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Lithium

 
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Team bipote
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MessagePosté le: Mer 2 Déc 2015 - 11:49    Sujet du message: Lithium Répondre en citant

Toxicité rénale chronique du lithium : surtout les femmes jeunes


22/11/2015


Le lithium est le traitement le plus efficace du trouble bipolaire mais le risque de développer une insuffisance rénale chronique est un obstacle majeur à sa prescription. Dans une méta-analyse de 2012, le risque d’insuffisance rénale chronique terminale était cependant jugé faible (0,5 à 1 %), mais la plupart des études analysées évaluaient ce risque sur une durée courte. Les facteurs influençant ce risque demeurent peu connus.


Près de 2 fois plus d’insuffisances rénales modérées…

Dans le Lancet, Shine et al. présentent une analyse rétrospective de bilans biologiques effectués entre 1985 et 2014 chez 650 000 personnes de plus de 18 ans vivant dans l’Oxfordshire au Royaume-Uni. Etaient considérés comme exposés au lithium tous les patients ayant réalisé au moins 2 dosages de lithium (2 785 sujets au total). Les contrôles étaient les patients de même âge et même sexe non exposés au lithium (c’est-à-dire sans lithiémie retrouvée).

Après ajustement sur l’âge en début de traitement, le sexe, et le diabète, la prise de lithium apparaît significativement associée à l’insuffisance rénale chronique de stade 3 (débit de filtration glomérulaire inférieur à 60 ml/mn/1,73m2 selon la formule de MDRD) avec un Hazard ratio
de 1,93 (intervalle de confiance à 95 % [IC] 1,76–2,12 ; p < 0,0001), l’hypothyroïdie (TSH > 5,5 mU/l) avec un HR à 2,31 (IC 2,05–2,60 ; p < 0,0001), et l’augmentation de la calcémie totale (supérieure à 2,6 mmol/l) avec un HR à 1,43 (IC 1,21–1,69 ; p < 0,0001), mais pas corrigée par l’albumine (HR = 1,08, p = 0,4602). Dans cette analyse, le lithium n’était pas associé au risque d’hyperthyroïdie de façon significative (HR = 1,21, p = 0,1010). Le risque d’insuffisance rénale est particulièrement élevé parmi les femmes de moins de 60 ans (HR = 2,05, p < 0,0001) alors que les hommes de moins de 60 ans ne semblent pas présenter de sur-risque (HR = 1,13, p = 0,083).

Le groupe des patients ayant une concentration médiane de lithiémie supérieure à la médiane générale dans cette population (0,60 mmol/l) a un risque d’insuffisance rénale plus élevé par rapport aux autres patients prenant du lithium (HR = 1,62, p < 0,0001). Et de façon surprenante, les patients prenant du lithium depuis plus de 3 ans (et n’ayant pas développé d’insuffisance rénale auparavant) ont un risque moindre d’apparition d’une insuffisance rénale (HR = 0,50 p < 0,0001) que les autres patients prenant du lithium, de même pour l’hypothyroïdie, l’hyperthyroïdie et l’hypercalcémie.


Risque plus élevé pendant les premières années du traitement

La prise de lithium est donc associée à un risque de déclin de la fonction rénale, à l’hypothyroïdie et dans une moindre mesure à l’augmentation de la calcémie. L’intérêt majeur de cette étude est de mettre en évidence des facteurs de risque de toxicité rénale : le fait d’être une femme jeune, et des concentrations élevées de lithium. Par ailleurs, le déclin de la fonction rénale semble plus rapide durant les premières années de traitement.

L’étude ne permet pas de répondre à certaines questions, telles que le risque d’insuffisance rénale terminale, le rôle de l’association à d’autres traitements, ou encore de la forme prescrite (libération immédiate ou prolongée). Et bien entendu, le caractère rétrospectif de l’étude ne permet pas de contrôler certains facteurs de confusion, comme par exemple le diagnostic ayant conduit à la prescription du lithium ou la fonction rénale avant le traitement.

Les principaux messages de cette étude sont donc de surveiller la fonction rénale, thyroïdienne et la calcémie régulièrement pour les patients traités par lithium (annuellement selon les recommandations), en particulier pour les femmes jeunes dans les premières années du traitement. La nécessité d’une concentration minimale efficace est également ici mise en avant.

Dr Alexandre Haroche

RÉFÉRENCE
Shine B, McKnight R, Leaver L et Geddes J. : Long-term effects of lithium on renal function. Lancet 2015; 386: 461-468. doi.org/10.1016/S0140-6736(14)61842-0


http://psyzoom.blogspot.fr/2015/11/toxicite-renale-chronique-du-lithium.htm…

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Dernière édition par Team bipote le Jeu 23 Juin 2016 - 17:20; édité 1 fois
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MessagePosté le: Mer 2 Déc 2015 - 11:49    Sujet du message: Publicité

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Team bipote
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MessagePosté le: Jeu 5 Mai 2016 - 16:50    Sujet du message: Lithium Répondre en citant

Un biomarqueur pour savoir si vous supporterez bien le lithium



15 avril 2016


La réponse de notre corps au lithium est marquée dans nos gènes : cette découverte ouvre la porte à de nouveaux traitements personnalisés.





Le lithium est le traitement le plus efficace et le plus couramment utilisé pour stabiliser l’humeur des personnes souffrant de trouble bipolaire. Certaines d’entre elles répondent pourtant assez mal au traitement et souffrent d’épisodes de dépression et de manie jusqu'à ce que le médecin se décide à essayer un autre médicament. Jusqu'à récemment, les psychiatres ne savaient pas pourquoi le lithium donnait des résultats tellement différents.

C’est une équipe internationale de chercheurs qui a en partie résolu ce mystère : la réponse au lithium est liée à des mutations génétiques minimes localisées sur le chromosome 21. Les personnes qui possèdent cette mutation souffrent beaucoup moins d’épisodes de manie et de dépression que les autres.

À la lumière de ces données, publiées dans la prestigieuse revue médicale britannique The Lancet, ces mutations sont d’authentiques biomarqueurs qui permettent de prédire la réponse au lithium d’une personne atteinte de trouble bipolaire.

Après avoir étudié les données de 2500 patients dans 22 centres médicaux, les chercheurs (sous la coordination de l’Institut National de Santé Mentale des Etats-Unis) ont découvert que les patients ayant ces petites mutations répondaient beaucoup mieux au lithium (souffraient de moins de rechutes) que ceux sans ces changements dans leur ADN.

L’étude a permis d’identifier ces changements dans le génome qui sont en fait très simples : tellement, qu’à peine quelques lettres (A, T, G ou C) changent dans le code génétique à quatre endroits d’une petite région du chromosome 21. Ces changements d’une seule base constituent ce que les médecins appellent un polymorphisme de nucléotide simple, ou SNP selon le sigle anglais.

Les quatre mutations se trouvent dans deux gènes qui régulent la synthèse de l’ADN non-recombinant, molécules qui ne synthétisent pas de protéines, mais qui jouent un rôle dans l’activation d’autres gènes qui régulent les fonctions du système nerveux.


Un nouvel horizon pour la recherche

Comme l’affirment les propres auteurs de l’étude, cette découverte ouvre la porte à de nouveaux traitements personnalisés du trouble bipolaire. Dans un futur très proche, il sera possible d’utiliser le lithium uniquement chez les patients qui ont ces mutations, et essayer d’autres stabilisateurs de l’humeur chez les patients ayant une autre configuration génétique.

Mais cette étude va bien plus loin. Le fait que les maladies soient liées a des facteurs génétiques et qu’il est possible d’identifier avec précision les mutations responsables, connaître les changements qu’elles causent dans l’organisme et développer des thérapies ciblées qui permettent de les rétablir, est une démarche déjà totalement inscrite dans la recherche pour la lutte contre le cancer. Mais cela est encore peu courant en psychiatrie.

Selon un commentaire des éditeurs de The Lancet, annexe de l’étude, cette découverte est le premier pas vers l’adoption d’une telle approche dans la recherche clinique de la psychiatrie, et elle peut forger les bases d’une nouvelle forme de thérapie génétique pour les maladies mentales.



https://www.lesgensqui.fr/trouble-bipolaire/sante/traitement/lithium-biomar…

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MessagePosté le: Jeu 23 Juin 2016 - 17:20    Sujet du message: Lithium Répondre en citant

Dans le traitement de la maladie bipolaire, le lithium tire encore son épingle du jeu !



2 juin 2016


Les automutilations sont une cause majeure de morbidité en cas de troubles bipolaires (BPD). Le risque de suicide est aussi considérablement accru. De fait, le risque annuel de passage à l’acte est, environ, 10 fois plus élevé que dans la population générale et celui de suicide, vie entière, 15 fois plus grand.

Plusieurs essais cliniques randomisés ont fait la preuve que des drogues telles que le lithium, le valproate de sodium, l’olanzapine ou le fumarate de quetiapine stabilisaient l’humeur. Une méta-analyse regroupant 48 publications a suggéré que le taux de suicide était moindre sous lithium, sans différence décelable dans le taux d’automutilations. Il existe, dans la littérature médicale, des données éparses portant sur le risque d’automutilation sous traitement antipsychotique, sans, globalement de différences notables entre olanzapine et quetiapine mais, avec, en règle, un taux de suicide plus élevé avec les antipsychotiques de deuxième génération qu’avec le lithium ou le valproate. Quant au taux de blessures involontaires dans les BPD, il a été très peu étudié. Il serait environ 6 fois plus important que celui observé dans la population générale.

Plusieurs mécanismes pourraient rendre compte de la supériorité du lithium dans les conduites suicidaires : réduction du nombre de rechutes dépressives lors des BPD, effet spécifique médié par la sérotonine diminuant les comportements agressifs et à risque, nécessité d’une surveillance rapprochée pouvant servir de support psychosocial.


Etude sur plus de 14 000 patients bipolaires

Un travail récent de J F Hayes, paru dans le JAMA Psychiatry, a comparé les taux d’automutilations, de blessures involontaires et de suicides chez des patients bipolaires chez qui avait été prescrit un traitement de maintenance par lithium, valproate, olanzapine ou quetiapine.
A été pris pour base l’étude de données issues des dossiers de santé électroniques d’une partie représentative de la population du Royaume-Uni, données recueillies entre le 1er janvier 1995 et le 31 Décembre 2013. Tous les individus âgés d’au moins 16 ans, bipolaires et recevant une prescription médicamenteuse d’un des 4 médicaments pendant une durée d’au moins 28 jours ont été inclus dans une cohorte longitudinale jusqu’au 31 Décembre 2013, en dehors des patients déjà traités ou chez qui un diagnostic de schizophrénie ou de troubles schizo affectif a été porté secondairement.

Le critère principal d’évaluation a porté sur le nombre d’automutilations notifiées par les services d’urgence ou les médecins généralistes durant la période d’exposition médicamenteuse et les 3 mois suivants. Etaient inclus les empoisonnements volontaires, les comportements intentionnels auto dangereux et les blessures volontaires dont l’intention restait mal précisée. Les critères secondaires ont été les blessures involontaires, telles les chutes ou les accidents d’automobile et le taux de suicide. Les auteurs du travail ont mis au point, par méthode de régression logistique multinomiale, des scores de propension (PS) ajusté et apparié avec le lithium, avec intégration de multiples covariables : âge, date de début des traitements, origine ethnique, co morbidités, alcoolisme, toxicomanie ou tabagisme, indice de masse corporelle, symptomatologie anxieuse ou dépressive…
Sur 14 396 patients avec BPD, 6 671 ont été inclus dans la cohorte prospective ; 2 148 prenaient régulièrement du lithium, 1 670 du valproate, 1 477 de l’olanzapine et 1 316 de la quetiapine. La durée des prises de médicaments variait de 28 jours à plus de 17 ans.Les patients sous lithium étaient, dans l’ensemble, plus âgés ; ils avaient moins d’antécédents dépressifs, anxieux ou de gestes d’automutilation antérieurs. Point notable, ils n’ont pas eu, durant le suivi, plus de contacts avec leur médecin.


Moins d’automutilations sous lithium

Le taux d’automutilations rapporté en soins primaires est de 340 (intervalle de confiance, IC, à 95 % : 313- 370) pour 10 000 personnes- années de risque (PYAR). En analyse non ajustée, ce taux est réduit sous lithium, comparativement à ceux sous valproate, olanzapine ou quetiapine. Il se situe à 205 (IC : 175- 241) /10 000 PYAR sous lithium vs 392 (IC : 334- 460) sous valproate, 409 (IC : 345- 483) sous olanzapine et 582 (IC : 489- 692) sous quetiapine.Le taux de blessures involontaires est de 610 /10 000 PYAR (IC : 579- 650). Après calcul du PS ajusté, comparativement avec le lithium, il est plus élevé avec le valproate (Hazard Ratio
: 1,32 ; IC : 1,10- 1,58), la quetiapine (HR : 1,34 ; CI : 1,07- 1,69) mais semblable pour l’olanzapine.
Le taux de suicide est de 14/10 000 PYAR (IC : 9-21) pour l’ensemble de la population étudiée. Il paraît plus bas sous lithium mais sans significativité de par le faible nombre de cas observés.

Cette étude longitudinale, à priori la plus importante de la littérature retrouve donc un taux plus élevé d’automutilations en cas de traitement par valproate, olanzapine ou quetiapine que sous lithium, sans différence significative pour les 3 premières molécules entre elles. Cette augmentation reste manifeste après PS ajusté ou apparié au lithium. Ce travail fait apparaître également une baisse du taux de blessures involontaires avec le lithium mais ne peut mettre en évidence de différence des taux de suicides, du fait du faible nombre de cas rapporté durant le suivi. Ce taux plus faible d’auto blessures volontaires pourrait être le fait d’une meilleure stabilisation de l’humeur avec le lithium, d’où une diminution des comportements agressifs et des prises de risque. Il en irait de même dans le cas des blessures involontaires.

Ce travail a des points forts mais aussi quelques limites. Il a concerné un échantillon important, national et représentatif de la population UK. Il a été basé sur des données fiables, issues de dossiers électroniques. A l’inverse, ce mode de recueil a pu laisser échapper des cas non signalés ou non traités. Le taux de suicide observé durant le suivi a été bas, rendant difficile la mise en évidence de différences significatives entre les différentes molécules. L’exposition médicamenteuse retenue dans l’analyse a pu, peu ou prou, différer de l’usage propre qu’en faisaient les patients. Les sujets sous lithium étaient, dans l’ensemble, plus âgés. Enfin, des co variables potentiellement importantes telles que le niveau éducationnel ou socio- économique n’ont pas été prises en compte.

En conclusion, de cette étude longitudinale représentative de la population générale UK, il ressort que les malades atteints de BPD sous traitement par lithium présentent un taux plus faible d’automutilations et de blessures involontaires, comparativement à d’autres médicaments. Ces résultats confirment ceux d’études antérieures, en règle observationnelles et limitées. Ils renforcent l’hypothèse que le lithium agit favorablement en diminuant les tendances agressives, en sus de son action stabilisante sur l’humeur.

Dr Pierre Margent


Référence
Hayes JF et coll. : Self-Harm, Unintentional Injury and Suicide in Bipolar Disorder during Maintenance Mood Stabilizer Treatment. JAMA Psychiatry, 2016 ; publication avancée en ligne le 11 mai.


Copyright © http://www.jim.fr



https://ebipo38.wordpress.com/2016/06/02/dans-le-traitement-de-la-maladie-b…

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 15:36    Sujet du message: Lithium

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