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Musicothérapie

 
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Team bipote
Bipote Saphir

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MessagePosté le: Mar 13 Jan 2015 - 09:02    Sujet du message: Musicothérapie Répondre en citant

" La musique qui panse les neurones"

La musique change de statut. 
Si elle reste un moyen sans égal d'éprouver des émotions intenses, elle est de plus en plus étudiée comme un remède potentiel pour diverses maladies.

http://www.cerveauetpsycho.fr/ewb_pages/a/article-la-musique-qui-panse-les-neurones-32889.php



 

  
 
L'auteur

- Emmanuel Bigand, professeur de psychologie cognitive, dirige le Laboratoire d'étude de l'apprentissage et du développement, UMR 5022, à l'Université de Bourgogne, à Dijon.
- Barbara Tillmann, directrice de recherche CNRS, dirige l'équipe Cognition auditive et psychoacoustique au Centre de recherche en neurosciences de Lyon, CNRS-UMR 5292, inserm U 1028, Université Lyon-I.
 


 
La musique et la santé entretiennent des relations étroites depuis des temps immémoriaux. 

Ainsi, sur les pyramides d'Égypte, des dessins indiquent que la musique permet de lutter contre les effets des piqûres de serpents, et cette croyance a été déclinée sous différentes formes ; certaines pièces musicales, par exemple la tarentelle, illustrent l'effet de la musique sur la piqûre de tarentule. Aujourd'hui encore, les fêtes de la Tarentelle continuent d'agrémenter les soirées d'été dans la région des Pouilles, en Italie. La musique est omniprésente, et on lui attribue souvent diverses vertus. Un exemple parmi d'autres : dans la petite tribu des Tulé, en Amazonie, la musique est utilisée pour dissuader les différents prédateurs qui rodent autour du village la nuit, de venir y faire des incursions.

Combien de croyances, notamment médicinales, qui persistent aujourd'hui en Occident, relèvent-elles d'une pensée magique similaire ? Face aux angoisses de la maladie, il est facile d'invoquer des croyances qui sont d'autant plus rassurantes et porteuses d'espoir qu'elles sont infondées. Croyance sur les pouvoirs supposés de tel objet, lumière, aliment, art et pourquoi pas aujourd'hui musique ? La musique au service de la médecine ? Est-ce du domaine de la pensée magique ? Ou bien la musique « panse »-t-elle vraiment nos neurones ?

Ces questions sont débattues depuis longtemps dans le cadre de la musicothérapie. Dans sa biographie de Pythagore, le philosophe Jamblique (242-325), rapporte que Pythagore « faisait passer les âmes d'un état en son contraire […], pleurs, colères, apitoiements, envies irraisonnées, frayeurs, désirs de toutes sortes, excès d'émotivité et d'appétence, asthénie, mégalomanie, agressivité, chacun de ces troubles était ramené à la vertu correspondante grâce aux mélodies appropriées, comme au moyen de quelques médicaments efficace et soigneusement préparé ».

Le pouvoir de la musique

Le pouvoir de la musique ne se réduit certainement pas à « adoucir les mœurs », comme le prétend l'adage. Par son pouvoir émotionnel, la musique permet de communiquer avec autrui, y compris avec ceux qui, pour différentes raisons, sont en souffrance ou ont perdu les codes habituels de communication. Au même titre que le toucher, la musique offre un moyen de communiquer avec les autres sans le langage. 
Son pouvoir de mise en relation est exploité par la musicothérapie depuis longtemps. Qui pourrait contester que la musique enrichisse la démarche du psychologue clinicien dans sa relation aux patients souffrant de différents troubles de la personnalité, l'autisme en particulier ? 

Toutefois, la validation scientifique de ces approches cliniques demeure aussi imparfaite que difficile à réaliser.

Mais aujourd'hui, de nombreuses recherches en neurosciences montrent que la musique a bien la capacité de soulager diverses pathologies, le pouvoir relationnel de la musique jouant un rôle déterminant pour engager les malades dans une approche thérapeutique.
Ainsi, nous organisons des ateliers musicaux dans des institutions qui accueillent des personnes à un stade avancé de la maladie d'Alzheimer. Souvent, quand nous entrons avec nos instruments, notre arrivée ne provoque aucune réaction. Quand nous commençons à jouer, il ne se passe rien. Puis nous remarquons de petits mouvements, un éveil progressif des visages.

Le rétablissement du lien

Au fil des séances, des sourires se dessinent, les malades commencent à reprendre les refrains, les corps s'animent, certains se lèvent, parfois subitement, pour un pas de valse. Après quelques ateliers, les séances, qui, au début, ne durent pas plus de 40 minutes, s'allongent, l'ambiance devient chaleureuse, parfois joyeuse, et il est alors difficile de clore les ateliers, même au bout d'une heure et demie.

On observe dans de nombreuses pathologies ce pouvoir de la musique à rapprocher ceux qui se sont éloignés. Nous en avons de nombreux exemples. Ainsi, cette octogénaire qui venait d'être victime d'un accident vasculaire cérébral et que nous avons rencontrée quelques heures après les premiers soins. Elle était devenue aphasique, ne prononçait plus un mot et n'avait même pas la volonté de parler avec nous. Nous lui avons fait entendre Fleur bleue de Charles Trenet. Alors, avec une énergie dont nous ne l'aurions pas cru capable, elle a repris instantanément le refrain de cette chanson, engageant ainsi quasi immédiatement son cerveau à la reconquête du langage. Ces effets émotionnels de la musique ne surprendront pas ceux qui ont l'habitude d'utiliser la musique en milieu hospitalier.

La nouveauté que révèlent aujourd'hui les neurosciences est d'entrevoir des effets encore plus fondamentaux de la musique sur le fonctionnement du cerveau. La musique est une activité complexe dont l'importance sur le développement psycho-affectif et cognitif du nourrisson a été confirmée à maintes reprises. 

L'attrait pour la musique serait une aptitude cognitive archaïque, beaucoup plus résistante aux atteintes cérébrales que d'autres capacités acquises plus récemment au fil de l'évolution, le langage notamment. Cela expliquerait qu'elle puisse être préservée dans de nombreuses atteintes cérébrales, ce qui la rend précieuse pour la rééducation des troubles neuropsychologiques qui résultent de lésions cérébrales. On sait par exemple, que les stimulations musicales que proposent les approches thérapeutiques des aphasies par l'intonation mélodique, contribuent à restaurer les compétences linguistiques chez les sujets aphasiques qui sont capables, dans une certaine mesure, de chanter ce qu'ils ne peuvent dire.

Des modifications du fonctionnement cérébral

Ces thérapies ont un effet sur les réorganisations cérébrales qui interviennent après une lésion du cerveau. Ainsi, généralement, le traitement du langage est plutôt assuré par l'hémisphère gauche, mais, en cas d'aphasie, certains éléments des compétences linguistiques sont transférés à l'hémisphère droit par le biais de la musique. Dans ce type de situation, la musique n'agit pas seulement sur l'humeur du sujet en améliorant son bien-être, mais elle contribue à une réorganisation fonctionnelle du cerveau. De même, quand une personne a été victime d'un accident vasculaire cérébral ayant causé des troubles moteurs, apprendre à jouer du piano est une stratégie thérapeutique plus efficace que de suivre une rééducation motrice classique. Cette pratique instrumentale stimule le cortex auditif et le cortex moteur, et cette association contribuerait à la réorganisation du cortex moteur endommagé par l'accident vasculaire cérébral. Ainsi, de nombreux travaux suggèrent que la sollicitation des régions cérébrales impliquées dans le traitement de la musique aurait un effet positif sur les aptitudes cognitives (l'attention, la mémoire, le traitement du langage) et motrices en cas de lésions.

D'autres chercheurs utilisent plus particulièrement certaines caractéristiques de la musique (le rythme, par exemple) pour en étudier les effets bénéfiques sur les traitements cognitifs, tel celui du langage chez les enfants ayant des troubles développementaux du langage (dyslexie, dysphasie), et sur les activités motrices de personnes atteintes, par exemple, de la maladie de Parkinson. Les résultats obtenus montrent que la musique (ou les matériaux musicaux) ne se limite pas à offrir un support de communication adéquat dans le cadre de certains troubles de la personnalité, mais qu'en contribuant à la plasticité du cerveau, elle contribuerait à soigner le cerveau malade. Cette plasticité est avérée chez les sujets sains musiciens ; découvrir qu'elle est à l'œuvre chez des personnes présentant des lésions cérébrales ou atteintes de maladies neurodégénératives et neurodéveloppementales est un fait nouveau.

Contre le vieillissement cognitif également

Les recherches en neurosciences tentent d'identifier les caractéristiques de la musique responsables de ses effets bénéfiques et de comprendre les mécanismes neurobiologiques sous-jacents. Pour ce faire, les neuroscientifiques utilisent des musiques connues, mais aussi des matériaux musicaux spécialement construits pour la recherche. Certains se focalisent sur la structure rythmique, d'autres visent à identifier des associations avec le langage. Quand on comprendra mieux les mécanismes sous-jacents, on pourra améliorer les programmes d'entraînement et en concevoir de nouveaux encore mieux adaptés.

L'impact de la musique sur le cerveau et sur le fonctionnement cognitif ne se limite pas aux malades, mais a été observé bien au-delà, chez tout un chacun. En effet, la musique est associée à un ensemble de réseaux neuronaux qu'elle synchronise, ce qui a des effets spécifiques : par exemple, les régions cérébrales sollicitées simultanément renforcent leurs connexions synaptiques. Un tel renforcement de la connectivité a plusieurs conséquences : les échanges d'informations deviennent plus rapides et le nombre de neurones assurant cette communication augmente. Chez les musiciens experts, ces modifications se traduisent par des changements anatomiques visibles, par exemple, au niveau du corps calleux, un faisceau de fibres nerveuses qui relie les deux hémisphères cérébraux, ou des faisceaux arqués qui relient les cortex temporaux et frontaux. Ces modifications anatomiques et fonctionnelles se mettent en place rapidement avec la pratique musicale, même chez les adultes qui commencent tardivement à jouer d'un instrument.

Les modifications induites par l'activité musicale ont des effets positifs sur le fonctionnement cognitif global. Ainsi, des jeunes seniors qui pratiquent la musique résistent mieux au vieillissement cognitif que ceux qui se livrent à d'autres activités. Par son impact sur le cerveau, la pratique musicale pourrait augmenter les ressources neuronales et contribuer à lutter contre le vieillissement cognitif.
En résumé, la musique stimule le développement cognitif de l'enfant, contribue à la réhabilitation des personnes ayant subi une lésion cérébrale et de celles présentant des troubles neurodéveloppementaux ou neurodégénératifs, et prépare l'adulte à lutter contre le vieillissement cognitif, comme le montrent les différents articles de ce dossier. Jouer avec les sons est une activité bénéfique pour le cerveau, suscitant, de surcroît, émotions et plaisir. 
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MessagePosté le: Mar 13 Jan 2015 - 09:02    Sujet du message: Publicité

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Bipote Turquoise

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Messages: 297

MessagePosté le: Jeu 27 Aoû 2015 - 22:38    Sujet du message: Musicothérapie Répondre en citant

Bonjour a tous et toutes,

Tout d'abord merci a "Team Bipote" pour l'excellent article "la musique qui panse les neurones"!

J'aimerais y revenir quelques instants si vous le permettez chers Ami(e)s Bipotes afin d'y apporter une remarque;appropriée après les conseils judicieux sur les "do it"(pratiques quand la mémoire fait défaut!).
En aparté,mon surnom au travail était "post it"!

J'ai commence la musique très tôt(5/6ans) et en ai poursuivi l’étude (piano) jusqu’à 18 ans; ceci pour venir à un phénomène que j'ai remarqué et qui ne m'est peux être pas "individuel"!:

Bipo depuis maintenant trois ans et demi,j'ai de grandes difficultés avec ma mémoire antérograde(immédiate,du aux effets secondaires du temesta et stilnox!).

Cependant j'ai remarque que seule ma mémoire musicale n'est pas atteinte;et ne l'est toujours pas a ce jour!

Ce qui me permet d’ailleurs de réussir a "dater" des moments de ma vie ou la bipo devait être sous-jacente mais "non déclarée".

J'ai donc semble t-il rattaché "inconsciemment" tous les moments forts de ma vie a des morceaux de musique;et aujourd'hui;il me suffit simplement de chercher a quelle

date le morceau passait sur les ondes pour reconstituer seule une "chronologie" de ma vie passée;ou il y a de "grands blancs",toujours inexpliqués pas mon psy...

Pour moi,ceux ci se rattachent a des événements classes comme "traumatisants" par mon cerveau "d’hyperémotive" ;que j'ai donc ensuite enfouis sans réussir a les

dater par la suite! et quelle honte quand un proche vous parle d'un événement "marquant" et que "psff"..rien."le trou noir!"...merci la musique!

je ne peux expliquer pourquoi cette mémoire est épargnée par la bipo et les benzodiazépines avalés; mais elle l'est!..je ne pense pas être la seule dans ce cas..

Idem pour les autres bienfaits de la Musique; grande migraineuse;lors de mes études;j'arrivais chez ma professeure avec la migraine; en théorie étudier dans ces

conditions amplifie la migraine avec aura déjà installée ..eh bien non! étonnant mais c'est toujours l'inverse qui s'est produit pour moi; je sortais de mon cours..migraine

"envolée"!

Je précise bien"en pratiquant" et non en écoutant.

Voici mon modeste "témoignage" pour les bienfaits au combien nombreux de la musique!(je tiens a préciser pour terminer que la bipo m'a donné ce "cadeau" d’être

"douée" pour cet art;comme certains d'entre vous l’êtes dans l’écriture,le dessin,la sculpture ect...)et que je possède donc aussi "l'oreille musicale"..(sans prétention

aucune;souhaitant juste un témoignage précis).

bien à vous

"de n'importe quel pays,de n'importe quelle couleur;la musique est un cri qui vient de l’intérieur!" Bernard Lavilliers Noir et Blanc

https://www.youtube.com/watch?v=s3SC6-mZj6g&list=RDs3SC6-mZj6g

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Team bipote
Bipote Saphir

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Messages: 863

MessagePosté le: Mar 15 Sep 2015 - 20:57    Sujet du message: Musicothérapie Répondre en citant

La musicothérapie : la connaissons-nous vraiment ?


le 10 Septembre 2015



Musicothérapie dans l'unité des grands prématurés © Pascal Deloche/Godong/Corbis



La musicothérapie : comment la définit-on ? La musique soigne-t-elle vraiment et comment ? Y a-t-il des musiques qui ont plus d’effets bénéfiques sur certaines pathologies que d’autres ? A l'occasion du troisième volet du cycle des conférences "Musique & cerveau" organisé par Radio France, le neuropsychologue Hervé Platel donne quelques éléments de réponse.

Nous l'associons un peu rapidement à l'hypnose, à la sophrologie, ou à la simple relaxation. Mais au fait, savons-nous exactement ce qu'est la musicothérapie, comment elle est pratiquée et quels sont ses applications ? Le simple fait d’écouter la musique au casque dans le métro bondé en rentrant à la maison, par exemple, est-ce de la musicothérapie ?

Hervé Platel, professeur de neuropsychologie à l’Université de Caen est l’un des premiers à avoir identifié les réseaux cérébraux impliqués dans la perception et la mémorisation de la musique, et notamment sur les patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Par rapport à la définition de la musicothérapie, il est catégorique :

« La simple exposition d’un sujet à l’écoute de la musique n’est pas de la musicothérapie. On parle de la musicothérapie lorsqu’il s’agit de l’application des soins dans un contexte thérapeutique, avec l’intervention d’une personne qualifiée - d’un musicothérapeute. Trois paramètres sont importants : l’histoire du patient et les spécificités de sa pathologie, les caractéristiques de la musique choisie et la relation avec le thérapeute. »

Utilisée à l’origine pour apaiser les souffrances psychiques, la musicothérapie était surtout un moyen de relaxation ou de renforcement de l’estime de soi. Avec l’évolution de la discipline, son champ d’application a été élargi : aujourd’hui elle est largement utilisée pour stimuler les fonctions intellectuelles ou cognitives.

« On rencontre aujourd’hui deux applications principales : une application active, lorsque l’intervenant travaille avec des sujets en groupe ou en individuel autour de la pratique instrumentale, et une application réceptive, qui est basée sur la relaxation par la musique avec la médiation du thérapeute. La première technique favorise l’expression de soi, facilite la communication ou peut participer à la resocialisation de certains sujets. La technique réceptive est surtout utilisée dans le traitement de la douleur, de l’anxiété et de la dépression par le biais de la relaxation et la détente et par le détournement de l’attention. En relation avec le thérapeute, la musique peut être aussi utilisée comme déclencheur d’un échange verbal sur les émotions qu’elle provoque, elle sert à analyser et prendre conscience des pathologies développées dans une démarche psychanalitique . »



Exemple d'une séance musicale composée selon les critères de la musicothérapie ( Source : Music Care )


La musique soigne-t-elle vraiment?

Depuis longtemps, les effets bénéfiques sur un champ très vaste de pathologies ont été démontrés de façon empirique. Mais depuis vingt ans, l’évolution des techniques de neuro-imagerie permettent d’identifier précisément les effets et les modifications que la musique peut provoquer dans notre cerveau :

«La musique capte facilement notre attention : dès qu’il y a de la musique dans l’environnement, le cerveau se synchronise très naturellement . Les voies d’entrée de la musique dans le cerveau sont beaucoup plus complexes que celles de la parole, par exemple, et sollicitent différentes régions cérébrales :la musique stimule, relaxe, calme la douleur, mais a aussi la capacité d’augmenter la plasticité du cerveau et de provoquer les modifications au niveau des connections synaptiques. Chez les personnes autistes, qui ont une hypersensibilité à la musique, outre sa fonction de médium de communication, elle a un impact considérable sur les capacités d’attention et de concentration et par conséquent, diminue les troubles de comportement. Dans les cas des patients en rééducation neurologique suite à un traumatisme crânien ou un accident vasculaire cérébral, la musique peut accélérer la récupération de certaines fonctions intellectuelles endommagées : la simple écoute régulière de la musique augmente les capacités attentionnelles et améliore les fonctions défaillantes de la mémoire. »


Une méthode-miracle ? Hervé Platel tient à modérer ses propos :

«Dans le cadre des maladies neuro-dégénératives - du type Alzheimer - la musicothérapie va en effet retarder les effets de la maladie, mais elle n’a pas d’impact sur la guérison en elle-même, la progression de la maladie est inévitable. Par contre, seule la musicothérapie réussit à activer les capacités résiduelles de la mémoire : alors que l'on a l'impression d'avoir les patients qui n'ont plus aucune mémoire, ils arrivent à retenir les mélodies nouvelles et sont capables de les reproduire, alors qu’ils n'en mémorisent pas les paroles.»



Le schéma de l'impact de la musique sur le cerveau



Quelles musiques pour quel traitement ?

Même si chaque contexte clinique est différent, le protocole appliqué par le musicothérapeute est très précis quant aux choix des musiques utilisées :

« Rien n’est laissé au hasard. Le patient peut choisir le style de musique qu'il préfère, et l'on l'expose ensuite à une matrice soigneusement élaborée : un enchainement des musiques qui ne lui sont pas familières, dans une logique dite en "U" : stimulant-relaxant-stimulant. On commence par un rythme proche du rythme cardiaque et avec des harmonies riches, pour poursuivre en ralentissant le rythme et en simplifiant le tissu musical, et dans la dernière séquence on revient à un rythme plus soutenu en recompléxifiant les harmonies.»



Technique de montage en "U" : les séances de 20 à 45 min. décomposées en plusieurs phases de 5 à 6 morceaux sur le principe "stimulant-relaxant-stimulant"


Outre l'importance de la musique utilisée dans le cadre therapeutique, la relation avec le thérapeute est primordiale : quel est le profil idéal d'un intervenant musicothérapeute, doit-il être musicien ?

« Ce qui est important, c’est que l’intervenant soit formé aux techniques spécifiques en fonction de la pathologie traitée, pour pouvoir s’adapter aux objectifs thérapeutiques du patient. Avant d’être musicien, le musicothérapeute doit connaître les techniques de traitement ou de la rééducation thérapeutique de la pathologie en question : l’approche ne sera pas la même dans le cas de la maladie d’Alzheimer, de l’autisme ou de la prise en charge d’un grand prématuré, tout ceci remis dans un cotexte de l’histoire du patient. »


Une pratique thérapeutique toujours pas reconnue

Même si les applications de la musicothérapie sont très largement répandues dans les hôpitaux ou dans les centres de soin, la reconnaissance de la musicothérapie tarde à venir. L'hétérogénéité des pratiques et des approches complique d'avantage les évaluations objectives des effets que la musicothérapie peut avoir sur la santé.

« Il n'existe pas un cadre institutionnel qui définirait le statut des musicothérapeutes aujourd’hui. La plupart des interventions sont effectuées par des bénévoles, parce qu’il n’y a pas de financement propre à cette discipline. On parle toujours d'une intervention de l'ordre culturel ou de l'animation. Si un établissement souhaite engager un musicothérapeute, il embauchera un aide-soignant ou un infirmier formé à la musicothérapie. La raison principale en est que les effets cliniques de la musicothérapie manquent encore aujourd’hui de preuves scientifiques, de preuves physiologiques de l'impact de la musique sur la santé. Mais les études de validité se multiplient, et l’apport des neurosciences dans les prochaines années y sera déterminant. »



Par Suzana Kubik


http://www.francemusique.fr/actu-musicale/la-musicotherapie-la-connaissons-…
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Team bipote
Bipote Saphir

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MessagePosté le: Sam 7 Nov 2015 - 14:10    Sujet du message: Musicothérapie Répondre en citant

Écouter de la musique triste n’est pas toujours bon pour la santé mentale


Repéré par Claire Levenson Science & santé 03.11.2015


À faire pleurer dans les chaumières | Run Mizumushi-Kun


Vouloir réguler son humeur par des notes de musique n’est pas toujours du meilleur effet.

La musicothérapie, soit le fait d’utiliser la musique pour aider à traiter des souffrances psychologiques, est désormais une discipline reconnue, particulièrement aux États-Unis et en Angleterre. Mais savoir utiliser la force de la musique pour améliorer son état mental n’est pas toujours évident. Selon un article publié dans la revue Frontiers in Human Neuroscience, les personnes qui écoutent fréquemment de la musique triste ou agressive sont plus anxieuses et névrosées.

«Ce style d’écoute permet d’exprimer des sentiments négatifs mais n’améliore pas nécessairement l’humeur», explique Suvi Saarikallio, une des co-auteures de l’étude.
Ces chercheuses en neurologie et musicothérapie ont demandé à 123 participants de décrire leurs stratégies de régulation de l’humeur par la musique. Selon The Atlantic, trois types de stratégies ont été identifiées: la diversion, le réconfort et l’évacuation de la colère et de la tristesse par la musique.


Rumination musicale
Les sujets de l’étude ont ensuite passé des IRM du cerveau alors qu’ils écoutaient divers types de musique, et il s’est avéré que les hommes qui utilisaient la stratégie d’évacuation de la colère et de la tristesse avaient moins d’activité dans le cortex préfontal médian, une partie du cerveau associée à la régulation des humeurs. (Cette corrélation ne se retrouvait pas chez les femmes.)

«Certaines façons de gérer les émotions négatives, comme la rumination, soit le fait de penser continuellement à des choses négatives, sont liées à une mauvaise santé mentale, explique Emily Clarkson, une des auteures de l’étude. Nous voulions savoir si certaines façons d’écouter de la musique pouvaient être liées à des effets négatifs similaires.»
Il semblerait que ce soit le cas. Comme le résume Elvira Brattico, une des autres auteures, les résultats de l’étude montrent qu’il y a un lien entre style d’écoute musicale et activation du cortex préfontal médian, ce qui pourrait signifier que certains modes d’écoute musicales ont des effets à long terme sur le cerveau.

Les auteures pensent que cette étude pourrait être utilisée pour aider les musicothérapeutes à recommander des musiques adaptées aux besoins de leurs patients.


http://www.slate.fr/story/109321/musique-triste-sante-mentale
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Dédéjr
Bipote Turquoise

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Inscrit le: 02 Aoû 2011
Messages: 174

MessagePosté le: Mer 2 Déc 2015 - 01:10    Sujet du message: Musicothérapie Répondre en citant

Ben a mes heures perdu j'ai pris des cours de chant avec une vrai chanteuse professionnel. Bon je ne sui pas près pour l'Olympia mais j'ai bien progresser moi qui penser pas être musicale....j'ai meme monte sur scene en duo une fois!

Mon envie d'écouter ou de chanter est aussi un baromètre de mes humeurs depuis toujours.
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fontaine
Bipote Diamant

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Inscrit le: 03 Mar 2008
Messages: 2 386

MessagePosté le: Mer 2 Déc 2015 - 19:24    Sujet du message: Musicothérapie Répondre en citant

j'écoute beaucoup de musique
non, je ne peux pas écouter de musique gaie quand je suis triste
je me rappelle jeune, dans des souffrances abyssales à écouter des aires de mr Buterfly de Puccini car j'attendais un coup de tel d'une personne que j'aimais en vain.
le requiem de Mozart, des images d'un don juan avec Piccoli, année 70, l'absolu de la douleur
messe en si de Bach
c'est comme un bain, une régénération
il y a un absolu qui tient en quelques notes, un absolu comme la douleur.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 12:03    Sujet du message: Musicothérapie

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