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Grossesse et trouble bipolaire
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pahad



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PostPosted: Mon 14 Apr 2008 - 16:55    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Previous post review:

Akasha wrote:
Mais pourquoi vouloir faire des enfants quand on est bipolaire?
Personnellement je ne conçois pas qu'on prenne le risque de transmettre une maladie aussi handicapante et sournoise que la bipolarité à mon bébé, ma chair à qui j'aurais souhaité le meilleur du meilleur...
Prendre le risque de retrouver la même souffrance que celle qui m'a anéantie dans les yeux d'un enfant, ça me dépasse.



- On peut être parfaitement stabilisé (80% des bipolaires peuvent l'être) et la vie vaut aussi la peine d'être vécue quand on est bipolaire. Ce n'est pas une damnation éternelle.

- Le trouble bipolaire a des facteurs génétiques, mais ils sont complexes et issus de la combinaison de plusieurs génes. On a 1 "chance" sur 100 d'être bipolaire dans la population générale et une chance sur 10 si l'on a un pére ou une mére bipolaire. La loterie génétique qui combine les génes du pére et de la mère devient extrêmement complexe si c'est un type de combinaison particulière qui entraine la prédisposition au trouble

Notes sur les facteurs génétiques http://www.aitb-bipolaire.org/notes06.htm

Je connais au moins deux filles de bipolaire, exemptes du trouble et qui sont parfaitement équilibrées. Elles ne se posent aucune question sur leur droit à l'existence !

Le principe de précaution est, poussé à ce point, obscurantiste.
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PostPosted: Mon 14 Apr 2008 - 16:55    Post subject: Publicité

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Paona
Bipote Turquoise

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Bipote 37ans

PostPosted: Mon 14 Apr 2008 - 18:15    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Tout à fait d'accord avec toi Pahad...
Quote:
Le principe de précaution est, poussé à ce point, obscurantiste.

Rien à rajouter: "obscurantiste" oui...

Paona


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("Il primo grado della pazzia è di credersi prudente, ed il secondo è di proclamarlo" : Le premier degré de la folie est de se croire sage, et le second est de le proclamer").
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franminou
Bipote Emeraude

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Joined: 12 Sep 2007
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proche professeur

PostPosted: Mon 14 Apr 2008 - 21:51    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

D'accord aussi avec toi, Pahad... pas de damnation éternelle ...

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franminou, dont 2 des enfants ont présenté des troubles bipolaires , à 18 ans pour l'un, à 11ans pour l'autre
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Akasha
Bipote Emeraude

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Joined: 17 Mar 2008
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Bipote employée

PostPosted: Tue 15 Apr 2008 - 11:11    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

je préfère que ma théorie soit "obscurantiste" plutôt que de culpabiliser toute ma vie d'avoir transmis cette horreur à mes enfants.
Quant au "1 sur 10" il n'a jamais été prouvé scientifiquement, donc pour moi il vaut mieux être trop prudent que pas assez.
Chacun son point de vue.


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" Le jour du jugement dernier, Dieu comparaîtra devant moi". Jean Yanne
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mamoune
Bipote Turquoise

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Joined: 25 Oct 2007
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bipotes laborantine

PostPosted: Tue 15 Apr 2008 - 17:35    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

moi j ai fiat desenfants sans savoir que j etais bipolaire mais peut etre ai je beaucoup dechance aucun n adeprobleme jusqu amaintenanant le dernier a18ans pourvu qu il en reste ainsi
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p'tite luz
Bipote Turquoise

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Joined: 30 Mar 2008
Posts: 403
bipote cycles ultra- artiste peintre en AAH

PostPosted: Tue 6 May 2008 - 22:42    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Pour Akasha,
Et que dire alors à une femme comme moi, qui a fait 2 enfants avant meme de savoir qu'elle était bipolaire ???!! Je me suis toujours battue pour eux, et je donne le meilleur de moi-meme chaque jour. Il y a des solutions , des "ptits trucs" pour ne pas trop s'épuiser, et aussi, ils sont d'un grand soutien moral meme s'ils ne le savent pas !!! Ils font ma force, je ne peux que savoir pourquoi je me bats. Ce n'est pas que génétique comme maladie, la preuve ,mes parents ne le sont pas.


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Que je m'accroche encore comme le lierre à la pierre....comme le feu au Soleil....Et la Lumière me paraitra encore plus belle !!!
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agathe
Bipote Turquoise

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bipote

PostPosted: Thu 8 May 2008 - 11:08    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

J'ai mené mon unique grossesse du début en phase maniaque, puis en phase dépressive. Le diagnostic correct et le traitement adapté ne m'a été donné que lorsque mon fils avait plus de 1 an, le temps que je me stabilise çà a pris du temps, que je me défasse de mes angoisses aussi. Il a même passé 9 mois en famille d'accueil (de 9 à 18 mois), je suis passée 2 fois devant le tribunal pour le récupérer, après être sortie de l'hôpital. Mais j'ai su trouver en moi les ressources pour que mon fils échappe à la maladie avec l'aide de mon entourage, de ma psy, de mes lectures, en particulier les ouvrages de Françoise Dolto sur l'enfant. Mon fils a 18 ans , bientôt 19 . Il a eu tout ce qu'il fallait pour échapper à la fatalité. Il est averti, et a un comportement adapté. Il est responsable de sa vie. je l'aide encore bien sûr s'il a besoin. Comme le font les parents d'un jeune de 18 ans.
Pour rien au monde, je ne regretterais mon choix de l'avoir désiré, puis gardé, même malade et célibataire au départ, et lui non plus, malgré les très grandes difficultés que nous avons rencontrées. Cà, c'est très clair autant pour l'un que pour l'autre !!!

Ma soeur bipolaire qui en a eu 3 avant d'être diagnostiquée même chose !

La bipolarité n'est PAS une fatalité, et ce n'est PAS une TARE ! C'est une maladie du cerveau, qui est complexe, où de très nombreux facteurs agissent, et elle n'est pas inévitable, et elle est curable !


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agathe
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Bipote
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Bipote Salarié

PostPosted: Fri 9 May 2008 - 07:32    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Trouble bipolaire : CAT avant et pendant la grossesse
Publié le 09/05/2008 www.jim.fr



B. ÉTAIN, Praticien hospitalier, pôle de psychiatrie,
groupe hospitalier Mondor-Chenevier, Créteil
 
La question de la grossesse chez une patiente souffrant de troubles bipolaires est délicate car elle soulève de très nombreuses questions concernant le rapport bénéfice/risque des traitements psychotropes. Quels sont les psychotropes utilisables pendant la grossesse, c’est-à-dire ceux qui sont efficaces sur la prévention des épisodes thymiques sans être tératogènes ? Quel est le risque tératogène associé au maintien d’un traitement thymorégulateur ? Et, en cas d’arrêt du traitement, quel est le risque pour la future mère (et les conséquences potentiellement graves pour le fœtus) de survenue d’un épisode thymique pendant la grossesse ? Le principe de précaution dicte que le praticien doit interrompre tout médicament potentiellement tératogène durant la grossesse. Cependant, le risque de récurrence thymique peut également être très dangereux pour le fœtus (par exemple risque de conduites suicidaires en cas de dépression chez la future mère).


La grossesse, une période d’accalmie ?
Il a longtemps été considéré que la grossesse protégeait les femmes enceintes souffrant de troubles bipolaires d’une récurrence de la maladie. Ainsi, P. Grof considérait que les femmes enceintes souffrant de troubles bipolaires de type I présentaient des rechutes thymiques moins fréquentes et plus courtes, comparativement aux périodes avant et après la grossesse (1). Cette étude, limitée aux patientes ayant répondu favorablement à un traitement prophylactique par lithium, tendait à démontrer que la période de la grossesse constituait une période de relative accalmie de la maladie. Cependant, plusieurs études viennent contredire cette observation.


Des résultats qui s’inscrivent en faux
A.C. Viguera a comparé le risque de récurrences pendant la grossesse chez 89 femmes enceintes souffrant de troubles bipolaires (2). Soixante et onze pour cent de ces femmes ont présenté au moins une récurrence au cours de la grossesse. Celles qui ont interrompu leur traitement alors qu’elles étaient enceintes ont rechuté deux fois plus que celles qui ont poursuivi leur traitement médicamenteux. Les récurrences étaient majoritairement dépressives ou mixtes (74 %) et elles sont survenues pendant le premier trimestre de grossesse dans 47 % des cas (2).  A.C. Viguera a également étudié le risque de récurrence chez des femmes (enceintes ou non) souffrant de troubles bipolaires interrompant leur traitement thymorégulateur par lithium (3). Les femmes souffrant de troubles bipolaires avaient un risque comparable de rechutes à l’arrêt du traitement par lithium, qu’elles soient enceintes (58 %) ou non (52 %). Le risque de récurrence était tout particulièrement augmenté après une interruption brutale du lithium en quelques jours (63 %) versus 37 % en cas d’arrêt sur deux à quatre semaines (3).
La période de la grossesse ne représente donc pas une période de stabilité thymique pour les femmes souffrant de troubles bipolaires permettant d’envisager sereinement l’interruption d’un traitement thymorégulateur. La prévention des récurrences reste donc cruciale chez la femme souffrant de troubles bipolaires, y compris pendant la grossesse.


Des régulateurs de l’humeur tératogènes ?
De très nombreux psychotropes ont des effets tératogènes connus de longue date et bien documentés.
Le site internet du CRAT (Centre de référence des agents tératogènes) (4) et le livret « Médicaments et Grossesse – Psychiatrie » établi par l’Afssaps peuvent servir de référence aux praticiens (5). Ils informent sur les risques tératogènes d’un traitement psychotrope, précisent les médicaments psychotropes utilisables pendant la grossesse en indiquant pour chacun les règles de prescription et les modalités de surveillance en cas d’impossibilité d’arrêt du traitement.


Lithium et atteinte cardiaque
La mention de l’Afssaps concernant le lithium est la suivante : « effet malformatif mais utilisation envisageable en l’absence d’alternative thérapeutique ».
En effet, le lithium entraîne des malformations cardiaques. Les deux premiers mois de la grossesse représentent la période la plus à risque, et tout particulièrement durant la période de la cardiogenèse (J21 à J50 après la conception). Le risque de malformation cardiaque se situerait entre 3,5 et 7 % (contre 0,5 à 1 % de la population générale), avec une fréquence augmentée de maladie d’Ebstein. En cas d’exposition, une surveillance échographique devra impérativement être effectuée. En cas de traitement jusqu’à l’accouchement, des troubles néonataux réversibles sont décrits (cardiaques, rénaux et thyroïdiens)(5).


Dérivés de l’acide valproïque et fermeture du tube neural
Ces composés portent la mention « déconseillés » (5). Le risque malformatif est 3 à 4 fois supérieur à celui de la population générale. Le risque de malformations serait dose-dépendant et majeur pour des posologies supérieures à 1 000 mg/j. Il s’agit principalement d’anomalies de fermeture du tube neural (surtout spina bifida), de dysmorphies faciales, de fentes faciales, de craniosténoses, de malformations cardiaques, rénales, urogénitales et de malformations des membres. Elles seront systématiquement dépistées en cas d’exposition. Une diminution des capacités verbales et/ou une augmentation du recours à une prise en charge en orthophonie ou au soutien scolaire ont été décrites chez les jeunes enfants ayant été exposés in utero (5).


Carbamazépine : le tube neural aussi
La mention de l’Afssaps concernant la carbamazépine est la suivante : «  effet malformatif mais utilisation envisageable en l’absence d’alternative thérapeutique ». Le risque malformatif est multiplié par 2 à 3 comparativement à la population générale, ceci concernant tout particulièrement des anomalies de fermeture du tube neural, des fentes labiales, des cardiopathies et des hypospadias. En cas d’exposition, un dépistage de ces malformations chez le fœtus devra être systématiquement effectué5.


L’olanzapine : anomalies de la glycorégulation
Son utilisation est « envisageable » selon les recommandations de l’Afssaps.
La surveillance concernera plutôt les risques chez la femme enceinte elle-même. Ce risque concerne surtout les anomalies de la glycorégulation, sachant que la grossesse augmente en elle-même le risque d’insulinorésistance (risque de diabète gestationnel). Il existe un risque théorique chez le nouveau-né de signes atropiniques, de sédation et de signes extrapyramidaux (5).


Benzodiazépines et chlorpromazine sous surveillance
L’utilisation de certaines benzodiazépines (alprazolam, bromazépam, diazépam) est envisageable en prenant soin de mettre en place une surveillance du nouveau-né face à un possible risque d’imprégnation néonatale immédiate (hypotonie) ou de sevrage néonatal à distance (5). L’utilisation de la chlorpromazine est possible pendant toute la grossesse, en surveillant les signes d’imprégnation du nouveau-né (5). Ces traitements peuvent donc être utilisés notamment pour les manifestations anxieuses.


Bien choisir le traitement antidépresseur
Si un traitement antidépresseur est indiqué pendant la grossesse en cas de rechute dépressive, on privilégiera l’utilisation des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (IRS). L’Afssaps ne donne pas d’avis sur l’utilisation des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (et de la noradrénaline), en mentionnant que leur évaluation est en cours. Par contre, le CRAT indique des points importants concernant leur utilisation. La fluoxétine et le citalopram sont utilisables pendant la grossesse, la sertraline pendant la grossesse et l’allaitement. La paroxétine pourrait occasionner des malformations cardiaques et, dans la mesure du possible, on lui préférera un des IRS cités précédemment. Les données concernant la venlafaxine sont peu nombreuses ; non tératogène chez l’animal, on lui préférera cependant un antidépresseur dont les risques tératogènes sont mieux documentés tels que les IRS cités précédemment4.


Recommandations pour la pratique
Les aspects pratiques de la prise en charge sont particulièrement bien détaillés dans les recommandations du NICE (National Institute for Health and Clinical Excellence) (6). Elles peuvent facilement servir de référence au praticien qui doit gérer une grossesse prévue ou survenant sous traitement psychotrope.
Un des points les plus importants est de tenter de discuter de cet aspect avec toute patiente bipolaire en âge de procréer pour planifier au mieux
la gestion du traitement avant la conception. Bien entendu, la situation de chaque femme sera évaluée en fonction du rapport bénéfice/risque qui prendra en compte notamment le profil évolutif du trouble bipolaire de la femme concernée, la fréquence des récurrences, la notion de réponse ou de résistance antérieures à certains traitements thymorégulateurs, la possibilité de planifier la grossesse ou sa survenue imprévue.


La grossesse est prévue
L’utilisation du valproate, de la carbamazépine et des sels de lithium doit être autant que possible évitée lorsqu’une grossesse est planifiée et ces traitements seront idéalement interrompus.
Si une femme prenant du lithium désire concevoir un enfant, plusieurs options sont possibles. Si la patiente est normothymique et à faible risque de récurrence, un arrêt progressif du lithium peut être envisagé.
Si la patiente n’est pas normothymique et/ou à haut risque de récurrence, on discutera les options suivantes : interruption progressive du lithium et remplacement par un antipsychotique type olanzapine (avec une période de chevauchement des deux molécules) ; interruption progressive du lithium
et reprise au second trimestre de grossesse ; poursuite du lithium sous surveillance étroite du risque de malformations. Un dosage de lithiémie plasmatique sera réalisé toutes les 4 semaines, puis toutes les semaines à partir de la 36e semaine et juste avant la naissance. En cas d’interruption du lithium pendant la période de l’organogenèse, sa reprise peut intervenir dès le 50e jour après la conception6.


La grossesse n’est pas prévue
Il s’agit de la situation la plus délicate à gérer. En règle générale, lors de la découverte de la grossesse, le fœtus a déjà été exposé aux psychotropes pris par sa mère. Il ne s’agit pas alors de céder à la panique devant l’exposition à un traitement tératogène dont l’interruption brutale du jour au lendemain peut s’avérer désastreuse.
Le premier temps consiste à confirmer la grossesse. La diminution progressive d’un thymorégulateur tératogène (lithium, valproate, carbamazépine) et son remplacement par l’olanzapine doivent être envisagés. La surveillance échographique est, dans tous les cas, indispensable. En cas d’exposition au lithium pendant la période de l’organogenèse, une échographie de dépistage des malformations cardiaques devra être réalisée à 22-24 semaines d’aménorrhée dans un centre de référence. Si on ne peut interrompre le valproate, on devra rechercher la dose minimale efficace, inférieure à 1 000 mg/jour, en monothérapie, en fractionnant les prises. L’acide folique est recommandé afin de réduire le risque de malformations même si son rôle préventif reste à prouver. Les anomalies de fermeture du tube neural devront être dépistées entre 12-13 semaines et à 22 semaines d’aménorrhée, le dosage d’alphafœtoprotéine est indiqué6.


En cas de rechute maniaque ou dépressive
En cas de rechute maniaque, le choix d’un antipsychotique atypique type olanzapine sera privilégié si la patiente ne prend aucun traitement. Si la récurrence maniaque survient sous traitement thymorégulateur, on vérifiera les taux plasmatiques et la compliance. La dose des antipsychotiques atypiques pourra être augmentée. On pourra également considérer le lithium ou les sismothérapies. L’option du valproate peut être considérée malgré ses risques tératogènes, si aucune autre alternative n’est possible, à la dose minimale efficace sans excéder 1 000 mg/j, en plusieurs prises quotidiennes, et avec une supplémentation en acide folique de 5 mg/j6.
En cas de récurrence dépressive d’intensité moyenne, avant l’utilisation d’un antidépresseur, on discutera la mise en place d’une prise en charge psychothérapeutique notamment par thérapie cognitivo-comportementale. Si l’intensité est moyenne à sévère, on pourra discuter de la prescription d’un antidépresseur type IRS en évitant la paroxétine (6).
Enfin, n’oublions pas que les règles hygiéno-diététiques et les aspects de psycho-éducation sont également primordiaux et aideront à la stabilisation de l’humeur.


Une prise en charge pluridisciplinaire
La gestion d’une grossesse chez une femme souffrant de troubles bipolaires est délicate. En effet, le praticien doit connaître les risques tératogènes des psychotropes et savoir évaluer le risque de récurrence de la maladie afin de considérer l’interruption ou le changement du traitement thymorégulateur.
La stabilisation de l’humeur pendant la grossesse est primordiale puisqu’elle garantit la sécurité de la mère et du futur enfant et constitue également un élément important de la prévention des décompensations du post-partum, fréquentes chez les femmes souffrant de troubles bipolaires. Notons finalement que la prise en charge de cette période doit être multidisciplinaire, incluant un partenariat étroit entre la psychiatrie, l’obstétrique et la néonatologie. Le médecin psychiatre devra notamment s’appuyer sur un suivi en maternité de niveau 2 ou 3.
 
Références
1. Grof P, Robbins W, Alda M, Berghoefer A,Vojtechovsky M, Nilsson A, Robertson C.Protective effect of pregnancy in women with lithium-responsive bipolar disorder. J Affect Disord 2000 ; 61 : 31-9.
2. Viguera AC, Whitfield T, Baldessarini RJ et al. Risk of recurrence in women with bipolar disorder during pregnancy: prospective study of mood stabilizer discontinuation. Am J Psychiatry 2007 ; 164 : 1 817-24.
3. Viguera AC, Nonacs R, Cohen LS et al. Risk of recurrence of bipolar disorder in pregnant and nonpregnant women after discontinuing lithium maintenance.
Am J Psychiatry 2000 ; 157 : 179-84.
4. Centre de référence sur les agents tératogènes (CRAT). http://www.lecrat.org

5. Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Livret « Médicaments et Grossesse – Psychiatrie ». http://afssaps.sante.fr/
6. National Institute for Health and Clinical Excellence. NICE guideline – bipolar disorder, 2006.


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agathe
Bipote Turquoise

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bipote

PostPosted: Fri 9 May 2008 - 11:59    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

L'olanzapine, moi, je ne m'y hasarderais pas. Avec tous les procès qui pendent au cul de Lilly, avec l'olanzapine (ZYPREXA), quand on connait tous les effets secondaires très indésirables qu'il provoque ! Si on est enceinte par dessus le marché, il y a de quoi avoir des arrêts cardiaques !!! des diabètes ! et des prises de poids à ne plus poser un pied devant l'autre. Ils sont inconscients ou quoi ????

Je ne connais pas Mr ETAIN, mais c'est pas possible, il payé par Lilly ou quoi ???? Excusez ma colère, mais elle est justifiée en ouvrant les yeux simplement dans mon entourage.

Je préfère de loin cet article d'une équipe belge de Liège et leur tour d'horizon de la question ainsi que leurs recommandations , pour de multiples raisons , entre autres parce que l'étude est beaucoup plus complète et objective, mais aussi parce qu'elle prend en compte les personnes dans leur globalité, et non pas sous un "aspect patient-médicament-effet" très réducteur. Il date de 2006 , c'est un peu plus ancien, mais je l'ai trouvé particulièrement bien fait.
en voilà le début :
l'article dans sa totalité sera trouvé avec : http://www.md.ucl.ac.be/loumed/Numero%2008/214685-LMed%20299-310.pdf
je l'ai trouvé il y a quelques mois en faisant grossesse et bipolarité dans google

PRISE EN CHARGE DU TROUBLE
BIPOLAIRE PENDANT LA GROSSESSE
S. Lurson1,*,
O. Pirson2,
E. Constant1,
A. Seghers1
Mots clefs : trouble bipolaire, grossesse, foetus, lithium, anticonvulsivants
SUMMARY
Women with a bipolar disorder are particularly
fragile during their pregnancy and are likely to experience depressive, maniac or mixed episodes. The management of such episodes
is often complex as well for the general practitioner as for the psychiatrist or the gynecologist. The treatments regularly used to treat the bipolar disorder must be carefully handled. Indeed, how to efficiently treat the mother without cost to the child? This review discusses the risks and benefits related to the use of the current treatments during the pregnancy and, on this basis, some advices as well as a decisional tree are proposed.
Correspondance :
Sabine Lurson
E-mail : s.lurson@skynet.be
1 Service de Psychiatrie Adulte,
Cliniques universitaires Saint-Luc, Université Catholique de Louvain, B-1200 Bruxelles
2 Centre Hospitalier Psychiatrique de Liège
INTRODUCTION
L’objet de cet article est de proposer un outil de réflexion et de décision aussi simple que possible pour tout médecin amené à prendre
en charge pendant une grossesse une patiente souffrant d’un trouble bipolaire. La complexité de cette situation est liée à de nombreux
facteurs :
– la diversité des présentations cliniques du trouble bipolaire (épisodes
dépressifs, maniaques ou mixtes, périodes de stabilisation euthymique),
– les modifications de la symptomatologie ou de la réponse au traitement
liées à la grossesse elle-même,
– l’absence quasi complète de traitement pharmacologique avec une innocuité totale sur le foetus.
Les décisions thérapeutiques doivent mettre en balance la nécessité
d’une prophylaxie et d’un traitement des épisodes aigus du trouble bipolaire chez la mère avec la nécessité d’un médicament non nuisible pour l’enfant. Il faut tenir compte des dangers potentiels qu’une mère instable au niveau de l’humeur, non ou mal médiquée,
Les femmes souffrant d’un trouble bipolaire sont particulièrement
fragiles pendant leur grossesse et sont susceptibles de présenter des épisodes de décompensation dépressifs, maniaques
ou mixtes. La prise en charge de ces épisodes est souvent complexe tant pour le médecin généraliste que pour le psychiatre ou le gynécologue. Les traitements habituellement utilisés pour traiter le trouble bipolaire doivent être maniés avec prudence. En effet, comment traiter la mère de manière efficace sans nuire à son enfant ? Cette revue de littérature propose une discussion des risques et des bénéfices liés à l’utilisation des traitements actuels pendant la grossesse et, sur cette base, quelques conseils pratiques ainsi qu’un arbre décisionnel.


Ce sont des belges, oui, ils savent faire autre chose que nous faire rire à leurs dépends, d'ailleurs, ils ont chez eux leur pendant de blagues françaises ...


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agathe
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Bipote
Admin_Bipote

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Bipote Salarié

PostPosted: Fri 9 May 2008 - 13:16    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Bonjour Agathe,

Merci de participer à l'enrichissement de ce sujet où on peut lire différentes approches concernant la grossesse et le trouble bipolaire.

L'article du Docteur Bruno Etain est basé en partie sur les données du CRAT - Centre de Référence sur les Agents Tératogènes
Hôpital Armand Trousseau, 26 avenue du Docteur Arnold Netter, 75012 PARIS
- www.lecrat.org , c'est ce que je trouve intéressant.

A noter, qu'ils sont un peu plus nuancé sur l'utilisation du Zyprexa en fonction des trimestres tout en sachant que les données publiées chez les femmes exposées sont peu nombreuses.

  • Traiter une femme enceinte
    • Dans la maladie bipolaire : en raison des effets tératogènes des autres thymorégulateurs (acide valproïque, lithium, carbamazépine), l’olanzapine pourra être utilisée à posologie efficace quel que soit le terme de grossesse.
    • Dans les autres indications, le choix dépendra du terme de la grossesse :
      • Au premier trimestre :
        • On préférera un neuroleptique mieux connu sur le plan malformatif comme l’halopéridol (Haldol®) ou la chlorpromazine (Largactil®).
        • En cas d’inefficacité ou de mauvaise tolérance de ces options, l’utilisation de l’olanzapine peut être envisagée en cours de grossesse à posologie efficace.
      • Aux 2ème et 3ème trimestres :
        • Il est envisageable d’instaurer un traitement par olanzapine. En effet, son profil de tolérance semble plus favorable pour le nouveau-né que celui des neuroleptiques plus anciens.
    • Attention au risque d’hypotension maternelle en cas d’utilisation de la forme injectable.
    • Si le traitement est poursuivi jusqu’à l’accouchement, en informer l’équipe de la maternité pour lui permettre d’adapter l’accueil du nouveau-né (cf. « Etat des connaissances »).
On peut avoir des raisons légitimes de se révolter contre le Zyprexa mais des neuroleptiques comme l'Haldol ou le Largactil par exemple ont de quoi traumatiser aussi. A choisir, je préfère rien prendre mais si ce n'est pas le cas, prendre le Zyprexa même si je dois manger en dormant (si, si, ça m'est arrivé).

La possibilité de survenue de ces effets est à mettre en balance avec les risques de décompensation que pourraient faire courir à la mère et à son enfant.


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agathe
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bipote

PostPosted: Fri 9 May 2008 - 20:01    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Bon, je suis contre l'utilisation des neuroleptiques en dehors des crises maniaques. Certains toubibs ont tendance à les prescrire en longue durée ce qui est une ineptie !!!
Dieu merci, on ne m'a pas fait çà, même si on a mis du temps à me diagnostiquer.

Encourager une grossesse à une femme sous neuroleptique est selon moi complètement inconscient !

La soigner d'abord, la stabiliser et après, la grossesse .


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agathe


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carolec
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bipote pharmacienne

PostPosted: Fri 9 May 2008 - 20:39    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

bonsoir agathe,

je suis sous neuroleptique au long cours en plus du lithium et de la depamide et je suis bien diagnostiquee bipolaire type 1.
mon psychiatre n'a pas fait d'erreur (pas d'"ineptie" donc) car a chaque fois que j'ai essaye de baisser ou d'arreter le neuroleptique, je partais en up puis en delire.

je pense que chaque cas se voit, je connais d'autres bipolaires type 1 qui sont aussi sous neuroleptique au long cours : ce n'est pas de gaiete de coeur mais cela nous permet d'avoir une vie "normale" socialement du moins.

mon mari et moi avons renonce a avoir ou elever un ou des enfants pour de nombreuses raisons. ainsi va la vie....
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agathe
Bipote Turquoise

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bipote

PostPosted: Fri 9 May 2008 - 22:09    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

oui, mais çà fait combien de temps que tu es suivie ? Nous avons presque 20 ans d'écart, tu dois être jeune.
As-tu fait une analyse de ce qui a déclanché la maladie ?
Ce qui m'a permis de sortir de là, c'est aussi le fait d'avoir découvert le traumatisme initial, de l'avoir "revécu" , d'avoir compris ce qui s'était passé, j'ai écrit dessus, on a ausi échangé avec ma psy à ce sujet et progressivement, je n'ai plus eu d'émotion incontrôlable à ce sujet. Puis j'ai entamé une procédure que j'ai mise au point pour me débarrasser des angoisses et des comportemnts que j'avais acquis suite à çà. Et voilà, bon débarras !

si tu as beoin d'un neuroleptique, c'est que tu n'es pas stabilisée.
je suis bipo I, j'avais des hallucinations pendant mes phases maniaques, et seuls les ECT m'ont sortie de mes dépressions. La dernière c'est suite à la phase maniaque que jai eu après avoir arrêté le lithium, pensant pouvoir m'en passer.

Tu as quoi, comme neuroleptique ?


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agathe
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carolec
Bipote Turquoise

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bipote pharmacienne

PostPosted: Sat 10 May 2008 - 10:52    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

bonjour,

je ne souhaite pas me comparer a toi et a ton parcours : chacun sa vie et ses problemes.

je suis suivie depuis 1997 par un tres bon psychiatre.
je suis stabilisee depuis cette date : c'est a dire que j'arrive a travailler a plein temps en tant que pharmacienne adjointe.
je passe meme des diplomes universitaires en plus.

j'ai suivi pendant deux ans une psychotherapie puis la therapeute m'a dit que cela ne servait a rien de continuer.

il est psychologiquement dur de devoir admettre la necessite de se soigner au long cours par neuroleptique mais j'en ai reellement besoin et je l'ai accepte.
pendant 6-7 ans je prenais de l'haldol 1mg le soir, puis je suis passee au risperdal et enfin maintenant au solian.

mon traitement actuel est : lithium 250mg 4cp/j, depamide 4cp/j et solian 300mg (1/2 a 400 et 1/2 a 200mg).
je ne prends pas d'anxiolytiques, je prends tres rarement des somniferes.

quant aux causes qui m'ont amenee a "decompenser", il y a l'isolement, la deception amoureuse, la pression due au travail d'interne en pharmacie hospitaliere.
dans ma famille il y a aussi des antecedants de bipolarite.

je tiens a te dire que je suis stabilisee avec mon traitement et cela fait maintenant 10 ans que cela dure.
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agathe
Bipote Turquoise

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bipote

PostPosted: Sat 10 May 2008 - 11:17    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Tu as raison, chacun ses choix en fonction des aspirations.

J'ai fait le choix de garder mon bébé dont la conception a eu lieu en plein dans ma vraie 1ère crise maniaque (c'est celle-ci qui a levé mon inhibition d'avoir un enfant parce que j'avais peur qu'il meure, terreur serait un mot plus adapté que peur), en plus avec un inconnu envers qui j'ai eu une attirance profonde irrésistible mais que j'ai perdu de vue avec mes hospitalisations et mon déménagement.
J'ai passé de nombreuses années dans la maladie, dont les premières furent cauchemardesques, l'amour de mon fils m'a donné des ailes pour mieux m'en sortir. J'ai perdu mon travail, responsable d'un service assistance technique téléphonique auprès des biologistes pour un labo. je n'ai pas retrouvé de boulot jusqu'ici. J'en ai énormément souffert. J'ai fini par accepter tous ces échecs dûs à la maladie. Mais je compte bien me rattraper maintenant, j'ai un projet à peaufiner.
Je ne regrette rien de toute cette longue expérience de 20 ans, j'y ai appris beaucoup plus que ce que j'aurais pu apprendre en 20 ans d'exercice. C'est vrai que j'y ai connu un désespoir profond, mais aussi des joies. J'ai compris beaucoup de choses.
Mon fils est là pour me prouver que j'ai eu raison de me lancer dans cette folle aventure. Mon mari me soutient. J'ai retrouvé les capacités de ma jeunesse, à force de me documenter et de ne pas accepter la fatalité.


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agathe
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bulle
Bipote Emeraude

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bipote congé parental

PostPosted: Fri 22 Aug 2008 - 19:00    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Bonjour,
Je suis enceinte de mon troisième enfant, et comme à chaque grossesse, j'ai effectué un sevrage de médicaments, donc je ne prend plus rien. Je rentre dans le second trimestre et il est vrai, je commence à respirer. Les 3 premiers mois sont toujours un enfer pour moi, une rechute en dépression terrible. Ce qui me fait peur aujourd'hui c'est la dépression du post partum , j'y suis très sensible, et je voulais allaiter.... Est-ce qu'il y a une possibilité pour que j'allaite au moins 1 mois ou dois-je y renoncer? Merci de m'aider à préparer la suite


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bulle!
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Bipote
Admin_Bipote

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Bipote Salarié

PostPosted: Fri 22 Aug 2008 - 20:06    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Bonjour bulle,

Quote:
L'absence de thymorégulateur durant le post-partum est une prise de risque déraisonnable, sachant le taux très élevé de rechutes dans le trouble bipolaire à cette période, allant de 67 % à 82 % dans les études récentes selon la revue de Viguera et al. . Ainsi, si le thymorégulateur qui est adapté à une patiente n’est pas sans risque lors de l’allaitement (lithium, olanzapine, lamotrigine), il conviendra de conseiller de ne pas allaiter et de maintenir le thymorégulateur et jamais l’inverse. Néanmoins le choix ultime d’allaiter ou non reviendra toujours à la patiente et il est des cas où celle-ci, informée des risques, choisira l’allaitement et le maintien du thymorégulateur. Mais, si grande soit l’importance subjective de l’allaitement pour une patiente, cela ne saurait justifier l’arrêt d’un thymorégulateur dans le post-partum. Rappelons en effet que la psychose du post-partum est 100 fois plus fréquente chez les patientes atteintes de trouble bipolaire que chez les femmes qui en sont indemnes. Ainsi est-il impératif que toute patiente bipolaire soit sous thymorégulateur et bénéficie d’un suivi psychiatrique rapproché durant le post-partum. La substitution d’un thymorégulateur pour un autre au seul bénéfice de pouvoir allaiter est injustifiée car la réponse à un thymorégulateur ne préjuge en rien de la réponse à un autre thymorégulateur, et parce qu’une telle substitution ne saurait avoir lieu lors d’une période à très haut risque de récidive comme le post-partum.

Enfin, il est très important que les patientes connaissent les données et enjeux concernant l’allaitement avant l’accouchement et que leurs choix aient pu être réfléchis au préalable et non décidés à la hâte dans les heures qui suivent la naissance.


VIGUERA AC, COHEN LS, BALDESSARINI RJ et al. Managing bipolar disorder during pregnancy : weighing the risks and benefits. Can J Psychiatry 2002 ; 47 : 426-36.

En raison du risque élevé de décompensation dans le post-partum, la reprise du traitement thymorégulateur s’impose, quitte à favoriser l’allaitement artificiel et il s’effectuera selon le schéma antérieur à la grossesse.

L’allaitement est déconseillé sous lithium mais possible sous carbamazépine et sous valproate/divalproate/valpromide sous certaines conditionss. Dans tous les cas la prescription d’un thymorégulateur dès le début du post-partum est un impératif.

J'en profite pour rappeler aux futures mamans que deux idées reçues sont particulièrement à dénoncer : celle selon laquelle la grossesse protégerait des rechutes et celle qui édicte l’arrêt du lithium dans tous les cas.

Qui plus est, si le choix avant la grossesse de maintenir ou non un thymorégulateur reste de la décision de la patiente (bien informée) d’abord, et du prescripteur ensuite, les données purement cliniques sont en faveur de son maintien.

Je te conseille d'en discuter avec ton psychiatre et je suis à ta disposition. La prudence est mère de sureté....

A bientôt !


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Willofly
Bipote Emeraude

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Bipote type 1 Invalidité catégorie 2

PostPosted: Tue 26 Aug 2008 - 02:05    Post subject: Informations très utiles Reply with quote

Personnellement, j'ai très envie d'être mère mais je ne me sent pas capable d'être à la hauteur. Je ne m'assume pas complètement (je vis chez mon oncle) et je ne vois pas comment je pourrai élever un enfant : entre la maladie et ma situation sociale et financière ce serai de la folie pure. Par contre, je trouve encourageant que des études s'y intéressent pour celles qui se sentent de l'assumer et on un entourage prêt à les aider. Pour moi, tout le monde pense que je ne pourrai pas et que se serai courir à la catastrophe. Mais enfin si je parviens à aller mieux sur le plan financier ce dossier m'aidera peut-être à envisager que je suis apte à faire un enfant, encore faudra-t-il que je supporte l'arrêt de traitement...
Dur, dur de s'exprimer sur le sujet et d'être confrontée à ce que je vis comme un handicap de plus.
Chapeau bas au mère bipo et merci messieurs de penser à nous. Si l'invalidité permettait de vivre sans être pauvre (428€/MOIS), ce serai envisageable pour les femmes comme moi.


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"L'héroïsme est peu de chose, le bonheur est plus difficile." Albert Camus
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bulle
Bipote Emeraude

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bipote congé parental

PostPosted: Tue 26 Aug 2008 - 19:29    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Merci beaucoup pour vos réponses!
Ma situation est un peu particulière: je suis bipolaire, on vient seulement de me l'apprendre, je n'ai jamais pris de régulateurs d'humeur, je prends juste des anti dépresseurs et des hypnotiques depuis 15 ans. A chaque grossesse j'ai fait une dépression du post partum, je vis depuis 17 ans comme ça, avec des chutes en dépression vertigineuses, et je découvre qu'on aurait pu essayer de me stabiliser?!!! Je suis furax après mon psy et mon doc généralisé! Je souffre depuis longtemps, et j'ai l'impression que tous les ans j'y laisse un peu plus de ma santé mentale. Alors pourquoi n'ont ils pas essayés le le lithium ou autre sur moi? Ils me répondent que les effets secondaires sont dangereux. C'est pour ça que je pose la question sur l'allaitement, je voulais savoir si je pourrais supporter la maladie pendant ou pas car jusqu'à présent j'ai déjà fait deux grossesses sans traitement et tout le monde ( le milieu médical qui m'encadre) a l'air de croire que je peux tenir le choc, sauf pour l'allaitement qu'ils me déconseillent vivement.


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bulle!
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lilooblue
Bipote Emeraude

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bipote

PostPosted: Thu 28 Aug 2008 - 14:17    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Je suis pas du tout dac avec toi Akasha, bipo ou pas on a le droit d'avoir des enfants nous aussi. Maman d'un bout de chou de 7 ans, en pleine forme, je peux te dire que tous les jours, je regarde mon fils et je me dis que c'est la plus belle chose au monde qui me soit arrivée. Faut pas avoir honte d'être bipo, on est pas toujours en phase up ou down et puis y'a tellement de traitements aujourd'hui qui apèsent nos maux...Franchement tu crois que les gens qui font 8 ou 9 enfants pour toucher les alloc c'est pas plus grave que d'être bipo est avoir un désir d'enfant. Alors toutes personnes qui souffrent d'un handicap , ne devraient pas avoir d'enfant?? On a droit nous aussi à ce bohneur et je te jure que quand tu es parent et responsable, tu te bats mille fois plus pour vaincre ta maladie...
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bulle
Bipote Emeraude

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bipote congé parental

PostPosted: Thu 28 Aug 2008 - 14:42    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Je comprend les angoisses de Willofly. Etre parent ce n'est pas facile et on voudrait être parfait! Hélas, mes amies qui ne sont pas bipo se posent autant de questions que moi, et à discuter avec elles, et surtout quand je regarde mes deux petits garçons évoluer, je me dis que bipo ou pas, je ne réussi pas trop mal, ils sont heureux et bien dans leur peau, n'est-ce pas l'essentiel? En plus tu ne fais pas des enfants seule, c'est une décision à deux et mon mari connait ma maladie, quand je lui ai dis que j'attendais le 3 ème, il m'a taquiné en me disant qu'il en prenait pour 9 mois à me supporter!!! Il plaisantait car il m'encourrage et me soutient enormément pendant cette période, alors oui je suis bipolaire et nous faisons le choix d'une famille nombreuse! Et j'encourrage celle qui en font le choix car comme a dit la bipote avant moi nous aussi nous y avons droit.

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mistinguette27
Bipote Turquoise

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Bipote

PostPosted: Wed 3 Sep 2008 - 23:45    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Bonjour Bulle,

Tu devrais t'adresser à un spécialiste du trouble (le mien m'avait dit ok pour allaiter sous lithium mais j'ai préfèré arrêter l'allaitement pour prendre le lithium).

Je voulais aussi ajouter que ma fille de 5 ans à une malformation cardiaque (pas opérable avant sa majorité, sous béta bloquant) et que je prenais du séropram pendant ma grossesse. Pour son petit frère, 1 an, j'ai pris de la sertraline (zoloft, le plus compatible) et mon fils n'a pas de problème.

Bisous.


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Malade depuis 10 ans, diagnostiquée cyclo en 2007, sous zoloft/lithium/dépakine/Epitomax depuis le 11/09/2007.
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Bipote
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Bipote Salarié

PostPosted: Sat 25 Oct 2008 - 17:29    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Bonjour,

Un lien supplémentaire PRISE EN CHARGE DU TROUBLE BIPOLAIRE PENDANT LA GROSSESSE

http://www.md.ucl.ac.be/loumed/Numero 08/214685-LMed 299-310.pdf

Le bébé grandit!


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p'tite luz
Bipote Turquoise

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bipote cycles ultra- artiste peintre en AAH

PostPosted: Wed 5 Nov 2008 - 19:50    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Bonsoir à tous,

Je reprends ce sujet meme s'il a été posté il ya un bon moment, mais moi aussi je me pose des questions....
Merci à Bipotes et Pahad pour vos citations !
J'ai eu mes deux enfants (6 et 8 ans )avant de savoir que j'etais bipo, il est vrai que les accouchements ont été tres difficiles (dont 1 césarienne) , car çà devait etre lié à mon état , le post-partum une horreur, surtout pour le premier , une bonne crise up à la clinique (donc sans savoir ce que c'etait et avec la césarienne encore moins facile......enfin je vous passe les details)
Mais maintenant , 5 ans apres le diagn et toujours fidele au lithium power, je sais que mon nouveau compagnon voudra 1 petit rejeton, je sais qu'il faudra maintenir le traitement car le virage serait tres proche malheureusement; meme si j'ai tres peur de ces anomalies (vos messages me rassurent un peu quand meme) et meme si certains se permettront de me critiquer , de poser un jugement et qu'il faudra encore plus que je me protege ....
Un jour , çà viendra, je l'espère , on en discute beaucoup . J'ai signifié à mon homme, il me faudra trouver le bon gynéco, la bonne clinique, etc etc.....que çà ne se passe pas comme la premiere fois surtout !!!

Bonsoir à ceux qui liront ce message , bien loin du 1er post

P'tite Luz


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Que je m'accroche encore comme le lierre à la pierre....comme le feu au Soleil....Et la Lumière me paraitra encore plus belle !!!
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ashanti
Bipote Saphir

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PostPosted: Wed 5 Nov 2008 - 19:59    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Hello p'tite luz,

Tout d'abord, nul n'a le droit de juger votre décision de couple : cette décision n'appartient qu'à vous ! D'après les témoignages de "futures mamans", il semble nécessaire de trouver un gynéco et un psy" qui se 'parlent entre eux et vous accompagnent dans cette aventure.

Gros bisous bordelais (plutôt humide cet aprem !)

Bonne soirée


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@sh
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Bipote
Admin_Bipote

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Bipote Salarié

PostPosted: Tue 16 Dec 2008 - 20:53    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote



MISES AU POINT

Dépression et grossesse
Publié le 16/12/2008



B. ÉTAIN Groupe hospitalier Mondor-Chenevier, Créteil
 
La question de la grossesse chez une patiente souffrant de troubles bipolaires est délicate car elle soulève de très nombreuses interrogations concernant le rapport bénéfice/risque des traitements psychotropes. Quels sont les psychotropes utilisables pendant la grossesse, c’est-à-dire ceux qui sont efficaces sur la prévention des épisodes thymiques sans être tératogènes ? Quel est le risque tératogène associé au maintien d’un traitement thymorégulateur ? Et, en cas d’arrêt du traitement, quel est le risque pour la future mère (et les conséquences potentiellement graves pour le foetus) de survenue d’un épisode thymique pendant la grossesse ? Le principe de précaution dicte que le praticien doit interrompre tout médicament potentiellement tératogène durant la grossesse. Cependant, le risque de récurrence thymique peut également être très dangereux pour le foetus (par exemple risque de conduites suicidaires en cas de dépression chez la future mère).


La grossesse, une période d’accalmie ?


Il a longtemps été considéré que la grossesse protégeait les femmes enceintes souffrant de troubles bipolaires d’une récurrence de la maladie. Ainsi, P. Grof considérait que les femmes enceintes souffrant de troubles bipolaires de type I présentent des rechutes thymiques moins fréquentes et plus courtes, comparativement aux périodes avant et après la grossesse (1). Cette étude, limitée aux patientes ayant répondu favorablement à un traitement prophylactique par lithium, tendait à démontrer que la période de la grossesse constitue une période de relative accalmie de la maladie. Cependant, plusieurs études viennent contredire cette observation.


Des résultats qui s’inscrivent en faux


A.C. Viguera a comparé le risque de récurrences pendant la grossesse chez 89 femmes enceintes souffrant de troubles bipolaires (2). Soixante et onze pour cent de ces femmes ont présenté au moins une récurrence au cours de la grossesse. Celles qui ont interrompu leur traitement alors qu’elles étaient enceintes ont rechuté deux fois plus que celles qui ont poursuivi leur traitement médicamenteux. Les récurrences étaient majoritairement dépressives ou mixtes (74 %) et elles sont survenues pendant le premier trimestre de la grossesse dans 47 % des cas (2). A.C. Viguera a également étudié le risque de récurrence chez des femmes (enceintes ou non) souffrant de troubles bipolaires interrompant leur traitement thymorégulateur par lithium (3). Les femmes souffrant de troubles bipolaires avaient un risque comparable de rechutes à l’arrêt du traitement par lithium, qu’elles soient enceintes (58 %) ou non (52 %). Le risque de récurrence était tout particulièrement augmenté après une interruption brutale du lithium en quelques jours (63 %) versus 37 % en cas d’arrêt sur deux à quatre semaines (3). La période de la grossesse ne représente donc pas une période de stabilité thymique pour les femmes souffrant de troubles bipolaires qui permettrait d’envisager sereinement l’interruption d’un traitement thymorégulateur. La prévention des récurrences reste donc cruciale chez la femme souffrant de troubles bipolaires, y compris pendant la grossesse.



Des régulateurs de l’humeur tératogènes ?


 De très nombreux psychotropes ont des effets tératogènes connus de longue date et bien documentés. Le site internet du CRAT (Centre de référence des agents tératogènes) (4) et le livret « Médicaments et grossesse – Psychiatrie » établi par l’Afssaps peuvent servir de référence aux praticiens (5). Ils informent sur les risques tératogènes d’un traitement psychotrope, précisent les médicaments psychotropes utilisables pendant la grossesse en indiquant pour chacun les règles de prescription et les modalités de surveillance en cas d’impossibilité d’arrêt du traitement.


Lithium et atteinte cardiaque



La mention de l’Afssaps concernant le lithium est la suivante : « effet malformatif mais utilisation envisageable en l’absence d’alternative thérapeutique ». En effet, le lithium entraîne des malformations cardiaques. Les deux premiers mois de la grossesse représentent la période la plus à risque, et tout particulièrement durant la période de la cardiogenèse (J21 à J50 après la conception). Le risque de malformation cardiaque se situerait entre 3,5 et 7 % (contre 0,5 à 1 % de la population générale), avec une fréquence augmentée de maladie d’Ebstein. En cas d’exposition, une surveillance échographique devra impérativement être effectuée.  l’accouchement, des troubles néonataux réversibles sont décrits (cardiaques, rénaux et thyroïdiens) (5).



Dérivés de l’acide valproïque et fermeture du tube neural


Ces composés portent la mention « déconseillés » (5). Le risque malformatif est 3 à 4 fois supérieur à celui de la population générale. Le risque de malformations serait dose-dépendant et majeur pour des posologies supérieures à 1 000 mg/j. Il s’agit principalement d’anomalies de fermeture du tube neural (surtout spina bifida), de dysmorphies faciales, de fentes faciales, de craniosténoses, de malformations cardiaques, rénales, urogénitales et de malformations des membres. Elles seront systématiquement dépistées en cas d’exposition.



Carbamazépine : le tube neural aussi


 La mention de l’Afssaps concernant la carbamazépine est la suivante : « effet malformatif mais utilisation envisageable en l’absence d’alternative thérapeutique ». Le risque malformatif est multiplié par 2 à 3 comparativement à la population générale, ceci concernant tout particulièrement des anomalies de fermeture du tube neural, des fentes labiales, des cardiopathies et des hypospadias. En cas d’exposition, un dépistage de ces malformations chez le foetus devra être systématiquement effectué (5).



Olanzapine : anomalies de la glycorégulation



Son utilisation est « envisageable » selon les recommandations de l’Afssaps. La surveillance concernera plutôt les risques chez la femme enceinte elle-même. Ce risque concerne surtout les anomalies de la glycorégulation, sachant que la grossesse augmente en ellemême le risque d’insulinorésistance (risque de diabète gestationnel). Il existe un risque théorique chez le nouveau-né de signes atropiniques, de sédation et de signes extrapyramidaux (5).



Benzodiazépines et chlorpromazine sous surveillance

 
L’utilisation de certaines benzodiazépines (alprazolam, bromazépam, diazépam) est envisageable en prenant soin de mettre en place une surveillance du nouveau-né face à un possible risque d’imprégnation néonatale immédiate (hypotonie) ou de sevrage néonatal à distance (5). L’utilisation de la chlorpromazine est possible pendant toute la grossesse, en surveillant les signes d’imprégnation du nouveau-né (5). Ces traitements peuvent donc être utilisés, notamment dans les manifestations anxieuses.
 Bien choisir le traitement Antidépresseur  Si un traitement antidépresseur est indiqué pendant la grossesse, en cas de rechute dépressive on privilégiera l’utilisation des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (IRS). L’Afssaps ne donne pas d’avis sur l’utilisation des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (et de la noradrénaline), en mentionnant que leur évaluation est en cours. En revanche, le CRAT indique des points importants concernant leur utilisation. La fluoxétine et le citalopram sont utilisables pendant la grossesse, la sertraline pendant la grossesse et l’allaitement. La paroxétine pourrait occasionner des malformations cardiaques et, dans la mesure du possible, on lui préférera un des IRS cités précédemment. Les données concernant la venlafaxine sont peu nombreuses ; non tératogène chez l’animal, on lui préférera cependant un antidépresseur dont les risques tératogènes sont mieux documentés tels que les IRS cités précédemment (4).


Recommandations pour la pratique



Les aspects pratiques de la prise en charge sont particulièrement bien détaillés dans les recommandations du NICE (National Institute for Health and Clinical Excellence) (6). Ces recommandations peuvent facilement servir de référence au praticien qui doit gérer une grossesse prévue ou survenant sous traitement psychotrope. Un des points les plus importants est de tenter de discuter de cet aspect avec toute patiente bipolaire en âge de procréer pour planifier au mieux la gestion du traitement avant la conception. Bien entendu, la situation de chaque femme sera évaluée en fonction du rapport bénéfice/risque qui prendra en compte notamment le profil évolutif du trouble bipolaire de la femme concernée, la fréquence des récurrences, la notion de réponse ou de résistance antérieures à certains traitements thymorégulateurs, la possibilité de planifier la grossesse ou sa survenue imprévue.



La grossesse est prévue  L’utilisation du valproate, de la carbamazépine et des sels de lithium doit être autant que possible évitée lorsqu’une grossesse est planifiée et ces traitements seront idéalement interrompus. Si une femme prenant du lithium désire concevoir un enfant, plusieurs options sont possibles.



• Si la patiente est normothymique et à faible risque de récurrence, un arrêt progressif du lithium peut être envisagé.
• Si la patiente n’est pas normothymique et/ou à haut risque de récurrence, on discutera les options suivantes :
– interruption progressive du lithium et remplacement par un antipsychotique type olanzapine (avec une période de chevauchement des deux molécules) ;
– interruption progressive du lithium et reprise au second trimestre de la grossesse ;
– poursuite du lithium sous surveillance étroite du risque de malformations. Un dosage de lithiémie plasmatique sera réalisé toutes les 4 semaines, puis toutes les semaines à partir de la 36e semaine et juste avant la naissance. En cas d’interruption du lithium pendant la période de l’organogenèse, sa reprise peut intervenir dès le 50e jour après la conception (6). 
La grossesse n’est pas prévue  Il s’agit de la situation la plus délicate à gérer. En règle générale, lors de la découverte de la grossesse, le foetus a déjà été exposé aux psychotropes pris par sa mère. Il ne s’agit pas alors de céder à la panique devant l’exposition à un traitement tératogène dont l’interruption brutale du jour au lendemain peut s’avérer désastreuse.


  Le premier temps consiste à confirmer la grossesse.
  La diminution progressive d’un thymorégulateur tératogène (lithium, valproate, carbamazépine) et son remplacement par l’olanzapine doivent être envisagés.
  La surveillance échographique est, dans tous les cas, indispensable. En cas d’exposition au lithium pendant la période de l’organogenèse, une échographie de dépistage des malformations cardiaques devra être réalisée à 22-24 semaines d’aménorrhée dans un centre de référence.
  Si on ne peut interrompre le valproate, on devra rechercher la dose minimale efficace, inférieure à 1 000 mg/jour, en monothérapie, en fractionnant les prises.


L’acide folique est recommandé afin de réduire le risque de malformations, même si son rôle préventif reste à prouver. Les anomalies de fermeture du tube neural devront être dépistées entre 12-13 semaines et à 22 semaines d’aménorrhée, le dosage d’alpha-foetoprotéine est indiqué (6). 




 
UNE PRISE EN CHARGE PLURIDISCIPLINAIRE 
La gestion d’une grossesse chez une femme souffrant de troubles bipolaires est délicate. En effet, le praticien doit connaître les risques tératogènes des psychotropes et savoir évaluer le risque de récurrence de la maladie afin de considérer l’interruption ou le changement du traitement thymorégulateur.
La stabilisation de l’humeur pendant la grossesse est primordiale, puisqu’elle garantit la sécurité de la mère et du futur enfant, et constitue également un élément important de la prévention des décompensations du post-partum, fréquentes chez les femmes souffrant de troubles bipolaires.
Notons finalement que la prise en charge de cette période doit être multidisciplinaire, incluant un partenariat étroit entre la psychiatrie, l’obstétrique et la néonatologie. Le médecin psychiatre devra notamment s’appuyer sur un suivi en maternité de niveau 2 ou 3.

En cas de rechute maniaque ou dépressive



En cas de rechute maniaque, le choix d’un antipsychotique atypique type olanzapine sera privilégié si la patiente ne prend aucun traitement. Si la récurrence maniaque survient sous traitement thymorégulateur, on vérifiera les taux plasmatiques et l’observance. La dose des antipsychotiques atypiques pourra être augmentée. On pourra également considérer le lithium ou les sismothérapies. L’option du valproate peut être considérée malgré ses risques tératogènes, si aucune autre alternative n’est possible, à la dose minimale efficace, sans excéder 1 000 mg/j, en plusieurs prises quotidiennes, et avec une supplémentation en acide folique de 5 mg/j (6).
 En cas de récurrence dépressive d’intensité moyenne, avant l’utilisation d’un antidépresseur, on discutera la mise en place d’une prise en charge psychothérapeutique, notamment par thérapie cognitivo-comportementale. Si l’intensité est moyenne à sévère, on pourra discuter de la prescription d’un antidépresseur type IRS en évitant la paroxétine (6).
 Enfin, n’oublions pas que les règles hygiéno-diététiques et les aspects de psycho-éducation sont également primordiaux et aideront à la stabilisation de l’humeur.


Références



1. Grof P, Robbins W, Alda M et al. Protective effect of pregnancy in women with lithium-responsive bipolar disorder. J Affect Disord 2000 ; 61 : 31-9.
2. Viguera AC, Whitfield T, Baldessarini RJ et al. Risk of recurrence in women with bipolar disorder during pregnancy: prospective study of mood stabilizer discontinuation. Am J Psychiatry 2007 ; 164 : 1 817-24.
3. Viguera AC, Nonacs R, Cohen LS et al. Risk of recurrence of bipolar disorder in pregnant and nonpregnant women after discontinuing lithium maintenance. Am J Psychiatry 2000 ; 157 : 179-84.
4. Centre de référence sur les agents tératogènes (CRAT). http://www.lecrat.org
5. Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Livret « Médicaments et Grossesse – Psychiatrie ». http://afssaps.sante.fr
6. National Institute for Health and Clinical Excellence. NICE guideline – bipolar disorder, 2006.

Copyright © Len medical, Gynecologie pratique, novembre 2008 









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PostPosted: Sun 21 Dec 2008 - 18:32    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Bonjour à tous,

Je prend connaissance des donnés de Bipote sur la grossesse, à la fois précise et réaliste.

Pour ma part qui ait tout juste 35 ans la question se pose.

Le facteur génétique me faisait peur et l'arrêt du traitement au Depakote avant la conception me paraît être la seule réponse

Ma psdychiatre me paraît trop légère quand elle me dit que le traitement pourra être arrêté seulement au moment de la connaissance de la grossesse

quand on sait qu'il peut s'écouler un mois entre la conception et la révélation de la grossesse on frôle l'incompétence sur le sujet

En tout cas merci pour toutes ces infos

A bientôt

Cocomimi


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PostPosted: Sat 3 Jan 2009 - 10:12    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Bonjour,

Un compte rendu powerpoint destiné aux femmes désirant une grossesse.

Femme qui désire une grossesse

rappel Avertissement-mise-sous-Lithium

merci à oursben


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cocomimi
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PostPosted: Sat 3 Jan 2009 - 16:30    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Merci encore pour ces précieux éléments

Tout cela est rassurant

A+

COCOMIMI


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PostPosted: Fri 17 Apr 2009 - 20:48    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

L'anti-épileptique valproate affecte le développement neurologique du foetus
PsychoMédia  -  Publié le 17 avril 2009

L'anti-épileptique (ou anticonvulsivant) Depakote (valproate) durant la grossesse peut affecter le développement cérébral du fœtus, selon une étude américano-britannique publiée dans le New England Journal of Medicine. Ce médicament est utilisé pour le traitement de l'épilepsie mais aussi pour le traitement de la migraine et de troubles psychiatriques comme le trouble bipolaire (pour lequel il est considéré comme un stabilisateur de l'humeur).

Le valproate est le deuxième médicament antiépileptique le plus utilisé pour l'épilepsie. Des études précédentes ont montré que son utilisation pendant la grossesse augmentait le risque de retards de développement et de malformations majeures (le risque étant de 2 à 4 fois plus élevé qu'avec d'autres antiépileptiques).

Dr Kimford Meador de l'Université Emory et ses collègues ont mené cette recherche avec 303 femmes traitées pour épilepsie; 53 prenaient du valproate.

À l'âge de 3 ans, les enfants dont les mères avaient pris du valproate durant leur grossesse avaient, en moyenne, un quotient intellectuel (QI) 9 points plus faible que les enfants dont les mères avaient été traitées avec un autre anticonvulsivant, le Lamictal (lamotrigine) et plus faible également que ceux dont les mères avaient été traitées avec le Tegretol (carbamazépine) et le (Dilantin) phénytoïne.

Le valproate ne devrait jamais être le premier choix de traitement pour les femmes en âge d'avoir des enfants, avertissent les auteurs. Des exceptions peuvent être faites si les crises épileptiques ne peuvent pas être contrôlées par d'autres médicaments.

Psychomédia avec sources:
New York Times
WebMd


Voyez également:

DOSSIER: Grossesse et maternité


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PostPosted: Tue 21 Apr 2009 - 19:59    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Dépression, anxiété et maladie bipolaire - Enceinte, doit-on abandonner sa médication?

Pauline Gravel
Édition du samedi 18 et du dimanche 19 avril 2009  Le Devoir,


De nombreuses femmes enceintes qui souffrent de dépression, de trouble d'anxiété ou de maladie bipolaire se retrouvent devant un grand dilemme. Doivent-elles poursuivre le traitement de leur maladie ou l'interrompre durant leur grossesse? Les experts s'entendent pour dire que l'arrêt d'un traitement risque d'engendrer la résurgence de la maladie, qui s'avérera généralement aussi néfaste sinon plus pour l'enfant que le traitement lui-même.

«C'est une erreur d'arrêter un traitement aux antidépresseurs pendant la grossesse dans le but de protéger l'enfant à naître, car alors le risque de dépression post-partum sera beaucoup plus élevé», a affirmé le psychiatre Martin St-André dans le cadre du symposium Médicaments et grossesse, qui avait lieu jeudi au CHU Sainte-Justine.

La Dre Anick Bérard, directrice de l'Unité de recherche sur les médicaments et la grossesse au CHU Sainte-Justine, a précisé que la paroxétine (ou Paxil), l'antidépresseur qui était jusqu'à récemment le plus couramment prescrit, est associée à un risque significatif de malformation cardiaque chez le bébé. «Les femmes dépressives, qui représentent 14 % des femmes enceintes, doivent néanmoins être traitées, a insisté la Dre Bérard. Il faut tout simplement changer de pharmacothérapie et, heureusement, il existe tout un éventail d'autres antidépresseurs. En arrêtant le traitement, on nuit au bébé, car une mère dépressive aura un mode de vie délétère. Elle fumera, boira de l'alcool, ne s'alimentera pas bien, autant de comportements néfastes pour le foetus.»

Le lithium, médicament par excellence pour traiter la maladie bipolaire, est susceptible d'engendrer des malformations congénitales. Pour cette raison, on doit suspendre son usage jusqu'à ce que l'organogenèse -- la formation des organes -- soit terminée, soit après la 12e semaine, ou avoir recours à un autre antipsychotique moins dommageable.

Bien que les benzodiazépines, tel que le Valium, ne soient pas reconnues comme tératogènes, «les femmes qui les consomment dans le but de soulager des insomnies, de l'anxiété ou des migraines ont souvent un comportement tératogène», commente la Dre Bérard, qui soutient que beaucoup trop de femmes se font prescrire ces médicaments sans en avoir véritablement besoin.

Le Dr Robert Brent, de l'Université Thomas Jefferson à Philadelphie, a souligné qu'au cours de la grossesse, la période comprise entre la 22e et la 35e journée suivant la conception, au cours de laquelle a lieu le développement des différents organes, est une phase critique où le foetus est particulièrement vulnérable aux effets tératogènes de certains médicaments, qui peuvent alors induire des malformations congénitales.

«Par contre, les neuf premiers jours suivant la conception, alors que la femme ne sait pas encore qu'elle est enceinte, l'embryon n'est alors composé que de cellules souches et les dommages qu'il peut subir ne sont pas susceptibles d'entraîner des malformations congénitales. L'embryon est par contre très sensible aux effets létaux des médicaments ou des produits chimiques comme l'alcool. Une femme qui se soûle durant cette toute première phase de la grossesse peut perdre son bébé. Il s'agit de la période du tout ou rien: les médicaments tueront l'embryon ou, s'il survit, il se développera aussi bien que n'importe quel autre embryon, car ses cellules sont omnipotentes, elles ont un formidable pouvoir de régénération», a précisé le Dr Brent.

Durant les deuxième et troisième trimestres, une femme qui consomme des doses très élevées de substances potentiellement toxiques pourra faire du tort au foetus, mais celui-ci ne souffrira pas de malformations anatomiques, a poursuivi le spécialiste. «Le cerveau pourra être affecté au point d'engendrer un retard mental car, si des cellules nerveuses meurent entre la 8e et 15e semaine, elles ne pourront être remplacées», a-t-il expliqué.


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kate
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BP II

PostPosted: Wed 30 Jun 2010 - 23:33    Post subject: Acide valproïque et malformations congénitales Reply with quote

Les RCP (Résumés des Caractétristiques du Produit) des diverses spécialités d'acide valproïque, Dépakine*, Dépakote*, Dépamide* comportent des restrictions d'emploi chez la femme enceinte en raison du risque de malformations fœtales, notamment au niveau du tube neural.

Une étude parue dans le NEJM* du 10 juin 2010 confirme clairement que le traitement par acide valproïque au cours du premier trimestre de la grossesse augmente nettement le risque de malformations du tube neural (spina bifida), et aussi de malformations cardiaques, faciales, urogénitales (hypospadias)… L'acide valproïque semble être parmi les antiépileptiques celui qui augmente le plus de risque de malformations.

Comme on le sait déjà, il faut éviter autant que possible l'acide valproïque chez la femme enceinte ou susceptible de le devenir.

* New England Journal of Medecine

Auteur : Pierre Allain - PHARMACORAMA - 15 juin 2010

Source : http://www.pharmacorama.com/ezine/20100615103634.php


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moustique
Bipote Emeraude

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PostPosted: Sun 18 Jul 2010 - 21:19    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Bonsoir,

Je comprends les réactions de tous et je les respecte mais comme le dit Pahad, la bipolarité n'est pas une fin en soit. En ce qui me concerne, je suis sous Dépakote ce qui a des risques tératogènes (risques de malformation du tube neural). J'ai 35 ans, j'ai déjà fait le deuil d'une grossesse, non pas par peur de transmettre la bipolarité maispar peur que cet enfant à cause de moi ne puisse pas avoir une vie normale. Au risque de paraître égoïste, je ne me sens pas capable d'assumer un enfant handicapé physiquement.

J'ai été diagnostiquée bipolaire officiellement en 2003 après une suspicion en 2000, à mon âge, je n'aurais peut-être pas d'enfant mais je suis encore là et cette maladie n'est pas une fatalité. Bien sûr, personne ne choisit d'être bipolaire ; mais je sais que si un traitement me permettait d'avoir un enfant (sans ces risques trop importants à l'heure actuelle), je n'hésiterais pas une seule seconde. Pourquoi n'aurais-je pas droit de goûter à ce bonheur parce que je suis bipolaire ?

Bonne soirée


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Bipote
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PostPosted: Thu 9 Dec 2010 - 20:03    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Exposition à la carbamazépine in utero : le risque de spina bifida est modérément augmenté
Publié le 09/12/2010


La carbamazépine est l’un des anti-épileptiques les plus prescrits en Europe chez les femmes en âge de procréer. Il n’est pas rare de ce fait que lors d’une consultation préconceptionnelle se pose la question de la nécessité d’une modification thérapeutique. Il est encore plus fréquent qu’une consultation du premier trimestre de grossesse pose le problème du risque de malformation fœtale après exposition précoce. Il paraît donc indispensable de pouvoir apprécier la balance bénéfice-risque d’un changement de traitement dans le premier cas et de reconnaître le risque pour organiser la surveillance dans le second. Plusieurs travaux ont été consacrés à ce sujet et environ 3 000 grossesses avec exposition à la carbamazépine ont déjà été répertoriées dans la littérature. Mais aucun de ces travaux considéré séparément n’avait la puissance statistique nécessaire pour détecter un risque spécifique de malformation sous carbamazépine, comparé aux autres traitements anti-épileptiques.
Une nouvelle étude associe cette fois une revue de la littérature, englobant 8 suivis de cohorte totalisant près de 3 000 grossesses avec exposition à la carbamazépine en monothérapie, et une étude cas-contrôle sur plus de 98 000 signalements de malformations « tout-venant » sur un total de 3,8 millions de naissances.
La revue de la littérature conclut à une prévalence de 3,3 % de malformations congénitales majeures après exposition à une monothérapie par carbamazépine au cours du premier trimestre. L’étude cas-contrôle quant à elle permet de conclure que la spina bifida est la seule malformation majeure pour laquelle est retrouvée une association significative avec l’exposition à la carbamazépine (OR 2,6 ; IC 95 % : 1,2 à 5,3), et les auteurs précisent que le risque est inférieur à celui constitué par l’exposition à l’acide valproïque. Il n’est pas retrouvé  d’association évidente avec les autres malformations étudiées, anomalies du retour veineux pulmonaire, fentes labiales, hernies diaphragmatiques ou hypospadias, par rapport aux grossesses non exposées.
Les auteurs estiment que le choix de modifier un traitement avant la grossesse ne doit se faire qu’en gardant à l’esprit que la très grande majorité des nouveau-nés exposés à la carbamazépine au cours de la grossesse n’auront aucune malformation. La décision se fera sur un choix individuel en concertation avec la patiente, mettant en balance le bénéfice d’une épilepsie bien contrôlée et le risque tératogène.



Dr Roseline Péluchon


Jentink J et coll.: Intrauterine exposure to carbamazepine and specific congenital malformations: systematic review and casecontrol study.
BMJ 2010 ;341: c6581



http://www.jim.fr


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Malodie
Bipote Turquoise

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PostPosted: Thu 9 Dec 2010 - 22:14    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Je me sens très concernée par ce sujet.

A 3 mois de grossesse, j'ai commencée à avoir des hallucinations. Ces hallucinations faisaient suite à de nombreux évanouissement innexpliqués, en fait des crises d angoisse tellement fortes que ma tension chutait d'un coup, mon corps étant incapable de gérer. Une phase dépressive très importante, avec idées scuidaires et compagnie.

Etant suivie depuis des années pour dépression chronique, je me suis tout de suite rendus chez une psychiatre. C'est posée la question de l'anti depresseur, et surtout d'un neuroléptique. J'ai eu de l'Haldol. Avec des effets secondaires désastreux pour moi, dont une paralysie faciale, ou la perte momentannée de l usage de mes jambes. Après ca ma psy, voulait me rassurer en me disant que ca avait des effets mineur sur le bébé. Vous pensez bien que je ne l ai pas cru. J 'ai arreté mon traitement, et arreté de voir ma psy qui ne jurait que par le traitement. Inutile de vous dire que la fin de la grossesse a été laborieuse.

J'ai fini en HP après la naissance de mon fils, complètement épuisée par la grossesse, et surtout les efforts que j ai du décupler pour supporter es hallucinations et compagnie. J'ai eu également besoin d'apprendre à aimer mon fils, celui pour qui je n avais pas pu me soigner, et a cause de qui le trouble avait définitivement pu s'installer. Je sais je suis injuste. Mais bon c est suite a cette hospitalisation que j ai appris que je n étais pas dépressive chronique mais que je souffrais de trouble bipolaire. Alors trouble bipolaire et grossesse, je connais. C'est malheureux pour une grossesse désirée.

Aujourd hui mon fils est moi somme réconcilliés, ainsi que mon corps avec mon esprit. Mais je me pose sincèrement la question du risque d'une nouvelle grossesse. Ca peut très bien se passer, comme je l ai lu sur le forum, mais je sais que quand ce se passe mal, c est pas qu a moitié. Mon fils est suivi par un psychomotricien, car il lui reste pas mal de trace de son séjour dans mon ventre, aux heures les plus noirs de la maladie.

Choisir de faire un enfant ou non, ou plutot choisir d'avoir la responsabilité de la vie d'un autre etre humain, est lourd de conséquence, qui mérite vraiment reflexion. Je ne regrette rien, j ai deux enfants merveilleux. Je fais juste pars de mon témoignage, à chacun de faire son choix.


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lapassante
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PostPosted: Sat 11 Dec 2010 - 13:45    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Je me sens aussi concernée par ce problème mais d'une autre façon. A l'adolescence, j'ai été héroinoman. Je m'en suis sortie vers l'âge de 23ans et je suis tombée enceinte quelques mois après (même si, au cours de ma cure on m'avait diagnostiquée bipolaire et traitée sous dépakote, j'avais très vite arrêté le traitement, trop heureuse de pouvoir me lever chaque matin sans ma drogue).

Il était pour moi hors de question de mettre au monde un enfant drogué. Après la naissance de mon fils, je suis allée sur des forums de drogué et j'ai pris un plaisir malsain à dire mon dégoût aux femmes qui avaient donné une vie de souffrance (et quelle souffrance!!!! je peux vous le dire!) à des êtres innocents. Ah........ difficile de ne pas s'égarer sur un tel sujet. J'en ai les larmes aux yeux.

Je pleure aussi quand j'écoute Balavoine chanter "mon fils ma bataille" même si les paroles ne me concernent pas exactement, mon enfant fût une vraie bataille, je crois que j'en mènerai une autre un jour avec un homme que j'aimerai, sans médicament, sans rien à part un verre de vin par semaine et quelques clopes, comme pour le premier qui se porte comme un coeur, qui est même très en avance sur son âge.


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Bipote
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PostPosted: Thu 23 Feb 2012 - 11:16    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Psychotropes et grossesse : mode d'emploi
Auteur : Aude Lecrubier
1 novembre 2011

Paris, France — Lors d'une intervention sur les psychotropes, la grossesse et l'allaitement aux Entretiens de Bichat 2011, le Dr Françoise Bavoux pharmacologue au Centre Régional de Pharmaco-Vigilance, Cochin/Saint-Vincent de Paul/hôtel Dieu/Broca/Université Paris Descartes, a présenté des recommandations exhaustives sur la prise en charge des femmes enceintes et allaitantes présentant une pathologie psychiatrique [1].

« Une pathologie psychiatrique chez une femme susceptible d'être enceinte représente une situation fréquente et la prise de traitement pour une patiente qui découvre une grossesse peut-être source d'une grande anxiété », explique Françoise Bavoux.

Pour prendre en charge au mieux la patiente pendant la grossesse et préparer l'arrivée du futur enfant, l'oratrice a listé 10 recommandations pratiques.

Dix recommandations pratiques
  • Les pathologies psychiatriques maternelles non efficacement traitées peuvent entraîner un risque pour la mère et l'enfant au rang desquelles la non-adhérence à un suivi, la prise anarchique de médicaments ou d'alcool et les situations de ruptures avec l'environnement.
  • Programmer une grossesse en cas de pathologie chronique connue avec une prise en charge multidisciplinaire.
  • Ne pas arrêter brutalement un traitement lors de la découverte d'une grossesse, et expliquer à une patiente traitée les risques encourus.
  • Lorsque la patiente n'adhère pas à un suivi thérapeutique, informer les différents intervenants.
  • Informer des différentes étapes les parents et éviter à tout prix des arrêts brutaux.
  • Les posologies doivent être efficaces et doivent être parfois augmentées en cours de grossesse.
  • Préférer une monothérapie à dose efficace plutôt que des polythérapies.
  • Ne pas diminuer de façon systématique les posologies avant l'accouchement, du fait du risque d'aggravation de la pathologie et d'un sevrage in utero.
  • Préparer le cap dès la naissance et l'après accouchement. Informer les néonatologistes de toutes les thérapies avant l'accouchement et des facteurs éventuels de risque d'aggravation de la pathologie. Prévenir les parents de la possibilité d'effets néonataux qui sont en règle générale régressifs et pris en charge par l'équipe de maternité informée.
  • Préparer l'allaitement par une information modulée aux parents et non une information en oui-non toujours difficile à gérer pour la mère et l'équipe de néonatologie.

« Au plan du traitement, trois priorités doivent être prises en compte par les différents intervenants : ne pas arrêter un traitement quand une patiente souffrant d'une pathologie découvre une grossesse, traiter efficacement une femme enceinte chez qui on découvre une pathologie psychiatrique pendant la grossesse et organiser le schéma de traitement après l'accouchement », souligne Françoise Bavoux.

Les périodes à risque pendant la grossesse
Les risques associés à la prise de médicaments varient au cours de la grossesse. Avant l'implantation qui s'achève au 12ème jour après la conception, les échanges entre la mère et l'embryon sont pauvres et la consommation de psychotropes a très peu de conséquences.

C'est au cours de l'organogenèse du 13ème au 56ème jour que les risques d'atteinte morphologique sont les plus importants.

« La survenue d'une malformation dépend de l'interférence de plusieurs facteurs : nature de l'agent responsable, facilité d'accès de l'agent au niveau embryonnaire, moment, durée d'exposition et posologie, enfin particularités génétiques de l'embryon », note Françoise Bavoux.

Au partir 2ème mois qui suit la conception et jusqu'à la fin de la grossesse, le cerveau du fœtus est particulièrement exposé car la grande majorité des médicaments traversent le placenta mais aussi parce que la circulation fœtale privilégie le système nerveux central. « Les médicaments du système nerveux central, psychotropes et anticonvulsivants sont tous très liposolubles ce qui est un facteur d'accumulation », indique la pharmacologue.

Enfin, après la naissance, le nouveau-né ne bénéficie plus du système d'épuration de sa mère et lors d'une exposition chronique intra-utérine, il va éliminer seul les médicaments accumulés. La demi-vie plasmatique d'élimination est en général beaucoup plus longue chez le nouveau-né à terme et a fortiori chez le prématuré. Lorsque des effets néonataux surviennent, ils sont rarement sévères et, en général, réversibles.

Un bénéfice-risque variable en fonction des traitements
Tout en précisant « qu'il persiste beaucoup d'inconnues sur les effets des psychotropes chez le nouveau-né de mère traitée », Françoise Bavoux a rappelé les risques connus.
Les risques associés aux psychotropes
Médicaments
Risques et alternatives
Thymorégulateurs
Préoccupations importantes au plan du risque malformatif.
Acide valproïque
Associé à un risque de poly malformations (3 à 5 fois > population générale) et à un risque de trouble de comportement.
Il doit être évité pendant la grossesse.
T1/2 vie nouveau-né : 35 à 45 heures.
Allaitement :
Données contradictoires, discussion au cas par cas.
Lithium
Associé à un risque modéré de malformations cardiaques.
Pour les patientes traitées pendant le premier trimestre un diagnostic anténatal par échographie cardiaque est proposé entre la 22 ème et la 25ème SA.
Les modifications de pharmacocinétiques en fin de grossesse nécessitent un rapprochement de la surveillance des lithiémies.
Risque néonatal :
Symptomatologie réversible quand grossesse bien suivie et monothérapie.
Bon développement psychomoteur à 5 ans.
Allaitement : non compatible.
Carbamazépine
Associée à un risque d'anomalie de la fermeture du tube neural dont la fréquence apparaît plus faible que celle de l'acide valproïque.
Allaitement : incompatible en cas de posologie élevée.
Lamotrigine
Utilisée dans les troubles bipolaires, elle est une alternative possible à l'acide valproïque.
Risque malformatif : données rassurantes.
Les modifications de pharmacocinétique de la lamotrigine nécessitent une surveillance et une augmentation éventuelle des posologies.
Post partum : posologies à réadapter pour éviter le risque de surdosage.
Allaitement : déconseillé.
Benzodiazépines
Des études récentes n'ont pas montré d'augmentation du risque malformatif.
Oxazépam
Proposée comme une alternative au bromazépam, lorazépam ou alprazolam.
Son élimination est inférieure à 24 heures et elle n'a pas de métabolite actif (contrairement au diazépam, aux molécules se transformant en nordazépam et aux clobazam et clonazépam).
Dans certains cas, il peut être nécessaire d'utiliser une benzodiazépine plus adaptée à la situation.
Risque néonatal : symptomatologie réversible.
Allaitement : Somnolence et apnée chez de nouveau-nés de mères traitées par diazépam, clonazépam, nordazépam, clobazam.
Syndrome de sevrage chez des nouveau-nés de mères traitées par Alprazolam.
Groupe 1 : contre indiqué.
Antidépresseurs
Risque malformatif :
-Antidépresseurs tricycliques (clomipramine, amitripyline, imipramine) : données rassurantes.
-IRS : pas d'augmentation du taux global de malformations.
Risque néonatal : symptomatologie réversible.
Allaitement :
-Antidépresseurs tricycliques : allaitement possible en monothérapie. Contre-indication avec doxépine.
-IRS : meilleur choix : paroxétine et sertraline.
-Venlafaxine : à éviter.
Paroxétine
Des études ont montré une augmentation du risque de malformations cardiaques (en particulier CIV).
Eviter la paroxétine pendant le premier trimestre.
Antipsychotiques

Classiques
Risque malformatif : halopéridol et chlorpromazine sont les molécules de référence.
Risque néonatal : symptômes variés mais réversibles.
Fin de grossesse :
Eviter neuroleptiques par voie injectable, préférer la monothérapie, éviter à tout prix les correcteurs anti parkinsoniens atropiniques type trihexyphenidyle et tropatépine.
Allaitement : à éviter.
Atypiques
Risque malformatif : données rassurantes.
Risque néonatal :
Possibilité d'hypoglycémies.
Symptomatologie réversible.
Pendant la grossesse : surveiller glycémie
Allaitement :
-Possible pour des posologies < 10 mg olanzapine.
-Rispéridone : à éviter.


Des informations supplémentaires sont disponibles sur le site du Centre de Référence sur les Agents Tératogènes et dans la version complète du tableau.

En conclusion, pour une meilleure prise en charge de la mère et de l'enfant, Françoise Bavoux souligne qu'il est « primordial d'informer et de créer un climat de confiance avec une bonne communication entre tous les intervenants ». Elle ajoute que « les prises médicamenteuses de la mère constituent un aspect d'une situation globale qui doit être analysée avec tous les facteurs de risque ».


Référence
  1. Françoise Bavoux. Psychotropes, grossesse et allaitement. Entretiens de Bichat. 29 septembre 2011


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PostPosted: Thu 5 Apr 2012 - 06:07    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote



Grossesse : les effets des antipsychotiques sur les bébés

04/04/2012
Durant la grossesse, la prise d’antipsychotiques par la mère peut affecter le futur développement moteur du bébé.


C’est en observant plus de 300 nourrissons âgés de 6 mois que des chercheurs de l'Université Emory à Atlanta ont découvert que ceux qui étaient nés de mères sous antipsychotiques pendant la grossesse obtenaient des résultats plus faibles aux divers tests neuromoteurs effectués pour comparer leurs habiletés motrices (mouvements, réflexes, posture, etc.).

En effet, seuls 19 % des nouveau-nés exposés aux médicaments antipsychotiques ont eu des résultats normaux aux tests.

Les chercheurs sont arrivés à cette conclusion en comparant un groupe d’enfants nés de mères consommant des antipsychotiques à ceux issus de mères ayant pris des antidépresseurs et de mères n'ayant aucun médicament psychiatrique.

Rappelons que les médicaments antipsychotiques sont souvent utilisés dans le traitement de la schizophrénie et du trouble bipolaire.

Pour les chercheurs, dont l’étude est parue dans la revue Archives of General Psychiatry, aucun retard significatif dans les habiletés motrices causé par les antipsychotiques durant la grossesse n'a été démontré. Seule une association a été prouvée.

Or, les spécialistes tiennent tout de même à aviser les médecins de peser davantage le pour et le contre de la prise d’antipsychotiques et de vérifier la nécessité chez les femmes enceintes atteintes d’une maladie mentale.

Il semblerait qu’environ les deux tiers des femmes ayant des antécédents de maladie mentale mettent au monde un bébé.

Crédit photo : Ambro / FreeDigitalPhotos.net



Source: BUM interactif
Crédits photo: 


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Bipote Salarié

PostPosted: Wed 6 Jun 2012 - 06:06    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote



Reportage du Magazine de la Santé du 29 mars 2012 sur France 5, consacré aux effets tératogènes de la dépakine, avec témoignage de l'APESAC

http://apesac.free.fr./
http://www.lecrat.org/


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Bipote Salarié

PostPosted: Fri 23 Nov 2012 - 08:16    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote



ACTUALITE MEDICALE

Traitée ou non, la bipolarité complique la grossesse
Publié le 21/11/2012




Il est souvent risqué voire impossible d’interrompre le traitement d’un trouble bipolaire pendant la grossesse. Or les stabilisateurs de l’humeur utilisés dans la prise en charge au long cours de ces troubles ont été associés à des malformations congénitales, naissances prématurées et anomalies du développement fœtal. Cependant, les données existantes sont quelque peu conflictuelles.
Une étude de cohorte réalisée en Suède et récemment publiée par le British Medical Journal apporte quelques données complémentaires sur les liens entre stabilisateurs de l’humeur et complications obstétricales.
La relation est complexe. En effet, devant la constatation d’un effet indésirable, il est souvent difficile de distinguer ce qui relève de la maladie elle-même, du médicament, de conduites à risque spécifiques à la maladie et des comorbidités. C’est pourquoi les auteurs ont choisi de comparer 3 groupes de patientes suivies pour une grossesse entre 2005 et 2009. Les unes (n=320), présentaient un trouble bipolaire et étaient traitées par lithium, antipsychotique ou anti-convulsivant. Les autres (n=554), souffraient aussi d’un trouble bipolaire mais n’étaient pas traitées. Les dernières enfin (n= 331 263), constituant le groupe témoin, ne manifestaient pas de trouble bipolaire.
Le risque de césarienne est augmenté dans les deux groupes de patientes atteintes de trouble bipolaire, par rapport au groupe témoin. De 20,7 % dans ce dernier groupe, il atteint 30,9 % pour les patientes malades mais non traitées et 37,5 % pour les patientes sous traitement. Le risque de naissance prématurée est lui aussi accru dans les deux groupes par rapport au groupe témoin, et dans ce cas l’augmentation atteint 50 %, que les patientes soient ou non traitées. Il n’y a pas d’élévation significative du risque de grande prématurité.
L’incidence des hypoglycémies est augmentée chez les nouveau-nés de mères malades mais non traitées, mais cela n’atteint pas la signification statistique pour les enfants de mère traitée. La même tendance se retrouve pour le risque de microcéphalie.
Ces différentes observations laissent supposer que les anomalies constatées au cours des grossesses des femmes bipolaires ne sont pas seulement dues aux traitements. Plusieurs autres facteurs sont susceptibles d’intervenir, comme le « stress psychosocial », une cortisolémie élevée ou encore un raccourcissement de la durée de la grossesse, un mode de vie ou des comorbidités favorisant les complications obstétricales. La difficulté pour le praticien confronté à la grossesse d’une patiente bipolaire sera de faire la part des choses entre le risque de rechute et celui de complications.



Dr Roseline Péluchon


Bodén R et coll. : Risks of adverse pregnancy and birth outcomes in women treated or not treated with mood stabilisers for bipolar disorder: population based cohort study
BMJ 2012;345:e7085



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LouAnne
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PostPosted: Mon 26 Nov 2012 - 00:39    Post subject: Grossesse et trouble bipolaire Reply with quote

Je viens ajouter une pierre à l'édifice sur ce sujet concernant la grossesse et la bipolarité.

J'ai 28 ans et en couple depuis 2 ans et biensûr, j'aimerai un jour avoir des enfants...
Concernant mon point de vue perso, je suis en flip total. Je ne suis actuellement pas sous traitement (par choix) mais je sais que dans les mois à venir (et si je veux maintenir mon couple et une vie normale) je vais devoir y retourner...Je me suis souvent posée la question "Serai-je une bonne mère?" Même mon conjoint me l'a posée "Imagine tu ne te sens pas bien? tu es en période basse? tu sais un bébé cela demande de la concentration, tu dors peu, il faut toujours être bien..." Bref, tout cela je le sais! C'est pourquoi je sais aussi que la décision de faire un enfant est plus compexe chez moi (enfin chez nous le bipolaire) que chez d'autres et je vous avoue que je suis totallement paumée à ce niveau là...

Ensuite, je vous apporte un autre point de vue. J'ai bossé dans une maternité et en tant que soignant je peux vous dire l'horreur des propos que j'ai entendus concernant les mères bipolaires (d'autant plus dur à entendre pour moi car à ce moment là je savais que j'étais bipolaire, j'avais été diagnostiquée) "Pff, quand vous êtes comme ça, inutile de faire des gosses" ou encore "pauvres gamins, avec un mère tarée comme ça" ou alors "faut faire gaffe à ce qu'elle jette pas son gosse par la fenêtre.."
Oui je sais, c'est affreux à entendre..Les mères bipolaires faisaient parties d'un protocole spécial à l'hôpital, on devait garder leurs bébés en Nurserie la nuit, pour qu'elles récupèrent un max de sommeil, la plupart étaient sous traitement et n'allaitaient pas. Elles avaient un suivi psy avant, pendant et après leur grossesse ++++.

Tout cela pour dire que 1) les préjugés sont (hélas) encore énormes dans notre société par rapport à la maladie et la grossesse (pourquoi faire des enfants quand on est "psy")
2) Les mères biplaires sont bien entourées à l'hopital après leur grossesse et étroitement surveillée (on sait jamais que..)
3) Mince, oui, on est bipo mais on veut aussi (et on peut!) avoir un bébé, rien n'est impossible, suffit juste d'être bien suivie (niveau traitement etc..)
Après c'est vrai (et c'est mon cas) cela peut apporter stress et angoisses (vais-je bien faire? serai-je assez présente? vais-je pouvoir assumer..) et je pense que c'est normal...


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