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Les psys sont-ils heureux ?

 
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MessagePosté le: Mar 15 Déc 2015 - 18:36    Sujet du message: Les psys sont-ils heureux ? Répondre en citant

Les psys sont-ils heureux ?



Ils parlent de plus en plus de leur intimité, en public et avec leurs patients. Les psys se confient, essai collectif dirigé par Christophe André publié chez Odile Jacob, atteste de cette évolution : une vingtaine d’entre eux y racontent leur vocation, leurs doutes, leurs difficultés... Nous les prenons souvent comme professeurs de bonheur, mais sont-ils finalement moins malheureux que nous ?

Hélène Fresnel




Ils sont partout. À l’affiche dans les cinémas, en tête de gondole des rayons de grandes librairies. Ils se dévoilent dans des films, comme le thérapeute existentiel Irvin Yalom, dans des livres, comme le psychiatre comportementaliste Christophe André et une vingtaine de ses amis et confrères. Mais les psys sont-ils pour autant des modèles à suivre ? Leurs connaissances, leur clinique, leur maîtrise des méandres de la psyché humaine les rendent- elles plus heureux ? Rien n’est moins évident. Le milieu psy regorge d’anecdotes incitant à penser le contraire : il y a ce grand psychanalyste qui se reproche de ne pas avoir réussi à empêcher le suicide de son épouse ; cette thérapeute qui vit seule, recluse dans l’appartement qui jouxte son cabinet, et dont les histoires d’amour se terminent toutes dans le bruit et la fureur ; ce pédopsychiatre qui n’a jamais eu d’enfant... Et nous aurions bien sûr pu commencer par le père de la psychanalyse, Sigmund Freud, dont l’humour masquait un tempérament enclin à la déprime et que le nazisme a plongé dans la tristesse et le pessimisme. Les psys vérifieraient-ils l’adage selon lequel les cordonniers sont les plus mal chaussés ? La psychanalyste Fabienne Kraemer se le demande parfois : « Au bout d’années et d’années passées en séminaire d’études, je me suis aperçue qu’il y avait un grand nombre de sommités dans la profession qui, malgré un très haut niveau de connaissances, étaient extrêmement malheureuses. »


Plus fragiles

Ce qui est certain, c’est que beaucoup se sont tournés vers leur profession parce qu’ils souffraient ou avaient souffert. Ainsi, la vocation de Fabienne Kraemer n’est pas le fruit d’une simple curiosité intellectuelle. Elle a pris sa source dans des difficultés personnelles : « J’ai divorcé à 41 ans et je m’interrogeais sur mon aptitude au bonheur après avoir brisé mon ménage, qui avait soi-disant tout pour être heureux. Je me suis dit qu’il ne fallait pas que ce que j’avais fait ne serve à rien, qu’il fallait que je sache, que j’avance. Donc j’ai fait ma demande pour devenir psy en même temps que j’entamais moi-même une psychanalyse. Je voulais voir si, par ce chemin, j’arrivais à être heureuse ; puis travailler ce sujet-là avec ceux qui viennent me consulter. » D’Irvin Yalom, enfant « pas heureux », victime d’une « atmosphère antisémite puissante » à l’école, à Christophe André, qui avait « hérité de bons gros gènes anxieux et dépressifs mais pas des modes d’emploi pour les désactiver », en passant par l’« enfance de merde » du psychanalyste et psychologue Bernard- Élie Torgemen, élevé par une mère « à la main très leste », sans oublier le chagrin du grand psychanalyste J.-B. Pontalis, inconsolable après la disparition de son père quand il avait 9 ans, et la déportation de la famille entière du petit Boris Cyrulnik en 1942, le trajet des thérapeutes démarre fréquemment par des blessures personnelles qu’ils ont cherché à soigner, à surmonter, en étudiant et en expérimentant sur eux-mêmes la méthode qu’ils utilisent. Ça fonctionne, soutiennent-ils, et Fabienne Kraemer avec eux : « Je suis beaucoup plus heureuse aujourd’hui. Je me suis débarrassée de certaines chaînes de mon enfance. Cela m’a donné les moyens d’assumer librement mes choix. »


Plus libres

« Librement » : c’est en fait le terme de liberté qui revient dans la bouche de tous, plus que celui de bonheur. Ce mot était la clé de la clinique de J.-B. Pontalis : « J’ai toujours cherché à libérer mes patients de leurs contraintes. [Cette envie de “libérer” m’est venue] de mon envie de me libérer moi-même. » C’est aussi le cas de la psychanalyste Sophie Cadalen, qui rejette toute idéalisation de sa profession mais est persuadée qu’elle permet de ne pas rester prisonnier du passé ; faire une analyse évite, dit-elle, de rejouer indéfiniment les mêmes scénarios : « Être psy ne rend pas plus fort, ne met pas plus à l’abri. En revanche, je sais repérer mes schémas névrotiques, le rôle dans lequel j’ai l’habitude de m’enfermer. Et, à partir du moment où je m’en extrais, je pars à la découverte de quelque chose. Je suis plus disponible que je ne l’étais avant, mais aussi plus apte à me protéger, à me défendre. Dans la psychanalyse, nous cassons l’idée du moi à conserver, à protéger. Je me sens moins prise par le jeu d’image qui organise la vie sociale ou le rapport aux autres. Je ne réponds plus à la demande de l’autre qui me voudrait comme ceci ou cela. Je suis plus colérique. Je ravale moins qu’avant. Quand j’ai quelque chose à dire, je le dis. J’ose aussi être plus amoureuse que quand j’avais 20 ans. J’y vais franchement avec les sentiments que j’ai envie de vivre pleinement. » Selon elle, la psychanalyse ne constitue pas un « apport » mais transforme la « façon d’être ».


Plus clairvoyants

Plus clair avec lui-même, le psy est plus au clair dans ses rapports avec les autres et parvient plus facilement à se décoller de liens trop névrotiques. La philosophe et hypnothérapeute Nicole Prieur traverse actuellement des moments difficiles avec sa mère, âgée de 91 ans. Elle doit la placer en maison de retraite, ce qui provoque beaucoup d’agressivité maternelle : « Elle concentre sur moi tout son rejet alors qu’elle continue d’encenser mon frère. Ça fait mal, mais je sais traverser cette inquiétude, cette tristesse et cette douleur-là. Je l’accepte ; je ne lui en veux pas ; un processus proche de l’autohypnose s’est mécaniquement enclenché en moi. Il me rebranche sur ma partie sereine : je sais qu’il y a en moi, bien en dessous de ces agitations de surface, un lac, un lieu ressourçant, avec lequel je me remets en contact quand ça ne va pas. » Bernard-Élie Torgemen parle, lui, de « clignotants qui s’allument » pour évoquer sa capacité à identifier les personnalités toxiques : « Je repère tout de suite un enfant en danger, des parents maltraitants, une hystérique qui embête tout le monde en soirée... Mais je n’interviens pas en dehors de mon cabinet. C’est une règle. Il m’est arrivé quatre ou cinq fois en trente-deux ans de le faire, de dire à des amis de venir me voir : un proche atteint de bouffées délirantes ou un couple dont l’un des membres devenait violent. Si je ne l’avais pas fait, ç’aurait été de la non-assistance à personne en danger. » Mais il reconnaît que cette clairvoyance vis-à-vis des autres et cette connaissance de lui-même ne l’empêchent pas de souffrir ; il se rend pour partie responsable de l’échec d’un mariage et n’a pas réussi à régler son problème de surpoids : « Je ne suis pas plus heureux depuis que je suis psy. Simplement, je suis en vie. Je reviens de très loin et il n’est pas question de bonheur, en ce qui me concerne, mais de survie. La psychanalyse m’a sauvé. » Psychanalyse, thérapie comportementale ou hypnose, au fond, peu importe. Aucune de ces approches ne donne la clé du bonheur. Aucun psy sérieux n’oserait prétendre le contraire. Et, si certains d’entre eux donnent l’impression d’être « des handicapés de la vie, conclut Sophie Cadalen, c’est parce qu’ils se sont rendu compte que c’est comme ça qu’ils jouissent. La norme du bonheur n’existe pas. Nous pouvons aimer vivre dans une quête désespérée. L’important est de ne pas rester coincé, d’identifier son désir propre, bref, d’être à sa bonne heure ». Et d’en finir avec les leurres.


Les psys font leur cinéma

Mon psy, ce héros : de la toute-puissance à l'humanité
La figure du psy nourrit l’imaginaire des scénaristes et des cinéastes. En soixante-dix ans, l’idole est tombée de son piédestal. L’homme qui savait tout s’est humanisé : les psys pleurent aussi, dans une vie qui n’est plus, pour eux non plus, un long fleuve tranquille.

1945 : La Maison du docteur Edwardes d’Alfred Hitchcock. Le Dr Petersen (Ingrid Bergman), psychiatre, aide un certain J.B. (Gregory Peck) à retrouver son identité. Elle le soigne. Ils tombent amoureux. Tout est bien qui finit bien.

1959 : Soudain l'été dernier de Joseph L. Mankiewicz. Catherine Holly (Elizabeth Taylor), jeune femme perturbée, est sauvée d’une lobotomie par le Dr Cukrowicz (Montgomery Clift), qui la soigne par l’hypnose. Encore un happy end.

1962 : Freud, passions secrètes de John Huston. Ce film montre la quête mais aussi les doutes d’un Sigmund Freud (incarné encore une fois par Montgomery Clift) passionné et fragile. La statue vacille magnifiquement.

1987 : Beyond Therapy de Robert Altman. Un couple se rencontre par l’intermédiaire des petites annonces. Ils sont tous deux suivis par des psychiatres qui ont grand besoin eux aussi d’une thérapie. Les plus névrosés de tous ne sont plus ceux que l’on croit.

1999 : Mafia Blues de Harold Ramis. Un psychiatre new-yorkais désabusé doit guérir un mafieux (Robert De Niro) atteint de bouffées d’angoisse. Billy Crystal est hilarant en thérapeute terrorisé et complètement dépassé par la situation.

2011 : A Dangerous Method de David Cronenberg. La liaison dangereuse entre Jung (Michael Fassbender) et sa patiente Sabina Spielrein (Keira Knightley), et la rupture avec Freud (Viggo Mortensen). Jung y apparaît dans toute sa complexité.

2013 : Effets secondaires de Steven Soderbergh. Un psychiatre (Jude Law) pose un diagnostic de dépression et prescrit un médicament expérimental. Quelques jours plus tard, la patiente (Rooney Mara) tue son mari... Récit d’une machination diabolique.


décembre 2015


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MessagePosté le: Mar 15 Déc 2015 - 18:36    Sujet du message: Publicité

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