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Et si le risque de suicide était détectable?

 
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Bipote Saphir

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MessagePosté le: Jeu 24 Sep 2015 - 14:55    Sujet du message: Et si le risque de suicide était détectable? Répondre en citant

SUICIDE: Et si le risque était détectable à 90%?


Actualité publiée il y a 6 jours
Molecular Psychiatry



Trouble bipolaire et autres maladies psychiatriques signifient risque accru de tentatives de suicide (TS). Cependant détecter les pensées suicidaires reste extrêmement difficile pour les médecins comme pour les proches. Ces travaux de l'École de médecine de l'Université de l'Indiana proposent de nouveaux outils, précieux, permettant de mieux prédire un risque élevé de TS. Les conclusions, présentées dans la revue Molecular Psychiatry, associent à cette combinaison de tests sanguins et de questionnaires, une précision de détection de plus de 90%.

Ces chercheurs plaident pour l'adoption généralisée de tests de prédiction du risque, permettant la mise en œuvre rapide de changements de mode de vie ou de thérapies pouvant réduire le risque de suicide.



Des biomarqueurs sanguins : De précédents travaux de l’auteur principal, le Dr Niculescu avaient permis d’identifier un panel de biomarqueurs significativement plus élevés chez les patients souffrant de trouble bipolaire avec des pensées suicidaires ou hospitalisés à la suite de tentatives de suicide. En travaillant sur d’autres diagnostics psychiatriques, les chercheurs sont parvenus à isoler des biomarqueurs encore plus significatifs du risque de suicide. Leur nouvelle étude, menée auprès de 217 participants masculins à troubles psychiatriques, dont trouble bipolaire, trouble dépressif majeur, trouble schizo-affectif, et schizophrénie a permis d’identifier, chez 37 participants victimes de pensées suicidaires les ARN présents. Ces biomarqueurs candidats ont ensuite été réévalués afin d’être mieux hiérarchisés. Les biomarqueurs sélectionnés ont été confirmés chez 26 patients ayant commis des TS. Enfin, les chercheurs ont revalidé ces biomarqueurs chez un dernier groupe de patients.

Une app d’évaluation : Différents questionnaires ont été développés séparément, l’un évalue l'humeur et l'anxiété; l'autre le ressenti des problèmes de la vie, la santé mentale, la toxicomanie et les facteurs de stress.

La combinaison biomarqueurs sanguins + application :
Les tests sanguins sont basés sur des biomarqueurs d'ARN.
Les questionnaires d’évaluation, développés sous la forme d'une application, sont en mesure de prédire l'apparition de pensées suicidaires significatives avec plus de 80% de précision.
Le tout apporte une précision de 92% chez les patients atteints de toute une variété de maladies psychiatriques. Parmi les patients présentant un trouble bipolaire, la précision atteint 98%, selon le Dr. Niculescu, auteur principal de l’étude. Chez l’ensemble des patients atteints de troubles psychiatriques, la combinaison s’avère suffisamment précise pour prédire avec une précision de 71% quels patients vont devoir être hospitalisés pour des tendances suicidaires, dans l'année suivant l’étude.

Le résultat est donc un outil prédicteur, sur un large spectre, des tendances suicidaires. Un outil prêt à être déployé et testé par les professionnels de santé, en particulier dans les services d'urgence, précisent les auteurs. Reste tout de même à effectuer quelques études chez les femmes, et à valider la précision de l’outil sur des patients exempts de diagnostics psychiatriques. Cependant, étant donnée la complexité du diagnostic de pensées suicidaires, c’est certainement déjà une étape importante qui vient d’être franchie.

Source: Molecular Psychiatry 18 August 2015; doi: 10.1038/mp.2015.112 Understanding and predicting suicidality using a combined genomic and clinical risk assessment approach (Visuel@Indiana University School of Medicine)
Plus d’études sur les Troubles bipolaires, le Suicide

http://www.santelog.com/news/diagnostic/suicide-et-si-le-risque-etat-detect…
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MessagePosté le: Jeu 24 Sep 2015 - 14:55    Sujet du message: Publicité

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Bipote Saphir

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MessagePosté le: Sam 24 Oct 2015 - 12:23    Sujet du message: Et si le risque de suicide était détectable? Répondre en citant

SUICIDE: Travailler sur la prise de décision plutôt que sur le stress et la dépression


Actualité publiée le 03-09-2015 - Journal of Psychiatric Research


« Choisir d'en finir » titre le communiqué de l’Université McGill, suggérant déjà le lien étroit entre suicide et prise de décision. Cette étude, publiée dans le Journal of Psychiatric Research montre en effet que la difficulté à faire les bons choix est un facteur majeur de vulnérabilité au suicide. Elle suggère enfin que cette prise de décision risquée se retrouve aussi chez de nombreux parents de personnes suicidées et constate ainsi une certaine « héritabilité » du suicide.




Ainsi notre mode de décision apparaît ici comme l'un des principaux facteurs qui nous protègent ou nous rendent vulnérables au suicide, explique le Dr Fabrice Jollant, professeur adjoint de psychiatrie à l'Université McGill. Son étude contribue à montrer comment la difficulté à bien décider prédispose au suicide et suggère ainsi des solutions pour le prévenir.


Une difficulté à prendre les bonnes décisions : Le chercheur et son équipe ont soumis des 17 parents au premier degré de personnes suicidées à des tests neuropsychologiques et comparés leurs scores à ceux de 18 parents au premier degré de personnes souffrant de trouble dépressif majeur, mais sans antécédents familiaux d'acte suicidaire, et à ceux de 19 témoins sains. La prise de décision a été évaluée avec le test Iowa Gambling Task*, le contrôle cognitif à l’aide de 3 tests (le Stroop Task, le Hayling Sentence Completion Test et le Trail-Making Test).

L’analyse constate que :

· les parents de personnes suicidées sont porteurs de certains traits de vulnérabilité au suicide, même s'ils n’ont jamais commis de geste suicidaire. A l’un des tests sous forme de jeu de pari*, les proches de personnes suicidées vont favoriser des choix risqués, même après plusieurs essais manqués, alors que les personnes issues de familles sans suicide apprennent à faire les bons paris au fil de l’expérience.

· Ainsi, les proches de personnes suicidées vont opter pour des solutions qui apportent un bénéfice à court terme malgré des risques élevés, plutôt que des solutions à long terme plus sûres.

· L'imagerie de leur cerveau par IRM fonctionnelle révèle une similarité de certaines zones du cortex préfrontal impliquées dans la prise de décision chez les personnes qui ont tenté de se suicider et leurs proches.



Un cercle infernal : cette difficulté à prendre de bonnes décisions,

· peut se traduire par le choix du suicide dans un contexte de dépression majeure,

· est source de nombreux facteurs de stress dans la vie quotidienne et de problèmes de relations interpersonnelles, des facteurs classiques déclencheurs de crises suicidaires.



Ces observations ouvrent de nouvelles voies de prévention du suicide :

· L’observation des proches et de l’environnement familial peut révéler ou confirmer le risque,

· le développement de psychothérapies sur la prise de décision « raisonnable » peut diminuer la vulnérabilité suicidaire,

· le recours à la neurostimulation pour stimuler certaines zones du cerveau peut contribuer, selon les auteurs, à améliorer la prise de décision.


Ainsi, travailler sur la prise de décision apparaît une voie thérapeutique complémentaire, jusque-là peu évoquée, pour prévenir le passage à l’acte et accompagner les personnes suicidaires.


Source: Journal of Psychiatric Research Juillet 2015


http://www.santelog.com/news/neurologie-psychologie/suicide-travailler-sur-…
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MessagePosté le: Sam 31 Oct 2015 - 17:50    Sujet du message: Et si le risque de suicide était détectable? Répondre en citant

Près de 12 000 décès en France

Suicide : une nouvelle approche est indispensable

par Jean-Paul MARRE

Une série de suicides, ou de tentative de suicide, récents de personnalités connues (Dr Bonnemaison, Sam Sarpong,...) souligne un fléau spécifiquement français : le suicide. Pourtant, de nouveaux travaux pourraient permettre de lutter plus efficacement contre cette maladie à part entière.


SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Mise à jour le 31.10.2015 à 12h05

Publié le 27.10.2015 à 15h30


A la différence d’autres pays, la fréquence du suicide en France n’a pas varié depuis le début des années 1990 : environ 11 500 décès par suicide sont décomptés chaque année, soit 4 fois plus que les tués par accidents de la route. De plus, le nombre de tentatives de suicide reste lui aussi invariable et atteindrait environ 220 000 à 240 000 par an. C’est un enjeu d’autant plus important que la France est un des pays européens où le risque de décès par suicide est le plus élevé, et ce malgré les politiques de prévention mise en place au fil des ans.



Dépression et suicide : des rapports complexes

Jusqu’à maintenant, on considérait le suicide comme étant toujours secondaire à un certain nombre de maladies psychiatriques, en particulier la dépression, les troubles bipolaires et la schizophrénie, car les suicides y sont particulièrement fréquents. Désormais, on tend à considérer le suicide comme une maladie psychiatrique à part entière, et ceci pour diverses raisons.

La première, c’est que lorsqu’on regarde les travaux qui portent sur « l’autopsie psychologique » des sujets décédés par suicide, on s’aperçoit que près 70% d’entre eux n’avaient pas de pathologie psychiatrique au moment du passage à l’acte.

D’autre part, un grand nombre de patients qui souffrent de dépression, de troubles bipolaires ou de schizophrénies ne feront jamais de tentatives de suicide, et ne décèderont pas par suicide.



Le suicide, une maladie psychiatrique autonome

Un travail français, qui a fait la une du dernier congrès nord-américain de psychiatrie, l’APA, démontre cette individualisation. A partir de l’analyse d’une très large cohorte de malades souffrant de troubles psychiatriques, Nicolas Hoertel (Issy-les Moulineaux) a validé la singularité du suicide comme entité psychiatrique autonome : « Dans cette étude, on démontre que les tentatives de suicide ne sont pas liées à une maladie mentale donnée, ou un groupe de maladies mentales, mais que ce risque serait médié par un facteur général qui correspondrait à une vulnérabilité globale de développer toutes formes de psychopathologies, autrement dit toutes formes de maladies mentales ».



Un marqueur de la vulnérabilité au suicide

A l’heure actuelle, on considère que le suicide est particulièrement associé, d’une part à une altération de la capacité à prendre une décision adaptée, et d’autre part, à une altération des freins cognitifs à mettre en acte une conduite suicidaire.

Cette altération de la capacité à prendre une décision est mesurable en recherche, et constitue donc un marqueur du risque suicidaire. Un test simple consiste à évaluer une personne sur sa capacité à faire des choix adaptés lors de jeux de cartes associées à des gains ou à des pertes financières. « Les personnes qui avaient tenté de se suicider, et notamment celles qui avaient fait des tentatives de suicide violentes, ces « suicidants » ont une tendance à faire des choix risqués, désavantageux, alors que des personnes normales ou des personnes déprimées mais non suicidaire n’ont pas cette anomalie », explique Fabrice Jollant (Montréal).

Surtout, des travaux ont montré que les apparentés au premier degré de personnes décédées d’un suicide, qui eux-mêmes n’ont jamais tenté de se suicider, présentent elles-mêmes de très légères anomalies de prise de décision, ce qui correspond sans doute en partie au caractère familial du suicide.


http://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/12621-Suicide-des-ma…
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MessagePosté le: Ven 12 Fév 2016 - 17:31    Sujet du message: Et si le risque de suicide était détectable? Répondre en citant

Suicide chez les jeunes : un nouveau portail dédié à la prévention


Publié le 04 février 2016





Chaque jour, 27 personnes se donnent la mort en France. C’est le résultat d’un rapport, remis le 3 février 2016, à la ministre de la santé Marisol Touraine. A l’occasion de la 20ème Journée Nationale pour la Prévention du Suicide, qui chaque année se déroule le 5 février, l’association PHARE Enfants-Parents lance un portail d’information : www.phare.org

Le but ? Accompagner l’entourage familial des enfants et des adolescents en situation de mal-être : des fiches pédagogiques permettront de prévenir le passage à l’acte, en détectant les signes d’alerte puis en adoptant le comportement adéquat. C’est le cumul des symptômes présentés sur le site, ou leur apparition brutale, qui doivent alerter les proches sur une grande souffrance qui pourrait conduire au suicide. Parce que l’idée même que son enfant puisse faire le choix de mettre fin à sa vie est inconcevable, de nombreuses personnes en occultent inconsciemment certains. Parmi les 243 cas de suicides d'enfants étudiés par l’association depuis 1997, 65 % des parents n’avaient rien repéré.

Avec cette initiative, PHARE Enfants-Parents souhaite également associer les parents dont l'enfant est déjà suivi en milieu hospitalier, au parcours thérapeutique de celui-ci. Aujourd’hui encore, ils sont nombreux à n’avoir connaissance du diagnostic qu’après la mort de l’enfant. L’association insiste sur la nécessité de former le corps médical à l'échange avec les familles et à l’intégration de ces dernières aux protocoles de soins, à travers des rencontres systématiques.

« Les mentalités doivent encore à évoluer pour cesser d'associer les parents à la cause des troubles de leur enfant. Aujourd'hui, l'immense majorité des enfants sont désirés et choyés. Les troubles sont souvent liés à une situation douloureuse, dans laquelle les parents sont aussi victimes que leurs enfants », se désole Xavier Pommereau, psychiatre et Chef du Pôle aquitain de l'adolescent au CHU de Bordeaux. « Il est erroné de penser qu'on puisse soutenir un adolescent, sans s'occuper de la souffrance parentale. Par expérience, l'adhésion des jeunes gens aux soins s'en trouve améliorée, même quand ils sont en conflit avec leurs parents. »


PHARE Enfants-Parents :

5 Rue Guillaumot, 75012 Paris
www.phare.org
Association loi 1901 d'intérêt général, PHARE Enfants-Parents œuvre depuis 1991 pour prévenir le mal-être et le suicide des jeunes. Fondée et présidée par Thérèse HANNIER, également co-fondatrice puis présidente (de 2010 à 2012) de l'UNPS (Union Nationale de Prévention du Suicide), l'association apporte écoute et assistance aux parents et enfants, ainsi qu'à toute personne confrontée au mal-être d'un jeune.
Ligne d'écoute : 01 43 46 00 62 |vivre@phare.org


http://blogs.psychologies.com/les-400-coups-de-la-redac/coups-projecteur-12…
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MessagePosté le: Sam 12 Mar 2016 - 13:05    Sujet du message: Et si le risque de suicide était détectable? Répondre en citant

Suicide : de nouvelles mesures au premier semestre 2016



10 février 2016





Les suicides provoquent plus de 10.000 décès par an. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, présentera un programme d'action dans le courant du premier semestre 2016 pour mieux prévenir ce fléau.

Chaque jour, 27 personnes mettent fin à leurs jours en France, ce qui représente plus de 9.700 morts par an. En réalité, ce chiffre avoisinerait plutôt 10.700 en raison d'une sous-estimation d'environ 10%.
A ces données alarmantes, s'ajoutent 200.000 tentatives de suicide annuelles qui entraînent près de 79.000 hospitalisations, indique le dernier rapport de l'Observatoire national du suicide. Ce document a été remis le 2 février 2016 à la ministre de la Santé, Marisol Touraine.
"L'enjeu, c'est de bien comprendre pour agir", a déclaré à cette occasion la ministre de la Santé, en amont de la Journée nationale de prévention du suicide du 5 février. Face à ce "drame de santé publique", Marisol Touraine a annoncé qu'elle présenterait une nouvelle feuille de route dans le courant du premier semestre 2016.


Améliorer la surveillance

Ce nouveau cadre opérationnel pour prévenir le suicide s'appuiera sur l'analyse de l'Observatoire national du suicide et d'autres travaux attendus "dans les prochaines semaines" : le rapport d'évaluation du plan psychiatrique et santé mentale, et celui du Haut Conseil pour la santé publique (HCSP).
L'Observatoire national du suicide préconise notamment d'améliorer le système de surveillance des suicides et des tentatives de suicide. Pour Marisol Touraine, la loi santé "va permettre d'avancer très rapidement dans cette voie", en particulier avec "l'ouverture des données médico-administratives, des données de l'assurance maladie et des données hospitalières".
Pour mieux adapter les actions de prévention, le rapport recommande de développer une approche du suicide par type de population (jeunes étudiants, jeunes en prison, jeunes filles, etc.). La recherche doit intégrer les facteurs de risque (psychiatriques, socio-économiques, environnementaux, etc.) mais aussi les facteurs de protection. Parmi les autres recommandations, figure le développement de la postvention, c'est-à-dire les actions de soutien aux personnes endeuillées par un suicide.


La France mal placée au niveau européen

Malgré une baisse de 17% depuis 2002, "la France se situe parmi les pays européens ayant un taux élevé de suicide, après l'Autriche, la Belgique et la plupart des pays de l'Est", déplore l'Observatoire national du suicide. Dans notre pays, le taux de décès par suicide s'élève à 16,7 pour 100.000 habitants en 2012, contre 11,7 pour l'ensemble des 28 pays de l'Union européenne.
Ce taux est "trois fois supérieur chez les hommes", soit 25,9, contre 7,4 chez les femmes. Autre enseignement : le taux de décès augmente fortement avec l'âge pour atteindre 67 pour 100.000 hommes parmi les plus de 75 ans.
Pour autant, la part de la mortalité par suicide représente moins de 1% du total des décès des seniors alors qu'elle est logiquement plus importante chez les hommes plus jeunes : près de 18% pour les 15-24 ans, 22% pour les 25-34 ans et 19% pour les 35-44 ans. Ce phénomène se retrouve dans la population féminine.


Davantage de décès en Bretagne

Par ailleurs, le rapport de l'Observatoire national du suicide confirme la persistance d'inégalités territoriales. La Bretagne demeure la région la plus touchée avec une mortalité par suicide "en moyenne supérieure de 65% au taux national". Le taux de décès par suicide grimpe à 39,5 pour 100.000 hommes et 11,9 pour 100.000 femmes.
Pour lutter contre ce fléau, la Mutualité Française Bretagne anime plus d'une dizaine de réseaux de prévention du suicide dans les départements des Côtes-d'Armor, du Finistère, d'Ille-et-Vilaine et du Morbihan. Cette union régionale travaille en partenariat avec l'agence régionale de santé (ARS), le Conseil régional de Bretagne et de nombreux professionnels de la santé, du social, de l'éducation ou encore de l'insertion.
Autres zones particulièrement touchées : Nord-Pas-de-Calais, Limousin et Pays de la Loire. A l'inverse, l'Alsace, la Corse, Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes affichent les plus bas taux de décès, "inférieurs de plus de 15% au taux moyen en France".



http://www.mutualite.fr/actualites/suicide-de-nouvelles-mesures-au-premier-…
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Bipote Saphir

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MessagePosté le: Sam 19 Mar 2016 - 13:49    Sujet du message: Et si le risque de suicide était détectable? Répondre en citant

La France détourne le regard face au suicide



16.03.2016 par Cécilie Cordier


La France est l’un des pays européens où l’on se suicide le plus : deux tentatives par heure, 10 000 morts par an. Dans le plus grand silence. Pourtant, le suicide peut être évité : des pays comme la Grande-Bretagne ou la Norvège ont constaté l’efficacité d’une prévention active. Alors que la recherche avance et que des programmes locaux font déjà leurs preuves dans l’Hexagone, aucune politique nationale n’est engagée.



Le long couloir sombre des urgences psychiatriques de Pau, où résonnent les pas et bruits de clés, ne sera bientôt plus qu'un mauvais souvenir. L'établissement inaugurera ce 1er avril un bâtiment neuf lumineux pour les urgences et le centre de crise.


Chaque année, plus de 10 000 personnes se suicident en France. C’est trois fois le nombre de morts sur les routes. Sans compter les quelque 200 000 tentatives de suicide prises en charge annuellement. Pourtant, la prévention du suicide se montre particulièrement discrète. Loin de se saisir de ce que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a érigé en « urgence mondiale », le ministère de la Santé relègue la question à une simple page de son site Internet. Et n’a pas répondu à nos sollicitations répétées sur le sujet.

Le deuxième rapport de l’Observatoire national du suicide, publié début février dans un silence quasi complet, rappelle que la France affiche un taux de suicide parmi les plus hauts d’Europe. On estime à au moins cinq milliards d’euros annuels le coût de ces morts évitables. Mais aucun plan national de prévention n’est budgétisé. Sur le terrain, il est pourtant attendu : « On a des idées, mais le système ne donne pas la priorité à la prévention du suicide : ce n’est pas aussi noble d’investir là-dedans que dans des avancées chirurgicales », regrette Marc Fillatre, psychiatre au centre hospitalier régional universitaire de Tours et vice-président de l’Union nationale pour la prévention du suicide (UNPS). Et d’ajouter : « Faire le constat que des gens vont mal, c’est faire le constat que la société va mal. Ce n’est pas confortable. On assiste à une belle démonstration de politique de l’autruche. »

Autruche jusque dans les certificats de décès. Selon l’Observatoire national du suicide, la sous-déclaration du suicide, par des classements en accident ou en « mort sans cause déterminée », se chiffre en moyenne à 9,4% en Métropole.


Le désespoir désamorcé par l'écoute

Tabou, souvent associé à la honte, le suicide touche directement ou indirectement près de quatre millions de personnes chaque année : « La particularité d’un suicide, c’est qu’il rend vulnérable tout l’entourage, qui va tenter de trouver un sens au geste », précise Marc Fillatre.

Contrairement aux idées reçues, la crise suicidaire ne survient pas forcément dans un contexte de pathologie psychiatrique. « Ce sont des gens qui ont accumulé plus d’expériences négatives que d’expériences positives et qui ont le sentiment de ne pas avoir leur place, de ne pas avoir d’autre choix. La goutte d’eau de trop provoque un passage à l’acte », explique le psychiatre.

Acte désespéré, le suicide est évitable. Les associations qui se trouvent directement au contact des personnes suicidaires, par leurs lignes d’écoute, en savent quelque chose. Leurs bénévoles, formés à leur arrivée puis régulièrement tout au long de leur engagement, désamorcent parfois des spirales de détresse.

La plus connue, SOS Amitié, répond à plus de 680 000 appels téléphoniques chaque année et a mis en place une boîte mail qui assure une réponse sous 48 heures, ainsi qu’un chat ouvert de 17 heures à 1 heure du matin. Dans tous les cas, le respect de l’anonymat et la non-directivité des écoutes sont les règles d’or, permettant aux personnes suicidaires de s’exprimer librement. Des règles partagées chez Suicide Écoute, où une cinquantaine de bénévoles se relaient afin que le numéro soit joignable 24 heures sur 24, sept jours sur sept.



Les lignes d'écoute téléphonique tentent d'apporter une attention et une présence aux personnes en détresse. Elles reçoivent des milliers d'appels chaque année.


« L’anonymat libère la parole », observe la présidente de l’association. « Parler de ses idées noires à des proches peut être compliqué : ils vont paniquer ou au contraire minimiser, car c’est insupportable pour eux. Pour certains, en parler à un médecin, c’est risquer une hospitalisation dont ils n’ont pas envie. Nous parler à nous n’engage à rien. » Si ce n’est à briser la solitude. Les premiers motifs d’appel des lignes d’écoute sont l’isolement, la dépression et les problèmes sentimentaux. La vie professionnelle, également.

Avec plus de 18 000 appels pris chaque année, dont un quart concernent des idées suicidaires, Suicide Écoute cherche toujours des écoutants. « Il y a une forte demande du côté des appelants. Si nous étions deux fois plus nombreux, nous prendrions deux fois plus d’appels », annonce la présidente. Un constat partagé par toutes les associations.

Si la première cause énoncée dans les idées suicidaires reste la vie personnelle, le mal-être au travail, la précarité et le chômage gagnent du terrain. Problèmes liés à la vie privée, ennuis matériels, sentiment d’impuissance et solitude cohabitent dangereusement. Sauf pathologie psychiatrique sous-jacente, « la crise dure environ six mois. Mais c’est à chaud, dès les premiers jours, qu’il faut agir », explique Christophe Debien, psychiatre au CHRU de Lille.

« Pour ces patients, la première rencontre avec le soin est un moment crucial », observe quant à lui Thierry Della, chef du pôle des urgences psychiatriques à Pau. « Il ne faut jamais minimiser le geste, même quand il semble médicalement anodin. Ce n’est jamais anodin de vouloir mourir. Notre rôle est d’évaluer les besoins pour proposer une prise en charge sur-mesure. » L’idéal pour cet accueil particulier : les centres de crise, encore trop peu nombreux en France. Petites structures qui comptent zéro à quinze lits, ils offrent une prise en charge brève et intense. Les patients y sont accueillis quelques heures à quelques jours, une ou plusieurs fois, par des soignants très disponibles afin de créer une relation de confiance. Gourmands en personnel, les centres de crise coûtent plus cher qu’un service de psychiatrie générale. Mais leur efficacité ne fait pas de doute. Là où ils existent, ils sont souvent associés à une baisse locale du taux de suicide.


« J’ai eu le sentiment que des gens prenaient soin de moi »

Christine, 46 ans, a bénéficié en 2012 d’un tel service. « La psychiatre m’a dit qu’on allait me garder deux semaines pour que je me pose dans un endroit où je n’aurais rien d’autre à faire que m’occuper de moi. Ça a été très dur pour moi qui n’avais jamais été hospitalisée », se souvient-elle. « À la fin de la première semaine, j’étais déjà mieux et au bout des deux semaines je suis sortie plutôt confiante, à ma grande surprise. » Elle était arrivée là après une intoxication médicamenteuse volontaire, « pour mourir. J’avais un gros ras-le-bol de tout et personne pour m’aider », confie-t-elle. Au chômage depuis trop longtemps, elle sortait d’une rupture amoureuse et vivait avec son chien des « journées éternelles » entre deux « désespérantes » convocations à son agence Pôle emploi.

Du petit service de dix lits qui l’a accueillie, elle raconte : « J’ai eu le sentiment que des gens s’inquiétaient pour moi, prenaient soin de moi, et c’était la première fois depuis très longtemps. J’ai compris que c’est ça qui me manquait dans la vie. » Lors de son retour à domicile, le personnel a invité Christine à appeler le service si elle se sentait mal et à revenir en rendez-vous un mois plus tard.



Aux urgences de l'hôpital psychiatrique de Pau, une trentaine de soignants se relaie autour des huit lits du service.


Les stratégies de recontact s’affinent avec le temps. En France, le Nord-Pas-de-Calais accueille un dispositif pilote depuis février 2015 : VigilanS. Une équipe opérationnelle de six personnes (trois équivalents temps plein), infirmiers et psychologues, a pris ses quartiers dans les locaux du Samu et rappelle les suicidants régulièrement, durant six mois après leur sortie d’hôpital. Elle répond également aux appels des patients en détresse. « Il faut parfois gérer un moment de crise », raconte Christophe Debien, psychiatre coordinateur. « Par exemple, une adolescente a appelé un vendredi soir, dans le bus suite à une fugue, avec l’intention de se suicider. Il a fallu discuter, négocier pour qu’elle se rende chez des adultes de confiance, entrer en contact avec eux. » VigilanS entretient le lien thérapeutique né lors du premier contact.

« C’est très dur de trouver à qui parler de notre mal-être », confie Inès, étudiante en droit de 19 ans. Elle a tenté de se suicider en décembre 2014 : « Je traversais une période difficile sur tous les plans et j’étais harcelée au lycée. J’étais la grosse dont on se moquait. Mes parents ne se rendaient pas compte de ce que je vivais, pour eux j’étais très belle. Alors je n’osais rien dire. Un soir, je n’ai plus supporté tout ça. »

Après son réveil aux urgences, Inès a longuement parlé avec le personnel soignant. « Ouvrir les vannes m’a fait un bien fou ! », assure la jeune femme, « Personne avant eux ne m’avait jamais demandé pourquoi je séchais les cours. » D’un commun accord entre l’équipe, ses parents et Inès elle-même, un suivi par un psychiatre libéral a été mis en place et aucune hospitalisation n’a été nécessaire, « surtout, après ma sortie, je n’étais plus seule à porter mon mal-être. »

« Notre rôle, c’est de rendre vigilants tous ceux qui entourent les personnes à risque suicidaire », résume Christophe Debien. Des signes inquiétants peuvent être repérés par les proches. Les médecins traitants sont également associés au suivi, informés de la teneur des échanges et appelés en cas de suicide pour procéder à une analyse psychologique du geste. Une pratique trop rare en France, qui permettrait d’affiner les besoins en fonction des profils.

VigilanS ne remplace pas une hospitalisation lorsqu’elle est nécessaire, ni un suivi régulier. Il est un outil supplémentaire de lutte contre la récidive suicidaire. Quelque 2 400 personnes, dont plus de 160 mineurs, ont bénéficié ou bénéficient actuellement de ce dispositif. Une centaine de patients est accueillie chaque semaine. « Nous ne fonctionnerons à plein régime que lorsque nous pourrons inclure 200 à 250 personnes par semaine », estime Christophe Debien. Déployé dans une trentaine de centres en Nord-Pas-de-Calais, VigilanS va s’implanter cette année en Languedoc-Roussillon, Bretagne, Normandie et peut-être en Martinique.

Son initiateur, le professeur Guillaume Vaiva, vient par ailleurs de lever les fonds nécessaires au développement d’une application pour smartphones, à destination du grand public. « Nous allons nous inspirer de l’appli américaine My3App », annonce ce psychiatre du CHRU de Lille, vice-président du Groupement d’études et de prévention du suicide (Geps). Et de poursuivre : « Tout est à faire, il n’existe rien de pertinent en français. » Les nouvelles technologies sont un riche domaine de recherche pour la prévention du suicide. De la simple mise à disposition de ressources à l’évaluation instantanée de l’humeur par SMS, de nombreuses pistes sont à explorer pour maintenir le lien, « en évitant de devenir intrusif, y compris dans la durée ».



Les associations cherchent à garder un contact régulier avec les suicidants. Un moyen de prévenir l'isolement et la récidive.


Les médicaments, pour le meilleur et pour le pire

Si le contact humain est primordial, la pharmacologie caresse le rêve d’un médicament anti-suicide. « On utilise déjà le Lithium et la Clozapine dans certains contextes. Une étude est en cours sur l’utilisation de la Kétamine », annonce Guillaume Vaiva, « elle pourrait, sur une période de 72 heures maximum, soulager les idées suicidaires chez les patients hospitalisés. » Une piste intéressante pour améliorer l’utilisation des médicaments dans le mal-être aigu.

Au long cours, les Français affectionnent déjà les traitements médicamenteux. Si l’on dénombre beaucoup de suicides dans l’Hexagone, notre pays se positionne aussi sur le podium des consommateurs de médicaments en Europe, notamment pour les psychotropes. En 2015, le régime général de l’Assurance maladie a remboursé plus de 33 millions de boîtes d’antidépresseurs de deuxième génération et plus de 54 millions de boîtes de benzodiazépines, molécule composant les médicaments anxiolytiques ou hypnotiques. Une dépense de plus de 305 millions d’euros.

Tandis qu’une alerte sur la hausse des intoxications mortelles aux benzodiazépines vient d’être lancée aux États-Unis, et que la prescription massive de ce que l’on appelait jadis des « pilules du bonheur » n’apparaît pas si miraculeuse, les chercheurs tentent de mieux cibler les personnes susceptibles de penser au suicide.

La recherche clinique vit une petite révolution depuis la publication de la cinquième édition du controversé Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) en 2013. « Pour la première fois s’y trouve une rubrique listant les vulnérabilités aux conduites suicidaires », note Guillaume Vaiva. Il poursuit : « Jusque-là, on ne définissait ces conduites que via des événements ou pathologies : dépression, anorexie, séparation… Mais tous les amoureux éconduits ne se suicident pas, tous les dépressifs n’ont pas des envies suicidaires, tous les désespérés ne se tuent pas. Il y a donc bien des vulnérabilités, mais aussi des facteurs de protection, qu’il faut identifier pour affiner la prévention. »

Une prévention dont l’avenir se trouve dans des « actions multifocales, qui contiennent à la fois une approche universelle, par exemple en direction d’une tranche d’âge, une approche spécifique vers un groupe à risque et une approche ciblée visant par exemple les suicidants », détaille le médecin. Pour y parvenir, une coopération médico-sociale s’impose : « Le médecin lutte contre la dépression, l’association lutte contre l’isolement. »

Dans cette optique, l’initiative Vies37, en Indre-et-Loire, est un modèle. Professionnels de santé, associations et institutions se sont unis au service de la prévention du suicide. Le problème reste, comme souvent, le financement, actuellement assuré à 80% par la Fondation de France. Pour pérenniser le dispositif et le développer au moins au niveau régional, l’association cherche à lever des fonds institutionnels. Mais même quand une idée fonctionne, l’État peine à s’engager.

Pourtant, une étude réalisée l’année dernière en Californie révèle que pour chaque dollar investi dans un plan de prévention du suicide, 1 100 dollars reviennent dans les poches des citoyens, notamment en économies directes liées aux soins. En France, il y a du travail. En s’inspirant de l’étranger, une politique de prévention efficace repose sur de premières mesures très simples : sécuriser les ponts, imposer des emballages difficiles à ouvrir pour les médicaments, limiter la létalité des moyens à disposition au quotidien. En Grande-Bretagne par exemple, le gaz de ville ne tue plus par intoxication ; en Suède, des berlines de luxe disposent d’un détecteur de gaz dans l’habitacle qui peut couper le moteur.



La France est l'un des pays européens où l'on consomme le plus de psychotropes.


Impliquer les médias dans la prévention

Prévenir, c’est aussi ouvrir le dialogue et maîtriser la médiatisation de la question du suicide. L’OMS révèle que « la couverture médiatique inappropriée » du suicide constitue l’un des « obstacles aux soins ». Trop sensationnels, véhiculant des clichés de courage ou de lâcheté, les médias peuvent devenir un facteur déclenchant un passage à l’acte. À l’opposé, une prévention médiatique active s’avère efficace. Ainsi, la Californie a expérimenté la diffusion d’une vaste campagne de prévention du suicide dans tous les médias. La moitié des habitants a été sensibilisée à la reconnaissance de signes inquiétants, estimant se sentir plus en confiance pour aborder le suicide avec les personnes en souffrance.

Un peu plus au Nord, l’Association québécoise de prévention du suicide fait parler d’elle sur Internet grâce à des vidéos et appelle au don comme via des campagnes telles que Il est urgent d’agir ou T’es important(e) pour nous. De notre côté de l’Atlantique, en l’absence de telles campagnes de sensibilisation brisant les idées reçues, le tabou reste prégnant. Certainement l’un des premiers freins à la demande d’aide pour les personnes fragiles.

Thibault, trentenaire hyperactif, a tenté de se suicider un dimanche soir. Il se souvient : « Quand je suis passé par-dessus le garde-corps du balcon, je me suis rendu compte de ce que je faisais et j’ai regretté. Mais je ne voyais plus d’autre possibilité : tout le monde avait compris que j’allais mal, au travail et dans ma famille, et personne ne venait vers moi. J’avais tout pour être heureux, alors je ne pouvais pas dire que je ne l’étais pas. Je n’étais pas légitime pour demander du soutien. »

À bout de forces avec ses cinquante heures de travail par semaine, sans se sentir le droit de le dire, Thibault a mis du temps avant d’accepter de se faire aider. Il est resté hospitalisé dans un service de psychiatrie durant deux mois et demi et a entamé une psychothérapie. Il parle ouvertement de ce qu’il a vécu il y a deux ans : « Je fais en sorte de briser le tabou, parce que si j’avais eu quelqu’un qui ose face à moi, je ne me serais peut-être pas cassé les deux jambes. J’ai eu de la chance, ce n’est pas le cas de tous ceux qui tentent de se tuer. On se retrouve dans un tunnel, tout le monde le ressent, mais personne n’ose apporter un peu de lumière parce que ça fait peur de parler d’idées noires. C’est le tabou qui tue. »



https://limprevu.fr/affaire-a-suivre/france-detourne-regard-face-suicide/
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Bipote Saphir

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MessagePosté le: Mer 8 Juin 2016 - 18:26    Sujet du message: Et si le risque de suicide était détectable? Répondre en citant

SUICIDE: Premier outil prédictif précis chez la Femme



Actualité publiée le 16-05-2016
Molecular Psychiatry


Il représente 50 % des morts violentes chez les hommes et 71% chez les femmes. Etat d’urgence souvent difficilement détectable, même par les proches, le suicide pourrait être plus souvent évité; de nombreuses équipes travaillent à améliorer la détection du risque, chez les personnes exemptes d’antécédents psychiatriques comme chez les patients atteints de troubles bipolaires ou autres psychoses. C’est le cas de cette équipe de l'Indiana University qui identifie des prédicteurs objectifs du risque de tentative de suicide (TS) chez les femmes. Le point dans la revue Molecular Psychiatry.





Des biomarqueurs présents dans le sang, combinés à des applications basées sur des questionnaires vont pouvoir aider les cliniciens à identifier lesquelles parmi leurs patientes suivies pour troubles psychiatriques, sont à risque élevé de pensées suicidaires et de passage à l’acte. Un développement qui fait suite à une précédente recherche, qui avait également isolé des biomarqueurs et développé des questionnaires, dans le même objectif, mais pour les hommes.

Alors que les femmes ont moins de pensées suicidaires (mais un taux de TS plus élevé que les hommes), on a, curieusement moins étudié leurs facteurs spécifiques prédicteurs de risque, note l’auteur principal, le Dr Alexander B. Niculescu professeur de psychiatrie et de neurosciences.

· Des biomarqueurs sanguins spécifiquement féminins : En utilisant des méthodes similaires aux recherches précédentes, les chercheurs ont évalué régulièrement 51 patientes diagnostiquées avec des troubles psychiatriques comme le trouble bipolaire, la dépression et la schizophrénie, en notant précisément les visites durant lesquelles les patientes manifestaient, ou non, des pensées suicidaires. Chez 12 patientes chez qui de telles pensées ont été détectées, les chercheurs ont mené des analyses génomiques pour identifier les gènes dont l'activité était significativement différente entre les deux états, suicidaire et non suicidaire. Ces biomarqueurs candidats ont été ensuite « priorisés » via une approche reconnue puis validés sur des échantillons de sang provenant de 6 femmes qui s’étaient suicidées.

Ø Si certains des biomarqueurs identifiés pour les Femmes correspondent à ceux identifiés chez des patients de sexe masculin, d'autres diffèrent, comme ceux qui sont impliqués dans les mécanismes liés aux réponses de l'organisme au lithium de certains médicaments psychiatriques, et les gènes impliqués dans les rythmes circadiens.
Des résultats qui soulèvent des questions intéressantes sur l’intérêt d’approches diagnostiques et thérapeutiques spécifiques, selon le sexe du patient.

· 2 questionnaires mis sous forme d’app ont également été développés à partir de mesures de l'humeur et de l'anxiété, des problèmes de la vie, de la santé physique et mentale, l'isolement social et le stress.


Un kit diagnostique à forte précision: enfin, les chercheurs ont vérifié l’ensemble de ce dispositif diagnostique (biomarqueurs + questionnaires) sur un échantillon de 33 patientes avec diagnostics psychiatriques. En combinaison, les biomarqueurs et les applications ont permis de prédire les pensées suicidaires avec une précision de 82% et les hospitalisations liées aux TS, avec une précision de 78%.

Il restera, concluent les auteurs, à vérifier ces taux de précision chez des personnes sans antécédent connu de trouble psychiatrique.


Source: Molecular Psychiatry 5 April 2016) doi:10.1038/mp.2016.31 Towards understanding and predicting suicidality in women: biomarkers and clinical risk assessment



https://www.santelog.com/news/neurologie-psychologie/suicide-premier-outil-…
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 16:53    Sujet du message: Et si le risque de suicide était détectable?

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