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A la croisée des chemins

 
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girl anachronism
Bipote Saphir

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MessagePosté le: Ven 22 Avr 2016 - 17:16    Sujet du message: A la croisée des chemins Répondre en citant

Bonjour,

Je vide mon sac. La situation me pèse trop. Je profite d'un moment où je suis d'humeur "normale" pour écrire.

Pendant très longtemps, j'étais bipolaire de type II à cycles rapides et à prédominance de dépressions. Des dépressions, j'en ai eu à la pelle, et rebelles aux traitements pour ne rien arranger. Les hypomanies étaient rares, les plus graves ont été induites par les antidépresseurs.
J'ai essayé tout ce qui était possible (sauf les neuroleptiques par peur de la prise de poids), j'ai eu une période à peu près bien au bout de 2 ans de tâtonnements dans les molécules et dosages mais cet état "bien" était très relatif. Avec l'accord de mon psy, on a entamé un allègement du traitement. Si les médicaments marchottent, autant alléger la barque et les effets secondaires.

Comme ma maladie ne s'aggravait pas avec la diminution des dosages et l'allègement du nombre de molécules, j'ai demandé un arrêt complet des traitements tout en sachant que vivre sans traitement me mettrait "à nu", sans aucun airbag, ni pneu pour amortir les chocs.
L'arrêt de l'antidépresseur a été terrible malgré une diminution très progressive, celui du lithium et du lamictal beaucoup plus facile.

Une fois le pilulier mis au placard, je me suis sentie libérée. Finie l'anxiété face aux effets néfastes sur le long terme, finis les effets secondaires, fini le rappel que je suis malade. Ce sentiment de liberté m'a apaisée, et miracle ! je suis devenue stable comme je ne l'avais pas été depuis très, très, très longtemps.

Je savais que pour faire durer cette stabilité, il fallait faire des efforts, plus encore que lorsque j'avais un traitement. Chaque écart produit une onde de choc qui, répétée, provoque des variations de l'humeur.
Au fil des mois, j'ai récolté à la place de l'anxiété de la prise de médicaments, la crainte de la rechute.
L'hypomanie ne me manquait pas du tout, je voulais vraiment rester stabilisée pour toujours car cette stabilité m'a permis de reprendre le travail à temps plein.

Malheureusement, je n'avais pas réglé mon problème d'hypersensibilité quand j'ai arrêté mes béquilles chimiques et trop vite, les ennuis sont arrivés. J'ai eu mon gros lot de déstabilisation. Des bouleversements à tous les niveaux (professionnel, familial, amical,...) que je n'ai pas su gérer. Les insomnies sont arrivées et ont été sévères. C'est comme ça que ça a commencé.
J'ai alerté mon psy mais je n'ai pas eu de somnifères (mais aurais-je seulement accepté de les prendre ?). J'ai fini par opté pour la mélatonine qui m'a bien aidée mais un peu tard.

Mes insomnies ont duré 4 mois, en parallèle j'ai eu énormément de travail, je me suis épuisée à la tâche pour ne pas perdre mon poste et pour prouver à mon employeur que j'étais capable de tenir.
L'humeur a commencé à repartir à la hausse, de façon fugace d'abord, puis plus fortement, mais toujours de façon très sporadique.
Fallait-il reprendre un traitement pour calmer le jeu avant que la machine bipolaire se remette en marche ?

Pour avoir tellement galéré avec les traitements, le sevrage de l'antidépresseur, les effets secondaires, je ne me sentais pas prête à reprendre, même pas pour quelques mois. Après tout, ça pouvait très bien se calmer tout seul. Personne ne peut prédire quoi que ce soit.
Tous les prodromes étaient là mais je ne voulais pas voir, tout en ayant au fond de moi un terrible pressentiment que ça allait déraper gravement.

Depuis le changement d'heure, l'arrivée du printemps, je sens l'hypomanie qui presse comme un monstre derrière une porte fermée. J'ai des accès de grande irritabilité, des accès de logorrhée mais ça reste des accès de quelques heures puis l'humeur redescend à un niveau acceptable. L'hypomanie ne se déclare pas franchement mais au fil des mois, les accès prennent de l'ampleur. Je résiste de toutes mes forces, c'est épuisant. Mon contrôle des débordements est plus inconscient que conscient: si je rechute, je dois prendre des médicaments. Donc si je ne veux plus aucun médicament, je ne dois pas rechuter.

Cela fait plus de 3 mois que la tendance est à la hausse. Jamais auparavant je n'ai eu à faire à une hypomanie aussi insidieuse.
Alors je m'interroge: et si ma bipolarité prenait un autre tournant ? Et si mon hypomanie était en train d'escalader lentement mais sûrement vers un accès maniaque qui me placerait de facto parmi les bipolaires de type I ?

Mon psy est tout aussi désemparé. Selon lui, je pourrais être en cours de rémission: l'hypomanie ne se déclare pas, non pas grâce à ma volonté, mais parce que mon cerveau a créé des parades (en gros, je suis plus forte, comme si j'avais développé un barrage dans mon cerveau, certains neurotransmetteurs compensant l'excès d'autres).
Mais il n'en est pas certain (qui pourrait l'être, il n'est pas Mme Irma) et je pourrais au contraire être bel et bien en train de basculer vers une autre forme de bipolarité, une aggravation vers un type I ou I et 1/2 (=prédominance des hypomanies sévères sur les dépressions, longues périodes d'hypomanie avec dépressions modérées).

Donc j'attends.


Ce qui me préoccupe, au-delà des conséquences évidentes d'une évolution vers la rémission ou la manie, c'est que je suis en total rejet des traitements médicamenteux. Or, pour pouvoir attendre de pied ferme la manie, il faut être prêt à en découdre. Et c'est pas avec de la tisane de valériane que je vais colmater le barrage.

Depuis février, je suis en grande discussion avec mon psy sur les traitements de la manie. Il affirme que les neuroleptiques sont la seule solution. J'en ai très peur car une prise de poids, même de 5 kg me plongerait dans la dépression (j'arrive à accepter mes formes mais c'est le maximum que je peux faire en effort, pour avoir été anorexique, c'est déjà beaucoup !), sans compter la crainte du diabète qui est déjà bien répandu dans la famille (prédisposition génétique). Je préfèrerais le lithium même si ma thyroïde n'est pas au top, mais il affirme que l'on ne peut pas prendre le lithium comme ça, juste à titre curatif.
Ah oui, parce que de toute façon, je n'accepterai au mieux qu'un traitement curatif de la manie.


Moi qui pensait être sauve du déni de la maladie, me voilà à nouveau confrontée à ce problème. Je pense pouvoir gérer mais en même temps, je sens bien que cette maladie est comme un truc qui vit sa vie au fond de nous et qui se réveille de temps à autre pour nous pourrir notre existence.
Merci de m'avoir lue, j'ai beaucoup écrit mais il faut dire que j'avais trop gardé, trop longtemps. Je me sens un peu plus légère.
Bonne soirée
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MessagePosté le: Ven 22 Avr 2016 - 17:16    Sujet du message: Publicité

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mepine
Bipote Diamant

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MessagePosté le: Ven 22 Avr 2016 - 18:33    Sujet du message: A la croisée des chemins Répondre en citant

Salut,

Tu as bien fait d'écrire, de déverser ce trop plein...

J'ai des difficultés à me concentrer longuement en ce moment, donc je vais essayer de répondre ce que je peux.

Tu n'es pas dans le déni, puisque tu acceptes la maladie. Apparemment, ce serait plutôt un refus de la médication, disons «chimique». Personnellement, j'avoue que je ne le partage pas, je crois que je prendrais «n'importe quoi» pour vivre mieux au quotidien. Les effets à long terme, je me dis tant pis. Je vis au jour le jour, je ne sais pas de quoi sera fait demain, ni comment je serais dans 10 ans. Je comprends mieux la peur des kilos. Mais je n'ai pas pris de poids avec les traitements, ni même avec le xeroquel, qui pourtant est reconnu pour amener une prise de poids. Après, si tu te surveilles un peu, que tu vérifies ton poids à chaque visite chez le médecin, je ne vois pas pourquoi tu prendrais du poids subitement...

Pour ta préoccupation du type de trouble dont tu si souffres, je pense que c'est secondaire. Tu es consciente de ton état, et tu le resteras sans doute si tu pars en manie. Mais il faudra que tu fasses en sorte de la stopper avant la catastrophe, et pour cela il faut que tu dépasses ce refus du traitement. Si ça peut te rassurer, j'ai déjà fait une bouffée délirante (je n'étais pas traitée) et depuis j'ai eu de petites phases de délires mystiques, mais c'est contrôlable, comme le reste. Je suis peut-être de type 1, mais ça n'a pas vraiment d'importance. J'aimerais le savoir d'un point de vue intellectuel, mais ça n'a pas d'importance du point de vue de ma gestion de la maladie.

Alors, je te souhaites de prendre soin de toi, et de prendre les décisions qui s'imposent ou s'imposeront par la suite,

▬▬▬▬▬▬▬▬▬ஜ۩۞۩ஜ▬▬▬▬▬▬▬▬▬
 
Mépine

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mepine
Bipote Diamant

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MessagePosté le: Ven 22 Avr 2016 - 19:08    Sujet du message: A la croisée des chemins Répondre en citant

PS : pardon pour les fautes, j'ai honte vu mon job

▬▬▬▬▬▬▬▬▬ஜ۩۞۩ஜ▬▬▬▬▬▬▬▬▬
 
Mépine

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girl anachronism
Bipote Saphir

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MessagePosté le: Ven 22 Avr 2016 - 19:30    Sujet du message: A la croisée des chemins Répondre en citant

Merci Mepine pour ta réponse.
Oui, cela fait du bien de déverser le trop plein que l'on garde dans sa tête.

Tu as raison, c'est plus un problème d'acceptation des traitements chimiques qu'un réel déni. A vrai dire, j'ai toujours eu des réticences vis-à-vis des médicaments, mais ça s'est amplifié depuis l'arrêt de l'antidépresseur. Tu ne peux imaginer ce que j'ai souffert, un sevrage atroce alors même que l'antidépresseur est le médicament que j'ai accepté en premier très facilement, presque les yeux fermés. Après tout, on en prescrit tellement couramment, c'est tellement banal, je ne pensais pas que chez moi, ça causerait autant de problème.

Bientôt 2 ans après, ça y est, je suis quasiment guérie à 99% de ce long sevrage. Mais c'est comme si j'en avais de grosses cicatrices, je ne veux plus jamais avoir à vivre ça une 2ème fois. ça m'a d'autant plus traumatisée que je ne savais pas en combien de temps ça allait aller mieux. Je me disais "ça va durer 3 mois", mais au bout de 3 mois, j'allais presque pas mieux qu'au bout d'1 mois !
Alors on attend encore 1 mois, et encore 1, et encore 1. On se sent piégé.
Une dépression, tu sais que ça finit par passer et tu sais qu'il y a des solutions. Là, on ne me proposait pas d'autre solution que "reprenez votre antidépresseur". Ou alors, remplacer une dépendance par une autre en prenant des benzos.

Mais comme tu le dis, peut-être que lorsque je serai dans un état maniaque, je serai peut-être prête à prendre "n'importe quoi" pour que ça cesse.
C'est vrai que le type de trouble bipolaire n'a pas vraiment d'importance. D'une certaine manière, même deux bipolaires du même type ne se ressemblent pas !
Et puis, dans un sens, je préfère encore passer à une bipolarité de type I, que d'avoir des cycles rapides comme j'en ai eu. Les fluctuations trop fréquentes étaient très épuisantes.

Prends soin de toi aussi

PS: ne t'inquiète pas pour les fautes, j'en fais aussi (et même beaucoup quand je relâche la vigilance). Je comprends ta gêne, on a le même employeur Mr. Green
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mepine
Bipote Diamant

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MessagePosté le: Ven 22 Avr 2016 - 19:41    Sujet du message: A la croisée des chemins Répondre en citant

Oui, c'est gênant de faire des fautes, on est perpétuellement sur le qui-vive quand on est prof! Surtout en tant que prof de français, je ne peux me permettre la moindre faute de frappe!

L'évolution de la maladie est difficile. Personnellement, j'ai toujours les mêmes cycles, (hypo)manie en été, (dépression) en hiver, mais entre les deux, j'ai l'impression d'être de plus en plus en état mixte, ce dont je n'avais pas l'habitude. Je croyais que c'était à cause de l'AD, mais apparemment pas tant que ça, puisque je l'ai arrêté, et que mon état ne se calme pas. C'est usant sur le long terme, d'essayer de contrôler cet état survolté, ces problèmes de concentration...

Je comprends mieux ton anxiété face aux médicaments, si tu as vécu un sevrage difficile. Mais il faut prendre un problème après l'autre. S'il faut absolument passer par un traitement, au cas où ton état s'aggrave, il vaut sans doute mieux le faire avant d'y être obligé. Bien sûr, il est très difficile d'évaluer où tu en es précisément, s'il faut le faire maintenant ou si tu peux te permettre de voir comment les choses vont évoluer. De mon côté, j'ai commencé l'imovane, en plus du stillnox, depuis environ une semaine. Je crains un peu de ne pas pouvoir l'arrêter facilement ensuite, mais il faut absolument que je dorme. Donc, je me dis que je verrai bien ensuite...

▬▬▬▬▬▬▬▬▬ஜ۩۞۩ஜ▬▬▬▬▬▬▬▬▬
 
Mépine

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Pichu
Bipote Emeraude

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MessagePosté le: Ven 22 Avr 2016 - 20:00    Sujet du message: A la croisée des chemins Répondre en citant

Courage Girl Anachronism !

Et je ne penses pas que tu sois dans le déni, vu que tu viens en parler ici :) , c'est super que tu saches quelque part le problème et la solution.

Ca doit etre dure, mais tu en es capable. Je penses que l'écriture aide aussi. Tu vas te sentir plus forte avec ça. Prends soin de toi et fais attention. :)
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Mamounette
Bipote Turquoise

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MessagePosté le: Sam 23 Avr 2016 - 14:43    Sujet du message: A la croisée des chemins Répondre en citant

Un petit message pour te soutenir, prends soin de toi et fais attention à toi.
Courage
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girl anachronism
Bipote Saphir

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MessagePosté le: Sam 23 Avr 2016 - 14:53    Sujet du message: A la croisée des chemins Répondre en citant

Merci à vous trois pour votre soutien

Je suis vigilante, je tiens un journal de l'humeur où je note les symptômes. Ce n'est pas toujours objectif mais c'est toujours mieux que rien !
Pour les neuroleptiques, c'est vrai que tout dépend de la priorité, je vais déjà trop loin dans mon raisonnement alors que certains problèmes se posent dans un second temps.

Pour tes problèmes d'insomnie Mépine, tu fais bien de les traiter. Avec le recul, j'ai perdu trop de temps et j'aurais pu peut-être éviter ce dérèglement actuel.
Le sommeil est LA chose la plus importante chez les bipolaires. Une fois que tu auras régularisé ton sommeil, tu pourras progressivement remplacer les somnifères par des moyens plus doux pour s'endormir.

Le dernier numéro de ça m'intéresse parle de comment se passer des médicaments. C'est à destination des personnes "lambda" qui n'ont pas de maladies psy mais il y a des astuces intéressantes (notamment pour se sevrer des somnifères) et le magazine fait un petit tour des différentes techniques pour améliorer l'anxiété, la dépression,...
Je ne savais pas que l'ostéopathie pouvait avoir un intérêt dans les problèmes psy. J'ai horriblement mal au dos depuis quelques mois (j'en ai plein le dos dans tous les sens du terme), je comptais prendre rendez-vous pour un problème purement mécanique mais peut-être que ça améliorera un tout petit peu les choses indirectement. A voir.
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brunelles
Bipote Turquoise

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MessagePosté le: Dim 24 Avr 2016 - 18:50    Sujet du message: A la croisée des chemins Répondre en citant

Bonsoir Girl,

je lis toujours tes posts sensés et sensibles, je suis désolée que tu te sentes ainsi prise au piège entre la maladie et les ttt.

Je ne suis pas une fan des médocs non plus, je comprends tes réticences (moi j'ai eu surtout des pb de poids et c'est pas drôle, les kilos sont là et bien là maintenant, même après un an sans ttt...). Il faut parfois accepter de vivre au jour le jour, et je pense comme Mépine qu'on ne sait pas ce qu'on sera dans 1 an ou 10, donc il faut faire au mieux au jour le jour.
Si tu dois prendre qqch aujourd'hui pour passer un cap, pourquoi pas? Et quand ce sera à nouveau le moment, tu te sèvreras car tu sais que tu peux le faire : tu l'as déjà fait.
Même si ça a été dur une fois, ce ne sera pas forcément aussi difficile une autre fois : pas le même médoc, pas le même contexte, pas le même entourage, etc...

C'est peut être un peu simpliste, mais au moins c'est une idée positive! lol!
Mais je crois sincèrement qu'une situation qui se répète dans une vie ne sera pas gérée de la même façon, ne se traitera pas pareil, n'aura pas exactement les même effets,... En plus le corps change et subit mille et une variations, donc les réponses chimiques et purement physiques évoluent (un doliprane marchera très bien un jour sur un mal de tête, et moins bien un autre pour le même mal de tête, par exemple). (bien sûr on n'est pas dans la dimension du mal de tête, mais il y a bien une question de chimie dans tous les ttt.)

Heureusement tu es très consciente de ta maladie, tes capacités, tes limites et tes besoins, ça te rend forte face à une manie qui se profile, ou à une dépression qui rôde.
Et tu sembles bien entourée médicalement, ce qui est très important.

Je te souhaite beaucoup de courage, et de continuer à venir nous parler!

brunelles

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"la mer n'existe pas..."
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girl anachronism
Bipote Saphir

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MessagePosté le: Dim 24 Avr 2016 - 20:42    Sujet du message: A la croisée des chemins Répondre en citant

Bonsoir Brunelles

Merci pour ton message, ne t'inquiète pas, je continuerai à vous lire avec plaisir !
C'est vrai que les situations sont toujours différentes. Je prends conscience grâce à vos réponses que mon problème de refus de la médication est plus large. De quoi avoir de la matière pour la psychothérapie que j'ai interrompue (trop épuisée lorsque j'ai voulu la démarrer, j'ai dû interrompre car c'était contre productif).

J'ai peur que les événements se répètent, c'est limite de la superstition. Cette année, cela fait 5 ans que j'ai été diagnostiquée. J'ai horreur des dates anniversaire.
J'ai peur du passé au point de ne plus passer par des lieux où j'ai été de crainte de "revivre" physiquement le passé. Ça m'arrive très facilement mais le retour dans le réel est difficile. Il faut à chaque fois se convaincre que l'on est dans le présent, que le passé n'existe plus pour de vrai, qu'il n'en reste qu'une pensée, et rien d'autre.

Bonne nuit
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Deca
Bipote Turquoise

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MessagePosté le: Lun 25 Avr 2016 - 17:33    Sujet du message: A la croisée des chemins Répondre en citant

Moi aussi j'apprécie beaucoup tes messages et je souhaite que tu ailles mieux très vite

Je suis bien entendu pour le sans médicament pourtant j'avale ma poignée de gélules et cachets journaliers comme un automate. Mon infirmier référent me dit régulièrement que s'il avalait tout ça, il ne pourrait se lever. Traitement pour un cheval !
(aucune prise en compte de ce handicap au travail, j'ai tellement l'apparence de quelqu'un qui se porte bien... apparence)
Peut-être existe-t-il dans le monde des sociétés où nous sentirions mieux sans besoin de traitement chimique.

Quant à l'hypersensibilité, je la vis. Un atout souvent sous-exploité et mon grand handicap actuel.
Mauvais souvenir également des neuroleptiques qui te rendent incapable de toute action (c'était il y a 18 ans, j'espère qu'il y a eu des progrès)

Courage
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den1973
Bipote Emeraude

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MessagePosté le: Mar 21 Juin 2016 - 12:37    Sujet du message: A la croisée des chemins Répondre en citant

Bonjour,

Je profite de cette discussion pour exposer mes soucis du moment. Je suis désolé car inapte à donner des conseils positifs en ce moment pour soutenir d'autres personnes.
Pour ma part, je suis bipolaire type 1 depuis 12 ans maintenant. J'ai testé des traitements qui m'ont stabilisé pendant 5 ans puis ont montré leur inefficacité.
En effet, depuis octobre 2015, j'ai enchaîné 3 mois d'arrêt de travail et un mi temps thérapeutique entrecoupé de nouveaux arrêts.
Pour la petite histoire, je suis ingénieur en électronique ce qui implique des responsabilités et d'avoir toutes ses capacité intellectuelles au travail.
Concrètement, depuis quelques mois, je vois bien que je ne parviens plus à assumer mon poste. La persévérance me mène à des reprises de ma vie professionnelle pour mieux me mener vers un arrêt car je ne supporte plus la pression, j'ai des gros problèmes quant à la réflexion, concentration, angoisses, manque de confiance en moi...... et j'en passe.
Je suis évidemment sous traitement lamictal, neuroleptiques, hypnotiques. Je sens bien que les médicaments ont un effet néfaste pour régler ces problèmes d'efficacité au travail et d'autre part, cela ne m'empêche pas d'enchaîner des phases dépressives plus ou moins prononcées et des phases "up" qui restent dans la limite du raisonnable.
EN phase dépressive, je n'arrive plus à bosser. En phase "up", je suis très efficace. Tout coule de source mais je suis très irritable envers mes proches (marié, 2 enfants).
Je crains sincèrement qu'une phase maniaque risquerait de briser mon couple, je suis en fait terrorisé à cette idée.
D'autre part, je ne connais pas la solution quant à mon travail. Je ne peux pas rester en arrêt à vitam eternam. Quelle peut être la solution? mise en invalidité?quels sont les bénéfices pour l'intéressé? reconversion professionnelle?
Désolé pour ce monologue pas très bien construit, mais j'ai tout de même espoir de trouver des conseils et du soutien auprès de personnes vivant la même situation.
Bonne journée à toutes et à tous.
un bipote en détresse parmi tant d'autres.....

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L'esprit est difficile à maîtriser et instable. Il court où il veut. Il est bon de le dominer. L'esprit dompté assure le bonheur.
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chatobouboule
Bipote Emeraude

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MessagePosté le: Mar 21 Juin 2016 - 13:55    Sujet du message: A la croisée des chemins Répondre en citant

Salut Den,


Non tu n'es pas le seul ingénieur bipote ! Moi aussi mais j'ai quitté l'industrie en Régio parisienne il ya 10 ans et me suis mis à mon compte pour faire du conseil à l'export et j'en vis...
Ce qui m'amuse dans ton propos c'est que j'ai le même souci que toi, une femme et 2 enfants et que les hypomanies sont susceptibles de casser cette stabilité...et cela m'inquiète, quand je suis déprimé ! comme maintenant.
En phase dépressive, je ne peux pas faire grand chose, ça me pèse,  mais j'arrive à gérer ma petite société doucement sans trop de déplacements.


Pour moi l'invalidité serait s'enfermer dans une vie de malade, comment faisais tu avant tout tes traitements ?
Merci pour ton monologue qui commence un petit dialogue d'espoir, en tout cas pour moi car je me sens moins seul du coup !


A bientôt.


Chatobouboule

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La plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute."
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den1973
Bipote Emeraude

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MessagePosté le: Mar 21 Juin 2016 - 20:09    Sujet du message: bipolarité et travail Répondre en citant

Salut Chatobouboule,

Merci pour ta réponse. C'est intéressant de voir que de nombreux bipotes ont quitté leur travail pour se mettre à leur compte. Cela permet donc de se gérer soi même, d'éviter les contraintes professionnelles qui ne tombent pas pendant la bonne phase et surtout d'éviter le regard des collègues qui ne comprennent pas la maladie (surtout dans mon cas car je ne communique pas du tout sur mon véritable problème de santé). A chaque arrêt de travail, à la question "qu'est ce qu'il t'arrive?" je réponds que cela ne regarde que moi mais c'est usant de vivre le jugement de ses collègues.
Pour ma part, je me verrai bien maintenant dans un travail manuel et en extérieur si possible. En effet, les heures passées enfermé dans un bureau et devant un PC me perturbent trop fortement. Cependant, j'ai peur de franchir le cap, disons que je n'ai pas le courage dans l'immédiat de me lancer dans une autre vie professionnelle.
A ta question: que faisais tu avant la prise de médicaments Et bien j'ai vécu l'enfer pendant 3 ans (dépressions très sévères et une phase maniaque destructive à tout point de vue). Je suis donc enfermé dans cette camisole chimique qui atténue les différentes phases.
Ma seule période de stabilisation a duré 5 ans. Durant cette période, je faisais beaucoup de sport, j'avais une vie saine et sans contraintes et surtout je prenais mes médicaments comme un automate sans me demander pourquoi je les prenais. Il est vrai que j'en prenais beaucoup moins qu'aujourd'hui.
Je serai ravi de pouvoir t'apporter du réconfort. En effet, tu as eu le courage de voler de tes propres ailes et cela est une véritable force.
Quant à la vie de couple et la chance d'avoir des enfants, cela est vraiment un maillon fort auquel se rattacher dans les périodes difficiles.
Il faut savoir préserver cette chance et faire des efforts chaque jour dans ce sens.
A te lire et encore merci pour ce dialogue intéressant.

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chatobouboule
Bipote Emeraude

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MessagePosté le: Mer 22 Juin 2016 - 08:14    Sujet du message: A la croisée des chemins Répondre en citant

Salut Den,


Si tu ne te sens pas de te mettre à ton compte, ne le fais pas, c'est une vie très prenante, surtout pour ton conjoint et la famille et pas sur que cela soit toujours rémunérateur.
Je pense que tu devrais essayer de voir par le biais de la reconversion professionnelle en visant un travail extérieur qui te plairait.


Tu n'es pas la maladie, elle est seulement en toi !
Pour briser ce cercle vicieux de camisole chimique et doute permanent,le sport est aussi un super antidote, j'espère que tu peux toujours t'y atteler car cela permet de beaucoup relativiser Surprised)


De mon côté, mes amis m'ont fait souvent remarquer des up style hypomanies réguliers et ma femme surtout avec qui j'ai été parfois assez lourd et agressif donc infernal et en période dépressive, j'en prends plein la figure en retour...


Côté traitement 1 Dépakote 500 par jour que j'ai mal suivi mais qui ne m'a pas empêché de chuter il y a 3 ans en le suivant quotidiennement...Bref, le doute mais je veux y croire encore même si c'est difficile.


C'est beau la Charentes Maritime, j'ai un de mes meilleurs amis qui vit sur La Rochelle, mais la météo...

A bientôt et bon courage !!!


Chato

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Deca
Bipote Turquoise

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MessagePosté le: Mer 22 Juin 2016 - 11:27    Sujet du message: A la croisée des chemins Répondre en citant

Tout ce ceci est très intéressant à lire, ça donne à réfléchir et une certaine envie de rebondir,

Après 25 ans passés dans l'éducation nationale, je suis à la fois à la croisée des chemins et dans une impasse (je préfère de loin la première solution)
Je n'ai pas encore été mis à la porte par mon employeur (pas de motif, pas de faute) mais j'étouffe dans cette grosse maison qui ne m'apporte aucune solution de reconversion viable : impasse.
Ma matière évolue dans une direction pour laquelle je ne suis pas préparé et les conditions de travail se dégradent dangereusement : je dis stop.
J'envisage à nouveau (projet avorté en avril) une mise en retraite pour invalidité et j'espère rebondir vers un domaine professionnel et des employeurs mieux adaptés à ma personnalité (assiociatif, humanitaire, agriculture, métiers de la bouche, informatique, handicap, espaces verts : je suis très ouvert et j'ai encore une grande soif de découverte).
Dans mon cas, la bipolarité n'est plus compatible avec la fonction publique (trop statique, peu réactive, inhumaine)
Je partirai avec une petite retraite (à comparer avec celle que j'aurai touché dans... 20 ans) mais honorable que je souhaite compléter avec des expériences professionnelles

Voilà mon esprit croisée des chemins actuel...
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chatobouboule
Bipote Emeraude

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MessagePosté le: Mer 22 Juin 2016 - 16:31    Sujet du message: A la croisée des chemins Répondre en citant

Salut Deca,


Ben oui...vu que nous sommes en plus 3 mecs du même âge ou presque...on se sentirait pousser presque des ailes :)
Des conseils pour créer son activité, y en a plein (et trop veulent en donner) ... mais ceux que je retiendrais le plus : Attention à la vie familiale (il doit y avoir adhésion) et faire qqch qui plait vraiment ! Inutile ensuite de s'abrutir au boulot.


Parfois, j'aimerais avoir un salaire qui tombe tous les mois...mais bon...j'ai fait un choix.


Merci, j'oublie un peu du coup mes penchants dépressifs actuels !


A bientôt.


Chato

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La plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute."
Confucius
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den1973
Bipote Emeraude

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Messages: 13

MessagePosté le: Mer 22 Juin 2016 - 20:26    Sujet du message: A la croisée des chemins Répondre en citant

Bonsoir Chato, Bonsoir Deca,

C'est intéressant d'être sur la même longueur d'onde enfin disons de ressentir la même chose par rapport à la difficulté de combiner le travail et la bipolarité.
Deca, peux tu m'en dire plus sur la retraite anticipée cause invalidité. Cela est il possible également dans le privé? J'ai 43 ans et encore beaucoup d'années à supporter et peut être que cette solution combinée à un travail plus à mon goût en tant qu'autoentrepreneur pourrait être une porte de sortie pour moi.
Chato, je pense que tu as raison. Travailler à son compte implique également des contraintes..... il faut savoir peser le pour et le contre:)
En conclusion, je suis ravi de discuter "entre mecs" même génération, même profil et se posant des les mêmes questions pour mieux avancer.
A+ sur le forum

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L'esprit est difficile à maîtriser et instable. Il court où il veut. Il est bon de le dominer. L'esprit dompté assure le bonheur.
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Deca
Bipote Turquoise

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Inscrit le: 28 Juil 2010
Messages: 151

MessagePosté le: Jeu 23 Juin 2016 - 18:17    Sujet du message: A la croisée des chemins Répondre en citant

Bonjour Den,

je ne vais pas pouvoir te donner beaucoup plus d'infos sur les étapes de la mise en invalidité dans le privé : je ne connais que vaguement. Pour moi, c'est assez simple : un courrier de mon psychiatre (demande) que je fais parvenir à mon employeur (rectorat). Après il faut attendre environ un an (procédure) et la mise en invalidité est effective. Quelques points positifs : une pension d'invalidité (environ 50% de mon traitement actuel), la possibilité de travailler de manière plus souple dans la limite de ma rémunération actuelle (pension + salaire) et la possibilité de demander une formation professionnelle. Le risque, c'est l'état du marché du travail et l'évolution de la maladie (même si quitter mon employeur actuel me ferait le plus grand bien) + mes engagements financiers actuels.

Surprise ce matin, je suis convoqué à un entretien pour un nouveau poste qui me plait beaucoup, la demande de mise en invalidité risque d'être repoussée d'un an (le temps d'affiner la réflexion).

Pour plus de visibilité ouvre un fil sur la question de l'invalidité dans le secteur privé (je suis sur qu'il y a des gens concernés et connaisseurs sur le forum)
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den1973
Bipote Emeraude

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Inscrit le: 23 Mai 2016
Messages: 13

MessagePosté le: Ven 24 Juin 2016 - 20:05    Sujet du message: A la croisée des chemins Répondre en citant

Bonsoir Deca
Merci pour ta réponse. Il y'a effectivement sur le net des tonnes d'informations sur la mise en invalidité (procédure, avantages, inconvénients, conditions.....) Apparemment, il faut être invalide à un taux au moins égal à 50% pour bénéficier des avantages notamment la retraite anticipée mais pour en bénéficier il faut cotiser un certain nombre de trimestres en étant en invalidité...... bref, c'est un peu compliqué et mon état actuel ne me permet pas d'étudier posément la question. Je vois ça dès que ma concentration rentre dans l'ordre.
encore merci pour les infos.

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 11:09    Sujet du message: A la croisée des chemins

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