de cohabitation...
Tonia
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marlaug
Bipote Emeraude

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Inscrit le: 22 Juin 2015
Messages: 33

MessagePosté le: Dim 26 Juil 2015 - 20:34    Sujet du message: Ces si petites choses qui pèsent une tonne Répondre en citant

Merci pour ta réponse, Tonia! Effectivement, j'ai pensé plusieurs fois à lui dire, surtout que dès qu'il y a un problème, je ne sais pas me taire. Mais là, j'ai tellement peur de la vexer et de me laisser bouffer par de petites choses (en gros me plaindre la bouche pleine, sans que ça soit justifié) que je n'ose pas lui parler. MAis oui, là j'arrive à un stade où lui en parler sera la seule solution.
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Dragondeau
Bipote Emeraude

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Inscrit le: 05 Jan 2015
Messages: 62

MessagePosté le: Dim 26 Juil 2015 - 20:57    Sujet du message: Ces si petites choses qui pèsent une tonne Répondre en citant

Bonsoir,

Moi j'ai quelques trucs. ^^ Enfin, surtout deux qui marchent bien, souffrant aussi à fond du syndrome "un rien devient l'Everest."

_ Remettre les compteurs à zéro tous les soirs en me couchant. Se dire que, même si la journée a été un sac de m... (cela m'arrive parfois, et parfois objectivement pour deux fois rien après coup, mais sur le coup, ça fait très mal). Bref, casser le lien de causalité superstitieux qui veut que "les merdes volent en escadrille." et qu'une mauvaise journée implique nécessairement un mauvais lendemain. De mon expérience, le côté "mais demain est un autre jour", fait déjà son petit effet.

_ Mais évidemment, je ne suis pas si sage que ça, et comme tout le monde, je ne peux pas m'empêcher, jusqu'à un certain point, de me projeter au lieu de vivre au jour le jour. Alors, je m'installe des routines. En ce moment, par exemple, j'étudie un peu tous les jours la théorie du jeu d'échecs dans le Bréviaire des échecs de Tartakover, qui est très bien fait. Mais ça pourrait être lire un court chapitre un roman. Un chapitre, pas plus, pas moins, mais tous les jours. Cela pourrait être faire des gammes. Alors, le côté "un rien devient l'Everest" marche aussi, mais dans l'autre sens. "Non, la journée n'est pas ratée. La preuve, j'ai lu mon petit chapitre, étudié ma petite partie d'échecs. Etc". Et ça pèse lourd aussi en terme de sourire.

Quand aux questions de colocations, c'est pas évident. Avec une coloc, avec ses parents, on est comme sur un bateau. Faut faire des concessions... mutuelles, sinon, c'est invivable. Mais peut-être, c'est impossible à dire depuis le net, ta coloc n'est pas mal intentionnée, au contraire. Peut-être y a-t-il une différence entre ce qu'elle veut te dire "Je tiens à toi.", "Je ne te rejette pas.", LA PREUVE : "Je veux qu'on fasse des choses ensemble." et le message que tu perçois : "Je veux t'étouffer." Je suis tout à fait d'accord avec tonia : le mieux... mais le plus difficile, est d'en parler simplement.

Courage !
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marlaug
Bipote Emeraude

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Inscrit le: 22 Juin 2015
Messages: 33

MessagePosté le: Lun 27 Juil 2015 - 12:02    Sujet du message: Ces si petites choses qui pèsent une tonne Répondre en citant

Merci beaucoup pour ces conseils, Dragondeau! Je vais essayer ça dès ce soir. Sinon, pour ce qui est des routines, en ce qui me concerne, il y a l'entretien de mes PCs qui m'aide à me vider la tête, le tricot aussi, et le dessin. J'adore lire et étais une grande lectrice d'ailleurs. Mais en ce moment, je n'arrive pas à me concentrer sur ce que je lis. Mon esprit divague et n'accroche pas. C'est très agaçant alors pour éviter de m'énerver, je fais une pause lecture, et ne recommence que quand ça me manque vraiment trop.

Sinon, il est certain que ma colocataire n'est pas mal intentionnée, bien au contraire, justement. Mais elle a fait une colocation parce qu'elle n'aimait pas la solitude, moi, parce que je n'avais pas le choix financièrement et qu'à l'époque elle était ma meilleure amie et que je pensais qu'elle serait la seule avec qui je puisse vivre. C'était sans compter sur le fait qu'elle soit dans "une logique de couple" comme me l'a montré mon psy. Au début, il fallait que dès que l'une rentre, l'autre vienne la rejoindre dans le salon, qu'on mange ensemble, qu'on passe la soirée à faire des trucs ensemble... alors que moi, j'ai des loisirs très solitaires, et que je ne supporte pas d'être toujours fourré avec quelqu'un qui ne soit pas mon copain.

Il va donc falloir que j'use de diplomatie, et que je suive vos conseils: que je lui parle de tout ce qui me gêne sans autocensure, et sans avoir peur de la vexer.

Merci encore de m'avoir lue et d'avoir pris le temps de me répondre, ça me fait du bien!
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Dragondeau
Bipote Emeraude

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Inscrit le: 05 Jan 2015
Messages: 62

MessagePosté le: Lun 27 Juil 2015 - 22:28    Sujet du message: Ces si petites choses qui pèsent une tonne Répondre en citant

Bonsoir,

Mais de rien, mais de rien. :-) Si on peut aider.

Le tricot c'est très bien aussi. Je me souviens que c'était le petit truc de mes infirmières de nuit en HP. On le sait peu, mais les mousquetaires brodaient pour passer le temps.

Une citation très belle de Rilke : "Tous les dragons de notre vie ne sont peut-être que des princesses qui attendent de nous voir beaux ou courageux." C'est peut-être un malentendu. Mais si, effectivement, elle est dans "une logique de couple", il faut remettre les pendules à l'heure. D'autant que vous êtes DEJA en couple. Peut-être avec des phrases comme "Cela n'a rien à voir avec toi, mais j'ai parfois besoin d'être totalement seule. Je suis comme ça."

Pendant les années, j'ai pris sur moi. J'ai "avalé des couleuvres"... ce qui est assez déraisonnable comme bipote qui a déjà un fardeau assez conséquent à porter. En vouloir ou même en accepter plus, c'est de la gourmandise... et ça n'a pas manqué, je suis devenu obèse parce que je compensais avec la nourriture.

-3 comme humeur, ça commence à être bas. Je ne suis pas médecin et je ne vais pas faire le psy de pacotille, mais cela veut peut-être dire que cette situation vous pèse vraiment beaucoup et que cette autocensure est votre couleuvre à vous. Les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Athos, l'ami de D'Artagnan, disait "Je n'aime pas donner des conseils : soit on ne les suit pas, soit on me reproche après de les avoir suivis." De l'extérieur et telle que vous présentez la situation, je dirais qu'il faut crever l'abcès. Le faire proprement, en respectant l'autre, mais le faire. Que penserait votre psy d'une petite manoeuvre diplomatique style : "Je suis ta coloc, c'est normal que l'on passe du temps ensemble, mais je ne suis que ta coloc, j'ai besoin de vivre ma vie de mon côté aussi." Votre psy connaît beaucoup mieux votre situation que moi, il pourra sans doute mieux vous éclairer qu'un dragon qui passe.

Puisse ce forum être un petit rayon de soleil qui vous aide à vous sentir mieux. Je suis heureux d'avoir pu, même très modestement, vous aider.
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marlaug
Bipote Emeraude

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Inscrit le: 22 Juin 2015
Messages: 33

MessagePosté le: Mer 19 Aoû 2015 - 22:08    Sujet du message: Ces si petites choses qui pèsent une tonne Répondre en citant

Bon, ma colocataire est rentrée de vacances, et je tenais tout de même à ajouter un message à ce post, tout d'abord pour vous remercier encore, puis vous apprendre que j'ai appliqué vos conseils qui se sont avérés d'un grand secours! Effectivement, j'ai parlé avec elle dès que j'en ai eu l'occasion et mes craintes n'étaient pas fondées: elle ne l'a pas mal pris, j'ai su être diplomate et ce qui pouvait passer pour blessant pour elle a été assimilé avec compréhension. Je suis donc libérée d'un grand poids, je me sens beaucoup plus libre de faire ce que j'entends, et ce grâce à vos encouragements.

Merci!

Et Dragondeau, ces mousquetaires qui ont l'air de vous passionner, c'étaient apparemment des types bien, si en plus ils brodaient!
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Dragondeau
Bipote Emeraude

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Messages: 62

MessagePosté le: Jeu 20 Aoû 2015 - 22:13    Sujet du message: Ces si petites choses qui pèsent une tonne Répondre en citant

Heureux de cette bonne nouvelle !

Et oui, c'est passionnant, les mousquetaires.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 13:35    Sujet du message: Ces si petites choses qui pèsent une tonne

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