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L’amalgame «maladie mentale-violence»
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Bipote
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PostPosted: Wed 19 Nov 2008 - 13:16    Post subject: L’amalgame «maladie mentale-violence» Reply with quote

L’amalgame «maladie mentale-violence»

Libération, 18/11/08
ERIC FAVEREAU


C’était lors d’un congrès sur la santé mentale, à Paris. Evoquant les progrès des médicaments, un orateur, sûrement bien intentionné, a lâché : «Bientôt, on éradiquera la schizophrénie.» Dans la salle, Claude Finkeslstein, présidente de la Fédération des associations de malades, bouillait de colère : «Éradiquer la schizophrénie… On veut nous éradiquer, mais comment parle-t-on de nous !»

Mercredi dernier, un homme de 56 ans, schizophrène, fugue de son hôpital psychiatrique. Et dans une rue de Grenoble, il poignarde au hasard un étudiant. Aussitôt, le président de la République saute sur l’affaire. Et réclame une réforme, visant «à améliorer la surveillance des patients susceptibles de représenter un danger pour autrui, dans le cadre notamment de la création d’un fichier national des hospitalisations d’office.»

«Peut-être y a-t-il eu mauvaise appréciation des médecins ? Peut-être y a-t-il eu un manque de surveillance, mais la réaction du Président est totalement déplacée. Et surtout, elle ancre cette idée que maladie mentale égale violence, et qu’il faut donc ficher tous ces fous dangereux», explique un psychiatre. Bien sûr, il y a quelques gestes insensés, aussi terrifiants qu’imprévisibles. Mais la nouveauté aujourd’hui est plutôt dans la violence faite aux malades. Et le risque de violence attribuable aux personnes malades mentales est très faible.

En 2003, sur 47 655 personnes mises en examen dans des affaires jugées (crime, délit ou contravention), seuls 0,002 % des personnes ont été déclarées irresponsables. A l’inverse, la prévalence des crimes violents envers les patients psychiatriques est 11,8 fois plus importante que dans la population générale. Celle des vols sur personnes est quant à elle 140 fois plus élevée.

Qui s’en souvient ? Le 1er septembre 1969, une enseignante, Gabrielle Russier, ouvrait le gaz dans son appartement, et se suicidait: elle avait été mise en cause pour avoir vécu avec un de ses élèves. Georges Pompidou, alors président de la République, interrogé lors d’une conférence de presse, citait le poète, Paul Eluard : «Moi, mon remords, ce fut la victime raisonnable au regard d’enfant perdu, celle qui ressemble aux morts qui sont morts pour être aimé.» Nicolas Sarkozy aurait pu citer un poète pour évoquer la douleur devant cet étudiant tué. Il a préféré appeler à la création d’un fichier.

http://www.liberation.fr/vous/0101266872-l-amalgame-maladie-mentale-violenc…



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PostPosted: Sat 22 Nov 2008 - 09:34    Post subject: La psychiatrie française va de plus en plus mal Reply with quote

La psychiatrie française va de plus en plus mal
LE MONDE | 20.11.08 | 13h01  •  Mis à jour le 20.11.08 | 15h22

omme en boomerang, l'affaire réveille toutes les plaies de la psychiatrie. Le meurtre d'un jeune homme en pleine rue, mercredi 12 novembre, par un patient schizophrène échappé de l'hôpital psychiatrique de Grenoble, a secoué les équipes soignantes en santé mentale. Comme après l'affaire du double meurtre de Pau, en 2004, commis par un ancien patient de l'hôpital psychiatrique de la ville, médecins et soignants témoignent de la crise profonde de leur discipline. "On ne parle de la psychiatrie que quand il y a des faits divers, s'alarme Séverine Morio, infirmière à l'hôpital parisien Maison-Blanche. Mais c'est toute l'année que nous sommes en difficulté. On organise les ruptures de soin en faisant sortir trop tôt les patients, et ensuite on s'étonne qu'il y ait des passages à l'acte..."


Le drame de Grenoble intervient dans un contexte de crise latente, les appels à la grève se multipliant dans les services de psychiatrie. A l'hôpital de la Conception à Marseille, une équipe a observé un mois d'arrêt de travail, en octobre, pour refuser l'arrivée d'un patient réputé très violent ; le 6 novembre, une centaine de salariés de l'hôpital Saint-Jean-de-Dieu, à Lyon, ont débrayé pour protester contre l'agression d'une infirmière par un patient qui ne voulait pas sortir de l'hôpital ; mardi 18 novembre, des soignants des hôpitaux parisiens de Sainte-Anne, Esquirol et Maison-Blanche observaient également une grève pour "lancer l'alerte sur la dégradation de la psychiatrie en France".

De fait, malgré l'effort consenti par l'Etat au titre du plan santé mentale 2005-2008 (plus d'1,5 milliard d'euros consacrés surtout aux rénovations d'établissement), les hôpitaux psychiatriques sont soumis à une forte contrainte financière.
En vingt ans, 50 000 lits d'hospitalisation ont été fermés, sans que les structures alternatives de prises en charge (appartements et centres d'accueil thérapeutiques) aient été ouvertes en compensation. Comme les hôpitaux généraux, les hôpitaux psychiatriques doivent répondre aux impératifs de gestion médico-économique, qui imposent de rentabiliser au maximum les lits disponibles : "Résultat, on pratique de plus en plus une psychiatrie de turnover, de portes tournantes", s'insurge Nadia Missaoui, syndicaliste CGT à Maison-Blanche.

Les soignants souffrent de ne plus pouvoir s'occuper suffisamment de leurs patients. "Le mot d'ordre, c'est des hospitalisations de plus en plus courtes, de quelques jours seulement, alors que les traitements mettent trois semaines à agir, explique Mme Morio. Du coup, on met dans la rue des patients pas encore stabilisés et qui ne savent pas où aller." Il n'est pas rare que les soignants retrouvent leurs patients sur le trottoir, alcoolisés et délirants... avant qu'ils ne décompensent à nouveau et soient renvoyés à l'hôpital. "Le matin, on est rivés à nos plannings pour savoir quel patient on va pouvoir faire sortir parce qu'il y en a trois qui attendent dans le couloir, dénonce Agnès Cluzel, de l'hôpital Bichat. Et quand ils sortent, ils n'ont souvent que le numéro du SAMU social dans la main."

En face, les familles ont souvent un sentiment d'abandon. "Beaucoup de malades mentaux sont hors de tout soin, s'alarme Anne Poiré, écrivain, auteur d'Histoire d'une schizophrénie, Jérémy, sa famille, la société (éd. Frison-Roche). Les patients viennent d'eux-mêmes à l'hôpital et on ne les soigne pas. On est dans une situation de déni de soin et de non-assistance à personne en danger." Mme Poiré relate le cas d'une jeune femme qui avait fait une bouffée délirante. Sortie contre son gré de l'hôpital public, elle s'est présentée dans une clinique privée qui a refusé de la prendre et l'a renvoyée vers l'hôpital d'où elle venait. Sur le chemin, elle s'est suicidée.

Dans ce contexte, l'annonce par Nicolas Sarkozy, au lendemain du drame de Grenoble, d'un durcissement de la loi de 1990 sur l'hospitalisation sans consentement est perçue avec inquiétude par les soignants. Le président de la République veut créer un fichier des personnes hospitalisées d'office et durcir leurs conditions de sortie. "Nous sommes tous favorables à une réforme, mais nous refusons l'exploitation éhontée d'un fait divers pour servir la cause sécuritaire, s'insurge Norbert Skurnik, président du Syndicat des psychiatres de secteur. Qu'une population aussi inoffensive que les schizophrènes soit stigmatisée est inadmissible : ce sont nos patients qui sont en danger par manque de soins, pas l'inverse !"

Pourtant, la psychiatrie est loin de rester sourde aux injonctions sécuritaires. Confrontées à des patients agressifs du fait d'un défaut de prise en charge, les équipes recourent de plus en plus à la contention et aux chambres d'isolement. A côté des cinq unités pour malades difficiles (UMD), réservées pour des séjours de six à douze mois, se créent aujourd'hui des unités de soins intensifs psychiatriques (USIP) pour de plus courts séjours : l'hôpital recrée en son sein les murs qu'il a tenté d'abolir au début des années 1980.

"On est dans le paradoxe permanent, explique Serge Klopp, cadre infirmier. Au nom de la désinstitutionnalisation, on a fermé les lits et on nous dit aujourd'hui qu'il faut enfermer les plus dangereux. Alors on multiplie les placements en chambre d'isolement, parce qu'on n'a pas le temps de les soigner quand ils sont en crise. Comme on ne peut plus contenir l'angoisse du psychotique par une présence rassurante, ils passent à l'acte beaucoup plus souvent. Résultat, on est dans le rapport de force et la gestion de la violence." Entre sa mission de soin et l'impératif de sécurité qui s'impose à elle, la psychiatrie se débat de plus en plus dans les injonctions contradictoires.


Cécile Prieur


Directeur suspendu, patient mis en examen à Saint-Egrève

Sept syndicats ont dénoncé, mercredi 19 novembre, la suspension du directeur de l'hôpital psychiatrique de Saint-Égrève (Isère) décidée par le ministère de la santé à la suite du meurtre, le 12 novembre, d'un étudiant par un patient schizophrène en fugue. "La recherche précipitée d'un bouc émissaire deviendrait-elle une nouvelle façon de gouverner ?" s'interrogent-ils, évoquant une décision prise "en dehors de toute procédure instruite et argumentée d'imputation en responsabilité". Jeudi, Jean-Pierre Guillaud, le patient meurtrier, devait être mis en examen pour "homicide volontaire" après qu'une expertise a jugé son état de santé compatible avec une audition judiciaire. Le parquet de Grenoble devait requérir son placement en détention provisoire.



Article paru dans l'édition du 21.11.08
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PostPosted: Sat 22 Nov 2008 - 13:03    Post subject: L’amalgame «maladie mentale-violence» Reply with quote

Bah oui quoi... enfermez les fous et laissez les braves gens dormir tranquilles, enfin!
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Bipote
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PostPosted: Sun 23 Nov 2008 - 22:04    Post subject: L’amalgame «maladie mentale-violence» Reply with quote

"Une envie de se débarrasser des malades difficiles à vivre" Catherine Paulet, présidente de l'Association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire

LE MONDE | 20.11.08 | 13h01


Les prisons accueillent un nombre croissant de malades mentaux, jugés responsables de leurs actes : 25 % de psychotiques parmi les 61 000 détenus. Mais, pour 195 établissements pénitentiaires, n'existent que 26 services médico-psychologiques régionaux. Des unités hospitalières spécialement aménagées ont été programmées pour les prisonniers malades les plus difficiles (440 places ouvertes entre 2008 et 2010). Catherine Paulet, présidente de l'Association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire, s'alarme de la situation.


La prison est-elle devenue une nouvelle forme d'hôpital psychiatrique ?

Oui, la rue comme les hébergements d'urgence et la prison accueillent des patients souffrant de pathologies psychiatriques sévères, singulièrement de schizophrénie, par défaut des structures d'accueil et de soins psychiatriques.

Certes, les pouvoirs publics ont leur part de responsabilité (83 000 lits en 1987, 43 000 en 2000 sans structures alternatives suffisantes). Mais j'observe, au travers notamment de certaines expertises psychiatriques qui aboutissent à la responsabilisation pénale de patients notoirement fous, combien ce qui est à l'oeuvre n'est pas seulement un problème de moyens : c'est, implicitement, une envie de se débarrasser des malades difficiles à vivre. Pour mémoire, la file active des secteurs de psychiatrie est de l'ordre de 1,2 million de patients (vus au moins une fois dans l'année), soit une augmentation de 74 % en une quinzaine d'années.

Peut-on vraiment soigner des fous en prison ?

On peut soigner la population au plus près, fût-elle captive. A cela près que la prison n'est pas un lieu de soin, c'est un lieu où l'on peut soigner jusqu'à certaines limites. A cela près aussi qu'aujourd'hui on tend à incarcérer pour soigner. Sur quelles bases sommes-nous en train d'écrire l'histoire des conditions sociétales du vivre-ensemble ? Des stratégies réhabilitatives ? Sûrement pas ! Sont à l'oeuvre des stratégies de neutralisation et d'élimination qui ne disent pas leur nom. Risque zéro, précaution maximale : il faut que plus personne ne sorte ! L'hyperréactivité complaisante des responsables politiques n'est, au fond, que la partie émergée de l'iceberg.
Il est temps que la communauté psychiatrique se réveille. Réinvestissons le champ des malades difficiles à soigner. Ils sont si perméables à la rigueur des temps qu'ils s'en sentent persécutés. Ils sont si seuls avec leurs voix que le cannabis-Subutex est leur ami. Ils ont si peu de mots pour délirer qu'ils n'ont que des actes à poser. Ils sont si fous qu'ils ne veulent pas l'être. Enfin, ils sont très souvent victimes d'autrui et non l'inverse, comme on pourrait le croire quand une exception dramatique survient. Proposons-leur du temps, des moyens, des structures d'hospitalisation contenantes et rassurantes, des structures d'hébergement thérapeutique et non pas des foyers d'hébergement d'urgence. Nous devons adapter les structures aux patients et pas l'inverse.


Propos recueillis par Alain Salles
Article paru dans l'édition du 21.11.08 [www.lemonde.fr]
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PostPosted: Fri 5 Dec 2008 - 06:56    Post subject: L’amalgame «maladie mentale-violence» Reply with quote

« Psychiatrie : Sarkozy veut sécuriser les hôpitaux » Le Figaro [www.lefigaro.fr], Libération [www.liberation.fr], La Croix, L’Humanité / Mediscoop 4 décembre 2008

 

 

Télécharger discours N Sarkozy : [www.psydoc-france.fr]

Le Figaro note en effet que « lors d’une visite hier à l’unité de soins spécialisés d’Antony (Hauts-de-Seine), le président a présenté les réformes visant à mieux contrôler les patients dangereux ».
Le journal cite Nicolas Sarkozy, qui a déclaré qu’« il faut trouver un équilibre entre la protection de la société et la réinsertion du patient. […] Les malades potentiellement dangereux doivent être soumis à une surveillance particulière afin d’empêcher un passage à l’acte ».
Le quotidien aborde une « mesure phare : le renforcement de l’encadrement des sorties des patients. […] Elles feront l’objet d’un avis d’un groupe comprenant le médecin traitant, un cadre infirmier qui connaît le patient et un psychiatre extérieur à l’hôpital ».
« La décision finale appartiendra au préfet, une réforme qui sera assurément très discutée », remarque Le Figaro.
Le journal ajoute que « deux autres réformes vont être lancées. La première concerne l’internement d’office. […] La deuxième réforme concerne l’instauration d’une obligation de soins «effective» pour toute personne présentant des problèmes mentaux ».
Nicolas Sarkozy a ainsi déclaré : « De même qu’il existe l’hospitalisation sans consentement, il faut qu’il y ait des soins ambulatoires sans consentement ».
Le quotidien s’interroge : « Comment convaincre un malade de se soigner alors qu’il ne veut pas le faire ? », puis indique que « l’Etat devrait investir 30 millions d’euros pour la sécurisation des établissements psychiatriques. […] Par ailleurs, 40 millions d’euros vont être consacrés à la création d’une unité fermée dans chaque établissement qui le nécessite et à l’aménagement de 200 nouvelles chambres d’isolement à la sécurité renforcée. […] Quatre unités supplémentaires de 40 lits pour malades difficiles vont être créées ».
Le Figaro observe que « les soignants s’interrogent sur la mise en œuvre de la réforme », et note que « leurs positions se résument à deux points : donnez-nous plus de moyens, et attention à ce que le soin psychiatrique ne se résume pas au tout-sécuritaire ».

La Croix indique également que « Sarkozy veut mieux «sécuriser» les hôpitaux psychiatriques », et note que ces annonces « ont suscité la consternation de nombreux professionnels de la psychiatrie ».

Libération remarque pour sa part que « Sarkozy veut enfermer l’hôpital psychiatrique à double tour ».
Le journal note ainsi que « le président a déconcerté les médecins », relevant qu’« en plus de 50 ans de politique de santé mentale, jamais l’Etat n’a prononcé un discours aussi sécuritaire ».

De con côté, L’Humanité titre un article : « Les préfets nommés psychiatres en chef ! ».
Le quotidien retient que « surfant sur l’émotion suscitée par le meurtre d’un étudiant par un malade mental, Nicolas Sarkozy veut modifier les règles de l’hospitalisation d’office ».

Voir aussi Le Monde [www.lemonde.fr]

Commentaires associations professionnelles : FASM Croix-Marine [www.psydoc-france.fr]
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PostPosted: Fri 5 Dec 2008 - 13:03    Post subject: L’amalgame «maladie mentale-violence» Reply with quote

Sarko prends a bras le corps le probleme des hopitaux psychiatriques en instaurant une securisation maximum des hopitaux, il a meme alloue un budget de 30 million d'euros

A pau, rapellons nous des doubles meurtres de deux infirmieres tuees sauvagement par romain Dupuy, il a ete decide de renforcer les systemes de securite par l'emploi de vigiles, la securisation des batiments, renforcement de l'eclairage...

Ces mesures sont vont elles vraiment être efficaces pour renforcer et ameliorer la condition de vie du personnel et des malades dans les hopitaux ?

La question est posée ???
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LAO ZEU
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PostPosted: Sun 7 Dec 2008 - 12:16    Post subject: L’amalgame «maladie mentale-violence» Reply with quote

Analyse: Psychiatrie : la régression sécuritaire (Journal Le Monde)
Écrit par Cécile Prieur, Le Monde, le 5 décembre 2008   
05-12-2008

Jamais un hôpital psychiatrique n'avait encore reçu un président de la République en ses murs : la visite de Nicolas Sarkozy, mardi 2 décembre, au centre hospitalier spécialisé d'Antony (Hauts-de-Seine) devait donc faire date. Elle restera effectivement dans les annales mais comme un point de rupture, un moment de fracture entre la communauté médicale et les pouvoirs publics. Annonçant la multiplication des moyens d'enfermement au sein des établissements et un durcissement des conditions de sortie des patients hospitalisés d'office, le chef de l'Etat a surpris et choqué les professionnels du soin : l'ensemble des organisations publiques représentatives des psychiatres a dénoncé "une approche exclusivement sécuritaire de la psychiatrie, qui apparaît comme une régression inacceptable".

Alors que la psychiatrie publique traverse une crise profonde - crise de moyens, d'identité et de valeurs -, le discours de M. Sarkozy paraît au mieux inadapté, au pire dangereux. Prononcé trois semaines après le meurtre, le 12 novembre, d'un jeune homme par un patient schizophrène échappé de l'hôpital psychiatrique de Grenoble, il tourne le dos à toute amélioration de la prise en charge sanitaire pour ne retenir que des solutions de type carcéral : création d'unités fermées avec vidéosurveillance, multiplication des chambres d'isolement, pose de bracelet GPS aux patients en promenade, sorties décidées par les préfets après avis d'un collège de trois professionnels du soin au lieu d'un seul aujourd'hui... On ne saurait mieux faire passer le message que tout patient hospitalisé sous contrainte est un individu dangereux dont la société doit se prémunir.

La réalité est tout autre. Les 600 000 personnes souffrant de schizophrénie sont bien moins meurtrières, en proportion, que les amants jaloux ou les délinquants notoires. En 2005, sur 51 411 mis en examen dans des affaires pénales (crime ou délit), 212 ont bénéficié d'un non-lieu pour irresponsabilité pour cause psychiatrique, soit 0,4 % de l'ensemble. Aucune étude n'a prouvé scientifiquement que les malades mentaux seraient plus dangereux que la population générale. Mais il est démontré qu'ils sont les premières victimes des faits de violence, à cause de la stigmatisation dont ils font l'objet : selon le rapport de la commission "Violence et santé mentale" de l'anthropologue Anne Lovell, publié en 2005, la prévalence des crimes violents envers les patients en psychiatrie est 11,8 fois plus importante que par rapport à l'ensemble de la population ; celle des vols sur personnes est 140 fois plus élevée.

Multiplier les mesures d'enfermement au sein des hôpitaux psychiatriques pour se prémunir contre la violence éventuelle de malades mentaux est de toute façon illusoire : en psychiatrie encore moins qu'ailleurs, le risque zéro ne peut exister. Sauf à vouloir éradiquer la maladie mentale, abomination que seul le régime nazi a tentée, aucun psychiatre ne peut certifier qu'un individu ayant fait preuve de dangerosité ne commettra pas un nouvel acte violent un jour. Au contraire, la prise de risque est consubstantielle à la psychiatrie, elle est la condition même du soin. Même sous la contrainte, le traitement ne peut s'envisager que dans une perspective d'amélioration du patient : ce qui implique, si son état le permet, qu'il puisse progressivement retourner dans la cité et que les mesures attentatoires à sa liberté soient levées.

Il est en effet possible de soigner les malades mentaux dignement et de tenter de les réinsérer dans la société, sans avoir recours à des mesures aveugles d'éviction. Depuis la révolution aliéniste impulsée par Philippe Pinel en 1792, qui a symboliquement libéré les malades mentaux de leurs chaînes, à l'hôpital Bicêtre, c'est tout le sens de la démarche psychiatrique, qui tente de concilier les impératifs de sécurité avec les nécessités de soin. Grâce à l'invention des neuroleptiques dans les années 1950, les psychiatres et leurs malades ont pu progressivement s'ouvrir à la cité, s'insérer dans le tissu social, changer progressivement le regard de la société sur la folie. Depuis la création du secteur dans les années 1960, la France s'est engagée dans un mouvement de déinstitutionnalisations, visant à fermer progressivement les grands asiles.

UNE VOLONTÉ AVEUGLE D'ÉCONOMIES

Une politique de création des structures d'enfermement dans les établissements viendrait contredire ce mouvement en reconstruisant les murs au sein de l'hôpital. A moins qu'elle ne vienne parachever un mouvement de casse de la psychiatrie que dénoncent depuis plusieurs années les professionnels du soin. Focaliser sur les questions de sécurité a en effet un grand mérite : cela permet de ne pas s'attarder sur la grave crise que traverse cette spécialité et qui mine les pratiques soignantes. Depuis dix ans, la psychiatrie s'enfonce ainsi dans la paupérisation, dans l'indifférence polie des pouvoirs publics.

La politique de fermeture des lits - 50 000 en vingt ans - justifiée au départ par un souci d'ouverture de l'hôpital à la cité a été poursuivie avec une volonté aveugle de faire des économies. La pénurie de personnel médical - environ un millier de postes sont vacants sur 4 500 psychiatres publics - et la perte de savoir-faire infirmier depuis la fin de leur formation spécifique en psychiatrie ont transformé les hôpitaux en lieux de passage, qui n'accueillent plus que les patients en crise.

A peine stabilisés, les patients sont poussés vers la sortie : beaucoup d'entre eux, notamment les schizophrènes qui se sont marginalisés de leur famille, échouent dans la rue, faute de places suffisantes dans des structures relais à l'hospitalisation. Ces laissés-pour-compte trouvent de plus en plus un refuge paradoxal en prison, où ils sont incarcérés après avoir commis des délits sur la voie publique. Selon une étude menée en 2004, un détenu sur quatre présenterait des troubles psychotiques. Inimaginable il y a encore quelques années, la trilogie hôpital psychiatrique-rue-prison s'est ainsi installée dans le paysage de la santé mentale.

Rien ne devrait atténuer ce sombre tableau dans les prochaines années. Au contraire, les préoccupations essentiellement sécuritaires de M. Sarkozy en matière de psychiatrie ne devraient qu'accentuer la tendance à la pénalisation de la folie. Tout se passe comme si l'on cherchait à dénier à la psychiatrie sa fonction soignante et à lui assigner un autre rôle, celui d'enfermer et de surveiller. Peu à peu, les frontières se brouillent entre l'hôpital et la prison : la prise en charge des malades mentaux, elle, reste hors sujet.
Dernière mise à jour : ( 05-12-2008 )

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PostPosted: Sat 13 Dec 2008 - 07:45    Post subject: L’amalgame «maladie mentale-violence» Reply with quote





Point de vue
Nous refusons la politique de la peur
LE MONDE | 12.12.08 | 14h09

es annonces de Nicolas Sarkozy, le 2 décembre, au centre hospitalier spécialisé Erasme, à Antony, sont en remarquable continuité avec les décisions prises depuis l'époque où il était ministre de l'intérieur : loi sur la prévention de la délinquance, amputée de ses articles portant sur les malades mentaux, mais finalement réintroduits dans leur essence dans la loi de rétention de sûreté, fichier Edvige, et maintenant loi sur l'hospitalisation psychiatrique.


L'amalgame organisé depuis la loi du 30 juin 1838 entre ordre public et obligation de soins trouve aujourd'hui son achèvement en une identification du soin à la seule mesure d'ordre public au nom d'une dangerosité potentielle. Il s'inscrit dans un ensemble liberticide. Depuis environ trois ans, à chaque victime exemplairement médiatisée, répond une nouvelle loi répressive.


Cette logique démagogique ose avec arrogance déclarer ne connaître que les droits de l'homme pour la victime et subordonner les droits des "autres" à leur dangerosité. Logique de juriste besogneux qui se doit d'étalonner le droit à une justice d'élimination. Logique de violence sociale qui condamne la psychiatrie à repérer, contrôler et parquer à vie les marginaux, déviants, malades, désignés potentiellement dangereux. Logique de l'abus rendu légal, enfin, puisque cette dangerosité n'est ni définie ni précisément limitée, ouvrant la voie à une extension indéfinie des mesures qui la visent. Obsession qui transforme tout accident en événement intolérable, la moindre erreur en défaillance monstrueuse, légitimant des précautions sans cesse durcies et toujours condamnées à se durcir car on ne supprimera jamais la possibilité d'un risque.


A terme, nous ne serions même pas dans la mise en place d'un système de défense sociale - historiquement institué et toujours présent dans de nombreux pays européens - à côté d'un système de soins psychiatriques "civil", mais dans le formatage d'une "flic-iatrie" dans les murs d'un asile d'aliénés postmoderne comme dans la ville.


Nous tenons à alerter du danger les familles et leurs associations, les associations de patients et ex-patients. Le projet du président de la République n'est pas une obligation de soins ambulatoire, mais bel et bien une détention ambulatoire qui sur le plan des soins se résumerait à l'injection bimensuelle ou mensuelle d'un neuroleptique à action prolongée ou à la prise forcée d'un thymorégulateur. Sur le plan de la liberté individuelle, ce projet placerait le sujet sous un régime de liberté surveillée : tutelle à la personne, assignation à résidence, bracelet électronique. Tout cela sous l'égide des services préfectoraux, des services de psychiatrie publique... et de la famille.


Pourquoi, alors, pour les soignants rechercher et travailler le consentement libre et éclairé ? Pourquoi pour les services de psychiatrie se mettre dans l'obligation d'accueillir, d'écouter, de prendre soin, de soigner, d'accompagner un sujet souffrant, c'est-à-dire de le considérer dans sa dignité et sa singularité de personne, d'individu social et de sujet de droit ?


Disons aussi aux usagers et à tous les citoyens que le soutien affiché par le chef de l'Etat à la ministre de la santé pour son projet de loi "hôpital, santé, patients et territoire", son chantage public au soutien à ses réformes, confirme qu'il n'y a pas contradiction entre politique sécuritaire et politique de réduction des moyens pour la santé et le social. De plus, il semble aussi mettre fin à la psychiatrie de secteur comme psychiatrie généraliste.


Que de vigilance obligée, que d'énergie perdue pour défendre les moyens existants face au bulldozer administratif et comptable. Pour les internés, nous savons : des moyens pour des cellules d'isolement, des unités pour malades difficiles, des vigiles et des caméras de surveillance. Quant aux personnes qui seraient soumises au traitement psychiatrique ambulatoire contraint, selon quels critères une telle mesure serait-elle prise, ou levée ?


Que nous soyons contraints de répéter une fois de plus qu'il n'y a pas à assimiler crime ou délinquance et "maladie mentale", dangerosité et "maladie mentale", nous blesse au regard des décennies de luttes et de pratiques de progrès dans le champ de la santé mentale.
Que nous soyons contraints de répéter qu'il n'y a pas de risque zéro, que les politiques dites de "tolérance zéro" n'éliminent pas la dangerosité sociale, nous fait craindre que nous tendions - loi d'attaque sociale après loi d'élimination, outrances policières ou politiques après outrances policières - au système décrit et dénoncé par Hannah Arendt : le totalitarisme ne tend pas à soumettre les hommes à des règles despotiques, mais à un système dans lequel les hommes sont superflus.


Le type de pouvoir exécutif à l'oeuvre ne laisse rien échapper, intervient sans cesse sur les professionnels pour les sanctionner et les corriger au moindre accident. Il conduit ceux-ci à l'excès de zèle pour prévenir les risques de ce qui n'est même plus excusé en tant que "bavures". Au mieux, nous avons droit aux phrases compassionnelles du chef de l'Etat.



La banalité du mal s'installe en même temps que les scandales s'accumulent : pour les sans-papiers, il faut faire du chiffre ; pour éduquer les collégiens contre la drogue, il faut faire une descente musclée de gendarmes ; pour que "justice soit faite", il faut l'affaire consternante du journaliste de Libération ou encore la menace de centres de rétention pour SDF récalcitrants.


Il ne s'agit donc guère de sagesse populaire et de vertu républicaine, mais bien d'une idéologie populiste et d'une politique sécuritaire dangereuses, qui dans le même temps poursuivent au pas de course la démolition des services publics et une politique de santé entrepreneuriale et de paupérisation. Nous nous déclarons opposants résolus à cette idéologie et à cette politique. Nous déclarons que nous continuerons d'y résister concrètement et solidairement. Nous appelons tous ceux qui agissent à élaborer un manifeste constituant d'un front du refus.


Francine Bavay, vice-présidente de la région Ile-de-France chargée des solidarités et du développement social, les Verts ;
Alain Buzaré, psychiatre, responsable de service, Angers ;
Alain Chabert, psychiatre responsable de service, Chambéry ;
Franck Chaumon, psychiatre, psychanalyste, association Pratiques de la folie ;
Jean Danet, universitaire, Nantes ;
Gilles Devers, avocat, Lyon ;
Claude-Olivier Doron, philosophe et anthropologue de la santé, université Paris-VII ;
Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des droits de l'homme ;
Dominique Friard, vice-président du Serpsy, cadre de santé ;
Jean Furtos, psychiatre, directeur scientifique de l'Orspere/Onsmp ;
Claire Gékière, secrétaire de l'Union syndicale de la psychiatrie ;
Serge Klopp, cadre de santé, militant du PCF, Paris ;
Pénélope Komites, adjointe au maire du 12MD+eMD arrondissement chargée de l'action sociale, les Verts ;
Olivier Labouret, psychiatre responsable de service, Toulouse ;
Jean-Claude Laumonier, responsable du secteur santé de la LCR, cadre de santé retraité ;
Christian Laval, sociologue, Orspere/Onmsp, Lyon ;
Anne-Marie Leyreloup, psychiatre, présidente du Serpsy ;
Claude Louzoun, président du Comité européen : droit, éthique et psychiatrie, membre de l'Union syndicale de la psychiatrie ;
Jean-Pierre Martin, psychiatre, vice-président du Cedep ;
Jacques Michel, Institut des sciences politiques, Lyon ;
Marie Napoli, présidente de l'Union syndicale de la psychiatrie ;
Pierre Paresys, psychiatre responsable de service, Lille ;
Marie Rajaplat, vice-présidente du Serpsy ;
Pauline Rhenter, politologue, groupe de recherche en sciences sociales ville et santé mentale, Paris ;
Jean Vignes, secrétaire fédération SUD Santé-Sociaux.


Article paru dans l'édition du 13.12.08
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PostPosted: Sat 13 Dec 2008 - 19:54    Post subject: L’amalgame «maladie mentale-violence» Reply with quote

Un appel de l'Union Syndicale de la Psychiatrie (USP) et du Comité Européen Droit, Ethique et Psychiatrie (CEDEP) publié par la Ligue des Droits de l'Homme http://www.ldh-france.org/Appel-Politique-de-la-peur
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PostPosted: Mon 15 Dec 2008 - 19:17    Post subject: Libération Reply with quote

Société 15 déc. 6h51 Les psys appellent à un électrochoc
Le discours répressif de Nicolas Sarkozy, le 2 décembre, a mis la psychiatrie publique en ébullition. «Libération» publie «l'Appel» des 39 qui exprime le mécontentement du secteur.


ÉRIC FAVEREAU


Nicolas Sarkozy et Roselyne Bachelot en visite à l'hôpital psychiatrique d'Antony, le 2 décembre. (REUTERS)



L’onde de choc est violente. Depuis le 2 décembre et le discours de Nicolas Sarkozy à l’hôpital psychiatrique d’Antony (Hauts-de-Seine), où il a présenté «un plan de sécurisation des hôpitaux», le monde de la santé mentale est sens dessus dessous. Comme sidéré par ces annonces, formulées après l’agression mortelle d’un étudiant grenoblois par un patient de l’hôpital de Saint-Egrève (lire page ci-contre).
Le 2 décembre, le chef de l’Etat a parlé de réformes de la loi d’hospitalisation ; demandé la création de 200 chambres d’isolement ; exigé le contrôle des permissions de sortie ; proposé la systématisation des soins sous contrainte. Plus saisissant, il a suggéré l’utilisation de bracelets électroniques pour les malades, à l’instar des délinquants. Un discours perçu comme un terrible retour en arrière. En écho, se multiplient initiatives et prises de positions, parfois contradictoires. Jusqu’à cet «Appel des 39», ce week-end, demandant aux soignants de «sortir de la résignation» (lire page 4).


Vendredi soir, dans un local syndical à Paris, ils sont donc 39 à tenter d’apporter une réponse commune. Fait peu habituel, il y a là les représentants de presque tous les syndicats de psychiatres, mais aussi des psychologues, des psychanalystes, des infirmiers. Ils sont réunis à l’initiative d’Hervé Bokobza, psychiatre à Montpellier, à l’origine des Etats généraux de la psychiatrie en 2003. Ce fut, alors, un moment fort, mais qui n’a débouché sur rien. Cinq ans plus tard, la communauté des psys va-t-elle se réveiller ?


«En tant que jeunes internes, on se sent coincés. Les chambres d’isolements ? On y a été habitués. L’omniprésence des neuroleptiques aussi. Les psychiatres sont complices. C’est un appel aux plus vieux ! Réveillez-vous, prenez position», a lancé le président des internes en psychiatrie.


«La majorité de nos collègues ont été choqués par le discours du Président. Mais comment réagir ? Faut-il aller trop vite, trop loin ?» s’est interrogé Angelo Poli, qui dirige le Syndicat des psychiatres d’exercice public.«Attendez, lâche un confrère, dans mon petit hôpital de province, je me bats déjà tous les jours contre les consignes du préfet, qui veut restreindre toutes les sorties des malades. Je ne sais pas combien de temps je vais tenir.» Patrick Chemlat, psychiatre reconnu, qui dirige un secteur à Reims : «Des traitements obligatoires, en ambulatoire, c’est-à-dire quand les patients sont chez eux, jamais je ne pensais que je verrais cela.» Une colère, évidente, massive, s’est déversée durant la soirée. Et, au final, un appel. «Il y a plein d’îlots de résistance, il faut les unir», a insisté Hervé Bokobza.


Que va-t-il se passer ? Au sein de la psychiatrie française, la situation reste un brin confuse. Entre les tenants d’une réponse forte et ceux qui ne veulent pas se laisser enfermer dans un discours «pour ou contre la sécurité».


Reste que la psychiatrie publique va mal. Délaissée, ballottée au gré des faits divers. En vingt ans, elle a perdu plus de 100 000 lits, sans qu’ils soient, le plus souvent, remplacés par des structures intermédiaires. Pendant ce temps-là, les malades sont pris en charge, parfois avec chaleur, d’autres fois avec des pratiques inhumaines. Souvent, ils attendent des semaines avant d’obtenir une consultation. Et nombre d’entre eux sont renvoyés dans la rue ou en prison.


A lire aussi «La relance d’une politique de la peur»
Extraits de l’«Appel des 39», une pétition de soignants rédigée ce week-end :
Itinéraire meurtrier dans un système délaissé
Retour en Isère où, le mois dernier, un patient a tué un étudiant.
Relégation
Les psys sont en colère et l’objet de leur ressentiment porte un nom : Nicolas Sarkozy. On les comprend, à beaucoup...
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PostPosted: Sat 20 Dec 2008 - 23:01    Post subject: L’amalgame «maladie mentale-violence» Reply with quote

Un communiqué soft : "Comprendre l'émotion, garder la raison" Soins psychiatriques : Comprendre l’émotion, garder la raison
Paris, le 12 Décembre 2008


La visite du Président de la République dans un établissement de soins psychiatriques est une première à laquelle les organisations signataires ont été sensibles et chacun mesure l’importance de cet événement dans l’histoire de la psychiatrie française.

Toutefois, la focalisation excessive de l’allocution du Président de la République sur les seules questions d’ordre public et de sécurité a beaucoup surpris l’assistance rassemblant les représentants des usagers patients, familles et de la communauté professionnelle.

Aussi, les organisations signataires souhaitent rappeler que la sécurité de tous – patients, familles, concitoyens, soignants – est l’une des préoccupations constantes de la pratique soignante en psychiatrie.

Dans une mission de soins, elle y prend place d’une manière naturellement différente de celle des magistrats et des policiers mais les professionnels concernés savent que la maladie mentale peut porter la violence, surtout lorsqu’elle est mal soignée. La mesure et la prudence sont également de mise quant à la communication publique sur ces sujets, qui peut avoir un fort retentissement sur des personnes fragiles et suggestibles.

Plus généralement, il importe de souligner que l’immense majorité des 1 500 000 personnes qui chaque année ont recours aux services de psychiatrie ne présente aucun danger, vivent dans la cité et sont avant tout des concitoyens qui souffrent de leur pathologie, leurs fragilités les exposant en outre à être onze fois plus victimes de crimes violents que la population générale (Rapport de la Commission Violence et Santé Mentale- Anne Lovell – mars 2005). L’indication dans le discours présidentiel que les maladies mentales se situeraient aujourd’hui dans une trilogie de lieux possibles – hôpital, rue ou prison – reflète insuffisamment cette réalité.

C’est pourquoi, dans un esprit constructif qui permette de lever les malentendus et de promouvoir des soins psychiatriques de qualité qui sont le meilleur moyen de prévenir la violence et la première sécurité des patients, de leurs proches et de leurs concitoyens, les organisations signataires souhaitent formuler un certain nombre d’axes de réflexion et de propositions pouvant faire l’objet d’un futur projet de loi :

- Une explicitation de la politique en psychiatrie et santé mentale doit être mise en œuvre par les pouvoirs publics dans une approche globale intégrant les travaux de la Commission Couty et une réforme sanitaire de la Loi de 1990 veillant à un juste équilibre : qualité des soins, respect des libertés individuelles et légitime souci de sécurité de nos concitoyens. A cet égard, la possibilité de soins sans consentement en ambulatoire et la création de 4 UMD évoquées dans le discours du Président répondent à un réel besoin d’adaptation de notre dispositif de soins et de prévention.

- Une poursuite de l’humanisation des hôpitaux psychiatriques en matière de réhabilitation des locaux et des infrastructures dans une cohérence d’ensemble où les moyens de sécurité matériels ne remplaceront jamais un personnel compétent en nombre suffisant.

- Une spécialisation des personnels infirmiers qui depuis 1992 expriment un grand besoin de formation complémentaire et qui pose réellement la question de la transmission du savoir faire infirmier en psychiatrie.

- Des mesures spécifiques concernant la démographie médicale dans une discipline exigeant une couverture territoriale s’articulant avec l’ordre public et le respect des libertés individuelles, et où le niveau de technicité doit être à la hauteur de la gravité des décisions à prendre et des responsabilités engagées.

- Un soutien effectif des familles et des proches aidant les personnes malades.

Liste des organisations signataires
Pr Franck BAYLE, Chargé de mission médico-légale du Syndicat Universitaire de Psychiatrie(CASP)

Dr Olivier BOITARD, Président de l’Union Syndicale de la Psychiatrie (CASP)

M. Jean CANNEVA, Président de l’Union Nationale des Amis et FAmilles de Malades psychiques (UNAFAM)



M. Yves-Jean DUPUIS, Président de la Fédération des Etablissements Hospitaliers et d'Aide à la Personne (FEHAP) 

Dr Pierre FARAGGI, Président Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (CASP)

Mme Claude FINKELSTEIN, Présidente de la Fédération Nationale des Associations d’(Ex) Patients en Psychiatrie(FNAP-Psy)

Dr Yvan HALIMI, Président de la Conférence des Présidents des Commissions Médicales d’Etablissement des Centres Hospitaliers Spécialisés


Dr Alain MERCUEL, Président de l’Intersyndicale de Défense de la Psychiatrie Publique (IDEPP : SPEP - SPS)

Dr Olivier LEHEMBRE, Président de la Fédération Française de Psychiatrie (FFP)

Mme PERRIN-NIQUET Annick, Présidente du Comité d’Etudes des Formations Infirmières et des pratiques en Psychiatrie (CEFI-PSY)

M. Roland LUBEIGT, Président de l’Association Des Etablissements participant au service public de Santé Mentale (ADESM)

Dr Roger SALBREUX, Président de l’Association Française de Psychiatrie

Pr Jean-Louis SENON, Président du Collège de Recherche et d’Information Multidisciplinaire en Criminologie de l’Université de Poitiers (CRIMCUP)

Dr Pierre STAEL, Président du Syndicat des Psychiatres Français

M. Gérard VINCENT, Délégué Général de la Fédération Hospitalière de France (FHF)



Contact presse
LUSSIEZ Cédric - Directeur de la communication
Email : c.lussiez@fhf.fr
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PostPosted: Sun 28 Dec 2008 - 09:30    Post subject: Un schizophrène dangereux recherché près de Marseille Reply with quote

Un schizophrène dangereux recherché près de Marseille
27 déc. 20h32

    Un homme schizophrène de 39 ans considéré comme dangereux s'est échappé d'un hôpital psychiatrique de Marseille et est activement recherché.
    «L'homme s'est échappé de l'hôpital psychiatrique Edouard Toulouse dans la nuit de vendredi à samedi. En 2004, il avait été mis en examen pour le meurtre d'un octogénaire. C'est un individu à priori schizophrène et dangereux. Il est recherché activement», a indiqué le parquet de Marseille.
    Des auditions de membres de sa famille sont actuellement en cours pour tenter d'identifier ses points de chute éventuels.
    La préfecture de la région Provence Alpes Côte d'azur a confirmé l'évasion de cet homme, Joël Gaillard, qui était hospitalisé d'office, une mesure prononcée pour des raisons sanitaires et sécuritaires.
    En 2004, il avait été mis en examen pour le meurtre à coups de hache d'un octogénaire, compagnon de sa grand-mère, Germain Trabuc, à Gap (Hautes-Alpes) mais il avait été déclaré pénalement irresponsable en raison de son état psychiatrique et bénéficié d'un non lieu.
    En mars 2007, le fils de la victime, Michel Trabuc, a porté plainte contre l'établissement psychiatrique Edouard Toulouse et le préfet de région à qui il reproche d'avoir autorisé Joël Gaillard à sortir de l'hôpital en décembre 2003. «Quelques mois plus tard, en mars 2004, il tuait mon père», a-t-il regretté samedi, joint par téléphone par l'AFP. Une enquête a été ouverte à Marseille à la suite de cette plainte, selon Michel Trabuc.
    Joël Gaillard avait été placé une première fois en 2001 à l'hôpital Edouard Toulouse après avoir tenté de tuer un maréchal-ferrant d'un centre équestre des Hautes-Alpes.
    Nicolas Sarkozy a annoncé le 2 décembre une réforme de l'hospitalisation d'office après le meurtre, mi novembre, d'un étudiant par un malade échappé d'un hôpital psychiatrique à Grenoble. Les syndicats d'infirmiers et de psychiatres avaient alors dénoncé une réforme «dictée sous le coup de l'émotion».
    (Source AFP)
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    PostPosted: Mon 29 Dec 2008 - 09:02    Post subject: L’amalgame «maladie mentale-violence» Reply with quote

    newsletter SERPSY

    - Discours du Président de la République à Erasme - Antony

    - SINISTRE 2 décembre : Guy Baillon

    - Suivi du sinistre du Président de la République. Le 4 décembre 2008. Guy Baillon

    - Nouvel appel de Bondy le 07 décembre 2008

    - Réactions de Martin Bolon ( infirmier de secteur psychiatrique)

    - Après le drame de Grenoble,

    les organisations du secteur psychiatrique appellent le gouvernement à sortir de l'improvisation
    sur le site des ASH - Communiqué de Presse du Syndicat Sud du 02/12/2008

    - Communiqué de presse des Croix Marine
    LE CHEF DE L'ETAT TROUVE DES MOYENS POUR RENFORCER LA COMPOSANTE SECURITAIRE DE LA PSYCHIATRIE

    - Nous sommes tous de dangereux schizophrènes récidivistes ! Olivier Mans - Serpsy

    - COMMUNIQUE DE PRESSE du 3 décembre de la coordination nationale infirmière en réaction aux propositions de NS.

    - Tract syndical du 03/12 d'Erasme à Antony

    - Communiqué du Parti Communiste Français. La psychiatrie sous tutelle du ministère de l’intérieur ?

    - Communiqué de presse de MICHELE CANET, Conseillère générale des Hauts de Seine, membre du conseil d’administration de l’Hôpital Erasme

    - Un article de Ouest France du 03/12/2008 Le patient psy plus vulnérable que violent de Claudine QUIBLIER

    - Non à la sarkopsychiatrie sécuritaire. Communiqué de la LCR

    - La psychiatrie n'est pas une discipline sécuritaire Hervé Bokobza - psychiatre

    - Suite à la visite du Centre Erasme d’Anthony par le Président de la République - Serge Klopp

    - Au secours, revenez Jean-Baptiste Pussin et Philippe Pinel, « Ils » sont devenus « fous » ! Yves Gigou

    - Le communiqué de l'UNAFAM (...)

    - Le communiqué de la FNAPSY

    - TROP C'EST TROP, une réponse au discours du Président de la République Joseph Mornet

    - Humeurs @Marie Leyreloup infirmière de secteur psychiatrique, cadre de santé

    - Ceci concerne tout le monde et pas que les personnes qui travaillent en psychiatrie : Natacha DVERINE, infirmière en psychiatrie qui pense et qui aime son métier

    - Communiqué de Médecins du Monde région PACA

    - APPEL de UTOPSY

    - Effets de manche, Effets d'annonce - Isabelle Aubard Infirmière de secteur psy, cadre de santé.

    - Réactions au discours du 2 décembre - Emmanuel Digonnet

    - Nouvel appel de Bondy 93 le 7 décembre 2008 LE PLAN SANTE MENTALE 2008

    - Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République à propos de son discours du 2 décembre 2008 - Michaël GUYADER Chef de service

    - Réponse au discours du Président de la République Cécile Gerbier, famille d'usager

    - Communiqué de presse des CEMEA : la psychiatrie en danger

    - Soins psychiatriques : Comprendre l'émotion, garder la raison

    - Colère CLOUET Marie-Laure infirmière de secteur psychiatrique

    - Communiqué de presse de l'AFPEP-SNPP

    - C'est la psychiatrie qui devient folle Dominique Sanlaville

    - La dangerosité de Nicolas Sarkozy est-elle géolocalisable ? Sylvie Tranchant-Rousseau membre du mouvement www.ensemblepourunesantesolidaire.fr

    - Réactions à l'intervention du Président à l'hôpital d'Anthony Advocacy France

    - Communiqué du SPEP

    - Communiqué commun des syndicats de la psychiatrie publique mercredi 24 décembre 2008



    Après le discours du 2 décembre 2008

    * Nous refusons la Politique de la peur
    Mise en ligne sous forme de pétition pour signer: http://www.uspsy.fr/spip.php?article756

    * LA NUIT SECURITAIRE « Appel des 39 » Mise en ligne sous forme de pétition à signer : http://www.collectifpsychiatrie.fr/phpPetitions/index.php?petition=1
      


    Votre mobilisation s'avère donc toujours aussi cruciale pour Troy DAVIS
    " Le combat pour la justice et contre l'injustice mené par les militants d'Amnesty International ont allumé un feu brûlant pour les droits humains et la dignité humaine. Vous m'inspirez, vous m'honorez, et pendant que je prie que ma famille et ceux que j'aime gardent la force et la droiture, je partage cette lutte avec vous, je partage nos victoires, et, sachant ce que vous me donnez en force et en courage, je partage avec vous ma vie." Troy Davis
    Pétition à signer en urgence


     
    Encore de l'actuatité brûlante :

    * Pour les enfants de 3 ans : oui à la prévention, non à la prédiction Communiqué de presse du 2 /12/2008

    * APPEL (National) DES ORGANISATIONS SYNDICALES CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES, UNSA. : journée nationale de mobilisation interprofessionnelle le 29 janvier 2009

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    PostPosted: Mon 29 Dec 2008 - 20:58    Post subject: L’amalgame «maladie mentale-violence» Reply with quote

    Dr Olivier Boitard, président du Comité d'action de la psychiatrie et chef du service de psychiatrie du CHI de Clermont-de-l'Oise
    Hospitalisation de malades jugés dangereux : "La confiance est la meilleure des sécurités"
    LEMONDE.FR | 29.12.08 | 14h37


    Les fugues, ce week-end, de deux patients, dont l'un jugé dangereux, de l'hôpital psychiatrique Edouard-Toulouse de Marseille, ont relancé le débat sur les conditions d'hospitalisation de patients susceptibles de présenter un danger pour autrui. Olivier Boitard, président du Comité d'action syndical de la psychiatrie et cosignataire de l'"Appel des 39 : la nuit sécuritaire au crépuscule de la psychiatrie", revient sur les difficultés des hôpitaux psychiatriques et les mesures présentées début décembre par Nicolas Sarkozy pour les "sécuriser".


    Les hôpitaux psychiatriques ne sont-ils pas tiraillés entre deux missions : offrir des soins aux malades mentaux et garantir la sécurité, à la fois des patients et de l'ensemble de la société ?


    Olivier Boitard : Tout d'abord une précision sémantique. On a entendu parler ces derniers jours d'"évasions" de patients malades mentaux, or quand on quitte un hôpital psychiatrique sans autorisation, c'est une fugue. Le terme évasion est réservé aux détenus carcéraux.

    Les sorties sans avis médical sont relativement fréquentes et généralement sans conséquences. Quelquefois, des patients se réfugient dans leur famille, mais en général, après discussion, ils sont réintégrés sans aucune difficulté. Pour les quelques rares cas de patients qui, dans le passé, ont eu des comportements dangereux, la meilleure prise en charge est de leur offrir les meilleurs soins, de façon à ce qu'ils n'aient pas envie de quitter le lieu d'hospitalisation.


    A-t-on évalué le nombre de patients psychotiques jugés dangereux ? Comment les soigner ?


    C'est un tout petit nombre. Au CHI (centre hospitalier intercommunal) de Clermont-de-l'Oise, deux ou trois patients nécessitent une surveillance particulière. On a un pavillon spécialisé, dans lequel on observe au départ une surveillance très stricte. Grâce aux traitements actuels, psychothérapeutiques ou médicamenteux, les patients se stabilisent et très progressivement, on leur permet de sortir, d'abord dans une cour ou un parc, accompagnés, puis ensuite, seuls. Mais en psychiatrie, on a fermé beaucoup de lits et il est de plus en plus rare d'avoir un pavillon fermé dans un service.


    Les récents faits-divers occultent le fait que les malades mentaux sont les premiers victimes d'agressions, voire d'auto-agressions. Comment gérez-vous leur protection dans les services psychiatriques ?


    Il peut arriver qu'on mette quelqu'un en chambre d'isolement, en général pour une durée relativement courte, pour éviter qu'il soit agressé par d'autres patients. Nous cherchons également à créer dans les pavillons une ambiance permettant aux patients d'être moins stressés et d'être moins tentés par l'agression. Mais le personnel manque de plus en plus. Auparavant, on comptait cinq infirmiers en moyenne dans un pavillon de vingt lits. Aujourd'hui, on ne compte plus que deux infirmiers, voire parfois un infirmier et un aide-soignant. On est ainsi à la limite de la sécurité au niveau de la surveillance. Et du côté des médecins, il y a aussi pénurie : on estime qu'entre cinq cents et six cents postes de médecins psychiatres sont vacants dans le public. Il y a deux explications à ce problème : les difficultés à recruter dans certaines régions, mais aussi les contraintes budgétaires qui font que, pour des raisons financières, on ne renouvelle pas les départs à la retraite. 


    Le président de la République a promis plus de moyens pour les unités de malades difficiles. N'est-ce pas un geste positif ?


    Ce n'est pas la priorité. La priorité, c'est plus de moyens globaux pour soigner les patients. Ce qui nous choque, c'est qu'au lieu de proposer un plan pour l'ensemble des soins psychiatriques, on n'offre des moyens qu'à l'aspect sécuritaire de l'hospitalisation.


    Nicolas Sarkozy prône en effet la création d'un fichier de patients jugés dangereux, le port du bracelet électronique et la généralisation de la vidéosurveillance dans les centres hospitaliers. Craignez-vous l'intrusion du carcéral au cœur des lieux d'hospitalisation ?


    Absolument. Il faut un bon équilibre entre la protection de la société et le soin. Nous sommes face à des patients qui ont été reconnus, parfois même par la justice, comme nécessitant des soins. Quand on est malade, on doit d'abord être protégé soi-même et être soigné. Mon inquiétude, c'est qu'avec davantage de mesures de contraintes, les patients vont refuser les soins, se révolter, voire fuguer davantage. Or avec ces patients, il faut avant tout créer progressivement un climat de confiance. C'est la meilleure des sécurités.


    Peut-on appliquer la logique du "risque zéro" à la psychiatrie ?


    C'est une illusion. Malheureusement, même avec les mesures carcérales les plus folles, on n'arrivera pas au risque zéro. Dans les prisons, des détenus parviennent à s'évader. On n'empêchera donc jamais une fugue. Ce qui est important, c'est d'abord d'avoir des moyens au départ pour bien surveiller les patients, quand il y a des risques importants. Il faut ensuite, dans un second temps, des moyens pour libéraliser progressivement les conditions d'hospitalisation et redonner de l'espoir aux patients.


    Propos recueillis par Mathilde Gérard
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    PostPosted: Thu 8 Jan 2009 - 08:47    Post subject: L’amalgame «maladie mentale-violence» Reply with quote

    documentaire reportage (M6)_Zone_interdite_-_Les_maladies_mentales

     

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