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L'évaluation de la douleur en psychiatrie

 
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Team bipote
Bipote_Modérateur

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MessagePosté le: Mar 12 Avr 2016 - 16:52    Sujet du message: L'évaluation de la douleur en psychiatrie Répondre en citant

Psychiatrie. «La douleur évaluée»



30 mars 2016



Djéa Saravane, vendredi, à Quimper : « Nous avançons dans le champ de la santé mentale sur cette question de la douleur, mais nous sommes dramatiquement en retard pour l'autisme ».



Le Dr Djéa Saravane s'investit depuis des années pour la prise en charge de la douleur en psychiatrie. Invité des Semaines cornouaillaises d'information sur la santé mentale, le spécialiste fait le point sur les avancées, les outils mis au point pour évaluer, repérer la source puis traiter au mieux la douleur des patients. « Des progrès restent à faire mais la culture de la douleur entre à l'hôpital psy », émet-il.


La prise en charge de la douleur en psychiatrie se révèle récente. Pour quelle raison ?

Pendant des siècles, on a dit que le patient psychotique était insensible à la douleur. C'était dans tous les manuels de psychiatrie, encore au début des années 2000. On y parlait même parfois de totale analgésie. Et puis heureusement, des études scientifiques ont montré le contraire. Ça a mis du temps !


En psychiatrie, la douleur s'avère-t-elle plus complexe à repérer ?

Chez les schizophrènes bipolaires, la perception de la douleur est identique à celle que nous connaissons mais l'expression diffère. Le langage n'est pas le même. Chez un patient psy stabilisé, il faut savoir décoder ce langage, comme les troubles du comportement. Un phénomène douloureux peut mettre en jeu le pronostic vital. Exemple : il ne va pas vous décrire les symptômes d'un infarctus.


Décoder, mais comment ?

Ces patients ont un langage très imagé. Un patient schizophrène stabilisé, que je connais, avait développé un diabète. La maladie donne des douleurs neurogènes. Ces douleurs, on les décrit comme des fourmillements. Et ce patient disait : « J'ai des vers qui rampent sous la peau ». Le psychiatre va penser : il rechute dans sa maladie, dans le délire. En fait non, c'est un langage douloureux. C'est compliqué, il faut savoir l'interpréter, décoder en même temps les troubles du comportement et son langage.


Les soignants disposent-ils désormais d'outils adaptés pour évaluer la douleur en santé mentale ?

Nous avons beaucoup travaillé sur ces outils d'évaluation, validés depuis environ un an, en adaptant des échelles utilisées dans d'autres champs (pédiatrie, la rhumatologie, la cancérologie). Ces outils sont importants car la douleur est subjective. Or, il faut objectiver quelque chose pour mettre en place un traitement adéquat. Pour les patients communicants, nous avons fait valider deux outils d'autoévaluation : une échelle verbale simple sachant qu'ils ne vous diront jamais d'emblée, ou très rarement, qu'ils ont mal quelque part. Le soignant cote la douleur, son intensité. La deuxième échelle, des six visages, leur permet de montrer l'intensité de leur douleur sans employer les termes « triste » ou « heureux ».


Et pour les discommunicants ?

Ils expriment la douleur par le langage du corps. On est parti d'une échelle utilisée chez les polyhandicapés. On l'a adaptée aux patients psy en 2015. Seuls les soignants peuvent évaluer. Elle s'appelle EDD (expression-douleur-discommunicants) et est actuellement testée au plan national.


Avec quels points d'entrée ?

On y trouve tout ce qui est retentissement social, psychomoteur et clinique. Une partie concerne les accompagnants (soignants, familles, aidants familiaux) qui peuvent décrire ce qui s'est passé. La partie clinique est du ressort du médecin, qui peut, par exemple, repérer une douleur provoquée à la palpation. On évalue par ailleurs les troubles du sommeil. Il faut bien sûr trouver l'origine de la douleur. Nous sommes en train de simplifier cette échelle EDD pour la mettre à disposition des accompagnants dans les centres médico-sociaux, des familles en focalisant sur les troubles du sommeil, du comportement.


Douleur mieux évaluée, source mieux repérée, est-on ensuite en situation d'améliorer la prise en charge ?

Oui, cela permet normalement de donner un traitement antalgique adapté, avec réévaluation derrière pour voir si le traitement agit. On sort là du recours trop systématique aux neuroleptiques, qui d'ailleurs peuvent provoquer des effets secondaires sur le patient.


La prise en charge de la douleur tend-elle à s'harmoniser dans les hôpitaux ?

En 2005, seuls 20 % des hôpitaux psy avaient un comité de lutte contre la douleur. Aujourd'hui, ils en ont pratiquement tous un. C'est un plus dans l'action, à condition que tous les soignants s'approprient les programmes arrêtés. Ce n'est pas toujours facile. Avec l'association nationale pour la promotion des soins somatiques en santé mentale, nous avons fait une enquête en 2014 sur la prise en charge de la douleur en santé mentale, avec deux questionnaires : l'un adressé aux patients communicants, l'autre aux soignants. Nous avons eu 450 retours de patients, qui nous ont dit que la douleur avait globalement été prise en charge, avec un bémol sur les traitements. Côté soignants, les 600 retours nous indiquaient en gros : on évalue, mais une prescription adaptée ne suit pas toujours. Bref, la culture de la douleur est entrée dans les hôpitaux psy, mais en 2014, 11 % n'avaient fait aucun effort pour la prendre en charge.



« Les douloureuses » de Gourmelen

À l'établissement public de santé mentale Étienne-Gourmelen, on les surnomme « les douloureuses ». Une psychiatre et cinq infirmières composent l'équipe mobile de prise en charge de la douleur. Avec d'autres professionnels, elles s'investissent aussi dans un comité de lutte contre la douleur (Clud), créé en 2010, qui définit un programme d'actions et de formations au sein de l'hôpital.

« Cela reste imparfait. Ce n'est pas facile d'évaluer la douleur. On bute sur des échelles qui ne sont pas adaptées même si de nouveaux outils arrivent (lire ci-dessus). Il reste toute une acculturation à faire à ces échelles spécifiques, sur la sensibilisation de l'ensemble des soignants et médecins en psychiatrie. D'où l'intérêt de faire intervenir ici Djéa Saravane, pour la troisième fois en quelques années », émet la psychiatre Annie Bléas. « La création du Clud et de l'InterClud avec d'autres établissements du territoire de santé permet de progresser. Ce qui est important ici à l'hôpital, c'est que nous avons beaucoup de médecins généralistes sensibilisés à une approche globale de la prise en charge. C'est un pas énorme dans la lutte contre la douleur », complète la spécialiste.

« Nous sommes repérées »

« Ce qui a changé, c'est que nous sommes repérées au niveau de l'hôpital. On entend régulièrement dans les services : ah tiens, ça, c'est pour "les douloureuses" ! On ne va pas forcément prendre en charge tous les patients ou avoir toutes les réponses mais, en tout cas, la question est posée. Ça diffuse », témoigne Danièle Duriez, infirmière en centre médico-psychologique. « Nous sommes de plus en plus sollicitées par toutes les catégories de soignants. Avant, on ne parlait jamais de douleur, en santé mentale encore moins », ajoute-t-elle.
Monique Tschopp, infirmière, exerce dans un autre CMP de Gourmelen. « On est quatre douloureuses dans l'équipe. Par exemple, dès l'accueil infirmier, quand une douleur est évoquée, on fait appel à une oreille plus attentive, le relais est passé », signifie-t-elle. « Nous intervenons dans ce que l'on appelle les hospitalisations semaine quand il y a une indication en rhumatologie douleur. Il y a une double écoute : à la fois celle des algologues, autour de l'apaisement et des protocoles douleur, et celle de l'équipe mobile. On assiste souvent à un déverrouillage de la parole et à un effet d'apaisement. Et souvent, les patients entament un double suivi d'algologie et de soutien psychologique en CMP », éclaire Annie Bléas.



http://www.letelegramme.fr/finistere/quimper/psychiatrie-la-douleur-evaluee-30-03-2016-11012604.php#closePopUp

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MessagePosté le: Mar 12 Avr 2016 - 16:52    Sujet du message: Publicité

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Robbain
Bipote Saphir

Hors ligne

Inscrit le: 18 Mai 2012
Messages: 736

MessagePosté le: Sam 22 Oct 2016 - 14:33    Sujet du message: L'évaluation de la douleur en psychiatrie Répondre en citant

La douleur partage certains mécanismes avec la dépression. Il est bien démontré d'ailleurs que la dépression fait mal physiquement. J'ai eu un grave accident de voiture dont je garde quelques séquelles, principalement ds douleurs un peu partout dans le corps sans explication aucune. Selon les examens passés, je n'ai rien qui puisse expliquer ces douleurs sinon le traumatisme de cet accident.

Je remarque qu'en période basse, la douleur devient plus intense, comme omniprésente et à une intensité plus élevée. Inversement, dans les périodes les plus hautes, la douleur disparaît quasi totalement. Quand je suis occupé, je l'oublie facilement et elle ne me réveille plus la nuit. Pour moi, les périodes euthymiques étant très courtes, c'est difficile de voir ce qu'il en est dans ces moment, mais la douleur est toujours là quoi qu'il arrive.

C'est une donnée que le psychiatre qui m'a diagnostiqué la maladie a pris beaucoup de temps à évaluer. Aussi, il avait envisagé plusieurs scénarios de traitement après la stabilisation. Mais voilà qu'avec le stabilisateur l'humeur, la douleur demeure dans des proportions viables comparé à ce que j'ai vécu avant. Je n'ai pas voulu aller plus loin dans cette voix. Je n'aime pas devoir prendre un traitement tous les jours, je ne voulais pas en rajouter. Pendant la période la plus intense de douleur, j'ai pris jusqu'à 4 médicaments pour arriver à un contrôle très relatif. J'ai eu de sévères effets sur le plan cognitifs. Heureusement, c'est derrière moi. La douleur est une préoccupation fréquente, mais avec seulement un analgésique en vente libre, j'arrive à bien contrôler les périodes les plus difficiles.

Robbain

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Le chemin vers le rétablissement est aussi personnel qu'une empreinte digitale. À chacun de trouver sa voie...avec, parfois les lumières des autres qui forment des points de repère pour ne pas s'y perdre. Le rétablissement est une façon de voyager dans ces méandres parfois un peu compliqués.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 15:39    Sujet du message: L'évaluation de la douleur en psychiatrie

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