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Comment bien s'interroger sur soi ?

 
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Team bipote
Bipote Saphir

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MessagePosté le: Dim 8 Nov 2015 - 19:28    Sujet du message: Comment bien s'interroger sur soi ? Répondre en citant

Comment bien s'interroger sur soi ?


Nous avons tous nos angoisses, nos doutes existentiels qui nous poussent à nous remettre en cause régulièrement. Mais comment savoir si les noeuds que nous nous faisons au cerveau ont une sérieuse raison d’être ?

Hélène Fresnel






Déjà épuisés à peine deux mois après la rentrée. Nous sommes pourtant présents à l’appel, blottis tant bien que mal dans notre open space, dans nos maisons, sagement campés devant l’ordinateur ou le lave-vaisselle, mais pour y faire quoi au juste ? Et si nous nous étions trompés de place ? Et si nous nous étions trompés… de vie ? Ces interrogations qui nous assaillent à certaines périodes importantes sont-elles judicieuses ? Comment distinguer une véritable envie de changement d’un coup de blues momentané ? Les crises liées aux événements de la vie – bouleversement au travail, deuil, usures amoureuses… – et celles qui nous remettent en cause profondément ? « Certains patients viennent dire qu’ils prennent plaisir à “se faire des noeuds”, constate la psychanalyste Monique David-Ménard. En fait, ils s’enferment dans un doute perpétuel dont on ne sait s’il est pour eux un obstacle ou une jouissance en lui-même. » Et si cet homme avec qui je passe des nuits et des jours délicieux depuis plusieurs mois n’était pas « le bon » ? Et si je pouvais trouver mieux ? Le psychanalyste Marie-Jean Sauret est convaincu que « d’une façon plus générale, se remettre en question ne signifie pas sempiternellement douter de soi. Cette manière de penser inhibe : quand vous passez votre temps à ruminer, vous ne faites pas grand-chose ».



Une réaction viscérale

Que serait alors « se remettre en question » ? Ce n’est pas la répétition d’incessants questionnements, ni un examen de conscience qui consisterait à regarder nos « péchés », ni une autoévaluation intérieure mesurant nos performances par rapport aux autres, à ce que nous pensons devoir être la norme : avoir des enfants, être mince, épanoui dans son travail, dans son couple, etc. La vraie, l’authentique remise en question est celle qui ne surgit pas après une mûre réflexion ou une décision volontaire, mais celle qui nous tombe dessus sans être attendue. « Tout à coup, ce qui nous faisait souffrir, mais dont nous nous accommodions, devient insupportable, décrit Monique David- Ménard. Il s’agit de quelque chose de profondément viscéral. Pour se détacher de sa prison, l’intellect et la volonté ne servent à rien. »

Jusqu’à l’année dernière, Aurélie, 40 ans n’avait pas vraiment l’habitude de s’interroger sur elle-même : « Pas le temps. Entre mes trois enfants, mon mari et le travail, ma vie était suffisamment chargée pour que ce genre de préoccupation ne m’effleure pas une seconde. Et puis, un matin, mon supérieur m’a annoncé une formidable opportunité : gérer en direct la communication personnelle de notre P-DG. J’ai eu l’impression physique de suffoquer. Ça, ce n’était pas possible. Je ne pouvais pas faire la promotion d’un patron pour lequel je n’avais aucune estime personnelle. J’avais pris l’habitude d’avaler des couleuvres depuis des années pour préserver ma tranquillité, mais, là, un cap avait été franchi. J’ai vacillé et me suis sérieusement posé la question du sens de ma vie. » Elle s’en est d’abord prise à son environnement : « C’était la faute de ma boîte, de ses petits chefs mesquins, peureux et incompétents, de ses salariés soumis, de cette ambiance veule. » Puis est venu le temps de l’autoflagellation : « Je faisais partie du troupeau des esclaves volontaires. Je n’étais qu’un poisson rouge qui, de son aquarium, regardait passer les requins sans jamais ouvrir la bouche. Je ne récoltais que ce que j’avais mérité. »

L’onde de choc a toujours des répercussions similaires : nous commençons par essayer de trouver des responsables, soit les autres, soit nous-même. De fait, « nous abritons souvent en nous un bourreau permanent », remarque la philosophe et psychanalyste Anne Dufourmantelle. Nous nous incriminons, nous nous condamnons, empêtrés dans des conflits de loyauté, dans des rôles que nous avons endossés pour faire plaisir à nos proches, ou dans ceux que nous pensions qu’ils souhaitaient nous voir jouer.



Une forte pulsion de vie

Face à la montagne d’angoisse générée par nos envies de changement, nous préférons parfois renoncer, nous imaginer que la mission est impossible. « Certains se disent : “Tu vois bien, tu n’as pas les moyens de tes espérances, pas les moyens de faire bouger les choses”, poursuit Anne Dufourmantelle. Car le pivot de la remise en question, c’est le “désentravement”. Cela demande beaucoup de force et de courage que de répondre à cette interrogation fondamentale : comment cesser de coïncider avec ce que nous avons cru être nous-même pour rejoindre une part inconnue de notre être qui nous attend ? Une bonne remise en question s’appuie en fait sur une forte pulsion de vie. »
Il s’agit en effet de s’expliquer sur ce que nous sommes et d’en « tirer les conséquences », confirme Marie-Jean Sauret. Cela n’implique pas forcément des ruptures professionnelles, amoureuses, des claquements de porte assourdissants, des virages à cent quatrevingts degrés. Pour les psychanalystes que leurs patients viennent souvent solliciter dans des périodes de souffrances intolérables, tout bouleversement, toute modification doit être « tenable dans la durée », affirme Monique David-Ménard. Cela peut passer par de profonds changements de cap comme par des « ajustements progressifs, sensibles dans les rapports que nous entretenons avec nousmême et avec les autres, souligne Marie-Jean Sauret. À chacun son style. À chacun sa manière de faire avec la difficulté que nous avons tous à nous loger dans le monde ».

Après avoir constaté qu’elle était en train de s’asphyxier, Aurélie a, elle, opté pour une stratégie progressive : « Quand je me suis aperçue que j’étais en train de passer à côté de ma vie, j’ai eu un sursaut vital mais pas radical : j’ai décidé de préparer mon départ, de suivre une formation pour devenir institutrice. J’en avais toujours rêvé, même si mes parents, ma famille me regardaient d’un air gentiment méprisant quand j’évoquais cette hypothèse à l’adolescence. Aujourd’hui, je révise mes examens en douce, au travail. J’ai un tiroir dans lequel je planque mes polycopiés et je bosse tous les jours à l’heure du déjeuner. C’est bizarre, c’est comme si, pendant des années, j’avais été en retard sur moi-même et que, soudainement, tout devenait facile et cohérent. »

Les décisions prises suite à un questionnement bienveillant sur soi permettent d’en finir avec ce que Monique David-Ménard définit comme un « mode catastrophique d’aborder les joies et les souffrances de l’existence ». Et, quand nous parvenons à regarder en face les idées reçues sur nous-même, puis à les abandonner, « nous rejoignons cette partie essentielle de notre être que nous avions cadenassée », promet Anne Dufourmantelle. Nous nous sentons plus libres : tout à coup, l’horizon s’élargit, s’éclaircit.


http://www.psychologies.com/Moi/Se-connaitre/Personnalite/Articles-et-Dossi…
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MessagePosté le: Dim 8 Nov 2015 - 19:28    Sujet du message: Publicité

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