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Stabilisation: à quel prix?

 
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Questions / Réponses
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fdbl
Bipote Turquoise

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Joined: 14 Oct 2010
Posts: 188

PostPosted: Tue 3 Dec 2013 - 10:22    Post subject: Stabilisation: à quel prix? Reply with quote

Bonjour à tous,

J'aimerais avoir un échange avec certains / certaines d'entre vous qui peuvent se sentir concernés par le sujet.

J'ai 40 ans, diagnostiquée depuis une vingtaine d'années et après quand même pas mal d'errements dans les traitements et des hospitalisations traumatisantes, je suis globalement stable, mis à part quelques petites alertes de temps à autre.

Progressivement j'ai organisé ma vie autour de la bipolarité, pour éviter les facteurs de risque de bascule. J'ai notamment arrêté de travailler depuis 7 ans, et suis en invalidité.

Malgré les thérapies, je reste d'une sensibilité maladive dans les relations avec autrui, ce qui me joue des tours. Et c'est même peut être pire qu'avant, car bien sûr, ne travaillant plus, je ne me suis plus confrontée à cela depuis longtemps.

Ainsi, les quelques projets que je tente pour sortir de ma routine et de mon quotidien (dans lequel bien sûr je m'ennuie....ce qui peut me donner des petits symptômes subdépressifs) tournent mal, et je dois m'en détourner.

J'ai l'impression que je n'ai plus le choix: vivre en ermite ou presque, et "aller bien" (vaguement déprimée quand même, mais rien de méchant, c'est lié à l'ennui...). Je ne vois vraiment plus quoi faire, quoi tenter, qui pourrait m'intéresser et me sortir un peu...

Je précise que je vis à la campagne... que je ne suis pas manuelle pour deux sous... et que je ne me suis jamais imaginée femme au foyer...

Si je dresse la liste des renoncements, tout en sachant que je n'ai pas eu le choix puisqu'il en allait de la santé, c'est dur...
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PostPosted: Tue 3 Dec 2013 - 10:22    Post subject: Publicité

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luciel
Bipote Turquoise

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Joined: 27 Nov 2013
Posts: 344

PostPosted: Tue 3 Dec 2013 - 17:42    Post subject: Stabilisation: à quel prix? Reply with quote

Bonjour à toi,
Je lis beaucoup de souffrance dans ton post. Je crois vraiment que ce n'est pas parce qu'on est bipolaire qu'on doit vivre dans le renoncement. Il y a, c'est vrai, des choses qu'il faut virer de sa vie (les mauvais stress, les gens toxiques) mais on peut aussi, "nous les bipolaires", grâce à nos personnalités souvent riches et créatives, apporter beaucoup aux autres, tu sais. Puisque tu ne travailles pas et es à la campagne, néanmoins, es-tu près d'un village, d'une ville ? Peux-tu te déplacer (voiture, vélo, mobylette)? Si c'est le cas, pourquoi tu n'essaierais pas d'aller de temps à autre dans une asso ? Je suis moi-même originaire de la campagne bretonne et je sais qu'aujourd'hui, on peut y faire des choses : sport, culture, cuisine, chant... Je sais, des fois, on n'a pas le courage, mais hélas, cette option-là nous amène à un cercle vicieux. Je te souhaite de retrouver de la force et je t'envoie mille pensées amicales.
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girl anachronism
Bipote Saphir

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Joined: 12 Dec 2011
Posts: 1,126

PostPosted: Wed 4 Dec 2013 - 09:41    Post subject: Stabilisation: à quel prix? Reply with quote

Bonjour Fdbl,

Quels sont les projets que tu as eu ?
Qu'est-ce que tu entends par "tourner mal" ?
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selven
Bipote Saphir

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Joined: 02 Jul 2013
Posts: 668

PostPosted: Wed 4 Dec 2013 - 10:11    Post subject: Stabilisation: à quel prix? Reply with quote

bonjour , moi aussi je lis beaucoup de souffrance.....
tu es encore jeune , tu as même a la campagne beaucoup de chose a faire . moi il y as 20 maison ou j habite .
si je peut me permettre , il es toujours difficile quand le morale es bas pour pouvoir entreprendre des choses!!!!!!!!!
tu ne parle pas de ce que tu aime ?????? ou de ce qui te ferais plaisir??????????
je bosse au resto du cœur et je peut te jurais que ça m apporte beaucoup.
il y as beaucoup de choses a faire soit en sure .
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luciel
Bipote Turquoise

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Joined: 27 Nov 2013
Posts: 344

PostPosted: Wed 4 Dec 2013 - 10:26    Post subject: Stabilisation: à quel prix? Reply with quote

bonjour selvven,
je suis d'accord avec toi, qu'est-ce que c'est difficile de se bouger quand on est "down" ! Oui, une asso comme les Restos du coeur, ça permet de voir d'autres gens, de se sentir utile, de s'impliquer dans la vie sociale, tu as raison.
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fdbl
Bipote Turquoise

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Joined: 14 Oct 2010
Posts: 188

PostPosted: Wed 4 Dec 2013 - 12:57    Post subject: Stabilisation: à quel prix? Reply with quote

Merci à tous de vos réponses.

J'ai essayé par deux fois de m'impliquer dans des associations qui m'intéressaient: je suis tombée sur des gens qui jouaient aux "petits chefs" étant sûrement frustrés par ailleurs dans leur vie professionnelle. J'ai mis les voiles, bien sûr.
J'ai tenté une activité photo, j'étais plutôt douée et surtout j'avais alors l'inspiration pour le faire. Ca a pas mal marché, j'ai fait de belles expos. Puis plus d'inspiration, plus désir, mon oeil n'était attiré par rien.
J'avais décidé en septembre de reprendre des études, celles qui m'auraient toujours plu au lieu de celles que j'avais faites. J'ai débuté une L3 de Lettres, j'étais ravie au début, même si cela me demandait une organisation assez compliquée. J'avais l'impression de revivre, et de retrouver ma jeunesse (clin d'oeil, là!)
Et pas de chance, j'ai eu des soucis avec un enseignant, par deux fois, et j'ai eu la "chance" de recevoir ainsi un mail hyperagressif de sa part avec copie à la moitié des profs. En soi, cela n'avait rien de motivé, sauf que c'est tombé sur moi (quel hasard! ) et que d'autres auraient pu trouver cela anecdotique.
Ca a réveillé une bonne palanquée de mauvais souvenirs, je n'ai pas pu faire avec, et même après avoir répondu posément et gentiment à cette "agression", j'étais détruite: plus de motivation, plus d'envie, rien.
Etant encore de nature impulsive, je ne me suis pas donnée longtemps pour réfléchir: une semaine après j'arrêtais tout, sachant que j'allais me confronter à un gros vide.

Bien sûr désormais l'humeur commence à aller dans les pâquerettes...

Donc j'en suis revenue de nouveau à me dire que la bipolarité me pourrit sacrément la vie, et que quoique je tente pour sortir de mon isolement, pour refaire marcher mon cerveau, avoir quelques objectifs, eh bien... ça foire.

C'est même difficile d'en parler avec mon entourage: mes amis "tolèrent" mais sans plus, mon mari comprend mais pour lui, tant que je ne suis pas dans un accès franc, c'est l'essentiel (et c'est bien sûr vrai aussi), lui ne regrette pas son activité professionnelle (on a beaucoup d'écart d'âge, il est en retraite et a vécu ce qu'il voulait vivre), et quant à mes parents, selon eux, c'est bien connu, ce sont les psy qui rendent les gens malades (donc sujet bipolarité et souffrance de leur fille unique à éviter depuis 20 ans!)

Bien à vous tous et bon courage
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girl anachronism
Bipote Saphir

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Joined: 12 Dec 2011
Posts: 1,126

PostPosted: Wed 4 Dec 2013 - 18:14    Post subject: Stabilisation: à quel prix? Reply with quote

Tu sais Fdbl, la façon de voir les psys, c'est une question de génération. Ma tante doit avoir l'âge de tes parents, je pense que ce serait dur si elle était ma mère Very Happy

Quant à ton mari, je pense qu'il essaye de se protéger aussi. Il a sûrement besoin de se mettre à distance de ta bipolarité. Mon père a mis du temps à comprendre mais il a tendance à ne pas trop s'impliquer tant qu'il n'y a pas de crises suffisamment graves selon lui. Donc, disons que étant à cycles très rapides, dans plus de 90% des cas, il voit ça de l'extérieur.
Je ne lui en veux pas car je sais qu'il a besoin de se protéger et s'il peut m'aider dans les crises les plus sévères, alors c'est l'essentiel.

Tes mauvaises expériences sont des manques de pot. Tu es tombée sur de mauvaises personnes mais rien ne te dit que ça se reproduira. Et puis, maintenant tu as du recul, de l'expérience. Tout ce qui ne tue pas rend plus fort, n'est-ce pas ?

J'essaye de trouver le côté positif de toutes choses. C'est difficile mais on finit par trouver ! Si la bouteille est à moitié vide, elle est forcément aussi à moitié pleine !
Tu as réussi à faire preuve de sang froid face au mail hyper agressif ! ça t'a peut-être démolie mais tu es capable de prendre de la distance par rapport aux événements et tu as su réagir en conséquence.

Tu as été impulsive et tu as quitté une semaine après. Mais n'était-ce pas mieux ainsi ? Est-ce que cela aurait été encore agréable de rester dans un endroit après cet incident ? Tu avais voulu faire ça pour le plaisir. Comme il ne pouvait plus y en avoir, tu as arrêté.
ça devait se passer comme ça, c'était dans la logique des choses.
Même si tu savais que tu allais "être confrontée à un gros vide" comme tu dis, tu étais en accord avec toi-même.

Petit à petit, en cherchant le +, on rumine de moins en moins le négatif.

Bon courage
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bipolarité
Bipote Turquoise

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Joined: 29 Nov 2011
Posts: 486

PostPosted: Thu 5 Dec 2013 - 11:34    Post subject: Stabilisation: à quel prix? Reply with quote

bonjour à toutes et à tous
fdbl : il est difficile parfois de faire ce que l'on a envie, ce qui compte c'est de le faire au moment où on est bien...
les phases hautes et basses ne survenant pas dans un rythme vraiment régulier il est bien évident qu'il n'est pas facile de tenir une activité..
bon courage
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Bipote
Admin_Bipote

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Joined: 07 Jul 2007
Posts: 10,982

PostPosted: Sat 7 Dec 2013 - 15:19    Post subject: Stabilisation: à quel prix? Reply with quote

Bonjour fdbl,

Quote:
Si je dresse la liste des renoncements, tout en sachant que je n'ai pas eu le choix puisqu'il en allait de la santé, c'est dur...


Je sens également beaucoup de résignation dans ton témoignage comme si le prix à payer pour ta tranquillité face au trouble devait passer par le sacrifice. Tu me diras, c'est bien l'objectif et les limites de la psychiatrie que de se borner à la simple disparition des symptômes. Comme tu le prouves, cela ne fait pas pour autant une vie des plus épanouie. Nous pouvons "faire pour" (traitements, hygiène de vie, gestion du stress) mais pour moi, le rétablissement c'est plutôt faire ce que l'on désire et cela ne doit pas se résumer à une simple question médicale. Il s’agit simplement pour la personne de s’en sortir, pouvoir se dégager d’une identité de « malade psychiatrique », développer un nouveau sens et un nouveau but à son existence tout en recouvrant une vie active et sociale. Ce qui comprend de pouvoir surmonter les conséquences de la maladie mentale qui sont principalement et selon de nombreuses études : l’exclusion de la société, la pauvreté, un habitat infériorisé, l’isolement social, le chômage, la perte de rôles sociaux valorisés et d’identité, la perte du sens de soi et de perspectives dans sa vie. Malheureusement pour nous, le projet médical est le seul qu'on nous propose et il prévaut au projet de vie.

Quote:
Donc j'en suis revenue de nouveau à me dire que la bipolarité me pourrit sacrément la vie, et que quoique je tente pour sortir de mon isolement, pour refaire marcher mon cerveau, avoir quelques objectifs, eh bien... ça foire.

Tu arrives à cette conclusion après avoir reçu un mail agressif avec un enseignant, je ne souhaite pas minimiser cet événement mais il ne faut pas non plus que tu en arrives à une croyance définitive sur tes impossibilités à travailler. Tes difficultés pour moi, c'est plutôt ta manière d'interpréter les situations et si tu souffres d'impulsivité, il y a des solutions pour cela. Nous savons très bien nous descendre et nous focaliser sur les obstacles, c'est pour cela que nous pouvons avoir besoin d'une aide extérieure plus objective avec nous-mêmes.

Nous avons déjà discuté sur les thérapies analytiques, que pense ton thérapeute de tout cela? Tu connais mon point de vue et pour moi si nous pouvons observer que cela stagne, ce n'est pas la peine d'insister. " Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles." Sénèque

Ne perd pas confiance en toi et garde l'espoir dans tes possibilités à vivre une vie qui a du sens,
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belvega
Bipote Emeraude

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Joined: 27 Nov 2013
Posts: 70

PostPosted: Sun 8 Dec 2013 - 09:56    Post subject: Stabilisation: à quel prix? Reply with quote

Bonjour fdbl,

Avec l'âge et l'expérience, j'ai découvert un principe : le principe de réalité. Les évènements et les autres ne sont pas maîtrisable. La seule chose qui est maîtrisable c'est ta posture de vie et la manière dont tu "choisis" de réagir aux évènements et aux relations avec autrui.
Je reconnais dans ton parcours le côté impulsif, absolutiste et l'hypersensibilité qui emprunt la personnalité du bipolaire. Il faut à mon sens lutter contre ça si tu veux t'insérer socialement pour exister.
Il y a beaucoup de méthodes qui existent pour ajuster ta posture de vie au principe de réalité : TCC, méditation, etc.
Personnellement, j'ai fait un coaching en communication, qui s'est soldé par un bel état mixte mais qui par ailleurs à bouleversé ma posture vis à vis des autres : je suis devenue moins atteignable et également moins égocentrique.
Par exemple : une personne qui t'agresse peut être remise à sa place en lui signifiant que tu n'acceptes pas qu'elle te parle comme ça.
Aujourd'hui, tu sembles choisir la fuite, tu peux également choisir de faire face, choisir de t'estimer aussi, notamment dans ton droit à te défendre, à exister telle que tu es et ne pas te laisser marcher dessus.
Travailler ton estime de soi peut faire partie d'un projet thérapeutique je pense. En tout cas, il me semble qu'il faut t'estimer un peu plus pour t'aider à "prendre ta place" vis à vis d'autrui.
Voilà, j'espère ne pas te heurter dans mon propos et avoir visé juste.
Le travail sur soi dont je parle est un cheminement, un processus à mettre en place et à entretenir. ça ne peut jamais devenir un acquis en soi mais ça peut se renforcer avec une écoute attentive de soi.

J'espère que les avis que tu trouveras ici t'aideront à cheminer.
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fdbl
Bipote Turquoise

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Joined: 14 Oct 2010
Posts: 188

PostPosted: Sun 8 Dec 2013 - 09:59    Post subject: Stabilisation: à quel prix? Reply with quote

Bonjour ami Bipote,

C'est toujours un réel plaisir de te lire, et tu sais trouver les mots justes, être réconfortant...

Oui, il y a de la résignation et de la souffrance dans mon message, et je pense que nous le ressentons tous à différents niveaux et à différents moments. Je crois qu'il y a plusieurs raisons à cela, la première étant que l'on ne peut "accepter" la maladie et ses conséquences. Car il n'y a qu'un sentiment de grande injustice, et à part être croyant et avoir la Foi je ne vois pas comment c'est possible.

Comme tu l'indiques, on peut "faire pour" et c'est déjà un grand objectif dans un premier temps. Alors on chemine, on apprend sur la maladie et son expression particulière chez soi, on met en place des stratégies, on se surveille...Serait ce aussi "faire avec"? Déjà, il faut reconnaître que c'est un sacré boulot, que cela dure longtemps, que c'est énergivore et que parfois on aimerait bien oublier tout cela, mais bien sûr on n'a pas vraiment le choix. Qu'aussi la fréquentation de la psychiatrie sur le long terme n'est pas franchement réjouissante...
Pour ma part, je me félicite déjà régulièrement de ne plus connaître d'hospitalisation (cela va faire 13 ans!), et tout particulièrement comme la dernière fut assez traumatisante.

Je crois que peut être nous sommes un peu amenés de toute façon à intérioriser ce rôle de "malade", à la fois car nous fréquentons beaucoup les médecins de fait, et que nous savons que nous avons une épée de Damoclès sur la tête, qu'il faut rester attentif car c'est chronique. Sans compter le fait que les médecins peuvent avoir tendance à nous considérer comme des "malades" et c'est tout.

Comme tu l'écris, "selon de nombreuses études, les conséquences de la maladie mentale sont principalement : l’exclusion de la société, la pauvreté, un habitat infériorisé, l’isolement social, le chômage, la perte de rôles sociaux valorisés et d’identité, la perte du sens de soi et de perspectives dans sa vie."

Régulièrement, je me dis que somme toute ça va plutôt bien: j'ai une famille unie, j'ai réussi à avoir des enfants, je suis à l'abri du besoin.

Quant à la "perte des rôles sociaux valorisés et d'identité, la perte du sens de soi et des perspectives dans sa vie" là ça fait mal.
C'est un peu comme si j'avais dû couper une partie de moi même pour aller mieux (!?)

Et je te cite encore "Malheureusement pour nous, le projet médical est le seul qu'on nous propose et il prévaut au projet de vie. ": d'accord à 100%. Le projet médical est ce qui permet de se garder en vie, d'une certaine façon. Et quant au projet de vie, ensuite, on se retrouve bien seul. Et il ne faudrait surtout pas à mon avis que cela soit "médicalisé", institutionnalisé dans un cadre psycho-social, sachant que là encore on se remet l'étiquette de "malade", de "patient". Sauf qu'on est quand même bien seul et un peu cabossé par rapport à cela je crois... Alors, auprès de qui? Comment? Ca reste peut être à inventer...

Pour revenir sinon à l'objet de mon message, bien sûr que ce mail d'enseignant allait au delà de quelques mots blessants. Il tapait exactement là où ça fait mal, réveillant de vieilles blessures qui sinon se tiennent bien sages.
Ce sont des choses que j'identifie assez facilement, par mes expériences d'analyse. Je dirais donc que j'identifie ainsi le "pourquoi", ce qui est important à mes yeux.
Mais, surmontant mes réticences, j'ai engagé en thérapie comportementale il y a quelques mois (tu savais que ce n'était pas trop mon truc a priori, mais je voulais voir par moi même). Et très nettement, l'axe de travail est plus sur le "comment" et permet de bien cerner de quelle manière on est amené à renforcer certains comportements. Cela fait progresser
Pour moi, je reste contente d'avoir cette approche antérieure par l'analyse, mais je pense qu'on peut se contenter du "comment" si cela convient.
Quant au travail en TCC.... visiblement il y a encore du pain sur la planche pour moi!

Et quant à construire un chemin de vie... je verrai... mais le comment m'échappe toujours
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fdbl
Bipote Turquoise

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Joined: 14 Oct 2010
Posts: 188

PostPosted: Sun 8 Dec 2013 - 10:36    Post subject: Stabilisation: à quel prix? Reply with quote

Bonjour Belvega

Merci de ton message.

Pour te répondre, je vais préciser un peu plus les choses, toutes mes excuses si cela est un peu fastidieux à lire...

Ma première réaction face à ce courriel fut de prendre de la distance, de me donner du temps.

Je précise par ailleurs que c'était à 15j du début des examens, donc un moment où j'avais prévu de travailler correctement, sans prise de risques pour autant (je suis dans l'ensemble "dispensée d'assiduité", j'assiste à peu de cours: charge de famille + "instruction en famille" de mon fils de 9 ans cad que je lui fais classe à mi temps)

Ensuite, réaction 2: très tentée de répondre, même si je trouvais ridicule d'argumenter et "polémiquer" ainsi.
Mais "ça ne passait pas" et surtout j'étais devenue incapable de travailler.
J'ai donc pris le temps de rédiger quelque chose de poli, courtois, factuel, indiquant très nettement donc mais gentiment ce que j'en pensais. J'ai pris soin de faire relire ce message à mon entourage avant envoi, aux destinataires identiques du fameux courriel du prof.

etape 3: le mal était fait de toute façon. Je n'arrivais plus à avoir envie de travailler, j'avais perdu 10 jours, et la motivation s'était envolée.
Je précise que je reprenais ces études dans un simple but de plaisir, pas pour le diplôme. J'avais donc à côté de moi une belle pile de cours, et l'incapacité de me contraindre à travailler. Car il ne restait plus que la contrainte, aucune envie.

étape 4: là est la part d'impulsivité à mon avis: j'ai prévenu la fac que je ne passais pas les examens (des épreuves étaient organisées pour moi seule compte tenu de mon dispense d'assiduité).
Je ne pouvais pas travailler, je ne voulais pas y aller "en touriste" totale, c'était mon choix.
Mais surtout j'ai dit que j'arrêtais totalement mon année, ce qui là était excessif.
Mais réparable: de toute façon, je suis inscrite pour l'année... et j'ai pris soin depuis d'aller faire un tour à la fac pour repréciser cette question de second semestre.

Reste à savoir si l'envie revient?

Tout ceci rencontrait également le fait que j'avais été déçue du contenu des enseignements, déçue aussi du niveau des cours.
Et rencontrait quelques expériences "étranges" comme l'accueil en réunion de rentrée par le responsable de la formation, une jeune enseignante qui vous dit (une quarantaine de jeunes étudiants en face), avec un grand sourire, que l'assiduité est le principe, que sinon il faut prévenir pour "qu'on ne s'imagine pas que vous êtes dans votre baignoire en train de vous ouvrir les veines " ! (?)

Sinon, tu as visé juste, globalement la fuite est un mode de défense assez classique chez moi...Je suis d'ailleurs en train de me dire que ma perte de motivation encore maintenant est une forme de fuite inconsciente: ça a fait mal (un peu) donc je me débrouille pour tuer le désir et le plaisir qui allait avec... après c'est facile de dire j'arrête car plus envie!

Merci Belvega, ton post m'a mise sur cette piste!

A bientôt, bonne journée à toi et ton entourage
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SteBipo75
Bipote Turquoise

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Joined: 29 Sep 2012
Posts: 148

PostPosted: Thu 12 Dec 2013 - 22:11    Post subject: Stabilisation: à quel prix? Reply with quote

Bonjour fdbl,

Il y a plusieurs moyens, dans l'idéal, de traiter des symptômes psy, au delà du traitement médicamenteux.
Soit faire un travail sur soi pour être capable d'affronter les circonstances pénibles de la vie, soit bazarder les occasions d'être confronté à ce qui fait mal. Et bien sûr, tout comportement réel est un dosage, savant ou pas, conscient ou pas, entre ces deux attitudes.

Moi je sais que pour être tranquille, j'ai fait une grosse croix rouge sur ce qui ne me convenait pas. Résultat, je ne travaille pas, j'ai peu d'amis et je sors peu. Disons que j'ai mis le curseur plutôt radicalement du côté de la fuite et de l'isolement. D'autres, sur le forum, se battent pour rester dans le coup et participer à la société, et cela leur réussit pas trop mal.

Mais ce qui est vrai, c'est que l'on est plus ou moins déterminé par notre degré de résistance à la réalité, par la puissance de notre désir, par nos souhaits profonds et nos idéaux et que la réponse de chacun est singulière, personne ne peut proposer son propre exemple en modèle car nous sommes tous inégaux face à la maladie et au réel.

Tout ça pour dire que c'est toi seule qui peut savoir sur quoi tu veux, dois, peux renoncer et sur quoi tu te le refuses absolument. Essaie de faire le calme en toi pour entendre la petite voix qui te guidera vers les bons choix. Et surtout n'écoute pas la voix du surmoi qui te dit "fonce !" pour mieux te ramasser à la petite cuillère ensuite.

Je crois que l'on n'est confronté à rien qui soit au dessus de nos forces, mais il faut y croire !

Bisous à toi.
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