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La frontière entre "moi" et "ma maladie"

 
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cello
Bipote Emeraude

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MessagePosté le: Ven 26 Aoû 2016 - 20:35    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

Bonjour à toutes et tous

Je lance un espace de réflexion:

Parmi les actes que je déplore, lesquels sont attribuables à ma maladie et lesquels à ma personnalité, voire à mes névroses ?

Intéressés ? Écrivez svp......

Cello
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MessagePosté le: Ven 26 Aoû 2016 - 20:35    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
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william75
Bipote Emeraude

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MessagePosté le: Sam 27 Aoû 2016 - 09:38    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

Bonjour Cello,

Cette frontière est difficile à définir, car il semblerai que le « moi » se dissolve parfois dans la maladie.

Cela pose la question de la responsabilité de nos actes.

Est on toujours responsable de nos actes que l’on déplore,
je pense pas lorsque nous les faisons pendants nos phases up ou down, vaste sujet...

William
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brunelles
Bipote Turquoise

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MessagePosté le: Sam 27 Aoû 2016 - 10:47    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

Hello Cello,

C'est toujours la grande question : qui suis-je? Suis-je le malade, le bipolaire? Suis-je cet autre moi auquel j'aspire, calme et responsable?
Suis-je ce que je fais? Ou ce que j'ai fait...?

Personnellement je pense que nous sommes faits de ce que nous avons vécu, donc il n'y a pas vraiment de frontière
entre la personnalité et la névrose. En plus on ne sauras jamais ce qu'on aurait fait si on n'avait pas été malade.

Je crois qu'il faut accepter d'avoir raté ou mal fait, en relativisant car c'était dû à la maladie.
On en garde une expérience, et ça modifie nos futurs façons de faire.

brunelles

▬▬▬▬▬▬▬▬▬ஜ۩۞۩ஜ▬▬▬▬▬▬▬▬▬
 
"la mer n'existe pas..."
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dezas
Bipote Turquoise

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MessagePosté le: Sam 27 Aoû 2016 - 12:33    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

Bonjour,


C'est ma grande réflexion du moment. Même si je suis d'accord avec brunelles, à savoir nous sommes le fruit de nos expériences, je comprends plus la question sur l'origine de nos expériences: personnalité ou maladie? Ce qui entraîne une revue de ces expériences à la "lumière", aussi, de notre maladie et, bien évidemment, de ses différentes phases.


L'hypomanie est un vaste fourre-tout. Ses contours sont, selon moi, assez mal définis.
Dans ma vie personnelle ou professionnelle, j'ai obtenu auprès de mes banquiers des découverts abyssaux, pour moi ou ma société, l'un pour pallier à une phase de dépenses personnelles inconsidérées, l'autre pour assurer un développement par l'investissement de la société. J'ai toujours attribué ces "succès" à ma force de conviction et mon talent de négociateur. Mais qu'en est-il vraiment? Est-ce ma personnalité ou ma maladie? Moi ou l'hypomanie? Puis-je m'attribuer le succès de ces négociations difficiles et pour le moins osées? Voilà qu'une partie de ma personnalité que je peux remettre en cause.
Prenons la manie. Les épisodes délirants peuvent être relativement identifiables, pour le peu que l'on s'en souvienne. Fut un temps où je menais une vie pour le moins aventureuse et assez dangereuse, dans des contrées exotiques politiquement et criminellement instables. J'ai toujours aimé le risque. Il m'est arrivé de me retrouver, de mon fait ou pas, dans des situations "délicates". Des situations qui nécessitent le recours à tous vos moyens pour vous en sortir, et l'erreur n'est pas vraiment autorisée... J'ai aussi toujours aimé l'adrénaline et, autant. Le fait d'en être sortit avec, somme toute, quelques bobos que je considère mineurs, à qui le dois-je vraiment? Alors même question, est-ce ma personnalité qui m'a poussé à me mettre en danger? Est-ce moi qui ai eu les ressources nécessaires pour éviter certains malheurs?
Je trouvais, et trouve encore, les phases mélancoliques plus faciles à identifier et à attribuer. Mais mon goût pour la mélancolie, que je trouve aussi poétique, vient brouiller les cartes. Dans quelle mesure ce goût n'est-il pas influencé par la maladie? Et ces phases, qui ne m'ont pas apporté qu'un excessif désespoir et une immense douleur, ne sont plus partie de ma personnalité?
Finalement, à qui et dans quelle proportion attribuer ce j'ai fait, qui je suis?
Je crois que c'est un long chemin de réflexion, d'examens et de remises en cause. Le tout est d'arriver au bout.
Je ne sais plus qui a écrit "Le chemin du bonheur n'existe pas, c'est le chemin qui est le bonheur", je trouve qu'on peut en discuter  .

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cello
Bipote Emeraude

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MessagePosté le: Sam 27 Aoû 2016 - 19:56    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

Bonjour William75, Bonjour Brunelles, Re-bonjour Dezas,

Comme Dezas, je m'interroge, avec une certaine amertume je dois l'avouer, sur des situations que j'ai vécues en état d'hypomanie. Il ne s'agit pas pour moi de prêts bancaires ou de pays à risques, mais plutôt du domaine sentimental. J'ai réalisé que toutes mes histoires d'amour ont commencé quand j'étais en phase hypomaniaque. On sait tous qu'on agit comme un aimant quand on est si désinhibé, si plein d'énergie, si sûr de soi, si "branché" qu'un bipolaire en phase up !!!

Alors, je me demande...... hors phase hypomaniaque pourrait-on être attiré par moi ? Et ça fait mal .......

Cello
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dezas
Bipote Turquoise

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MessagePosté le: Sam 27 Aoû 2016 - 21:36    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

C'est un peu triste Cello ce que tu écris. Même si l'hypomanie offre des avantages indéniables, elle sublime un personnalité existante. Il lui faut un fond je pense. En fait j'en suis certain. Tes réussites amoureuses, tes conquêtes ont sans doute été facilitées par cette phase. Mais sans "toi", elle n'aurait aucun effet...
Et là, tu es stabilisée. Et tu écris bien!

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dezas
Bipote Turquoise

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MessagePosté le: Sam 27 Aoû 2016 - 23:58    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

La publicité utilise-t-elle certains symptômes de la bipolarité?
De l'hypomanie à la manie, en passant par LE déclencheur:


https://www.youtube.com/watch?v=r4R2RaOWb94


On peut s'y reconnaître, non?

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cello
Bipote Emeraude

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MessagePosté le: Dim 28 Aoû 2016 - 09:48    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

Bonjour Dezas,

Merci pour le réconfort.....

À propos du "récupèrage" de l'état (hypo)maniaque par la publicité: j'ai regardé la pub et je partage bien ton commentaire. BOLD veut dire audacieux pour ceux qui ne parleraient pas anglais. La pub est fun, on peut sourire mais le procédé peut faire débat en effet.

Tout d'abord parce que le publicitaire ne retient de l'hypomanie que l'aspect qui l'intéresse, càd une audace parfois délétère (cf le Sumo) doublée de la certitude qu'on en sortira vainqueur. La grande différence entre les bipos et le héros de la pub, c'est que lui a le choix de croquer son biscuit apéritif, il maîtrise une arme secrète, alors que nous autres ne maîtrisons pas grand-chose !!!

D'autre part, évidemment, rien dans la pub ne donne à penser qu'il puisse exister un "retour de bâton", cette chute vertigineuse dans la dépression. Ce ne serait pas "glamour" pour une pub hein ?

Je voudrais citer un autre exemple, dans un film de cinéma il y a quelques années, qui se passe dans le microcosme des acteurs du Paris chic et branché.
Une jeune femme arrivant de province, saine et avide de tout comprendre, déjeune dans un resto avec une actrice reconnue. Arrive une autre actrice, qui en fait des tonnes, s'énerve pour un rien, passe du désespoir au rire en une fraction de secondes.
La jeune provinciale s'étonne et s'entend répondre : "Oh ce n'est rien, encore une bipolaire qu'a pas pris ses médicaments ! "

Cello
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dezas
Bipote Turquoise

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MessagePosté le: Dim 28 Aoû 2016 - 12:49    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

Bonjour Cello,


La pub me fait bien rire. Surtout l'épisode du sumo.
A y réfléchir un peu et pour revenir dans le sujet de de post, on pourrait interpréter. Le petit bonhomme serait notre personnalité réelle, et ce qu'il fait la phase up de la bipolarité. On pourrait en conclure que nos actes "grandioses" ne sont que le fruit de notre maladie, et l'improbable petit bonhomme notre "moi" véritable.
Je trouverais cela bien triste... Pour moi, il est indispensable de revisiter le passé et de conforter notre connaissance de nous-même. La thérapie joue alors tout son rôle.
Je suis d'accord avec toi, la bipolarité est utilisée à tort et à travers, sans connaissances réelles et une stigmatisation sur l'hypomanie. Les phases de mélancoliesmixtes ou de manies restent simplement inconnues. D'ailleurs, on (qui est un c...) m'a dit qu'à Paris, la bipolarité était très à la mode, super branché. Navrant.
Ne sortant plus beaucoup, les gens ne m'intéressent plus et m'ennuient, j'ai regardé hier soir une série policière impliquant une bipolaire. Son dossier médical faisait 3000 pages! La pauvre femme avait écrasé un quidam. L'avocat de la défense invoque l'irresponsabilité due à un phase hypomaniaque aiguë. Il me semble qu'écraser quelqu'un sans s'en rendre compte, relève plus de la manie...

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clelys
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MessagePosté le: Dim 28 Aoû 2016 - 13:15    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

Suis-je un peu hors sujet, sans doute.

Mais si je me suis ré inscrite après trois années d'absence ici ; c'est que je ne me retrouve pas bien avec moi même...

J'ai été gravement malade de bipolarité 9 ans. Je suis stabilisée depuis un an et demi.
Je ne me sens plus bipolaire. J'ai l'impression de ne plus connaitre cette maladie.
Et parfois, cela me manque même, incroyable...

Qui suis-je ?
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dezas
Bipote Turquoise

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MessagePosté le: Dim 28 Aoû 2016 - 14:26    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

Bonjour Clelys,


Tu es pile dans le sujet! Qui suis-je à la lumière de la bipolarité, mes actes sont-ils de mon fait ou de la maladie et dans quelle proportion?
Je crois que la stabilisation change la vie, et encore plus la manière de la percevoir. Il est, à mon sens, naturel de remettre en question nos actes passés et démêler la part de notre personnalité des influences, ou plutôt des ordres, de cette maladie.
Naturellement, je crois, cela entraîne une réflexion sur notre personnalité réelle puisque nous ne connaissons plus les différentes phases up and down qui ont toujours été présentes et participer activement à la lecture et compréhension de notre vie.
Pour ma part, je ne crois pas que notre personnalité change, on (encore lui) dit qu'on ne change pas quelqu'un mais, Dieu merci, il peut évoluer. Toutefois, on ne peut nier que le diagnostic, la compréhension de la maladie puis sa stabilisation chamboulent nos certitudes, la perception de nous-même.
Je pense aussi (mais après je serai fatigué ;-)) que cette recherche est de longue haleine et que l'aide d'un psy ou d'un thérapeute prend tout son sens.
Si tu es stabilisée, il est compréhensible que tu ne te sentes plus bipolaire, tu ne vis plus de la même manière, peut-être n'expérimentes plus les mêmes sensations, ou encore ta sensibilité est différente. Cependant, et si tu es toujours sous médication, tu es toujours bipolaire. La quasi-totalité d'entre nous l'est à vie.
Ce qui n'est pas forcément gênant si tu l'acceptes et que tu continues d'avancer. La vie continue, et qu'on soit bipolaire ou non, elle continuera..

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clelys
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MessagePosté le: Dim 28 Aoû 2016 - 14:29    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

Chaleureuse réponse, qui me fait du bien.
Oui tu as raison, je suis sous médicament, donc bipote...
J'ai voulu tous les arrêter y a une semaine pour ressentir à nouveau la maladie (c'est con)
mais finalement comme j'ai un nouveau travail où je vais mal, je garde mon traitement pour ne pas sombrer en dépression
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cello
Bipote Emeraude

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MessagePosté le: Dim 28 Aoû 2016 - 15:10    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

Bonjour Clelys,

Je dois partir dans 5 mn mais je reviendrai vers toi très vite car je suis dans le même cas que toi.
Si ce n'est pas indiscret, es-tu type I ou II ?

Cello
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clelys
Bipote Turquoise

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MessagePosté le: Dim 28 Aoû 2016 - 15:11    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

cello a écrit:
Bonjour Clelys,

Je dois partir dans 5 mn mais je reviendrai vers toi très vite car je suis dans le même cas que toi.
Si ce n'est pas indiscret, es-tu type I ou II ?

Cello


bipo II
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girl anachronism
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MessagePosté le: Dim 28 Aoû 2016 - 20:54    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

C'est très intéressant comme sujet. Je pense aussi qu'il est nécessaire de parvenir à démêler ce qui est du domaine de notre personnalité et ce qui est du domaine de la maladie pour arriver à une certaine sérénité et stabilité dans la maladie.
Ce qui complique les choses, c'est que la maladie peut exacerber certains aspects de la personnalité. Comment accepter ensuite de revenir à une forme (en apparence) plus terne de notre personnalité une fois stabilisés ?

Renouer avec sa véritable identité demande du temps et beaucoup d'introspection. L' avis des autres sur notre "vrai moi" est à prendre avec beaucoup de pincettes car si un avis extérieur peut paraître plus fiable car distancié, il reste très partiel.
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dezas
Bipote Turquoise

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MessagePosté le: Dim 28 Aoû 2016 - 22:01    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

Finalement, tous ces échanges me font penser au fronton de Delphes: "connais toi toi-même".
Alors on pourrait affirmer: qui se connaît mieux qu'un bipolaire "repentit"?  Okay   Very Happy

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cello
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MessagePosté le: Lun 29 Aoû 2016 - 09:13    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

clelys a écrit:


Mais si je me suis ré inscrite après trois années d'absence ici ; c'est que je ne me retrouve pas bien avec moi même...



dezas a écrit:

Naturellement, je crois, cela entraîne une réflexion sur notre personnalité réelle puisque nous ne connaissons plus les différentes phases up and down qui ont toujours été présentes et participer activement à la lecture et compréhension de notre vie.

Ce qui n'est pas forcément gênant si tu l'acceptes et que tu continues d'avancer. La vie continue, et qu'on soit bipolaire ou non, elle continuera..



clelys a écrit:

J'ai voulu tous les arrêter y a une semaine pour ressentir à nouveau la maladie (c'est con)
mais finalement comme j'ai un nouveau travail où je vais mal, je garde mon traitement pour ne pas sombrer en dépression



girl anachronism a écrit:

Ce qui complique les choses, c'est que la maladie peut exacerber certains aspects de la personnalité. Comment accepter ensuite de revenir à une forme (en apparence) plus terne de notre personnalité une fois stabilisés ?

Renouer avec sa véritable identité demande du temps et beaucoup d'introspection..


Mes réactions à vos témoignages:

Comme Clelys, "je ne me retrouve pas bien avec moi-même", phrase très intéressante.... qui contient deux éléments: Clelys ne se reconnait pas d'une part, et ne se sent pas bien d'autre part !!! Pile-poil ce que je vis moi-même.

Moi aussi je suis dans le doute quant à la stabilisation (Lithium dans mon cas) et prête à remettre en cause le traitement. Je n'ai pas envie de "ressentir à nouveau la maladie", non ! J'ai juste envie de ressentir quelque chose tout court.
Je ne peux pas vivre dans cette indifférence qui est devenue ma manière d'être, je ne peux pas continuer à utiliser toute mon énergie à simplement faire bonne figure devant les autres. Dezas avouait dans un précédent post que les gens l'ennuyaient. Je dirais plutôt que c'est moi qui m'ennuie avec les gens, parce que je n'arrive plus à adhérer à quoi que ce soit de leur vie. Je passe mon temps à faire semblant d'aller bien pour ne pas paraître asociale et j'ignore si je vais pouvoir continuer dans cette voie.

Je ne veux pas me résigner à "une forme plus terne de ma personnalité". Ce que je suis actuellement n'est pas ma personnalité. Je m'estime assez lucide et, dans la mesure où mes phases d'hypomanie ont toujours été modérées (par rapport à ce que décris Dezas en tous cas, bigre !) je me demande si le Lithium ne me "castre" pas plus que nécessaire. Ma vraie personnalité, c'est d'être sur scène avec mon instrument et de faire rêver les gens, en dehors de ça beaucoup de choses de la vie m'ennuient. Y-a-t-il là quelque chose de pathologique, je veux dire pour un(e) artiste ?

D'un point de vue affectif, je me situe comme Dezas. Ce qui veut dire que je me félicite de ne plus faire de mal à personne, grâce à l'apaisement du Lithium, mais que, d'un autre côté, je n'ai plus envie d'aller vers quiconque. Effectivement, pas grand risque d'être cruelle dans ces conditions !!!

Je suis comme Girl A, j'aime bien le principe des colonnes + et -. Et je me sens perplexe............

Cello
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girl anachronism
Bipote Saphir

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MessagePosté le: Lun 29 Aoû 2016 - 10:42    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

Cello, pourquoi est-ce que tu ne negocies pas avec ton médecin une diminution du lithium ?
L'effet "chape de plomb" du lithium sur les émotions est dépendant du dosage. Quand j'ai diminué de moitié le lithium j'ai retrouvé mes émotions tout en étant protégée a minima.
Un dosage plus faible ne suffira pas à donner une stabilisation suffisante, il faudra être d'autant plus vigilante aux rechutes mais en cas de rechute plus sévère, il n'y aura plus qu'à l'augmenter.

Avant d'envisager un arrêt complet du traitement, l'allègement est déjà un bon moyen de savoir si on est capable de gérer la maladie par soi-même. Il faut aussi que les fluctuations se soient suffisamment assagies pour qu'elles ne redoublent pas en intensité à la moindre modification du traitement.
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Charles
Bipote Emeraude

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MessagePosté le: Lun 29 Aoû 2016 - 11:10    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

Cello,

Es-tu présente sur un autre forum qu'ici ?...
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dezas
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MessagePosté le: Lun 29 Aoû 2016 - 11:39    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

Bonjour Cello, bonjour Girl Anachronism,


Cello, tu as répondu à cette fameuse interrogation, ou réflexion: le traitement change ma personnalité. Je ne partages pas cette assertion. Et il me semble que tu mélanges comportement et identité.
Je comprends que tu regrettes ces phases hypomaniaques et, quand tu en parles, je vois une robe fleurie qui tourne dans un bal, portée par une femme flamboyante et souriante, dégageant du bonheur et de la légèreté avec un regard pétillant...
Cependant, on ne peut séparer hypomanie et dépression, voire mélancolie. Dans le cas d'une bipolarité 2, les phases hypomaniaques sont relativement courtes, et les phases dépressives longues.
Le jeu en vaut-il la chandelle?
En lisant tes posts lors de différents échanges, tu m'as semblé être une femme de caractère et de raison, à l'intelligence acérée. Attention, je ne veux pas tire que ton dernier message en est dépourvu. Mais je trouve qu'il est plus émotionnel que raisonnable, au sens étymologique du terme.
Toutefois, je crois qu'il est légitime de vouloir retrouver du piquant dans notre quotidien, surtout quand on se sent dans une camisole de "morne plaine".
SI telle est ta décision, je rejoins l'avis de Girl Anachronism. Et en paraphrasant, pourquoi ne pas en parler à ton psy et trouver une solution qui te satisfasse?

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girl anachronism
Bipote Saphir

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MessagePosté le: Lun 29 Aoû 2016 - 12:27    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

Bonjour Dezas,

La raison n'est pas forcément notre meilleure alliée Razz Je dis cela car je suis une grande "raisonneuse", je suis câblée comme ça à décortiquer tout, à couper les cheveux en 10. Une personne ayant le même profil que moi m'a dit avec justesse que l'intuition était plus fort que la raison. J'ai d'abord été sceptique car en bonne bipolaire, j'avais appris à me méfier de mes intuitions car elles pouvaient être perverties par un emballement de l'humeur (à la hausse comme à la baisse).
En fin de compte, j'ai découvert que l'intuition pouvait grandement nous faciliter la vie, pour peu que l'on écoute attentivement notre voix profonde.

Cello, ton tiraillement intérieur quant au lithium est lié au conflit que tu as entre tes aspirations et les contraintes que l'on t'impose. Tout n'est pas forcément possible (à ton médecin d'estimer les risques d'une réduction ou d'un arrêt du lithium) mais le fait de choisir ce qui semble bon pour nous, nous redonne prise sur notre vie. Le problème c'est que l'on ne peut pas nier la maladie, elle est là et peut reprendre le dessus. Mais se sentir dominé par un traitement mal vécu entraîne aussi un mal-être. Voilà une des raisons qui m'ont poussée à lâcher petit à petit le traitement, les médicaments me faisaient me poser 1001 questions et m'inquiétaient (quels effets sur ma santé entre autres).

Un patient avait demandé en clinique à un psy au cours d'une réunion sur les traitements : est-ce que le traitement peut ne pas agir si on est rebuté à le prendre ? Le psy avait alors répondu que oui, un traitement peut manquer d'efficacité, voir avoir un effet négatif si on n'adhère pas à celui-ci. C'est l'effet nocebo.
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Team bipote
Bipote_Modérateur

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MessagePosté le: Lun 29 Aoû 2016 - 14:09    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

Bonjour,

Charles, merci de prendre garde à la charte, en n'amenant pas la discussion sur d'autres forums:

Citation:
N'introduisez jamais dans une discussion un élément qui suppose de connaître des éléments non publics (messages privés ou autres forums). Le forum est un espace public, indiquer que la discussion se poursuit ailleurs ou que certains éléments non publics permettraient de mieux comprendre le débat est gênant. Ne faites jamais référence à ces messages privés sur le forum (votre message serait alors effacé). N’oubliez jamais que vous ne savez pas à qui vous avez affaire sur Internet. Pour la sécurité de tous, nous n'acceptons pas que les membres divulguent leurs coordonnées personnelles.


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dezas
Bipote Turquoise

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MessagePosté le: Lun 29 Aoû 2016 - 19:31    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

Bonsoir Girl Anachronism,
Il n'y avait pas plus long comme pseudo?
Je suis presque d'accord avec toi. La raison n'est pas forcément notre meilleure amie, mais je ne pense pas que l'intuition le soit non plus. Et je ne pense pas non plus qu'elle lui est supérieure.
Soit dit en passant, je trouve étonnant que l'Homme place sans cesse les êtres, les choses, les émotions, etc. sur une échelle de valeur. Pour ma part, je les trouve simplement différentes.
A mon sens, la raison et l'intuition se complètent. Ce sont ma raison et mon intuition qui le disent.
Quand j'ai une intuition, je l'examine à la lumière de la raison. Et quand je dois agir suivant la raison, je laisse mon intuition confirmer, invalider ou modifier ce que la raison recommandait.
Le processus peut-être très long. On peut encore ré-examiner, et ainsi de suite... si bien qu'on ne fait jamais rien. Mais là, on tombe dans l'incapacité à décider. La seule chose que l'on peut vraiment et certainement prévoir, c'est l'imprévisible.
C'était, exprimé différemment, le sens de ma réponse adressée à Cello.
Alors cela peut-être facile à dire, difficile à réaliser ou encore frustrant quand le résultat n'est pas celui qu'on escomptait. Surtout quand les sentiments, les ressentis ou les émotions s'en mêlent. Mais je nous crois bien placés pour savoir que la vie n'est pas qu'une gourmandise...

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cello
Bipote Emeraude

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MessagePosté le: Lun 29 Aoû 2016 - 20:30    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

girl anachronism a écrit:
Cello, pourquoi est-ce que tu ne negocies pas avec ton médecin une diminution du lithium ? .



dezas a écrit:
Bonjour Cello, bonjour Girl Anachronism,


Dans le cas d'une bipolarité 2, les phases hypomaniaques sont relativement courtes, et les phases dépressives longues.
Le jeu en vaut-il la chandelle?
En lisant tes posts lors de différents échanges, tu m'as semblé être une femme de caractère et de raison, à l'intelligence acérée.



girl anachronism a écrit:
Bonjour Dezas,
Le problème c'est que l'on ne peut pas nier la maladie, elle est là et peut reprendre le dessus. Mais se sentir dominé par un traitement mal vécu entraîne aussi un mal-être. Voilà une des raisons qui m'ont poussée à lâcher petit à petit le traitement, les médicaments me faisaient me poser 1001 questions et m'inquiétaient (quels effets sur ma santé entre autres).



dezas a écrit:

A mon sens, la raison et l'intuition se complètent. Ce sont ma raison et mon intuition qui le disent.
Quand j'ai une intuition, je l'examine à la lumière de la raison. .



Tout d'abord, merci les Bipotes de participer à mon questionnement.

Girl A, tu en connais vraiment un rayon, comme on dit, sur notre pathologie ! Je croyais que le Lithium n'avait d'efficacité que si l'on atteignait un certain taux dans le sang, faute de quoi il serait parfaitement inutile d'en prendre ? Tu laisses entendre qu'un taux inférieur à la dose thérapeutique a quand même une action, même atténuée ?

Dezas, d'abord merci pour les compliments , on me dit effectivement plutôt intelligente et raisonnable. Si je me suis permise de soulever le débat de cette rubrique, c'est justement parce que je ne suis pas quelqu'un qui serait mené par son émotionnel, et seulement par son émotionnel. Tu parles d'intuition, je préfère le mot "instinct". Le plus souvent dans ma vie, mon instinct et ma raison convergent vers une appréciation commune dans une situation donnée. C'est pourquoi je cherche à communiquer avec vous (la raison) pour alimenter ma réflexion sur la légitimité de mon traitement (l'instinct qui me dit que je paie trop cher la protection contre la dépression profonde).
Je n'ai pas l'intention de faire n'importe quoi et je multiplie les contacts avec des personnes susceptibles de m'apporter un témoignage pertinent. C'est pour ça, Girl A, que je suis très intéressée par ton parcours.

Je ne veux pas être trop longue......

Cello
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girl anachronism
Bipote Saphir

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MessagePosté le: Lun 29 Aoû 2016 - 21:23    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

@Cello : je me suis beaucoup documentée sur la maladie et j'ai posé beaucoup de questions à mon psy au fil des années mais je ne sais pas tout et ne suis pas médecin Very Happy . Néanmoins, s'il y a une chose que je peux t'affirmer c'est que oui, le lithium a des indications différentes selon le dosage mais dans la pratique, les psys prescrivent en mode "tout ou rien" donnant l'impression aux patients que l'on n'a pas d'autres options. Un dosage léger a bien un effet anxiolytique.

C'est dans ce but que je l'avais repris. Je l'avais eu initialement en tant que thymorégulateur en complément du lamictal mais l'effet "chape de plomb" et cette impression de vivre derrière une vitre de 10cm d'épaisseur (sans compter les effets sur la digestion !) m'avaient poussée à l'arrêter complètement. Suite à de grosses angoisses consécutives à un sevrage de l'antidépresseur, j'ai souhaité reprendre le lithium mais à petite dose. Je m'étais documentée sur la molécule et avais été intéressée par l'action du lithium sur la neurogénèse. Le lithium booste la production de matière grise, il répare littéralement le cerveau (Manic-depressive illness, Goodwin & Jamison).
Je ne m'en sortais pas de mon syndrome de sevrage prolongé (que bien des médecins niaient et attribuaient à tort à un retour de ma personnalité antérieure !). Je ne voulais pas me créer de nouvelles dépendances en prenant un benzodiazépine (qui aurait été un cache-misère sans pour autant régler le problème). Je me suis dit "si le lithium répare le cerveau alors peut-être qu'il pourra m'aider à le rééquilibrer plus vite".

Le problème c'est que les psys considèrent que le lithium est un traitement "lourd" qui ne se prend pas comme ça car il nécessite des dosages sanguins et est à prendre sur le long terme. Pour mon psy, il était hors de question que je prenne le lithium pendant quelques mois seulement. Si je le reprenais, c'était pour une durée plus longue. J'ai lu quelque part que le lithium pouvait être moins efficace à force de le prendre, de l'arrêter, de le reprendre mais mon psy n'a jamais confirmé, ni infirmé cela. J'ai donc repris le lithium à faible dosage en m'engageant à ne pas l'arrêter au bout de quelques mois. Pour moi, c'était un comprimé maxi de téralithe LP 400mg mais selon le métabolisme de chacun, le dosage peut être plus faible ou plus élevé.

Mon psy m'a dit que tous les médicaments ont toujours un effet, même à un dosage faible, "on ne peut pas dire que prendre très peu c'est comme de ne rien prendre". Mais c'est évident qu'un petit dosage ne protège pas des rechutes. J'ai fait deux hypomanies pendant cette période, mais de courte durée et peu intenses. Si l'hypomanie avait été plus forte dès le départ, il aurait toujours été possible d'ajuster tout de suite le traitement à la hausse.

Je n'ai pas parlé de la lithiémie car le dosage sanguin est différent pour chacun. Pour compliquer les choses, un psychiatre m'avait dit qu'il avait déjà eu des patients qui présentaient des signes de surdosage avec une lithiémie inférieure aux seuils préconisés. Pour lui, seul un dosage qui permet de rendre compte de la disponibilité du lithium au niveau cérébral est fiable. Je ne sais plus le nom de ce qui est dosé mais de toute façon, ça ne se fait pas couramment. Je suppose que les cas de personnes qui sont en état de surdosage malgré une lithiémie basse sont rares.


Le lithium n'est pas le seul traitement qui a des effets anxiolytiques à petite dose, les neuroleptiques aussi. Je ne connais pas bien cette classe de médicaments mais je sais que certains bipotes ont un antipsychotique à petite dose et augmentent le dosage en cas de montée de l'humeur.
J'aurais bien gardé le lithium à petite dose mais j'ai commencé à avoir des problèmes d'hypothyroïdie, il a fallu l'arrêter. Récemment, j'ai demandé l'avis du généraliste et il est catégorique, le lithium n'est plus pour moi.
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cello
Bipote Emeraude

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MessagePosté le: Lun 29 Aoû 2016 - 21:37    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

Girl A....merci merci merci.........
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dezas
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MessagePosté le: Sam 10 Sep 2016 - 12:06    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

Bonjour,
Je reprends la file.
Je te comprends bien Cello. Je pense toujours que la maladie n'altère pas la personnalité, mais en fait la déculpe dans ses excès. Chacun d'entre nous dans ses différentes phases réalise ou ressent des choses différentes. Elle est "personnalisée".
Mon psy, mes lectures, m'a expliqué la même chose que ce que tu écris, Girl Anachronism, sur l'usage et le dosage du lithium, éventuellement corrigée par la lithiémie. Il a aussi insisté que le lithium visait avant tout à limiter les phases up, avec un léger effet sur les phases down, d'où le lactimal dans mon cas, et le zoloft.
Pour ma part, Cello, j'ai demandé à avoir un traitement à minima. Je souhaitais conserver des fluctuations. Mais j'ai bien l'impression que je ne connais plus grand chose...
Je compense en travaillant, histoire d'avoir l'impression de vivre un peu, de ressentir quelque chose. Mon métier oblige à la réflexion et l'apprentissage, c'est un univers en permanente fluctuation. En relationnel permanent aussi, avec une clientèle exigeante. Un rendez-vous, a-t-on l'habitude de dire, est un combat. Je suis donc nourri intellectuellement, et mon côté "guerrier" peut s'exprimer dans une certaine mesure toutefois.
J'ai cependant la nette impression que cela ne suffit pas. Que les vaguelettes qui constituent ma vie aujourd'hui sont très frustrantes, et que cela est bien fade, sans saveurs. C'est vrai, la maladie me manque. J'ai vécu 45 ans avec elle, et il y a certaines choses que j'ai faites que je sais ne plus refaire aujourd'hui.
Finalement, et comme tu l'as aussi écrit Cello, le traitement est avant tout bien pour les autres, ceux qui nous entourent, eux qui ont tellement souffert de nos excès.
Alors, je me demande quelles seront mes décisions quand mes enfants auront grandi, que mes parents n'auront plus à subir.

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cello
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MessagePosté le: Sam 10 Sep 2016 - 19:15    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

Bonsoir Dezas,

Merci pour ton témoignage sur ce sujet. Je vois mon généraliste lundi et je vais lui demander de m'orienter vers un psychiatre pour bénéficier du maximum de compétences disponibles sur la maladie, ce qu'on ne peut évidemment attendre d'un médecin traitant.

Je m'interroge sur la responsabilité du Lithium ou celle du Zoloft dans mon asthénie émotionnelle actuelle. Comment pouvons-nous savoir si c'est l'AD ou le thymo qui nous met dans cet état ?
Je ne me sens pas déprimée, je me sens "RIEN". Je fais ce que j'ai à faire, je travaille, je danse le tango sans aucun plaisir dorénavant, et le pire.... je travaille mon programme musical pour un prochain concert, là encore....sans aucune sensation de plaisir. C'est carrément flippant !!!

Cello
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dezas
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MessagePosté le: Sam 10 Sep 2016 - 23:13    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

Bonsoir Cello,


Je suis étonné que tu ne sois pas suivi par un psy. En général, la connaissance de la maladie, un suivi régulier avec un psychiatre ainsi qu'une bonne hygiène de vie (pour résumer) sont considérés comme l'incontournable pour éviter décompressions et/ou rechutes.
La connaissance de la maladie implique ses symptômes, enfin les tiens, les signes avant-coureurs ... et ta médication.
Un psychiatre, à mon sens tout du moins et selon mon expérience, sera un interlocuteur en toute logique bien plus à même de te renseigner et t'aiguiller sur la bipolarité et son traitement.
Toutefois, la généralité n'existe pas et peut-être que ton généraliste est très compétent. Cependant, et à te lire, tu souhaites rencontrer un psy pour réponses à tes questions et délivrance d'un traitement répondant à tes attentes.
Je te le souhaite.

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cello
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MessagePosté le: Dim 11 Sep 2016 - 08:35    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

Oui, oui, bien sûr, tu as raison sur toute la ligne ! En réalité, j'ai été suivie par des psys depuis le diagnostic posé en 1997. J'ai même été reçue en consultation par un des spécialistes de l'hôpital Ste Anne. Et puis j'ai quitté Paris en 2013 et comme j'étais stabilisée, je n'ai pas jugé indispensable de rechercher un psychiatre en Haute-Savoie. Il suffisait de me renouveler ma prescription tous les 3 mois.
Aujourd'hui que je m'interroge sur mon traitement, je suis prête à chercher un médecin spécialiste car je m'étonne qu'on ne m'ait jamais parlé du Lamictal alors même que le Lithium me provoque des problèmes digestifs et de thyroïde.

Cello
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dezas
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MessagePosté le: Dim 11 Sep 2016 - 09:39    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

En effet ...
Il est temps alors, pour ta santé physique déjà. Et je serai près à parier que tu vises à une baisse d'un thymorégulateur autre que le lithium pour te laisser un peu partir en phase haute, et un AD pour éviter la spéléologie de ton humeur. Dosage délicat. D'autant plus qu'il est probable que tu vas devoir mesurer ta tolérance et l'efficacité d'un nouveau thymo.
Intéressante rentrée des classes  Razz , prudence  Exclamation

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cello
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MessagePosté le: Dim 11 Sep 2016 - 10:04    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

Je vise un changement de thymo éventuellement, puisque j'ai appris sur ce forum que le Lithium est plutôt efficace sur l'hypomanie et le Lamictal sur la dépression. Mon problème prioritaire est la dépression, et encore.... depuis le temps j'ai appris à identifier la cause principale de chute libre: le chômage. A présent que j'ai un job secondaire, alimentaire dirais-je, en plus de mon vrai métier de musicienne qui ne me nourrit pas, je me sens mieux armée pour faire face aux phases down. Je fais le dos rond et j'attends l'embellie..... elle est toujours survenue

Mes phases up n'ont jamais entrainé de dégâts irréversibles, je n'ai pas vidé mon compte bancaire ou autre réjouissance..... J'ai toujours initié des histoires d'amour et des groupes de musique auxquels je mettais un terme ultérieurement sans explication. Ce sont là mes plus grands crimes et j'en paie le prix aujourd'hui (cf précédents posts). Je pense sincèrement que je ne referai plus jamais ça, j'ai comme qui dirait fait un noeud à mon mouchoir pour me souvenir que mes projets sont des leurres et que je ne dois plus entraîner autrui dans mes enthousiasmes.

Pour autant, je ne vais pas accepter encore longtemps cet état d'indifférence émotionnel et charnel qui est le mien depuis des mois.
Je cherche une solution...

Cello
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clelys
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MessagePosté le: Lun 12 Sep 2016 - 11:10    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie" Répondre en citant

cello a écrit:
Je vise un changement de thymo éventuellement, puisque j'ai appris sur ce forum que le Lithium est plutôt efficace sur l'hypomanie et le Lamictal sur la dépression.


Je pense que cela est vrai.
Je suis soulagée depuis que j'ai le Lamictal, et je suis surtout une dépressive.

Quant à la frontière du moi et de la maladie, c'est une question particulière...En forgeant sa personnalité d'enfance et d'adolescence avec les facteurs bipo et borderline, qu'en est-il de notre personnalité une fois stabilisés... Une nouvelle que je ne comprends pas...
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 15:38    Sujet du message: La frontière entre "moi" et "ma maladie"

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