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Grossesse et trouble bipolaire
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pahad



Joined: 01 Sep 2007
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PostPosted: Mon 14 Apr 2008 - 16:55    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Previous post review:

Akasha wrote:
Mais pourquoi vouloir faire des enfants quand on est bipolaire?
Personnellement je ne conçois pas qu'on prenne le risque de transmettre une maladie aussi handicapante et sournoise que la bipolarité à mon bébé, ma chair à qui j'aurais souhaité le meilleur du meilleur...
Prendre le risque de retrouver la même souffrance que celle qui m'a anéantie dans les yeux d'un enfant, ça me dépasse.



- On peut être parfaitement stabilisé (80% des bipolaires peuvent l'être) et la vie vaut aussi la peine d'être vécue quand on est bipolaire. Ce n'est pas une damnation éternelle.

- Le trouble bipolaire a des facteurs génétiques, mais ils sont complexes et issus de la combinaison de plusieurs génes. On a 1 "chance" sur 100 d'être bipolaire dans la population générale et une chance sur 10 si l'on a un pére ou une mére bipolaire. La loterie génétique qui combine les génes du pére et de la mère devient extrêmement complexe si c'est un type de combinaison particulière qui entraine la prédisposition au trouble

Notes sur les facteurs génétiques http://www.aitb-bipolaire.org/notes06.htm

Je connais au moins deux filles de bipolaire, exemptes du trouble et qui sont parfaitement équilibrées. Elles ne se posent aucune question sur leur droit à l'existence !

Le principe de précaution est, poussé à ce point, obscurantiste.
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PostPosted: Mon 14 Apr 2008 - 16:55    Post subject: Publicité

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Paona
Bipote Turquoise

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Joined: 25 Sep 2007
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Bipote 37ans

PostPosted: Mon 14 Apr 2008 - 18:15    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Tout à fait d'accord avec toi Pahad...
Quote:
Le principe de précaution est, poussé à ce point, obscurantiste.

Rien à rajouter: "obscurantiste" oui...

Paona


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("Il primo grado della pazzia è di credersi prudente, ed il secondo è di proclamarlo" : Le premier degré de la folie est de se croire sage, et le second est de le proclamer").
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franminou
Bipote Emeraude

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Joined: 12 Sep 2007
Posts: 55
proche professeur

PostPosted: Mon 14 Apr 2008 - 21:51    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

D'accord aussi avec toi, Pahad... pas de damnation éternelle ...

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franminou, dont 2 des enfants ont présenté des troubles bipolaires , à 18 ans pour l'un, à 11ans pour l'autre
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Akasha
Bipote Emeraude

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Joined: 17 Mar 2008
Posts: 72
Bipote employée

PostPosted: Tue 15 Apr 2008 - 11:11    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

je préfère que ma théorie soit "obscurantiste" plutôt que de culpabiliser toute ma vie d'avoir transmis cette horreur à mes enfants.
Quant au "1 sur 10" il n'a jamais été prouvé scientifiquement, donc pour moi il vaut mieux être trop prudent que pas assez.
Chacun son point de vue.


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" Le jour du jugement dernier, Dieu comparaîtra devant moi". Jean Yanne
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mamoune
Bipote Turquoise

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Joined: 25 Oct 2007
Posts: 267
bipotes laborantine

PostPosted: Tue 15 Apr 2008 - 17:35    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

moi j ai fiat desenfants sans savoir que j etais bipolaire mais peut etre ai je beaucoup dechance aucun n adeprobleme jusqu amaintenanant le dernier a18ans pourvu qu il en reste ainsi
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p'tite luz
Bipote Turquoise

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Joined: 30 Mar 2008
Posts: 403
bipote cycles ultra- artiste peintre en AAH

PostPosted: Tue 6 May 2008 - 22:42    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Pour Akasha,
Et que dire alors à une femme comme moi, qui a fait 2 enfants avant meme de savoir qu'elle était bipolaire ???!! Je me suis toujours battue pour eux, et je donne le meilleur de moi-meme chaque jour. Il y a des solutions , des "ptits trucs" pour ne pas trop s'épuiser, et aussi, ils sont d'un grand soutien moral meme s'ils ne le savent pas !!! Ils font ma force, je ne peux que savoir pourquoi je me bats. Ce n'est pas que génétique comme maladie, la preuve ,mes parents ne le sont pas.


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Que je m'accroche encore comme le lierre à la pierre....comme le feu au Soleil....Et la Lumière me paraitra encore plus belle !!!
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agathe
Bipote Turquoise

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Joined: 21 Jan 2008
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bipote

PostPosted: Thu 8 May 2008 - 11:08    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

J'ai mené mon unique grossesse du début en phase maniaque, puis en phase dépressive. Le diagnostic correct et le traitement adapté ne m'a été donné que lorsque mon fils avait plus de 1 an, le temps que je me stabilise çà a pris du temps, que je me défasse de mes angoisses aussi. Il a même passé 9 mois en famille d'accueil (de 9 à 18 mois), je suis passée 2 fois devant le tribunal pour le récupérer, après être sortie de l'hôpital. Mais j'ai su trouver en moi les ressources pour que mon fils échappe à la maladie avec l'aide de mon entourage, de ma psy, de mes lectures, en particulier les ouvrages de Françoise Dolto sur l'enfant. Mon fils a 18 ans , bientôt 19 . Il a eu tout ce qu'il fallait pour échapper à la fatalité. Il est averti, et a un comportement adapté. Il est responsable de sa vie. je l'aide encore bien sûr s'il a besoin. Comme le font les parents d'un jeune de 18 ans.
Pour rien au monde, je ne regretterais mon choix de l'avoir désiré, puis gardé, même malade et célibataire au départ, et lui non plus, malgré les très grandes difficultés que nous avons rencontrées. Cà, c'est très clair autant pour l'un que pour l'autre !!!

Ma soeur bipolaire qui en a eu 3 avant d'être diagnostiquée même chose !

La bipolarité n'est PAS une fatalité, et ce n'est PAS une TARE ! C'est une maladie du cerveau, qui est complexe, où de très nombreux facteurs agissent, et elle n'est pas inévitable, et elle est curable !


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agathe
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Bipote
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Bipote Salarié

PostPosted: Fri 9 May 2008 - 07:32    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Trouble bipolaire : CAT avant et pendant la grossesse
Publié le 09/05/2008 www.jim.fr



B. ÉTAIN, Praticien hospitalier, pôle de psychiatrie,
groupe hospitalier Mondor-Chenevier, Créteil
 
La question de la grossesse chez une patiente souffrant de troubles bipolaires est délicate car elle soulève de très nombreuses questions concernant le rapport bénéfice/risque des traitements psychotropes. Quels sont les psychotropes utilisables pendant la grossesse, c’est-à-dire ceux qui sont efficaces sur la prévention des épisodes thymiques sans être tératogènes ? Quel est le risque tératogène associé au maintien d’un traitement thymorégulateur ? Et, en cas d’arrêt du traitement, quel est le risque pour la future mère (et les conséquences potentiellement graves pour le fœtus) de survenue d’un épisode thymique pendant la grossesse ? Le principe de précaution dicte que le praticien doit interrompre tout médicament potentiellement tératogène durant la grossesse. Cependant, le risque de récurrence thymique peut également être très dangereux pour le fœtus (par exemple risque de conduites suicidaires en cas de dépression chez la future mère).


La grossesse, une période d’accalmie ?
Il a longtemps été considéré que la grossesse protégeait les femmes enceintes souffrant de troubles bipolaires d’une récurrence de la maladie. Ainsi, P. Grof considérait que les femmes enceintes souffrant de troubles bipolaires de type I présentaient des rechutes thymiques moins fréquentes et plus courtes, comparativement aux périodes avant et après la grossesse (1). Cette étude, limitée aux patientes ayant répondu favorablement à un traitement prophylactique par lithium, tendait à démontrer que la période de la grossesse constituait une période de relative accalmie de la maladie. Cependant, plusieurs études viennent contredire cette observation.


Des résultats qui s’inscrivent en faux
A.C. Viguera a comparé le risque de récurrences pendant la grossesse chez 89 femmes enceintes souffrant de troubles bipolaires (2). Soixante et onze pour cent de ces femmes ont présenté au moins une récurrence au cours de la grossesse. Celles qui ont interrompu leur traitement alors qu’elles étaient enceintes ont rechuté deux fois plus que celles qui ont poursuivi leur traitement médicamenteux. Les récurrences étaient majoritairement dépressives ou mixtes (74 %) et elles sont survenues pendant le premier trimestre de grossesse dans 47 % des cas (2).  A.C. Viguera a également étudié le risque de récurrence chez des femmes (enceintes ou non) souffrant de troubles bipolaires interrompant leur traitement thymorégulateur par lithium (3). Les femmes souffrant de troubles bipolaires avaient un risque comparable de rechutes à l’arrêt du traitement par lithium, qu’elles soient enceintes (58 %) ou non (52 %). Le risque de récurrence était tout particulièrement augmenté après une interruption brutale du lithium en quelques jours (63 %) versus 37 % en cas d’arrêt sur deux à quatre semaines (3).
La période de la grossesse ne représente donc pas une période de stabilité thymique pour les femmes souffrant de troubles bipolaires permettant d’envisager sereinement l’interruption d’un traitement thymorégulateur. La prévention des récurrences reste donc cruciale chez la femme souffrant de troubles bipolaires, y compris pendant la grossesse.


Des régulateurs de l’humeur tératogènes ?
De très nombreux psychotropes ont des effets tératogènes connus de longue date et bien documentés.
Le site internet du CRAT (Centre de référence des agents tératogènes) (4) et le livret « Médicaments et Grossesse – Psychiatrie » établi par l’Afssaps peuvent servir de référence aux praticiens (5). Ils informent sur les risques tératogènes d’un traitement psychotrope, précisent les médicaments psychotropes utilisables pendant la grossesse en indiquant pour chacun les règles de prescription et les modalités de surveillance en cas d’impossibilité d’arrêt du traitement.


Lithium et atteinte cardiaque
La mention de l’Afssaps concernant le lithium est la suivante : « effet malformatif mais utilisation envisageable en l’absence d’alternative thérapeutique ».
En effet, le lithium entraîne des malformations cardiaques. Les deux premiers mois de la grossesse représentent la période la plus à risque, et tout particulièrement durant la période de la cardiogenèse (J21 à J50 après la conception). Le risque de malformation cardiaque se situerait entre 3,5 et 7 % (contre 0,5 à 1 % de la population générale), avec une fréquence augmentée de maladie d’Ebstein. En cas d’exposition, une surveillance échographique devra impérativement être effectuée. En cas de traitement jusqu’à l’accouchement, des troubles néonataux réversibles sont décrits (cardiaques, rénaux et thyroïdiens)(5).


Dérivés de l’acide valproïque et fermeture du tube neural
Ces composés portent la mention « déconseillés » (5). Le risque malformatif est 3 à 4 fois supérieur à celui de la population générale. Le risque de malformations serait dose-dépendant et majeur pour des posologies supérieures à 1 000 mg/j. Il s’agit principalement d’anomalies de fermeture du tube neural (surtout spina bifida), de dysmorphies faciales, de fentes faciales, de craniosténoses, de malformations cardiaques, rénales, urogénitales et de malformations des membres. Elles seront systématiquement dépistées en cas d’exposition. Une diminution des capacités verbales et/ou une augmentation du recours à une prise en charge en orthophonie ou au soutien scolaire ont été décrites chez les jeunes enfants ayant été exposés in utero (5).


Carbamazépine : le tube neural aussi
La mention de l’Afssaps concernant la carbamazépine est la suivante : «  effet malformatif mais utilisation envisageable en l’absence d’alternative thérapeutique ». Le risque malformatif est multiplié par 2 à 3 comparativement à la population générale, ceci concernant tout particulièrement des anomalies de fermeture du tube neural, des fentes labiales, des cardiopathies et des hypospadias. En cas d’exposition, un dépistage de ces malformations chez le fœtus devra être systématiquement effectué5.


L’olanzapine : anomalies de la glycorégulation
Son utilisation est « envisageable » selon les recommandations de l’Afssaps.
La surveillance concernera plutôt les risques chez la femme enceinte elle-même. Ce risque concerne surtout les anomalies de la glycorégulation, sachant que la grossesse augmente en elle-même le risque d’insulinorésistance (risque de diabète gestationnel). Il existe un risque théorique chez le nouveau-né de signes atropiniques, de sédation et de signes extrapyramidaux (5).


Benzodiazépines et chlorpromazine sous surveillance
L’utilisation de certaines benzodiazépines (alprazolam, bromazépam, diazépam) est envisageable en prenant soin de mettre en place une surveillance du nouveau-né face à un possible risque d’imprégnation néonatale immédiate (hypotonie) ou de sevrage néonatal à distance (5). L’utilisation de la chlorpromazine est possible pendant toute la grossesse, en surveillant les signes d’imprégnation du nouveau-né (5). Ces traitements peuvent donc être utilisés notamment pour les manifestations anxieuses.


Bien choisir le traitement antidépresseur
Si un traitement antidépresseur est indiqué pendant la grossesse en cas de rechute dépressive, on privilégiera l’utilisation des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (IRS). L’Afssaps ne donne pas d’avis sur l’utilisation des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (et de la noradrénaline), en mentionnant que leur évaluation est en cours. Par contre, le CRAT indique des points importants concernant leur utilisation. La fluoxétine et le citalopram sont utilisables pendant la grossesse, la sertraline pendant la grossesse et l’allaitement. La paroxétine pourrait occasionner des malformations cardiaques et, dans la mesure du possible, on lui préférera un des IRS cités précédemment. Les données concernant la venlafaxine sont peu nombreuses ; non tératogène chez l’animal, on lui préférera cependant un antidépresseur dont les risques tératogènes sont mieux documentés tels que les IRS cités précédemment4.


Recommandations pour la pratique
Les aspects pratiques de la prise en charge sont particulièrement bien détaillés dans les recommandations du NICE (National Institute for Health and Clinical Excellence) (6). Elles peuvent facilement servir de référence au praticien qui doit gérer une grossesse prévue ou survenant sous traitement psychotrope.
Un des points les plus importants est de tenter de discuter de cet aspect avec toute patiente bipolaire en âge de procréer pour planifier au mieux
la gestion du traitement avant la conception. Bien entendu, la situation de chaque femme sera évaluée en fonction du rapport bénéfice/risque qui prendra en compte notamment le profil évolutif du trouble bipolaire de la femme concernée, la fréquence des récurrences, la notion de réponse ou de résistance antérieures à certains traitements thymorégulateurs, la possibilité de planifier la grossesse ou sa survenue imprévue.


La grossesse est prévue
L’utilisation du valproate, de la carbamazépine et des sels de lithium doit être autant que possible évitée lorsqu’une grossesse est planifiée et ces traitements seront idéalement interrompus.
Si une femme prenant du lithium désire concevoir un enfant, plusieurs options sont possibles. Si la patiente est normothymique et à faible risque de récurrence, un arrêt progressif du lithium peut être envisagé.
Si la patiente n’est pas normothymique et/ou à haut risque de récurrence, on discutera les options suivantes : interruption progressive du lithium et remplacement par un antipsychotique type olanzapine (avec une période de chevauchement des deux molécules) ; interruption progressive du lithium
et reprise au second trimestre de grossesse ; poursuite du lithium sous surveillance étroite du risque de malformations. Un dosage de lithiémie plasmatique sera réalisé toutes les 4 semaines, puis toutes les semaines à partir de la 36e semaine et juste avant la naissance. En cas d’interruption du lithium pendant la période de l’organogenèse, sa reprise peut intervenir dès le 50e jour après la conception6.


La grossesse n’est pas prévue
Il s’agit de la situation la plus délicate à gérer. En règle générale, lors de la découverte de la grossesse, le fœtus a déjà été exposé aux psychotropes pris par sa mère. Il ne s’agit pas alors de céder à la panique devant l’exposition à un traitement tératogène dont l’interruption brutale du jour au lendemain peut s’avérer désastreuse.
Le premier temps consiste à confirmer la grossesse. La diminution progressive d’un thymorégulateur tératogène (lithium, valproate, carbamazépine) et son remplacement par l’olanzapine doivent être envisagés. La surveillance échographique est, dans tous les cas, indispensable. En cas d’exposition au lithium pendant la période de l’organogenèse, une échographie de dépistage des malformations cardiaques devra être réalisée à 22-24 semaines d’aménorrhée dans un centre de référence. Si on ne peut interrompre le valproate, on devra rechercher la dose minimale efficace, inférieure à 1 000 mg/jour, en monothérapie, en fractionnant les prises. L’acide folique est recommandé afin de réduire le risque de malformations même si son rôle préventif reste à prouver. Les anomalies de fermeture du tube neural devront être dépistées entre 12-13 semaines et à 22 semaines d’aménorrhée, le dosage d’alphafœtoprotéine est indiqué6.


En cas de rechute maniaque ou dépressive
En cas de rechute maniaque, le choix d’un antipsychotique atypique type olanzapine sera privilégié si la patiente ne prend aucun traitement. Si la récurrence maniaque survient sous traitement thymorégulateur, on vérifiera les taux plasmatiques et la compliance. La dose des antipsychotiques atypiques pourra être augmentée. On pourra également considérer le lithium ou les sismothérapies. L’option du valproate peut être considérée malgré ses risques tératogènes, si aucune autre alternative n’est possible, à la dose minimale efficace sans excéder 1 000 mg/j, en plusieurs prises quotidiennes, et avec une supplémentation en acide folique de 5 mg/j6.
En cas de récurrence dépressive d’intensité moyenne, avant l’utilisation d’un antidépresseur, on discutera la mise en place d’une prise en charge psychothérapeutique notamment par thérapie cognitivo-comportementale. Si l’intensité est moyenne à sévère, on pourra discuter de la prescription d’un antidépresseur type IRS en évitant la paroxétine (6).
Enfin, n’oublions pas que les règles hygiéno-diététiques et les aspects de psycho-éducation sont également primordiaux et aideront à la stabilisation de l’humeur.


Une prise en charge pluridisciplinaire
La gestion d’une grossesse chez une femme souffrant de troubles bipolaires est délicate. En effet, le praticien doit connaître les risques tératogènes des psychotropes et savoir évaluer le risque de récurrence de la maladie afin de considérer l’interruption ou le changement du traitement thymorégulateur.
La stabilisation de l’humeur pendant la grossesse est primordiale puisqu’elle garantit la sécurité de la mère et du futur enfant et constitue également un élément important de la prévention des décompensations du post-partum, fréquentes chez les femmes souffrant de troubles bipolaires. Notons finalement que la prise en charge de cette période doit être multidisciplinaire, incluant un partenariat étroit entre la psychiatrie, l’obstétrique et la néonatologie. Le médecin psychiatre devra notamment s’appuyer sur un suivi en maternité de niveau 2 ou 3.
 
Références
1. Grof P, Robbins W, Alda M, Berghoefer A,Vojtechovsky M, Nilsson A, Robertson C.Protective effect of pregnancy in women with lithium-responsive bipolar disorder. J Affect Disord 2000 ; 61 : 31-9.
2. Viguera AC, Whitfield T, Baldessarini RJ et al. Risk of recurrence in women with bipolar disorder during pregnancy: prospective study of mood stabilizer discontinuation. Am J Psychiatry 2007 ; 164 : 1 817-24.
3. Viguera AC, Nonacs R, Cohen LS et al. Risk of recurrence of bipolar disorder in pregnant and nonpregnant women after discontinuing lithium maintenance.
Am J Psychiatry 2000 ; 157 : 179-84.
4. Centre de référence sur les agents tératogènes (CRAT). http://www.lecrat.org

5. Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Livret « Médicaments et Grossesse – Psychiatrie ». http://afssaps.sante.fr/
6. National Institute for Health and Clinical Excellence. NICE guideline – bipolar disorder, 2006.


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agathe
Bipote Turquoise

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Joined: 21 Jan 2008
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bipote

PostPosted: Fri 9 May 2008 - 11:59    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

L'olanzapine, moi, je ne m'y hasarderais pas. Avec tous les procès qui pendent au cul de Lilly, avec l'olanzapine (ZYPREXA), quand on connait tous les effets secondaires très indésirables qu'il provoque ! Si on est enceinte par dessus le marché, il y a de quoi avoir des arrêts cardiaques !!! des diabètes ! et des prises de poids à ne plus poser un pied devant l'autre. Ils sont inconscients ou quoi ????

Je ne connais pas Mr ETAIN, mais c'est pas possible, il payé par Lilly ou quoi ???? Excusez ma colère, mais elle est justifiée en ouvrant les yeux simplement dans mon entourage.

Je préfère de loin cet article d'une équipe belge de Liège et leur tour d'horizon de la question ainsi que leurs recommandations , pour de multiples raisons , entre autres parce que l'étude est beaucoup plus complète et objective, mais aussi parce qu'elle prend en compte les personnes dans leur globalité, et non pas sous un "aspect patient-médicament-effet" très réducteur. Il date de 2006 , c'est un peu plus ancien, mais je l'ai trouvé particulièrement bien fait.
en voilà le début :
l'article dans sa totalité sera trouvé avec : http://www.md.ucl.ac.be/loumed/Numero%2008/214685-LMed%20299-310.pdf
je l'ai trouvé il y a quelques mois en faisant grossesse et bipolarité dans google

PRISE EN CHARGE DU TROUBLE
BIPOLAIRE PENDANT LA GROSSESSE
S. Lurson1,*,
O. Pirson2,
E. Constant1,
A. Seghers1
Mots clefs : trouble bipolaire, grossesse, foetus, lithium, anticonvulsivants
SUMMARY
Women with a bipolar disorder are particularly
fragile during their pregnancy and are likely to experience depressive, maniac or mixed episodes. The management of such episodes
is often complex as well for the general practitioner as for the psychiatrist or the gynecologist. The treatments regularly used to treat the bipolar disorder must be carefully handled. Indeed, how to efficiently treat the mother without cost to the child? This review discusses the risks and benefits related to the use of the current treatments during the pregnancy and, on this basis, some advices as well as a decisional tree are proposed.
Correspondance :
Sabine Lurson
E-mail : s.lurson@skynet.be
1 Service de Psychiatrie Adulte,
Cliniques universitaires Saint-Luc, Université Catholique de Louvain, B-1200 Bruxelles
2 Centre Hospitalier Psychiatrique de Liège
INTRODUCTION
L’objet de cet article est de proposer un outil de réflexion et de décision aussi simple que possible pour tout médecin amené à prendre
en charge pendant une grossesse une patiente souffrant d’un trouble bipolaire. La complexité de cette situation est liée à de nombreux
facteurs :
– la diversité des présentations cliniques du trouble bipolaire (épisodes
dépressifs, maniaques ou mixtes, périodes de stabilisation euthymique),
– les modifications de la symptomatologie ou de la réponse au traitement
liées à la grossesse elle-même,
– l’absence quasi complète de traitement pharmacologique avec une innocuité totale sur le foetus.
Les décisions thérapeutiques doivent mettre en balance la nécessité
d’une prophylaxie et d’un traitement des épisodes aigus du trouble bipolaire chez la mère avec la nécessité d’un médicament non nuisible pour l’enfant. Il faut tenir compte des dangers potentiels qu’une mère instable au niveau de l’humeur, non ou mal médiquée,
Les femmes souffrant d’un trouble bipolaire sont particulièrement
fragiles pendant leur grossesse et sont susceptibles de présenter des épisodes de décompensation dépressifs, maniaques
ou mixtes. La prise en charge de ces épisodes est souvent complexe tant pour le médecin généraliste que pour le psychiatre ou le gynécologue. Les traitements habituellement utilisés pour traiter le trouble bipolaire doivent être maniés avec prudence. En effet, comment traiter la mère de manière efficace sans nuire à son enfant ? Cette revue de littérature propose une discussion des risques et des bénéfices liés à l’utilisation des traitements actuels pendant la grossesse et, sur cette base, quelques conseils pratiques ainsi qu’un arbre décisionnel.


Ce sont des belges, oui, ils savent faire autre chose que nous faire rire à leurs dépends, d'ailleurs, ils ont chez eux leur pendant de blagues françaises ...


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agathe
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Bipote
Admin_Bipote

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Bipote Salarié

PostPosted: Fri 9 May 2008 - 13:16    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Bonjour Agathe,

Merci de participer à l'enrichissement de ce sujet où on peut lire différentes approches concernant la grossesse et le trouble bipolaire.

L'article du Docteur Bruno Etain est basé en partie sur les données du CRAT - Centre de Référence sur les Agents Tératogènes
Hôpital Armand Trousseau, 26 avenue du Docteur Arnold Netter, 75012 PARIS
- www.lecrat.org , c'est ce que je trouve intéressant.

A noter, qu'ils sont un peu plus nuancé sur l'utilisation du Zyprexa en fonction des trimestres tout en sachant que les données publiées chez les femmes exposées sont peu nombreuses.

  • Traiter une femme enceinte
    • Dans la maladie bipolaire : en raison des effets tératogènes des autres thymorégulateurs (acide valproïque, lithium, carbamazépine), l’olanzapine pourra être utilisée à posologie efficace quel que soit le terme de grossesse.
    • Dans les autres indications, le choix dépendra du terme de la grossesse :
      • Au premier trimestre :
        • On préférera un neuroleptique mieux connu sur le plan malformatif comme l’halopéridol (Haldol®) ou la chlorpromazine (Largactil®).
        • En cas d’inefficacité ou de mauvaise tolérance de ces options, l’utilisation de l’olanzapine peut être envisagée en cours de grossesse à posologie efficace.
      • Aux 2ème et 3ème trimestres :
        • Il est envisageable d’instaurer un traitement par olanzapine. En effet, son profil de tolérance semble plus favorable pour le nouveau-né que celui des neuroleptiques plus anciens.
    • Attention au risque d’hypotension maternelle en cas d’utilisation de la forme injectable.
    • Si le traitement est poursuivi jusqu’à l’accouchement, en informer l’équipe de la maternité pour lui permettre d’adapter l’accueil du nouveau-né (cf. « Etat des connaissances »).
On peut avoir des raisons légitimes de se révolter contre le Zyprexa mais des neuroleptiques comme l'Haldol ou le Largactil par exemple ont de quoi traumatiser aussi. A choisir, je préfère rien prendre mais si ce n'est pas le cas, prendre le Zyprexa même si je dois manger en dormant (si, si, ça m'est arrivé).

La possibilité de survenue de ces effets est à mettre en balance avec les risques de décompensation que pourraient faire courir à la mère et à son enfant.


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agathe
Bipote Turquoise

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Joined: 21 Jan 2008
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bipote

PostPosted: Fri 9 May 2008 - 20:01    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Bon, je suis contre l'utilisation des neuroleptiques en dehors des crises maniaques. Certains toubibs ont tendance à les prescrire en longue durée ce qui est une ineptie !!!
Dieu merci, on ne m'a pas fait çà, même si on a mis du temps à me diagnostiquer.

Encourager une grossesse à une femme sous neuroleptique est selon moi complètement inconscient !

La soigner d'abord, la stabiliser et après, la grossesse .


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agathe


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