Forum d'information, de psychoéducation et d'entraide pour les personnes avec un trouble bipolaire (maniaco-dépression).
Le forum des bipotes  Index du Forum FAQ Rechercher S’enregistrer Connexion

Faire comprendre la nécessité du traitement

 
Ce forum est verrouillé; vous ne pouvez pas poster, ni répondre, ni éditer les sujets.   Ce sujet est verrouillé; vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.    Le forum des bipotes Index du Forum ->
Questions / Réponses
-> Aide aux proches.
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
girondine
Bipote Emeraude

Hors ligne

Inscrit le: 10 Mai 2016
Messages: 13

MessagePosté le: Mar 14 Juin 2016 - 15:48    Sujet du message: Faire comprendre la nécessité du traitement Répondre en citant

Bonjour,
Comme indiqué dans le titre ma fille de 37 ans diagnostiquée bipolaire depuis 2009 en est à sa 8ème hospitalisation et le rythme s'accélère : hospitalisation en février puis mai et juin de cette année (elle est encore à l'hôpital à ce jour).
Chaque hospitalisation s'est passée sur demande d'un tiers ce qui est très pénible, la plupart du temps c'est son frère qui est sollicité lorsque la situation devient invivable pour elle et ses enfants, elle est prise de bouffées délirantes (de paranoia, elle entend des voix, devient injurieuse...) et nous ne savons pas très bien jusqu'où elle peut aller.
Lors de son hospitalisation de février, elle a décidé de se séparer de son compagnon qui est le père de sa fille (en fait elle l'a mis dehors de façon peu élégante sous le prétexte qu'il l'empêchait de danser la nuit). Il est parti en espérant que son départ allait la calmer.
Ne prenant pas son traitement elle a assez vite plongé dans une sorte de dépression où elle était incapable d'assumer le quotidien, les repas et s'occuper de sa fille, certains matins ne se réveillant pas pour emmener sa fille à l'école. Son compagnon est alors revenu tous les jours pour faire le repas mais elle l'obligeait à partir ensuite.
Puis son comportement a changé (phase maniaque ?) et lors d'une crise délirante elle a de nouveau été hospitalisée puis tout recommence de la même façon.
La savoir seule avec ses enfants la nuit nous angoisse terriblement (lors de ses délires elle assimile ses enfants à des êtres maléfiques et nous avons peur qu'elle leur fasse du mal, elle a une telle imagination...) et nous sommes sur le point de faire intervenir les services sociaux mais c'est une décision très difficile à prendre et lourde de conséquences. Si seulement elle acceptait son traitement !
Elle est infirmière de formation et était très intéressée par la psychiatrie, mais ne travaille plus, n'a plus aucun lien social et a fait le vide autour d'elle.
J'aimerais avoir votre avis, savoir comment s'y prendre pour qu'elle accepte le traitement (dans son esprit c'est elle qui sait, qui dit qu'elle peut s'en sortir sans médicaments nous ne connaissons rien à la maladie).

Merci d'avance de votre aide.
Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Mar 14 Juin 2016 - 15:48    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
brunelles
Bipote Turquoise

Hors ligne

Inscrit le: 06 Nov 2008
Messages: 277

MessagePosté le: Mar 14 Juin 2016 - 16:52    Sujet du message: Faire comprendre la nécessité du traitement Répondre en citant

Bonjour Girondine,

Ce que tu vis est très difficile.... Faire accepter un traitement à un bipo en phase haute est quasi impossible,
on est tellement sûr qu'on est invincible et que tout le monde est nul et ralenti dans ces phases up!

Connais-tu des bipolaires stabilisés que tu pourrais lui montrer "en exemple", pour lui montrer qu'on est mieux avec traitement
et vie stable que vivant de telles montagnes russes?
Faut-il attendre la prochaine phase de dépression pour la convaincre qu'aller mieux passe par les médicaments, dans un premier temps,
et qu'ils aident à retrouver une meilleure hygiène de vie?

Mais si tu as des raisons d'avoir peur pour ses enfants, il faut peut-être la faire hospitaliser plus longtemps...
Pourquoi est-ce son frère qui s'occupe d'être le tiers? Et si son compagnon ou toi-même demandait l'hospitalisation,
est-ce que ça pourrait lui faire comprendre que tout le monde s'inquiète pour elle? Dans l'idée de casser une sorte de "routine",
du genre : je suis nulle, on envoie mon frère s'occuper de moi, comme toujours (les bipolaires ont en général une bien faible estime d'eux-même)

Est-ce que son compagnon est toujours présent et pourrait s'occuper des enfants?, au moins qq temps, pour éviter les services sociaux,
qui effectivement sont sûrement traumatisants, et dont on ne se défait pas facilement ensuite.

Ce sont juste des idées, j'ai bien peur de ne pas avoir la solution miracle... Je me dis juste que si elle est hospitalisée ou en clinique
assez longtemps pour ressentir le manque de sa famille, ça pourrait la motiver à accepter le traitement pour se stabiliser.
Après, je ne connais pas sa vie ni l'histoire familiale, il peut y avoir des choses à dire ou révéler, des "secrets" qui rongent ou des portes à enfoncer
(le bipolaire doute facilement des sentiments de l'entourage...), il faudrait comprendre d'où vient ce refus de vivre "comme tout le monde".

Courage Girondine, j'espère ne pas t'avoir dit que des banalités.

brunelles

▬▬▬▬▬▬▬▬▬ஜ۩۞۩ஜ▬▬▬▬▬▬▬▬▬
 
"la mer n'existe pas..."
Revenir en haut
girondine
Bipote Emeraude

Hors ligne

Inscrit le: 10 Mai 2016
Messages: 13

MessagePosté le: Mar 14 Juin 2016 - 17:37    Sujet du message: Faire comprendre la nécessité du traitement Répondre en citant

Merci Brunelles pour ta réponse.

Tu parles de la faire hospitaliser plus longtemps, j'aimerais bien (il semble aujourd'hui que la norme soit environ autour de 3 semaines) mais le psy ne nous demande pas notre avis c'est lui qui décide! et quand j'ai sous-entendu un jour qu'un suivi par le médecin du CMP à raison d'un RV tous les 2 mois c'était peut-être insuffisant et qu'on pourrait descendre à 1 RV par semaine, la psy nous a répondu que c'était le médecin qui décidait.
Quand nous avons abordé le sujet des enfants à savoir si ma fille pouvait s'en occuper correctement, elle nous a répondu que ce n'était pas leur problème (aux médecins) donc difficile d'attendre quelque chose de leur part. J'ai aussi proposé à ma fille de lui trouver un psy en "libéral" mais bien entendu elle ne veut pas.

Ce qu'on essaie de faire c'est de la convaincre quand elle est encore sous traitement juste à la sortie de l'hôpital où nous semble-t-il elle a retrouvé un comportement normal, il est bien sûr impossible quand elle est dans ses phases délirantes.
Nous l'avons connue quelque temps avec un traitement, on la trouvait bien, agréable complètement changée mais çà n'a pas duré, elle nous a dit que le traitement avait des effets secondaires insupportables (contrairement à ce que nous dit le psy).

La situation actuelle n'est pas facile, je suis à 600km, son père à 300 km, seul son frère habite près de chez elle et son compagnon n'a pas "le droit" de la faire hospitaliser mais c'est quand même lui qui fait l'alerte.
Sa première hospitalisation, c'est moi qui l'ai demandée sur conseil d'un médecin, cela fut très douloureux, son entourage était contre, on me disait qu'à l'hôpital "on allait en faire un légume" surtout que ce fut l'horreur, au bout de 2 jours elle a fugué de l'hôpital. Une ou deux autres fois ce fut son père et maintenant il est vrai que c'est son frère mais pour des raisons de proximité.

Son compagnon est très courageux et s'occupe bien des enfants, le problème c'est que depuis qu'elle l'a mis dehors il vit dans un tout petit studio et c'est compliqué, il faut dire aussi qu'ils habitent en région parisienne et que pour trouver un logement ce n'est pas facile avec de faibles moyens ! on est bien en train de demander un logement social mais il ne serait pas prioritaire.

Je suis prête à l'accueillir à la maison avec sa fille, son père également mais elle ne veut rien entendre!

Nous essayons d'être présents le plus possible, j'ai même envisagé de déménager mais serait-ce vraiment la solution ?
Revenir en haut
girl anachronism
Bipote Saphir

Hors ligne

Inscrit le: 12 Déc 2011
Messages: 1 126

MessagePosté le: Jeu 16 Juin 2016 - 13:29    Sujet du message: Faire comprendre la nécessité du traitement Répondre en citant

Bonjour Girondine,

C'est toujours délicat de donner un conseil sans connaître la situation. Je rejoins Brunelles sur la nécessité d'une hospitalisation plus longue mais en clinique où elle aurait un suivi et un cadre plus favorable pour se poser. L'hospitalisation dans le publique est utile en urgence mais d'après les témoignages entendus, c'est assez traumatisant. Quant au suivi avec un rendez-vous tous les 2 mois, c'est bien trop peu. Généralement, le suivi par un psy en libéral, c'est une fois par mois quand tout va bien et plus souvent si nécessaire (ajustement des traitements, gestion d'une rechute).
Revenir en haut
nini14
Bipote Emeraude

Hors ligne

Inscrit le: 10 Juil 2016
Messages: 7

MessagePosté le: Mer 13 Juil 2016 - 19:33    Sujet du message: Faire comprendre la nécessité du traitement Répondre en citant

Bonjour mon psychiatre m'avait donner une liste de livre a lire certain être pas pour moi plus pour un proche et il y en a un qui pourrais peut être t'aider son titre c'est " comment faire accepter son traitement au malade " de amador édition rezt je suis d'accord aussi pour dire que une hospitalisation plus longue pourrai être bénéfique j'ai connu des personne dans la région au je suis calvados en Normandie qui reste des mois car c'est nécessaire pour leur bien et moi mon psychiatre qui est un excellent psychiatre dans le public me voit toute les semaines car c'est nécessaire et parfois on espace a un mois quand ça va mieux mais j'ai son mail professionnel et si ça va pas je le contact peut-être que dans sa région le libéral serais mieux pour qu'elle soit bien encadrer bonne soirée
Revenir en haut
girondine
Bipote Emeraude

Hors ligne

Inscrit le: 10 Mai 2016
Messages: 13

MessagePosté le: Ven 12 Aoû 2016 - 22:29    Sujet du message: Faire comprendre la nécessité du traitement Répondre en citant

Bonsoir,

Lors de sa dernière hospitalisation, ses enfants et son ex-compagnon ont eut très peur de son comportement pendant ses phases délirantes ce qui a conduit son ex-compagnon, avec notre accord bien entendu, à faire un signalement près de l'assistante sociale de sa ville afin de pouvoir trouver une solution et, pourquoi pas obtenir la garde de sa fille. La décision n'a pas été facile à prendre car nous étions bien conscients des retombées qu'une telle démarche pouvait avoir.

Pour l'instant, le positif c'est que ma fille a accepté le traitement en comprenant qu'elle n'avait pas le choix si elle voulait garder ses enfants près d'elle, qu'elle est suivie plus régulièrement par un psychiatre et aussi apparemment par l'assistante sociale.

Le négatif, c'est qu'elle m' en veut, qu'elle ne veut plus de contact avec moi : je m'y attendais bien sûr. Ma petite fille me manque, elle a préféré la garder avec elle pour les vacances alors que d'habitude comme elle n'est jamais bien, elle passe la plupart des vacances chez ses grands-parents. J'essaie de voir le côté positif : elle a repris goût à s'occuper de sa fille et çà c'est le plus important.

Je reste en contact avec son ex-compagnon qui continue à passer la voir tous les jours et pour l'instant elle va bien, a repris le sport et s'occupe de sa fille. Pas encore décidée à sortir de chez elle (pour partir en vacances par exemple, ou venir à la maison) mais je garde espoir et ce que j'espère, c'est qu'elle comprenne que ce traitement lui apporte quand même un certain bien-être et qu'elle ne le voit pas comme une contrainte.
Revenir en haut
Méou
Bipote Emeraude

Hors ligne

Inscrit le: 03 Aoû 2016
Messages: 18

MessagePosté le: Dim 14 Aoû 2016 - 09:04    Sujet du message: Faire comprendre la nécessité du traitement Répondre en citant

Bonjour Girondine,

Ta fille t'en veut, mais plus tard, elle sera émue de constater que sa mère a été présente à ses côtés. Elle risque davantage d'avoir de la rancoeur si elle s'aperçoit qu'un jour, rien a été fait pour l'aider. Or ce n'est pas le cas. Il n'y aura peut être jamais de remerciement ou de reconnaissance de sa part, c'est peut être utopique. Mais tu continues de faire ton devoir de mère, et c'est honorable. Ta conscience est sauve.

Pour ce qui est du traitement, c'est ta fille qui a les clefs. L'hospitalisation aide dans une certaine mesure, car elle restaure un cadre. Mais on ne reste pas hospitalisé à vie. Toi et son entourage vous sentirez certainement impuissants, la frustration sera énorme, mais l'acceptation de l'idée que elle seule décide ou non de suivre un traitement vous permettra de vivre cela plus sereinement.

Par expérience, j'ai fini par comprendre que la psychothérapie et les médicaments sont complémentaires, mais que le malade doit aussi espérer ardemment s'en sortir. Il peut y avoir des déclics, qui surviennent au bout de longues années. Comme il ne peut jamais y en avoir aussi.
Revenir en haut
girondine
Bipote Emeraude

Hors ligne

Inscrit le: 10 Mai 2016
Messages: 13

MessagePosté le: Ven 26 Aoû 2016 - 11:23    Sujet du message: Faire comprendre la nécessité du traitement Répondre en citant

Bonjour,

L'embellie a été de courte durée, au moment où j'écrivais mon dernier message indiquant qu'elle prenait son traitement, ma fille était en train de l'arrêter donc aujourd'hui, nous sommes revenus à la case départ (sauf que pour moi bien entendu c'est encore pire, elle me hait, je ne peux pas lui parler elle m'injurie au téléphone avant de me raccrocher au nez, bon j'ai déjà connu çà mais çà fait toujours mal).

Le signalement de son ex-compagnon près de l'Assistante Sociale afin de préserver sa fille de 9 ans n'a été suivi d'aucun effet, pas de visite pour rencontrer les enfants ni ma fille, désolant tout çà.

Autrement ma fille est "suivie" au CMP par une psychiatre, une infirmière et une assistante sociale mais là encore pas tellement d'aide, j'ai bien envie de téléphoner pour prendre RV mais je crains de me trouver face à un refus sous prétexte du secret médical, sauf que là aussi l'assistante sociale devrait jouer son rôle aussi non ? il s'agit d'une petite fille de 9 ans qui se retrouve à faire les repas (car comme dit sa mère en plein délire elle même était obligée de les faire ainsi que toutes tâches ménagères dès l'âge de 5 ans, ce qui est faux, bien entendu , mais j'ai l'habitude de toutes sortes d'accusations infondées...
Son ex-compagnon va essayer d'aller voir au CMP, on verra, je pense que lui aussi a droit à des infos, en tant que père il a aussi des droits je suppose.

Je ne sais pas exactement dans quel état se trouve ma fille, il semble d'après son ex-compagnon qui passe la voir tous les jours qu'elle ne fait rien de ses journées sauf fumer, qu'il n'arrive pas à la motiver pour sortir alors phase dépressive ?

Je pense qu'il serait bien que je fasse les 600km qui nous sépare mais comment les aider ? si vous avez des idées je suis preneuse.
Revenir en haut
Mamounette
Bipote Turquoise

En ligne

Inscrit le: 15 Oct 2013
Messages: 320

MessagePosté le: Ven 26 Aoû 2016 - 13:55    Sujet du message: Faire comprendre la nécessité du traitement Répondre en citant

Bonjour Girondine



Ton histoire n'est pas facile à résoudre. Il va te falloir de la patience. Pourquoi ne pas téléphoner à l'infirmière du cmp et lui faire part de tes inquiétudes.
Tu ne déranges pas le médecin et si il y a besoin, l'infirmière en parlera elle-même au psychiatre.
Te déplacer, je ne te le conseille pas, ce n'est pas le bon moment mais tu as raison il faut agir.
Bon courage, tiens moi au courant de tes démarches
Revenir en haut
girondine
Bipote Emeraude

Hors ligne

Inscrit le: 10 Mai 2016
Messages: 13

MessagePosté le: Ven 26 Aoû 2016 - 15:53    Sujet du message: Faire comprendre la nécessité du traitement Répondre en citant

Merci Mamounette pour ta réponse,

J'attends des nouvelles de son ex-compagnon qui doit passer au CMP cet après-midi mais il a du mal avec ce genre de démarche.
Dès lundi je pense effectivement appeler le CMP et j'attends aussi le retour de vacances de ma belle fille qui avait accompagné son ex chez l'AS pour savoir que faire : relancer les services sociaux et tout au moins demander pourquoi depuis juin il ne s'est rien passé ou attendre la prochaine crise de délire pour la faire hospitaliser à nouveau ?

C'est vraiment difficile d'être obligée d'en passer par là, je ne comprend pas pourquoi ma fille s'obstine ainsi à nier sa maladie, j'ai l'impression parfois que ce sera irréversible, elle s'enfonce un peu plus de semaine en semaine et je suis très inquiète pour son avenir.
Revenir en haut
Méou
Bipote Emeraude

Hors ligne

Inscrit le: 03 Aoû 2016
Messages: 18

MessagePosté le: Sam 27 Aoû 2016 - 09:56    Sujet du message: Faire comprendre la nécessité du traitement Répondre en citant

Tu sais, mon frère a été diagnostiqué il y a quinze ans.... et encore récemment, il refusait de prendre son traitement correctement. Il y a de l’auto sabotage dans tout ça.

Il est plus simple de maitriser ses échecs que de prendre le chemin d'une réussite. la déception est moins grande, la perspective de réussir effraie. Je pense qu'elle ne veut pas s'en sortir, du moins actuellement.
Revenir en haut
girondine
Bipote Emeraude

Hors ligne

Inscrit le: 10 Mai 2016
Messages: 13

MessagePosté le: Sam 27 Aoû 2016 - 14:37    Sujet du message: Faire comprendre la nécessité du traitement Répondre en citant

Méou c'est parfois aussi ce que je pense qu'elle ne veut pas s'en sortir, elle dit qu'elle est très bien comme çà et que c'est nous qui n'avons pas les mêmes valeurs et que dans une autre société ou civilisation elle ne serait pas considérée comme malade.
Par contre ce que je n'arrive pas à admettre c'est ce qu'elle fait vivre à ses enfants, quelles en seront les conséquences pour eux ?
Revenir en haut
dezas
Bipote Turquoise

Hors ligne

Inscrit le: 24 Aoû 2016
Messages: 105

MessagePosté le: Dim 28 Aoû 2016 - 19:06    Sujet du message: Faire comprendre la nécessité du traitement Répondre en citant

Bonsoir,
Je ne crois pas que votre fille se rende vraiment compte de ce qu'elle fait subir à ses enfants. Si elle refuse la maladie et qu'elle considère qu'elle est juste différente, elle est inconsciente de l'anormalité et de la portée de ses actes ou de ses paroles. Et si une once de réalisme vient la chatouiller en phase stable, elle la rejettera.
Le changement effraie, et ses expériences sous traitement ont du lui faire vraiment peur. C'est l'inconnu. Mais je crois quand même qu'elle perçoit sa particularité, à défaut de sa maladie, puisqu'elle vous parle de son comportement normal dans une autre culture, ou qu'elle vous en veut encore plus depuis qu'elle a connu la vie "stabilisée".
C'est un progrès. Petit, peut-être, mais un progrès quand même.
M'est avis, qui n'engage que moi, qu'elle devrait être suivie par un médecin libéral exerçant en clinique. Le cadre médical est là, mais il est moins stigmatisant ou oppressant.
J'espère vous avoir un peu aider, vous souhaite du courage (encore).

▬▬▬▬▬▬▬▬▬ஜ۩۞۩ஜ▬▬▬▬▬▬▬▬▬
 
La vie n'est pas un problème à résoudre, mais une vérité à expérimenter. (Bouddha)
Revenir en haut
girondine
Bipote Emeraude

Hors ligne

Inscrit le: 10 Mai 2016
Messages: 13

MessagePosté le: Dim 28 Aoû 2016 - 19:53    Sujet du message: Faire comprendre la nécessité du traitement Répondre en citant

Merci Dezas pour votre réponse.
A l'époque où je pouvais encore lui parler, je lui avais suggéré de voir un médecin libéral mais elle avait rejeté l'idée bien sûr.
Je ne comprend pas bien quand vous citez :"Le changement effraie, et ses expériences sous traitement ont du lui faire vraiment peur. C'est l'inconnu"
qu'entendez-vous par expérience ? moi il me semble plutôt qu'elle va mieux sous traitement, elle arrive à faire du sport et autre chose, elle a déjà suivi un traitement pendant quelques mois et arrivait à travailler, elle se sentait un peu ralentie mais avait une vie sociale, aujourd'hui elle ne voit plus personne. J'ai vraiment du mal à comprendre tout çà.
Revenir en haut
dezas
Bipote Turquoise

Hors ligne

Inscrit le: 24 Aoû 2016
Messages: 105

MessagePosté le: Dim 28 Aoû 2016 - 21:49    Sujet du message: Faire comprendre la nécessité du traitement Répondre en citant

C'est en allant mieux justement que l'on peut être effrayé. Il est parfois difficile de prendre de nouvelles marques (on ne reprend pas les anciennes, si tant est qu'il y en ait, ce serait trop facile!) quand les symptômes de la maladie s'estompe. Car c'est bien de ça qu'il s'agit. Ce qui paraît mieux pour l'entourage, comme la reprise du sport, le travail, la vie sociale ... n'est pas forcément perçu de la même manière par le malade. Ce vécu, ces expériences, peuvent être un chamboulement émotionnel très fort, très dur aussi.
Il est alors plus facile et moins douloureux de rester malade.
Quand je vous parlais de médecin libéral, je faisais référence à un médecin exerçant dans une clinique, privée donc. Pas dans un cabinet. On y croise des blouses blanches et des malades, le cadre est hospitalier mais l'ensemble, humain et environnemental, est beaucoup plus bienveillant. Il n'y aurait pas cette rupture brutale entre l'hôpital et le cabinet d'un libéral. Ce qui serait sans doute mieux, votre fille ayant certaines difficultés, semble-t-il, avec le changement. 

▬▬▬▬▬▬▬▬▬ஜ۩۞۩ஜ▬▬▬▬▬▬▬▬▬
 
La vie n'est pas un problème à résoudre, mais une vérité à expérimenter. (Bouddha)
Revenir en haut
girondine
Bipote Emeraude

Hors ligne

Inscrit le: 10 Mai 2016
Messages: 13

MessagePosté le: Dim 28 Aoû 2016 - 22:22    Sujet du message: Faire comprendre la nécessité du traitement Répondre en citant

En fait aujourd'hui nous sommes dans l'impossibilité de faire quoi que ce soit, elle ne veut rien entendre. Son état va sans doute se dégrader jusqu'aux bouffées délirantes (je crois que c'est le terme employé) où l'on va être obligé de la faire hospitaliser sous HDT et retour à la case départ.

Un jour elle nous a dit qu'il ne fallait pas la faire hospitaliser quand elle est en crise, qu'il fallait attendre que la crise passe et qu'elle "redescende" mais je trouve çà un peu dangereux, pour elle et ses enfants, on ne sait pas jusqu'où elle peut aller. J'ai interrogé un psy à ce sujet elle m'a effectivement confirmé qu'un délire ne nécessitait pas forcément une HDT (et pourtant le médecin des urgences lui n'a pas de doute à chaque fois il semble que ce soit justifié). Tout çà est bien compliqué...
Revenir en haut
dezas
Bipote Turquoise

Hors ligne

Inscrit le: 24 Aoû 2016
Messages: 105

MessagePosté le: Lun 29 Aoû 2016 - 11:10    Sujet du message: Faire comprendre la nécessité du traitement Répondre en citant

Bonjour Girondine,
La situation est bien compliquée!
Mais, et dites-moi si je me trompe, votre fille est suivie par un psy qui ne la voit qu'une fois tous les deux mois, elle semble avoir fait le vide autour d'elle, et refuse de vous parler ou vous insulte.
Savez-vous si une personne qu'elle estime être de confiance continue à la voir? Une personne qui n'a aucuns liens directs avec la maladie, comme un psy ou vous-même, ou son compagnon (ex) ou encore votre fils?
Si oui, elle semble réfractaire à tout ce qui concerne la maladie, peut-être qu'une approche différente pourrait la convaincre.
Un échange amical, sans stigmatisation ni même évocation de la maladie, sur ses actes et conséquences sur les personnes qu'elle aime (ses enfants) ou qui l'aiment (vous) entraînerait peut-être une prise de conscience du "mal" et du du danger qu'elle engendre dans certains états.
Je ne dis pas que ce serait facile pour cet(te) ami(e) de glisser dans une conversation anodine des questions somme toute assez banales sur ses relations avec son entourage et qu'elle accepte d'an parler.
Mais, sachant que pour se soigner, il faut le vouloir, le changement ne dépend que d'elle. Créer une étincelle face aux réalités serait déjà un bon pas.
Sinon, comme vous l'écrivez, le triste cycle de l'hospitalisation va continuer. Mais c'est un pansement sur une jambe cassée.
Concernant le psy que vous avez rencontré et qui recommande une hospitalisation après une crise, je trouve cela déroutant. Les crises maniaques, comme celles vécues par votre fille, peuvent comporter certains dangers pour elle même comme pour les autres.
Vous savez, les prises de conscience peuvent être longues. Accepter une maladie mentale n'est pas facile, et tous réagissent différemment. Ne perdez pas espoir et, si je peux me permettre, ne baissez pas les bras.
Je vous souhaite beaucoup de courage.

▬▬▬▬▬▬▬▬▬ஜ۩۞۩ஜ▬▬▬▬▬▬▬▬▬
 
La vie n'est pas un problème à résoudre, mais une vérité à expérimenter. (Bouddha)
Revenir en haut
girondine
Bipote Emeraude

Hors ligne

Inscrit le: 10 Mai 2016
Messages: 13

MessagePosté le: Lun 29 Aoû 2016 - 11:48    Sujet du message: Faire comprendre la nécessité du traitement Répondre en citant

Bonjour Dezas,

Ma fille aujourd'hui semble avoir un suivi un peu plus serré (d'après son ex-compagnon) peut-être une fois par semaine après sa sortie de l'hôpital, aujourd'hui je ne sais pas trop, j'ai cru comprendre aussi qu'un de ses derniers RV s'est mal passé, qu'elle a été agressive alors j'ai bien peur que le suivi va se relâcher.

Au niveau social elle a vraiment fait le vide autour d'elle, elle n'a jamais eu beaucoup d'amis. Elle avait un ami schizophrène qu'elle avait connu lors de ses études d'infirmière.
Il est entré en religion et se trouve actuellement dans un monastère et ne l'a vu qu'une seule fois en 1 an.
Un oncle passe la voir de temps en temps peut-être 2 ou 3 fois par an ? Je ne vois personne d'autre. Son père ne la questionne pas, il essaie de ne pas intervenir, il a de bons contacts avec son fils de 17 ans et c'est déjà çà. Elle n'a pas l'air de trop lui en vouloir dans la mesure où il n'intervient plus et de temps en temps quand elle a besoin de lui, elle lui ouvre sa porte, mais il n'habite pas à côté non plus.
Revenir en haut
dezas
Bipote Turquoise

Hors ligne

Inscrit le: 24 Aoû 2016
Messages: 105

MessagePosté le: Lun 29 Aoû 2016 - 12:15    Sujet du message: Faire comprendre la nécessité du traitement Répondre en citant

C'est une excellente nouvelle!
Un suivi par semaine montre que le psy n'a pas sous-estimé son état. Qu'une séance avec lui soit houleuse, c'est un peu normal et c'est arrivé à nombre d'entre nous.
Votre fille semble avoir pris conscience de son état. On ne peut prévoir l'avenir de manière certaine, et seul le temps dira si elle va poursuivre la démarche entreprise, par elle visiblement. Je trouve cela vraiment positif. Mais la route peut être longue. Patience.
Votre fille s'est recentrée autour des gens qu'elle aime et surtout, d'après ce que vous écrivez, qui n'aborde pas la maladie de près ou de loin.
Avez-vous remarqué que c'est un phénomène récurant? Je pense que cela explique en partie la difficulté de vos relations: vos actes bienveillants vous ont plongé au coeur de sa maladie.
Faire le vide autour de soi est une conséquence habituelle de la maladie. Il n'y a rien d'anormal en soi. Les bipolaires, stabilisés ou non, abordent la vie de manière différente, leurs pensées, leurs actes ou encore leurs comportements sont et restent différents. C'est tout du moins mon avis.
Je crois qu'il faille vous attendre à une différence constante, même si elle ne se voit pas toujours.

▬▬▬▬▬▬▬▬▬ஜ۩۞۩ஜ▬▬▬▬▬▬▬▬▬
 
La vie n'est pas un problème à résoudre, mais une vérité à expérimenter. (Bouddha)
Revenir en haut
girondine
Bipote Emeraude

Hors ligne

Inscrit le: 10 Mai 2016
Messages: 13

MessagePosté le: Lun 29 Aoû 2016 - 13:19    Sujet du message: Faire comprendre la nécessité du traitement Répondre en citant

Merci Dezas, comme j'aimerais être optimiste !

Je crois que si le psy lui a proposé une séance par semaine c'est suite à l'intervention de l'Assistante Sociale de l'hôpital qui lui a indiqué qu'un signalement avait été donné à son sujet. En effet suite à ce signalement elle s'est sentie obligée de se soigner, elle avait dit à son père que çà l'embêtait mais qu'elle n'avait pas le choix. A priori elle aurait changé d'avis et je ne crois pas que le psy ait réussi à la convaincre de se soigner.
Peut-être pourrais-je essayer de contacter le psy afin de savoir ce qu'il en est ? (mais je doute un peu: le secret médical, elle est majeure etc...)
Son père l'a vue aux environs du 15 aout et çà n'allait pas, elle restait prostrée avec ses écouteurs sur les oreilles, aucune discussion aucun centre d'intérêt.
Je sais qu'elle n'aura jamais les mêmes contacts avec moi qu'avec son père, elle m'a un jour fait une brillante démonstration à ce sujet tirée de ses lectures de Yung, en conclusion on ne pouvait pas se comprendre toutes les deux, avec son père elle le pouvait.

Ce que j'aimerais c'est qu'elle soit heureuse et ses enfants aussi.
Revenir en haut
girondine
Bipote Emeraude

Hors ligne

Inscrit le: 10 Mai 2016
Messages: 13

MessagePosté le: Mar 29 Nov 2016 - 23:20    Sujet du message: Faire comprendre la nécessité du traitement Répondre en citant

Bonsoir,
Je reviens vers vous aujourd'hui car après une 9 ème hospitalisation (entrée le 13 novembre et sortie le 23 novembre) j'ai pu enfin avoir une discussion avec ma fille au téléphone, cela n'a pas été facile, j'ai fait un peu le forcing en lui rappelant qu'à sa sortie de l'hôpital donc sous traitement, elle m'avait promis de rester en contact avec moi. Elle a donc accepté de parler un peu, je lui ai dit que moi j'avais besoin d'entendre sa voix au téléphone puisqu'elle ne voulait pas me rencontrer et que comme toute mère je pensais à elle et ne voulais que l'aider mais je ne savais peut-être pas comment faire.
Aujourd'hui elle m'a dit qu'elle était en grande souffrance, qu'elle était vraiment dans la m.... et que sa condition était la pire de l'humanité et même des animaux (je ne me souviens plus exactement des termes utilisés) mais que Dieu l'avait voulu...et qu'elle ne savait pas comment je pouvais l'aider.
Parfois le ton a un peu monté mais elle est restée correcte. Je lui ai répété que je continuerai à l'appeler sans la harceler mais répondra-t-elle ?
Ce qui est nouveau aujourd'hui c'est qu'elle a admis être en souffrance, d'habitude elle nous dit qu'elle est bien dans son état, qu'elle est différente de nous, et qu'il faut l'accepter ainsi.
Je n'ai pas osé aborder le traitement qu'elle a sans doute arrêté dès sa sortie de l'hôpital car son fils a dit qu'elle ne dormait plus la nuit (elle danse la nuit) et qu'elle est excitée car en général, quand on aborde ce sujet c'est blocage total et ensuite plus de contact...

Ne sachant plus comment faire j'ai contacté l'association UNAFAM et ai eu un entretien téléphonique avec je pense une psychologue. Suite à ce que je viens de relater elle m'a dit que le fait qu'elle ait parlé de souffrance çà voulait dire que maintenant il fallait qu'elle travaille avec un psychologue afin de chercher d'où vient cette souffrance. Mais comment encore une fois l'amener à consulter ?
Sur les conseils de l'UNAFAM j'ai également envoyé un courrier au personnel soignant (infirmière, psychiatre et assistante sociale) du CMP qui la suit.
J'avais essayé de les contacter à plusieurs reprises par téléphone mais on a fini par me répondre que personne ne prendrait ma demande en considération, ma fille étant majeure...
Dans ce courrier j'ai essayé d'être factuelle et de relater les faits ainsi que ma dernière conversation, au moins peut-être liront-t-elles ce courrier ? au mieux j'aurai peut-être des réponses à mes interrogations.

Je suis consciente de la longueur de ce message et je m'en excuse mais j'ai essayé d'être le plus précise possible et j'aimerais bien avoir vos avis et suggestions.
Revenir en haut
girl anachronism
Bipote Saphir

Hors ligne

Inscrit le: 12 Déc 2011
Messages: 1 126

MessagePosté le: Mer 30 Nov 2016 - 12:40    Sujet du message: Faire comprendre la nécessité du traitement Répondre en citant

Bonjour Girondine,

Je n'ai pas beaucoup de temps pour te répondre, une phrase m'a interpelée. Je suis moyennement d'accord avec le conseil de la psychologue. Sa souffrance vient de la maladie et de son état. Un état maniaque n'est pas forcément heureux. Lorsque j'ai fait un virage maniaque sous antidépresseur, je ressentais le même degré de souffrance qu'en dépression quelques mois avant, mais sous une forme haute. L'emballement peut être douloureux, irritable, voire agressif.
Actuellement, si elle ne dort pas et qu'elle danse la nuit, elle est en pleine crise. Il est donc complètement vain de chercher à la raisonner et encore plus vain de la faire réfléchir sur elle-même. Il faudrait qu'elle voit un psychiatre plutôt qu'une psychologue pour adapter son traitement et évaluer son degré de manie.
Le suivi psychologique vient dans un 2ème temps, quand la pensée est plus cohérente.
En attendant, essaye de garder le lien avec elle. Si elle parle de souffrance, c'est positif car elle sera plus à même d'accepter de se soigner.
Revenir en haut
girondine
Bipote Emeraude

Hors ligne

Inscrit le: 10 Mai 2016
Messages: 13

MessagePosté le: Mer 30 Nov 2016 - 17:53    Sujet du message: Faire comprendre la nécessité du traitement Répondre en citant

Merci girl anchronism pour ta réponse.

Je suis en contact avec son ex quotidiennement et plusieurs fois aujourd'hui : il confirme bien qu'elle est en crise.
J'ai essayé de lui parler au téléphone m'a dit qu'elle ne voulait pas me parler puis m'a promis qu'elle me rappellerai plus tard mais çà je n'y compte pas trop.
1 semaine qu'elle est rentrée de l'hôpital, j'ai bien peur qu'on aille encore vers une hospitalisation, mais pourquoi ne l'ont-ils gardée que 10 jours ? et faut-il l'hospitaliser ?
Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 15:30    Sujet du message: Faire comprendre la nécessité du traitement

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Ce forum est verrouillé; vous ne pouvez pas poster, ni répondre, ni éditer les sujets.   Ce sujet est verrouillé; vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.    Le forum des bipotes Index du Forum ->
Questions / Réponses
-> Aide aux proches.
Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Wikipedia | Psychomedia | Troubles-bipolaires.com | camh.ca - Le trouble bipolaire : Guide d'information | Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group Traduction par : phpBB-fr.com