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Découragée... par ce TBP

 
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Luciole
Bipote Diamant

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Joined: 28 Dec 2011
Posts: 4,006

PostPosted: Mon 19 Aug 2013 - 17:46    Post subject: Découragée... par ce TBP Reply with quote

Bonjour à tous,

Je commence par le positif : l'impermanence, heureusement...

Sinon, cela fait maintenant 3 ans et demi que je vis avec ma bipolarité diagnostiquée, avec mon traitement (téralithe LP400, séroplex, tranxène, imovane).
Je crois que j'ai toujours du mal. Je sais bien que je suis bipolaire, je sais bien quelles sont les choses à éviter etc...
Malheureusement, j'ai un gros coup de blues : je crois que je ne réalise vraiment que cet été que ce trouble est là, à jamais....
Plus jamais je ne serai celle que j'ai été jusqu'à mes 33 ans... certes anxieuse, mais fiable, battante, jamais absente au travail, etc....

Aujourd'hui, malgré ma complience, mon hygiène de vie (OK parfois, en vacances, je fais des écarts car j'aime le soir...), malgré tous mes garde-fous, je vois que je suis arrivée, semble-t-il, à un stade où je suis relativement stabilisée mais à jamais fragile....

Je m'angoisse terriblement car j'ai pris cet été 4 semaines de vacances pour assumer un déménagement mais aussi pour faire un gros break pour reprendre le travail en super forme : raisonnement idéaliste et qui ne marche pas, question de la super forme...

Je reprends le travail lundi prochain, et j'ai la trouille, une trouille bleue, de ne pas réussir à tenir....

Au lieu de m'endurcir, j'ai l'impression d'être de plus en plus en mode tortue sans carapace....
Et pourtant, je cherche, je cherche : que pourrais-je faire pour adapter ma vie à ma maladie ?

En 2013, j'étais passé à 80% : cela n'a pas suffit, j'ai eu trop de crises d'angoisse et donc d'arrêt maladie....

Je me sens (aujourd'hui particulièrement car en angoisse) complètement démunie : je ne vois pas comment adapter ma vie, ie, il faut bien le dire = mon boulot.....

J'ai les larmes au bord des yeux : ce boulot me plaît mais, je ne me sens pas bien vis à vis de mon équipe et de mon chef : sur le fond, je suis compétente, personne ne le remet en cause, mais sur la forme : gros souci : mon chef stresse lui-même, il me l'a dit car il ne sait jamais (tout comme moi) quand je vais être arrêtée pour me reposer.... je me sens mal vis-à-vis des personnes que j'encadre.... et vis-à-vis de ma hiérarchie. Parfois (même si heureusement que je ne passe pas à l'acte), j'aimerais démissionner pour ne pas que mes soucis déteignent sur l'organisation du service....

J'espérai un second trimestre "remontée à bloc" pour reprendre les rennes et lutter contre les arrêts etc....
Mais là, à une semaine, je me sens comme une serpillère..... alors je m'inquiète très fortement.

Mais, il n'y a pas, il va falloir que je tienne. D'une manière ou d'une autre.
Ou alors, mais la encore c'est de l'utopie (?), m'arrêter un bon coup pour faire une cure de sérénité, de soin pour l'anxiété etc ....

Je suis perdue.

Comment faites-vous avec le travail ?
Comment assumez-vous ?
Comment assumez-vous vos éventuels arrêts de travail ?
Avez-vous changer de travail pour vous adapter à votre pathologie ?
Bref, quelles ont été vos "stratégies" face une vie devant s'incliner devant la maladie ?

D'avance, je vous remercie

Luciole
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PostPosted: Mon 19 Aug 2013 - 17:46    Post subject: Publicité

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gutierrez
Bipote Turquoise

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Joined: 29 Apr 2008
Posts: 454

PostPosted: Mon 19 Aug 2013 - 18:51    Post subject: Découragée... par ce TBP Reply with quote

Bonjour Luciole,

Je viens de découvrir ton message. Je constate comme le déménagement t'a épuisé nerveusement. Accepte le! C'est normal !

Je vais te dire mes différentes stratégies que je mets en place en amont comme un matelas pour amortir mes chutes " baisses d'énergies ":

1) le Qi Gong et/ ou Tai chi m'aide bcp à m'apaiser car je peux le pratiquer chez moi,

2) la méditation en groupe car je ne suis pas toujours disposée à faire de la méditation seule,

3) auto-massage, j'ai différents" artifices " comme le JOYA ( constitué d'une prise manuelle en bois, d'une pierre(boule semi-précieuse aventurine, cristal de roche, hématite, jades, jaspe, quartz rose, unakite, améthyse, etc...) www.fr.joya.biz
Je masse les points qui me font mal surtout dans le dos, mollets et plantes des pieds quand j'ai des crampes!

4) un bol tibétain " chantant " que je me pose sur le ventre et avec une petite masse le fait vibrer le son qui se dégage génére un massage des organes intérieurs

5) le hasard a voulu qu'actuellement j'ai deux psyquiatres. je me suis rendu compte que c'est une excellente formule d'avoir 2 psyquiatres.
Je me sens plus " autonome " face au travail de thérapies. Un psyquiatre réalise une thérapie Cognitvo Comportementale et l'autre prescriptions médicales et thérapie analytique classique.

6) je participe à un centre de soins ambulatoires en psyquiatrie avec des très nombreuses activités :
- Groupe de parole,photo langage, Tai Chi, affirmation de soi, estime de soi, théâtre, écriture, étirement.
Biensûr je ne participe pas à toutes les activités. J'essaie au moins de me maintenir à une activité fondamentale pour moi le Tai CHI et ensuite je pratique surtout les matins les mouvements chez moi.

7) je me suis enregistrée la lecture de " Body Scan " ( Balayage Corporel ) et je l'écoute tous les soirs au moins une fois!

8) le site " bipolife " également m'aide bcp à me rendre compte de mes erreurs de comportement que je dois corriger.

Comme en ce moment j'ai un énorme stress avec mes nombreuses démarches pour obtenir mon prêt immobilier alors j'ai besoin pratiquement de... 10 heures de sommeil. Alors Je suis très vigilante à mon repos et même parfois je m'offre des siestes sans sauter mes repas ni petit déjeuner. Il me reste peu de temps ensuite pour faire mes démarches.
Je me félicite énormément quand j'ai réussi à réaliser des étapes positives pour l'avancement de mes projets ainsi je baisse bcp min niveau de stress en
" m'auto-remerçiant pour la qualité des résultats obtenus ". Quand ils sont négatifs alors je me confie auprès d'amies soit au téléphone ou à auprès de participantes d'un cours d'ARt Thérapie avec une excellent relation entre les participantes.

Voilà quelques techniques que j'utilise en ce moment mais j'en ai d'autres car parfois j'ai besoin de me ressourcer autrement. En ce moment vois du monde me fatigue bcp alors je reste le maximum de temps que je peux dans mon appartement. J'ai besoin de me couper de l'extérieur pour trouver des forces. En ce moment c'est ainsi mais ce n'est pas toujours le cas.
Malheureusement il n'y a pas une façon de faire valable à 100% tout le temps. Le site " bipolife " donne différentes indications intéressantes.

Quoiqu'il en soit la mutualisation et partage de nos " outils " pour traverser les étapes difficiles est un soutien collectif sur le forumbipote qui m'a redonné bcp d'ouverture et d'optimisme afin d'aborder la maladie sans en faire un drame!

J'espère t'avoir... un peu aidez!
Amitiés
gutierrez
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gutierrez
Bipote Turquoise

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Joined: 29 Apr 2008
Posts: 454

PostPosted: Mon 19 Aug 2013 - 19:27    Post subject: Découragée... par ce TBP Reply with quote

rebonjour Luciole,

petite vidéo avec massage joya
http://www.youtube.com/watch?v=241N93VMRCw

gutierrez
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Deca
Bipote Turquoise

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Joined: 28 Jul 2010
Posts: 151

PostPosted: Tue 20 Aug 2013 - 09:33    Post subject: Découragée... par ce TBP Reply with quote

Bonjour Luciole,

12 ans que j'ai repris le travail non stop et plutôt fier de l'exploit (il y a pourtant eu de nombreux moments de doutes et de burn out)
Auparavant 4 années noires (dépression/TS/Hospitalisation/accès maniaque/dépression/accès maniaque/hospitalisation longue/Accès maniaque/...), Congé longue durée (ça n'aide pas beaucoup surtout lorsqu'on cherche à se reconstruire seul), découverte de la bipolarité, rencontre de ma compagne actuelle, apparition d'un traitement adapté et... grande volonté de reprendre le travail (être en arrêt n'est pas l'idéal).

Depuis 3 ans mes conditions de travail se sont dégradées (je n'arrive plus à donner du sens à mon métier d'enseignant et l'environnement se dégrade matière/élèves/parents : je vois noir)
Décision de changer de métier pour m'orienter vers l'administratif (gestionnaire comptable), j'effectue mes débuts dans une semaine et j'angoisse aussi. Je quitte un métier par choix mais je quitte aussi des avantages certains pour un métier peut être encore plus contraignant (à voir). Selon mon psy, les difficultés du métier d'enseignant sont indépendantes des troubles bipolaires (je vais vérifier).

Je ne sais pas si j'ai des conseils à donner mais je dirai :
1- Une vie saine (Couple/alimentation/alcool/habitat/finances : on essaie de faire au mieux avec parfois aussi des dérapages)
2- Un traitement adapté (L'arrivée tant attendue du Dépakote vers 2002 a été pour moi salvatrice)
3- Des loisirs, sport si on peut, ils sont marrants ces médecins qui conseillent de faire des sports co, moi c'est plutôt vélo, jardinage et musique

Tu sembles te plaire relativement bien dans ton environnement de travail, ce serait dommage de le quitter (il n'est pas la cause de ta bipolarité). J'aurai tendance à déconseiller l'arrêt long (trop difficile de revenir et pas souvent efficace), il faut essayer de tenir et si le travail devient trop douloureux (regarder ailleurs sans attendre d'être au plus bas - un véritable choix positif - une transaction est peut être possible avec ton employeur actuel).

S'incliner ? Non jamais, tu n'as jamais été aussi proche de la stabilité et tu vas vers de belles et longues années (certes, comme tu dis, avec certaines fragilité, comme tous à mieux maîtriser). Tes atouts, tu les as, tu les gardes. Nous, bipolaires, pouvons être reconnus comme des éléments de valeurs dans des équipes de travail.

Courage
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brett
Bipote Emeraude

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Joined: 30 Dec 2008
Posts: 36

PostPosted: Tue 20 Aug 2013 - 09:36    Post subject: Découragée... par ce TBP Reply with quote

Bonjour Luciole,

J'ai été diagnostiqué bipolaire fin 2007, je sortais d'une période "bénéfique" de quelques années, avec très peu de passage à vide et aucun arrêt de travail.

pendant ce temps, ma période professionnelle était prolifique avec des "coups de génie" et quelques erreurs grossières dues à mes périodes basses où j'étais très en manque de confiance. Mes "coups de génie" faisaient passer pour incompréhensible mes erreurs grossières.

Donc fin 2007, je suis entré en dépression grave et pour longtemps, je suis resté en arrêt près de trois ans.
A la fin, le service médical de la CPAM m'a proposé une mise en invalidité partielle à 50 %, ce que dans mon "délire", j'ai accepté sans accepter.

C'est à dire qu'au lieu de reprendre mon travail à mi-temps, je me suis estimé indispensable et j'ai repris le travail à temps complet et beaucoup trop tôt. Ce qui a eu des conséquences désastreuses sur mon "image de marque".
Actuellement, je suis encore en arrêt de travail depuis trop longtemps.

Pourtant, à bien y réfléchir, la solution était pérenne et intéressante : j'aurai pu aménager mon temps de travail en fonction de mes périodes hautes et de mes périodes basses et en plus ça faisait un handicapé en plus dans le quota obligatoire de l'entreprise. Tout le monde y aurait été gagnant.

Je ne dis pas que c'est une solution miracle pour tous, mais je crois que ça vaut le coup de l'étudier. Elle permet d'être au clair dans sa tête en culpabilisant moins sur les arrêts et d'avoir une position claire au sein de l'entreprise.

Voili, voilou, j'espère t'avoir été un peu utile.

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Luciole
Bipote Diamant

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Joined: 28 Dec 2011
Posts: 4,006

PostPosted: Tue 20 Aug 2013 - 10:04    Post subject: Découragée... par ce TBP Reply with quote

Merci à tous les 3 pour vos réponses et expériences de vie.
Je vais voir avec mon psy (lui a toujours tendance à dire que je dois continuer sur ma voie) car effectivement, ce n,'est pas mon travail qui ne me plait pas, mais l'image de mon état face au travail...
Merci encore et bonne journée,

Luciole
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Deca
Bipote Turquoise

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Joined: 28 Jul 2010
Posts: 151

PostPosted: Tue 20 Aug 2013 - 10:20    Post subject: Découragée... par ce TBP Reply with quote

Je crois que nos psys ont raison, mais ils ne sont pas à notre place.

Je vis la même situation (pour mes supérieurs, je suis très bon et moi je me juge insuffisant, en dessous de tout)
Je n'ai pas réussis à faire concorder des dates (quand on travaille, pas facile) pour un stage en psycho éducation, cela m'aurait peut être aidé à obtenir une meilleure image de moi.

Courage Luciole
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Robbain
Bipote Saphir

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Joined: 18 May 2012
Posts: 736

PostPosted: Wed 21 Aug 2013 - 02:19    Post subject: Découragée... par ce TBP Reply with quote

Bonjour Luciole!

Je viens tout juste de finir ma première année de retour au travail depuis mon arrêt maladie et le diagnostic de TBP. Bilan: j'ai tenu le coup, mais j'ai fini sur les genoux. J'ai dû changer de traitement et je suis toujours en adaptation avec le nouveau. En reprenant le travail, j'en ai reparlé avec ma directrice. Je lui ai annoncé que ma priorité était ma santé et que nous devrions trouver des solutions au stress et à la pression vécue au travail. Moi aussi, j'adore ce travail, mais il me gruge beaucoup d'énergie. J'ai pas de solution. Pour le moment, je me concentre à garder la tête froide et à ne pas m'emballer. Je me propose de prendre un jour à la fois et chaque chose en son temps.

Côté hygiène de vie, j'ai encore du chemin à faire. Moi aussi, je sais tout ce que je dois faire et pas. Je suis très conscient de l'importance de la régularité du sommeil, des repas et tout le reste. Le problème, c'est que je n'accepte pas très bien toutes ces limites et parfois, je m'en balance. Resultat, je file tout croche pendant quelques jours et ça affecte mon rendement au travail. Depuis le changement de traitement, mon niveau d'énergie est plus fluctuant et moins bon en général. Bref, je devrais faire plus attention.

Bonne chance à toi et fais-toi confiance. Tu vas y arriver, une journée à la fois et chaque chose en son temps. Inutile de t'en faire pour ce qui n'est pas encore arrivé.

Amicalement xx

Robbain
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Luciole
Bipote Diamant

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Joined: 28 Dec 2011
Posts: 4,006

PostPosted: Wed 21 Aug 2013 - 09:35    Post subject: Découragée... par ce TBP Reply with quote

Bonjour à vous,

Déca : c'est vrai qu'il est difficile de faire tout concorder lorsque l'on travaille....

Robbain : merci pour ton message; je retiens les phrases les plus sages et encourageantes pour moi et que je dois garder en mémoire de ta réponse, à savoir :
Quote:
Pour le moment, je me concentre à garder la tête froide et à ne pas m'emballer. Je me propose de prendre un jour à la fois et chaque chose en son temps.
--> pour l'instant, c'est là, où je m'emballe trop vite..... il faut que j'essaie de faire ce que tu me dis, qu'en réalité mon psy m'a déjà dit...

Quote:
fais-toi confiance. Tu vas y arriver, une journée à la fois et chaque chose en son temps. Inutile de t'en faire pour ce qui n'est pas encore arrivé.
--> là encore, il faut que je grave ça quelque part ! Je suis trop dans le "et si telle grosse catastrophe" "et si" etc.... ça me bouffe, alors qu'au fond, si j'étais moins dans l'anticipation négative (mais je n'arrive pas à me corriger et j'en souffre), cela irait sans doute pas trop mal.

J'espère que, de ton côté, le nouveau traitement va t'être bénéfique.

Merci à vous deux de vos réponses.

Bonne journée à vous,

Luciole
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Tyramisu
Bipote Emeraude

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Joined: 11 May 2013
Posts: 32

PostPosted: Wed 21 Aug 2013 - 12:01    Post subject: Découragée... par ce TBP Reply with quote

Bonjour Luciole,

Ton post et ses réponses m'interpellent et réveille en moi tout mon parcours très laborieux au travail.

Depuis 10 ans que je suis diplômée infirmière je ne suis jamais restée bien longtemps chez un employeur (genre 6 mois maximum) : toujours un projet qui démarrait, reprise d'étude pour faire Sage Femme (foirée car gros down 6 mois avant la fin), un an de préparation pour vivre au Canada visa en poche et j'y reste...3 mois.
Beaucoup beaucoup de démarrages, peu de terminaisons. Je vivais pour bosser et comme la maladie m'entravait je pratiquait l'évitement en démissionnant ou tombait en burn out d'épuisement.

Je vivais en fait un peu dans un délire, n'ayant même pas conscience à chaque fois du danger (et les finances qui s'évaporaient avec..) parce que les arguments ah ben je suis très bonne pour en donner pour justifier un nouveau projet. Je ne faisait pas d'arrêt maladie (n'en ayant même pas conscience que j'en avais besoin) mais démissionnais.

Jusqu'au jour où....je n'ai pas pu me relever . J'étais affaiblie au début de l'année dernière, et j'ai conçu à ce moment là ( et pour notre plus grande joie a mon conjoint et moi) un merveilleux bébé.
Patatra grossesse épuisante car humeur en rade, entourage qui comprends pas et me vois comme une chochotte qui veux se faire dorloter.... C'était terrible parce que je culpabilisais, me disais que j'allais me relever comme d'habitude, que c'est transitoire... Eh bien non ma dépression pendant ma grossesse m'a permis en quasi alitement forcé, de comprendre, de faire le point : les dix dernières années ont été chaotiques parce que j'ai une maladie invalidante, qui demande une sacrée hygiène de vie, de l'écoute de soi mais aussi une bonne résilience face à l'incompréhension (et l'ignorance!) des autres.

Je suis désormais comme toi: affaiblie. J'ai beau faire cela ne sera plus comme avant et il faut l'accepter. On ne récupère plus comme avant n'est ce pas ?

Quand je te lis il y a beaucoup de culpabilité vis à vis de ton travail : faut pas ma belle, tu n'as pas choisi d'être malade, et en plus d'avoir cette maladie insidieuse et invisible.

Le travail c'est important, cela donne de quoi manger et valorise. Mais quand tu as des freins pour l'exercer sur la durée et la qualité eh bien il faut se résoudre à se faire aider : invalidité, MDPH.
Je n'aurais jamais penser arriver à les demander et bien à 33 ans j'en suis plein dedans ! Ca sert à rien de vouloir persévérer dans une méthode inadaptée : tu as des freins, accepte-le. Entoure toi de personnes conseils qui vont t'aider à trouver des réponses adaptée (psychiatre, assistante sociale, médecin du travail, famille) et poursuis ta vie en te soignant.

Cela va te paraitre bizarre mais je dirais que les gros craquements dans notre vie avec notre maladie nous permettent quelques part de rebondir, de comprendre que l'on dois changer. Cela prends du temps de le comprendre et de l'accepter mais une fois cela fais eh bien on vit !!

Courage, la route est encore longue mais la lumière pointe
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Luciole
Bipote Diamant

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Joined: 28 Dec 2011
Posts: 4,006

PostPosted: Wed 21 Aug 2013 - 13:49    Post subject: Découragée... par ce TBP Reply with quote

Merci Tyramisu pour ton témoignage.

Il y a des choses dans ce que tu écris qui me font sourire (pas que je me moque bien au contraire, mais où je me retrouve....) : en particulier : "je vivais pour bosser"....
Et oui, le travail fut longtemps pour moi mon guide, et même mon refuge vis-à-vis des problèmes ... Au début de ma carrière et ce presque jusqu'au déclenchement de ma phase maniaque : je travaillais de 8h à 20h.... quand j'y pense, j'ai même honte vis-à-vis de mes enfants qui étaient tout petits...

Déjà, ma maladie m'a permis, comme tu l'expliques, de redéfinir mes piliers ! C'est déjà un grand pas pour moi. Mes priorités sont désormais mes enfants, mes amis et seulement après mon travail. Mais ce dernier reste pour moi un pilier majeur... mais je ne peux plus, ne serait-ce que physiquement, assumer, du moins sur-travailler comme avant (je me souviens quand même de mes "délires" d'avant : j'allais au travail le dimanche pour que tout soit en ordre le lundi... ça va pas la tête? à l'époque, cela me permettait d'être ce que je pensais devoir être....).

Même lors de ma phase maniaque, je me souviens les avoir bassiné aux urgences sur le fait qu'ils décidaient ce qu'ils voulaient (le 16/09/09).... mais que le 01/10/2009 : je devais être opérationnelle pour mon nouveau job (celui que j'ai toujours aujourd'hui)....
Ah ça, je fus au travail le 01/10/2009... mais je n'avais plus de mari à compter de ce même jour et je n'ai tenu que 7 mois avant d'entrer dans un an d'arrêt et de grave dépression.....
La claque totale.

Depuis, j'ai appris grâce à la maladie.
Mais pas encore assez...
Je sais désormais que je ne serai plus celle qui peut tout endosser, travailler dur, trop, oublier que le travail n'est là "que" pour vivre.....

Pour l'instant, ton témoignage comme celui des autres bipotes, me touchent, me font encore réfléchir.
J'ai déjà accepté, avec mon psy, de préparer un dossier MDPH, vu la longueur de la procédure, pour le cas où cela deviendrait nécessaire (notamment pour des astreintes qui me stressent particulièrement).
Il essaie de me faire entrer dans la tête que même si je pense être à 50% ou 70% de mes capacités au travail, c'est pas grave ie personne n'est jamais dans un 100 mètres en permanence.

Je l'ai vu ce matin : il pense que je peux travailler mais qu'il faut vraiment que j'accepte le principe de ne pas "être au taquet" en permanence sinon, je finis toujours épuisée... il vaut mieux aller tranquillement et tenir que de courir et chuter.
La théorie, c'est bon, désormais, je l'ai bien comprise. Mais, pfff, je ne sais pas comment je fais, à chaque fois je fais attention un ou deux jours et après, je reprends un rythme effrené et ..... désormais, comme tu le dis, on récupère moins vite ou on s'épuise plus vite, donc je tombe...

Donc, bon, je reprends le travail lundi 26/08 : mon challenge va être de faire juste ce qu'il faut, pas plus. Ne pas me proposer pour tel ou tel projet si on ne m'y invite pas, ne pas me récupérer (par mon comportement, j'en suis consciente), tous les "singes". Il faut que je quitte mon rôle de "Saint Bernard" au boulot, et que je réapprenne la technique du "ping pong" que m'avait enseigné mon premier chef : le but, c'est de garder une balle (un problème, un dossier etc) le moins longtemps possible dans son camp ....

De toutes façons, vu l'année 2013, du moins le premier semestre, je n'ai plus qu'à faire juste le nécessaire, prendre le cap qui s'impose à moi : je travaille pour l'épanouissement et pour "manger" comme tu dis et pour vivre mes enfants et moi, sans l'épée de Damoclès répétée de l'arrêt du à une mauvaise position/ mauvaise vision de mon travail. Car les arrêts alimentent mon angoisse et ma panique / TBP et .... font peur à mes enfants (les 2 plus grands) : eux aussi ont encore le trauma de l'année d'hospit etc....

Malgré tout ce que je viens d'écrire... je ne me fais pas confiance : une fois dedans, je risque de retrouver mes travers, jusqu'à ce qu'une nouvelle claque me remette les idées en place.

Bon, allez, si, il faut que j'y crois !
Déjà : on est mercredi donc, stop : je vais essayer de profiter de mes vacances au moins jusqu'à samedi. Il sera temps dimanche d'avoir mal au ventre etc...

Encore merci pour ton témoignage Tyramisu.
Nous sommes tous différents, donc, j'espère trouver en moi, avec les aides que tu cites, les adaptations qui me correspondent

Luciole
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hanafuda
Bipote Emeraude

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Joined: 07 Apr 2013
Posts: 38

PostPosted: Fri 25 Oct 2013 - 21:22    Post subject: Découragée... par ce TBP Reply with quote

Bonjour luciole,

Je me pose aussi pas mal de questions sur mon boulot et comment trouver un compromis avec ma situation de manager intermédiaire avec une bonne grosse pression de boîte internationale. J'ai demandé un statut cotorep à la MDPH, et je le garde au cas où. Je vais essayer de glisser en douceur en prenant des jours mais je me sens hyper coupable. J'ai toujours bossé à fond même en phase down. Là j'ai du mal à envisager de lever le pied. Je ne me sens pas bien et j'aimerais l'officialiser mais j'ai peur d'être mis au placard. Existe t il d'autres alternatives sinon tenir bon et réduire mon rythme ? Je suis un peu paumé.
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