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Désertification affective et intime
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épona
Bipote Turquoise

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Joined: 19 Sep 2013
Posts: 231

PostPosted: Sun 29 Dec 2013 - 20:55    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Un besoin de désert et de détachement, d'évoluer dans l'invisibilité et la solitude ...
Je me sens tellement mal d'être si absente pour mes proches et fermée à la communication. Mais d'un autre côté, je ne sens pas la force en moi d'être autrement. Ni l'envie, ce qui est peut-être plus grave.

Est-ce que cela serait commun aux personnes atteintes d'un trouble de l'humeur ?

Je suis heureuse de chérir ceux que j'aime et de pouvoir profiter d'eux un moment, mais cette joie très vite s'évanouit pour laisser place à un immense sentiment inexplicable de tristesse et de frustration quand je suis avec les autres. Je m'ennuie, je m'assombris, je m'échappe, je me sens lourde et envahie, forcée dans la communication. Je me contrains par amour pour ceux que j'aime ou par respect pour ceux qui m'entourent ou me croisent. Mais je me sens partir. Je ressens un indescriptible besoin de mettre les autres à distance, de condamner toute intimité. Un peu comme si j'attendais d'être à l'ombre de toute présence pour laisser fleurir mes émotions, mes désirs, mes rêves, mes pensées. J'ai le sentiment de me mettre en veille quand je parle aux autres, de simuler.
Tout me blesse, le moindre raccourci, la moindre parole coupée. Je ressens comme une immense mélancolie lors des dialogues courants, des discussions triviales. Je m'alourdis tout d'un coup, mes pensées sont comme assommées, tout devient laborieux et triste, plat et sans fantaisie ni émotions. Bien sûr, je ne dis pas tout cela à ceux qui m'entourent. Je n'ai pas du tout envie de leur faire du mal. Mais il est évident qu'ils ressentent fort ce mal-être et mes comportements.

Ce qui m'inquiète, c'est que j'ai de moins en moins envie de m'ouvrir, d'avoir des amis, de chaleur humaine. Je peux en donner beaucoup d'un coup mais très vite, les autres me fatiguent terriblement. J'ai vraiment cette sensation difficile d'écrasement, de poids, de lassitude. Il en va ainsi tant que je ne pars pas dans l'emballement de mes idées, projets, loisirs, périples. Je hais être conduite, suivre, sortir de mes enthousiasmes. Le présent devient pesant, il n'en finit pas de poser ses grosses fesses sur ma tête, de réduire à néant mes élans de vie. Je me mets à barboter dans une marre avec embarras alors que je me sentais légère et dynamisée quelques temps avant par mes activités ou idées. J'ai l'impression d'être comme l'albatros du poème, qui une fois à terre dans la coque du bateau devient gauche, malhabile, malheureux, traînant ses ailes de manière inadaptée.

Je ne suis pas stabilisée et j'espère qu'après mon rendez-vous avec mon spécialiste, les choses petit à petit changeront. Que je parviendrai à trouver la force de sortir de mes songes, de mon intériorité, de mes scénarios, d'impulsions trop personnelles presque égoïstes et exclusives.

Peut-être d'autres parmi vous tous vivent ainsi ou ressentent les mêmes maux ... Une petite bouteille jetée à la mer ce soir, dans la houle ...

Bonne soirée :)
Epo
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PostPosted: Sun 29 Dec 2013 - 20:55    Post subject: Publicité

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nad
Bipote Diamant

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Joined: 29 Jan 2010
Posts: 3,734

PostPosted: Sun 29 Dec 2013 - 21:03    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Bonsoir Epona,

Si cela peut te rassurer, je connais bien tout cela . Du moins, j'ai connu. Avec la stabilisation, tout cela s'efface tout doucement, heureusement.

Avec ton traitement, essaie de faire une TCC, et de la méditation ,cela va t'aider.

Bon courage
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bipolarité
Bipote Turquoise

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Joined: 29 Nov 2011
Posts: 486

PostPosted: Sun 29 Dec 2013 - 21:08    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

bonsoir Epona
je vis cela régulièrement et pourtant je fais une TCC...
Je trouve ces passages épuisants moralement et je me cache également pour protéger mon entourage proche..

Bon courage
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épona
Bipote Turquoise

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Joined: 19 Sep 2013
Posts: 231

PostPosted: Sun 29 Dec 2013 - 21:19    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Bonsoir Nad et Bipolarité,

Merci d'avoir pris la peine de répondre. Il me semblait bien en lisant de nombreuses personnes ici, avoir lu quelques ressemblances avec un état qui chez moi est de plus en plus permanent, malheureusement.

Je ne sais pour vous, mais en ayant conscience j'essaie profondément de lutter contre. Mais peut-on lutter contre cela sans y laisser encore plus de plumes ? J'ai l'impression que c'est pire quand je me mets à le combattre, les retombées sont encore plus malheureuses. Je suis encore plus lassée et blessante, vide. J'ai beaucoup de mal à comprendre l'origine de tout cela. Tout ce que je sais, c'est que je subis ces moments. Que je ne les vois pas forcément venir non plu.

Est-ce que je peux vous demander si vous avez orienté vos TCC dans ce thème, s'il existe un type de TCC approprié à ce genre de comportement ? Je découvre un peu le monde des TCC, je suis novice ...

Bonne soirée à vous et merci encore pour vos mots :)
Epo
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Loxapac
Bipote Emeraude

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Joined: 23 Dec 2013
Posts: 8

PostPosted: Sun 29 Dec 2013 - 21:26    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Ce que j'aime avec ce forum.... c'est tomber sur ce genre de textes... de voir qu'on est plusieurs dans les mêmes situations, dans les mêmes sentiments, dans les mêmes abîmes...

Il y a deux jours seulement, j'étais avec une amie... j'étais vraiment heureuse d'être avec elle... ne serait-ce que de me dire qu'il m'en reste encore une... malgré que je sois bien étrange... j'ai passée la journée à avoir comme des absences.... on parle puis par moment je ne suis plus là... silence... puis je reviens... un peu comme si je m'en allais... je ne sais où... quelque part dans ma tête... ailleurs... dans mes pensées.... comme si je n'avais pas suffisamment de force pour être là...

c'est une drôle de sensation...

Merci pour ta jolie bouteille à la mer
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Sabine69
Bipote Saphir

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Joined: 30 Apr 2011
Posts: 1,260

PostPosted: Sun 29 Dec 2013 - 22:03    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Coucou Epona,

Moi aussi je conanis bien cela.

Sors-tu d'une dépression?

Pour ma part, en bossant avec mon psy, il s'est avéré que j'avais un gros manque de confiance en moi, donc on a pu bosser cela en TCC.

Comme dit Nad, avec un traitement adéquat et une bonne TCC (je ne peux pas dire pour la méditation car je démarre juste), cela devrait aller!

Courage, il y a de l'espoir!
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blondall
Bipote Emeraude

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Joined: 22 Dec 2013
Posts: 47

PostPosted: Sun 29 Dec 2013 - 22:44    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Trop fort les filles,épona, loxapac, j'adore, je me retrouve dans tout ce que vous dîtes si bien,( j'aurai pu écrire la même chose(, avec une certaine excitation du moment, vivre dangereusement, sans faire attention, que c'est bon puis aujourd'hui, j'essaie avec mon traitement et ma thérapie de faire face à tout celà, pas chose facile mais qu'il est bon de vous lire.....
Bonne soirée et franchement, j'aimerai que l'on arrive après les fêtes, à se rencontrer pour échanger en toute amitié bien entendu.... ça pourrait être énorme, j'ai lancé une invite, ceux qui sont emballés?
BLONDALL
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épona
Bipote Turquoise

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Joined: 19 Sep 2013
Posts: 231

PostPosted: Sun 29 Dec 2013 - 22:46    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

J'en profite pour vous souhaiter à tous de belles et bonnes Fêtes, de quelque manière que vous les passiez :) ... Qu'elles vous soient douces!

Oui Loxapac, je crois bien connaître ce que tu décris. Et ce que tu as ressenti en étant auprès de ton amie, je l'ai aussi ressenti jusqu'à ce que les choses prennent de telles proportions, que j'ai laissé mes amitiés mourir. J'y ai tout bonnement renoncé petit à petit. Ce ne sont pas mes ami(e)s qui sont partis, c'est moi qui ait disparu. Et le pire, c'est qu'elles ne me manquent pas. Je hais penser et écrire cela, sincèrement, mais c'est la vérité. Voilà pourquoi j'évoquais le détachement et la désertification. Parce que c'est comme si tout un espace s'était asséché de ses eaux, était devenu aride comme le désert du Sahara. J'éprouve bien sûr toujours des tas d'émotions et de sentiments envers les autres. Je sais pleurer pour eux, me réjouir pour eux, etc. Je peux même être une vraie madeleine. Mais c'est encore au-dessus de tout cela, qu'une simple question de sensibilité. Je me dis ... peut-être est-ce cette souffrance que l'on a trimballé pendant des années et que parfois on a désespérément cherché à cacher, à changer, à maquiller, à combattre. Et que cette inconscience de notre mal, bien pardonnable je pense, nous a empêchés de nous vivre comme il l'aurait fallu auprès des autres. C'est un peu ce que je ressens. Comme un " c'est trop tard" intérieur à cause de tous ces bagages laissés à quai sans n'être jamais monté dans les trains réellement, avoir seulement simulé d'y monter avec les autres. Et ce constant, avant tout vécu sensiblement de l'intérieur, m'épuise et me rend résignée.
Je pense qu'à ce niveau, c'est une forme assez stricte de renoncement.

Peut-être y-a-t-il une question de tempérament et d'histoire personnelle là-dedans. Et même sans doute :)
J'en saurai plus très bientôt. Enfin, je l'espère vraiment!

Sabine, je ne sais pas. Je ne sais même plus si je suis dépressive ou le contraire. Mais si c'est le cas, ça va très-vite. Je suis agitée et un peu "up" un coup et je redescends de plus en plus vite et automatiquement. Je comprends facilement à quel point la situation s'est dégradée quand je compare ma forme et ma façon d'être d'il y a 12 ans et celles d'aujourd'hui ... :(

Merci beaucoup pour toutes vos informations précieuses et vos encouragements.
Je vous souhaite aussi beaucoup de courage et d'ondes positives :)
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TheValuk
Bipote Saphir

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Joined: 24 Jul 2009
Posts: 1,361

PostPosted: Sun 29 Dec 2013 - 22:47    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Bonsoir Epona,

"Rassure-toi", comme pas mal de monde ici, je suis passé par ce que tu décris. Et tu le décris très bien au passage, je m'y suis retrouvé mot pour mot lorsque je n'allais pas bien. Tu as un certain don pour l'écriture, ça se sent. Les histoires que tu écris ne peuvent-elles pas servir d'évasion ? De défouloir ? Tu as perdu la motivation ?

Ce que tu vis, ça fait combien de temps à peu près ? Tu dis que tu n'es pas stabilisée, mais je présume que tu as connu des jours meilleurs. Tu ne saurais pas dire de quand ça date ? La saison n'arrange pas les choses aussi. Moi-même qui me considère "stabilisé", je suis sujet à des moments de vide et d'angoisse plusieurs fois dans une même journée. Mais ça passe et la vie sociale me permet au contraire de m'amuser, de retrouver des proches que je ne vois presque, pendant ces fêtes.

La dernière fois que j'ai vécu ton état, c'était pendant une journée entière cet été et j'ai eu terriblement peur que ce fléau ne s'abatte à nouveau sur moi. Puis c'est parti le lendemain comme par magie.
Et ce fameux fléau, je l'ai vécu il y a 3 ans, pendant bien deux année entière presque non-stop. Jusqu'à la "stabilisation" offerte par un traitement adéquat et une vie affective épanouissante. Je crois que c'est ce qui m'a le plus "sauvé".

Combien de fois moi aussi j'ai senti venir ce rôle entrer en moi : faire semblant d'être comme tout le monde, de m'intéresser aux autres, de "rire" mais aussi rire vraiment parfois. D'être exagérément blessé par n'importe quel prétexte, mot de travers, totalement involontaire lors d'une quelconque conversation.

Ce sentiment que tu expliques bien : être "envahi". C'est exactement cela. Comme si nous étions agressé par trop de stimuli étrangers à nous, insécurisants, dérangeants, ennuyeux, futiles et vides.
Alors qu'au fond de nous, on sait bien qu'on a besoin des autres et de leur contact. Dans une certaine mesure. Ce délicat et fragile équilibre entre le dedans et le dehors. La promiscuité étouffante et le plaisir de la conversation "normale".

Ne perd pas espoir, tout cela va cesser un jour même si ça pourra revenir encore, puis repartir.

Les TCC dont tu parles, je ne les connais pas mais je serais curieux de savoir comment s'y prendre pour sortir de ce néant que l'on peut incarner. Il y a beaucoup de mystères mais il existe des clés.
Beaucoup parlent de stratégies préventives avec une espèce de rythme de vie, une routine monacale presque : éviter l'alcool, se coucher pas trop tard, prendre sa pilule dorée, éviter le bruit, la télé avant de dormir, etc.
Sans tomber dans l'ascétisme, je pense qu'il y a de bonnes choses la dedans quand on se sent au plus mal.
Et cet espèce de "rituel" peut se montrer parfois complètement nécessaire, sans avoir à se forcer puisque de toute manière, nous n'avons envie de rien si ce n'est nous couper des autres pour ne pas être envahis. Dormir. Enfin se reposer.

Tout ça s'appelle une déprime et tout le monde sait ici qu'on en sort un jour ou l'autre.

Bon courage Epona.
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blondall
Bipote Emeraude

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Joined: 22 Dec 2013
Posts: 47

PostPosted: Sun 29 Dec 2013 - 23:00    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Vraiment bien dit TheValuk, je n'arriverai jamais à votre hauteur d'écriture à vous tous, mais comme c'est le premièere fois de ma vie que je vais sur un forum, celà explique pourquoi ou pas;...
Merci à vous et à très vite.
BLONDALL
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laelie
Bipote Diamant

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Joined: 01 Sep 2013
Posts: 1,909

PostPosted: Sun 29 Dec 2013 - 23:52    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Bonsoir Epona,

Pour moi aussi les mêmes ressentis, les mêmes incompréhensions... Apparemment c'est monnaie courante ici !
Les TCC sont là pour t'aider à gérer tes comportements inadaptés et qui nuisent à ton équilibre, donc on est en plein dedans !
J'espère que ta consultation t'apportera les solutions adéquates...

En attendant bon courage pour cette période qui est bien difficile pour beaucoup d'entre nous je pense...
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épona
Bipote Turquoise

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Joined: 19 Sep 2013
Posts: 231

PostPosted: Mon 30 Dec 2013 - 00:10    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Blondall oui, "l'excitation du moment" : lol ... ^^
Et dans ces moments-là aussi personnellement, je me déconnecte complètement des autres en vérité car trop "énervée" et obnubilée par l'objet de mon excitation Very Happy
Enfin, ça, ici, tout le monde connaît très bien malheureusement !

Hello TheValluck :)

Merci pour les "dons d'écriture" ... Je ne crois pas que ce soit un don mais franchement je prends car tu sais à quel point l'écriture est importante pour moi. C'est un peu la flamme dans la nuit alors veiller à ce qu'il y ait toujours assez de cire pour ne pas qu'elle s'éteigne, c'est juste une question de survie! En tant que conteur, je pense que tu dois comprendre ce que je veux dire :) ... Mon entourage proche ne fait pas grand cas de mon amour pour l'écrit donc, merci pour le fond :)

Pour répondre à tes questions ... D'abord, j'ai bien peur d'avoir toujours été ainsi. Pour commencer parce que je me sentais étrange par rapport aux autres, à mes camarades. J'avais tendance, dès petite, à nourrir une imagination très dense et à vivre dans mes fables en tentant d'attirer voire de tirer les autres à l'intérieur. Je racontais des mensonges pour essayer de créer les connexions qui ne venaient pas naturellement avec les autres. En toile de fond, une grande solitude au gré d'une façon de se vivre un peu exaltée et fabuleuse. Je ne m'intéressais pas du tout aux préoccupations des autres naturellement. Je feignais par respect ou tout simplement amour, attachement, désir d'attachement aux autres de m'y intéresser en édulcorant à ma sauce "up" épique et excessive. J'étais très impulsive et je le suis toujours. Les mensonges, la séduction, sont devenus des biais rigides qui me permettaient au moins d'arriver à "jouer un rôle", de tenir une présence devant les autres. Mais je m'absentais souvent au fond de moi, dans mes rêveries ou au contraire des réflexions très intenses, des défis personnelles enivrants. Jusqu'à d'ailleurs sortir de tous les socles, de tous les formats, de tous les stades classiques à franchir via le lycée pour préférer vivre les choses à mon idée. Ce qui m'a encore plus isoléE et ancrée dans ce mode de fonctionnement.
En fait les choses n'ont fait que s'amplifier. Encore et encore. Pendant les premières années de ma maladie jusqu'à mes 25 ans à peu près, j'ai traversé des crises mélancoliques dangereuses, à cause de mon impulsivité. Mais ces périodes étaient beaucoup moins profondes et lourdes de conséquences que mes épisodes "up" qui ont prédominé pendant des années. Et ces phases ont fait illusion car l'audace, le grain de folie aidant, je me sentais capable de tout et balayais d'un coup de main ce type de constat. Je savais repartir dans des exaltations et des excès avec les autres. Mais depuis que ces années ont laissé place à de plus longues et profondes périodes de dépression, qui ont tranché avec le caractère que l'on me prêtait depuis toujours ( fonceuse, ambitieuse, challengeuse, etc ) tout est différent. Je n'ai plus la force ni l'envie de rattraper les méfaits des temps de désespoir, l'enfermement, la honte, la frustration, les échecs ... Et du coup, tout se révèle de manière inattendue.

Tu évoques ces moments de simulation toi aussi. Je fais la différence entre la comédie sociale et humaine avec sa part d'hypocrisie et ses jolis manèges d'une part et le fait devoir réellement lutter contre un état intérieur quasi permanent qui me met en décalage avec les autres et que je cache et tente de maquiller en empruntant des comportements surfaits, d'autre part. C'est aussi à cela que tu faisais référence ? :)
Tu as raison, on en bien entendu besoin des autres, autant pour recevoir que donner. Je suis totalement ok avec toi. Le problème c'est que cet état n'a rien avoir avec ce que je veux ou ce en quoi je crois. Je me retrouve dans ces états de manière chronique ou quasi permanente depuis toujours sans les commander. D'où le "biais rigide". Tout cela ressemble à une arme défensive utilisée pour se protéger parce que je me sens démunie et dépassée par les événements.




Je comprends pour les TCC que tu évoques. Mais je pense que je vais avoir un véritable problème avec ça. D'abord, parce qu'en dehors des crises, j'ai toujours été quelqu'un qui déteste la routine. Le quotidien me tue, c'est pas compliqué. Je suis incapable de vivre selon un rythme lent. Le zen, la méditation, ça ne marche pas du tout avec moi. Et je suis ainsi depuis mon enfance. Autant, faire très attention aux heures de sommeil, bien manger à des heures fixe, marcher, philosopher, je le fais depuis toujours :) ... Autant, avoir une vie monacale les pieds croisés en Buddha, ce n'est pas pour moi. La conscience a différentes définition en fonction des philosophies et des cultures.
Par contre, comme tu le dis si bien, ces "rituels" peuvent être vraiment essentiels et salutaires quand on est proche de la rupture, ou pas. Je parle donc de nouveau de l’hygiène, du respect des cycles, des habitudes, etc. Autant, la routine ne me plaît pas. Mais le rituel, qui a un sens différent selon moi, si.
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épona
Bipote Turquoise

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Joined: 19 Sep 2013
Posts: 231

PostPosted: Mon 30 Dec 2013 - 00:25    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Merci Laelie :)

J'attends beaucoup de ces TCC ... Je suis motivée. Je vais aller voir si je trouve de vos posts à ce sujet pour approfondir un peu. Je suis particulièrement intéressée par la théorie comportementale dialectique ...

Plein de courage à toi aussi ! :)
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blondall
Bipote Emeraude

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Joined: 22 Dec 2013
Posts: 47

PostPosted: Mon 30 Dec 2013 - 07:13    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Bonjour Epona,
Alors vas-y fonce, la TCD, peut être une solution? Tu me diras ce que tu en as pensé car moi j'hésite à en faire une!!!
Bonne journée et encore une fois, qu'il est bon de lire des personnes comme vous, si doués dans l'écriture, la philosophie, je vais peut-être y arrivé un jour, moi qui est toujours depuis tout petit détesté lire, le français, la philo, mais il n'est jamais trop tard; il y a que les cons qui ne changent pas d'avis, donc j'espère ne pas l'être!!!
BLONDALL; il ne faut rien lâcher, on va y arrivé......
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belvega
Bipote Emeraude

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Joined: 27 Nov 2013
Posts: 70

PostPosted: Mon 30 Dec 2013 - 09:13    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Bonjour Epona,

As-tu dans ton entourage des gens avec qui tu peux être sincère et véritable? En général, il y a peu de personnes mais il en faut au moins une.
Toutefois, sans vouloir réduire l'humain à des rôles, nous sommes en postures selon les individus avec lesquels nous sommes en relation. La relation étant duelle, nous interagissons et réagissons à l'autre.
Quel autre souhaites-tu rencontrer? Que devrait-être cet autre pour être "digne" de ton intérêt?
J'ai une petite phrase que j'aime bien : il faut cultiver l'égoïsme émotionnel pour que les autres deviennent intéressants. C'est paradoxal mais c'est une expérience que je tire d'un coaching en communication : j'ai appris à m'écouter intérieurement pour parvenir à entendre les autres dans leur réalité et leur vérité. C'est intéressant sur le plan de l'ouverture d'écouter la vérité des autres, en revanche il faut absolument rester à l'écoute de toi-même aussi, sinon c'est l'ennui, la perte de soi, la perte de sens.
Bises
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sénèque
Bipote Emeraude

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Joined: 25 Nov 2013
Posts: 31

PostPosted: Mon 30 Dec 2013 - 11:14    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Bonjour Epona, Bonjour à tous,

Et oui, nous n'avons pas ces petites piles pour appareils à courant continu que nous sommes, mais bien ces transformateurs compliqués fonctionnant sur l'alternatif... +-+-+, et ainsi de suite.
L'électro-psy résoudrait donc le problème en deux coups de tournevis : "Voilà, j'ai remplacé le transfo, vous n'aurez plus de problèmes !". L'électro-psy est venu à temps : cela faisait plusieurs fois que ça dysjonctait, l'installation entière allait flamber...
Malheureusement, la vie n'est pas un long circuit tranquille et tout est à refaire dans cette maison pourrie qu'est la mienne. Les fils datent de la première guerre mondiale, il n'y a pas de prises de terre contre les coup des foudre et pour les électro-psy, je suis à la masse.

Les travaux avancent bien difficilement dans ma maison, surtout en hiver car il n'y a pas de chauffage. Allez, il faut tout recâbler ! 50 € la scéance de recâblage. " - Et ça va durer longtemps ? - Ah ça, mon bon monsieur j'peux pas vous dire... les murs s'effritent, faut tirer des gaines et tout le tinzouin ; y'en a quand même pour quelques années ! - Bien bien, vous me fairez une remise ? 10% ? - Euh, savez m'sieur, c'est la crise, même dans l'électri-psy..."

Il ne comprend rien cet électrici de mes psys ! tant que la maison n'est pas aux normes, je ne peux inviter personne et d'ailleurs, personne ne veut y venir, ce qui, pour le coup, est normal. Quoique... quand il y a du monde, ça dysjoncte de nouveau et là encore, c'est l'électro qui se mord le psy.

Pas simple tout ça...
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Brouillon
Bipote Saphir

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Joined: 20 Jan 2011
Posts: 539

PostPosted: Mon 30 Dec 2013 - 12:58    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

J'ai en moi aussi cette aspiration au désert. Pourtant une fois le désert atteint, une sourde angoisse pointe son nez, je suis écrasée de solitude. Alors, je tend à nouveau la main, désespérée de tant de vide, jusqu'au prochain épisode, ou l'autre redevient un intrus. A ce petit jeu, je crains que ce ne soit l'isolement qui gagne la partie et c'est triste et peut être même invivable une vie seul, l'être humain est un animal social. J'aimerai ne plus avoir ce désert et son appel au creux de mon âme.
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nad
Bipote Diamant

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Joined: 29 Jan 2010
Posts: 3,734

PostPosted: Mon 30 Dec 2013 - 16:27    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Epona,

Je dois te faire un aveu : quand j'ai lu ton post, cela m'a fortement parlé, et j'ai réalisé que ce que tu décris si bien, il y a longtemps que cela m'est arrivé.

Alors, je voulais te remercier pour cette petite piqùre de rappel, qui prouve que rien n'est gravé, tout bouge et évolue.

Donc, si je peux à ma façon contribuer à ton mieux être en te disant que OUI on va de mieux en mieux alors je serais vraiment heureuse.

Je te souhaite plein de bonnes choses
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Deroute
Bipote Turquoise

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Joined: 22 Sep 2011
Posts: 251

PostPosted: Mon 30 Dec 2013 - 17:53    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Slt épona,

tu sais parfois le lâcher prise est la réponse (ou tout du mois une solution comme une autre)

J'entend par là que quand tu es au fond du bas fond, même la vie tu t'en fou...ça serai tout juste que tu n'aie même pas la force de te suicider parce que même ça ç'est un effort aussi.

Mais peut-être qu'en restant dans le même état d'esprit, au fond, plus rien ne t'oblige à "rendre des comptes", à "faire comme il se doit", ou peut être "faire ce que tu crois devoir faire pour les autre", "paraitre au lieu d'être", "avoir peur d'être ce que tu es et de l'assumer en somme.

Personne n'est invincible ni un modèle de perfection mentale, et pourtant, ça n'est pas ça qui empêche d'aimer et d'être aimé.

Je pense souvent que ce qui peut aider beaucoup, en plus des tcc dis plus haut, c'est de faire avec soi-même sans se culpabiliser de ce qu'on peut ressentir, mais plutôt d'en être compréhensif comme on pourrait le faire avec ne personne qu'on aime...et sûrement comme des personne qui t'aime...qu'il ne faut parfois pas oublier de prendre en compte quand plus rien ne compte.

Dur dur, mais e dire que tout n'est bien souvent que perception du moment...

Mais toujours du positif à venir ; quand on à plus rien à perdre, que peut-il arriver de pire? autant essayer dès que possible non?

je relis pas!

Bien à toi et crois en toi ;-)
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épona
Bipote Turquoise

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Joined: 19 Sep 2013
Posts: 231

PostPosted: Tue 31 Dec 2013 - 12:34    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Bonjour à tous,

Merci pour tous ces sentiments et témoignages. J'ai l'impression que nos vécus, si différents soient-ils, se font quand même écho ! :)

Alors à tous, beaucoup de courage sur ce mode "alternatif" qui semble nous porter dans la vie, entre ouverture et fermeture.

Je réponds un peu dans le désordre car beaucoup de messages ont été écrit depuis dimanche.

Je pense aussi que le lâcher-prise peut être une bonne solution pour soulager les angoisses et éviter les simulations. Mais personnellement, il ne m'empêche pas de

m'absenter et de rechercher la distance vis à vis des autres. Je n'ai pas l'impression que ce soit une phase liée à a dépression, mais une permanence. Avec un peu de

recul, je me rends-compte que cette façon d'être ou de faire me fait m'investir et parfois me surinvestir ( que ce soit émotionnellement comme affectivement ), sans

m'engager car comme l'un d'entre vous l'a écrit, je me coupe de moi-même trop souvent et longuement. Je me déconnecte.


J'ai des personnes sincères et attentives autour de moi. Le fait est que je ne peux pas supporter d'être trop longuement au contact des autres, sans me sentir envahie

et fatiguée. J'ai très vite besoin de faire bande à part et de me consacrer à mes activités, à mes pensées, etc. Je me sens facilement irritée.

Finalement, peut-être que la bipolarité n'y est pas pour grand-chose et qu'il s'agit aussi tout simplement d'une question de caractère, ou de tempérament. La bipolarité

n'arrangeant rien ... :)

Bon réveillon à tous et prenez soin de vous.

Amitiés,
Epo
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Perséphone
Bipote Turquoise

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Joined: 21 Dec 2013
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PostPosted: Tue 31 Dec 2013 - 16:14    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Tu sais Epona, j'adore avoir des moments à moi, des moments où je n'ai pas à me préoccuper des autres et de ce qu'ils peuvent penser et/ou attendre de moi; j'aime recevoir ma famille, mes amis, mais il ne faut pas qu'ils restent trop longtemps non plus. Comme toi, je me sens vite envahie dans mon espace, mes habitudes.

Par exemple, ce soir, je reçois du monde, j'en suis très contente, mais je sais que je serai aussi contente quand ils repartiront...

Je ne suis pas bipolaire, mais tu vois, çà n'empêche pas de vivre ce que tu vis. Je pense qu'il n'y a pas que la maladie dans ce que tu décris, je crois qu'il y a aussi le tempérament et la personnalité qui jouent. Et quand la maladie s'en mêle, cela ne doit rien arranger, en effet...
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bipolarité
Bipote Turquoise

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PostPosted: Wed 1 Jan 2014 - 21:04    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

bonsoir Epona
Quand je suis avec ma psychologue ou avec les infirmières psychiatriques qui me suivent également, je parle de plein de choses et surtout de ce qui me prend la tête (au sens propre du terme). Parfois j'avance, parfois je stagne, et souvent j'ai l'impression que l'avancement ne vient que de moi...
Je pense qu'il est naturel de se cacher des autres quand on ne va pas bien.
Je te souhaite toutefois une bonne nouvelle année et te l'espère plus allégée dans tes tourments.
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selven
Bipote Saphir

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PostPosted: Thu 2 Jan 2014 - 12:54    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

bonjour épona, je commencerais par te souhaité une bonne année 2014.
tu vas pensé que vu ton état d'esprit c est pas opportun, mais si tu pense ça tu te trompe car ton état est comme ça là, mais pas forcément dans les prochain jours!
tu ne paye pas un peu ton état d excitation de l été derniers?
je suis d accord avec toi que quand plus rien ne vas, tu ne veut plus voire personne et alors ou es le problème?
tu vois cache toi dans un endroit qui te sera un lieux de calme et de sérénité et laisse les relations amicales de coté le temps que tu te sente mieux!
si tes amis le sont vraiment ils comprendrons, pour les autres si ils ne comprennent pas alors ils étaient pas digne de t avoir connu point barre.
trouve la bonne médications, fais une tcc, et voit aussi ce que tu peut faire pour prévenir tes mauvais moments.
je te souhaite vraiment de retrouvé un peu de sérénité et je suis avec toi en pensé pour te soutenir.
selven
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TheValuk
Bipote Saphir

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PostPosted: Sat 4 Jan 2014 - 17:31    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Je fais remonter le post : donne-nous des nouvelles epona !
Maintenant que les fêtes sont passées (bonne année au passage), as-tu constaté un quelconque changement ?
As-tu parlé de tout ça au psy ?
Je ne t'avais pas répondu mais je te rejoins aussi, bien sûr, sur la différence entre la "comédie humaine" et la "survie" (faire semblant pour masquer son mal être profond, avec moult efforts). Pendant ma période de deux ans dont je te parlais, j'ai joué la survie. Le comédie humaine est beaucoup plus confortable même si elle est la plupart du temps assez ennuyeuse.
Je te souhaite vraiment du courage pour poursuivre ton "mode survie". Il ne faut pas que tu abandonnes.
S'isoler complètement est très mauvais.
Je ne suis pas sûr que tu aies beaucoup développé à propos de ta relation familiale. Comment ton conjoint vit-il cela ? De mon côté, cet été, quand j'ai eu ma journée noire, ma copine m'a reproché ma totale absence d'effort pour socialiser avec nos (ses) amis alors que nous étions invités. Je lui ai expliqué que ça avait été un moment difficile complètement dû à ma maladie et elle a "compris". Je mets volontairement de gros guillemets. Disons qu'elle m'accepte comme je suis et que j'ai la chance de n'être pas tout le temps comme ça. Elle le sait.

J'en profite pour te dire que j'ai terminé mon histoire sur laquelle je travaillais depuis plusieurs mois.
Je vais photographier les illustrations dès qu'il fera soleil et je posterai ça dans mon blog ensuite. Ça me fera plaisir que tu me donnes ton avis.

Courage.
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TheValuk
Bipote Saphir

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PostPosted: Sat 4 Jan 2014 - 17:37    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Et j'en profite pour dire aussi que je suis bien d'accord avec les bipotes : ne culpabilise pas et ménage toi.
Ne tente pas de changer le fait que tu aies besoin de t'isoler, puis de revenir. Je fonctionne un peu pareil.
Peut-être le challenge est-il, lors des phases où il est temps de se retirer des autres, de le faire avec "élégance" pour ne froisser personne.

Au réveillon du nouvel an, je me suis beaucoup amusé jusqu'à à peu près 2h30/3h. Puis flop, le soufflé est retombé et je me suis affalé sur le divan. Quelqu'un m'a demandé comment j'allais et j'ai tout simplement dit que j'avais un coup de mou. Puis finalement, tout le monde est parti peu de temps après. C'est une question de timing parfois !
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épona
Bipote Turquoise

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PostPosted: Sat 4 Jan 2014 - 20:15    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Bonsoir à vous tous et surtout une belle et bonne année, avec à la clé, la santé ! :)

Perséphone, je te comprends. Mais je me demande si tu ressens un peu les mêmes choses que moi dans ces moments de solitude. Parce qu'en fait, quand les autres sont absents, je peux aussi penser beaucoup à eux. Vraiment ! C'est vrai que tout comme toi, j'ai besoin d'être tranquille dans mon coin à m'affairer en me coupant un peu des sollicitations "humaines", on va dire ... ^^
Cependant, je pense énormément aux autres, je me pose toujours beaucoup de questions. C'est très difficile à décrire en fin de compte. Peut-être que je reçois un excès de décharges émotionnelles, trop d'informations sensibles à la fois et qu'à partir d'un certain point, il me faut être seule pour respirer et prendre de la distance, "digérer". Je ne sais pas bien si je suis claire ? Quand certains analystes caricaturent les hommes par rapport aux femmes en affirmant que les hommes ont besoin de se retirer dans leur grotte pour réfléchir et bien paradoxalement je fais un peu pareil ... Va comprendre le sens du pourquoi du comment de tout ça lol ... :) ... De ton côté, tu es donc sereine quand tu t'isoles pour avoir ton temps à toi ?

Bipolarité, pfiou je crois vraiment comprendre ce que tu dis et le ressenti qu'il y a derrière quand tu parles d'avancer, de stagner, de reculer et ainsi de suite ... ^^
Mon psychiatre n'arrête pas de me répéter que je dois me reconnecter à mon ressenti mais je crois que je n'y arrive pas en la présence des autres. En fait, c'est compliqué ... Je me sens comme aspirée ... Les gestes, les regards, les moues, les mots employés, tout ce qui n'est pas forcément conscient et calculé dans un échange également s'impriment très très fort en moi. D'ailleurs, j'ai des réactions émotionnelles vives ... Je rougis facilement etc. Il y a toujours une tension ... Les dialogues et les échangent reviennent souvent en boucle dans mon esprit, certains détails, je revis ces échanges et en moi, tout est houleux. J'ai un mal fou à être détendue et à me laisser aller. Je pense même que je n'y arrive pas :(
Mais tu vois, c'est comme ça autant quand je vais très (trop) bien que quand je suis mal. Donc j'ai vraiment du mal à rattacher ces ressentis à mes états dépressifs. J'anticipe énormément malgré moi, il y a comme un stress permanent. Et au final, bien sûr, je finis par avoir besoin de me retirer, de prendre du repos des autres. Sans quoi je panique, je me sens étouffée, agitée, vraiment pas bien. Enfin, c'est un peu bizarre ...

Selven, merci pour tes gentils mots :) ... Il n'y a jamais de mauvais moments pour souhaiter une bonne année positive aux autres, ne t'en fais pas. Je prends tes voeux comme un bouquet de fleurs et je te souhaite aussi, évidemment, une bonne année pleine d'espoir et de bonheur :) ... Tu as bien compris pour le besoin de petites "cachettes" isolées ... ^^ ... Je pars souvent seule dans la nature avec mon appareil photo et j'en ai besoin, c'est vital. Ce sont des moments de décompression très important pour moi parce que la nature m'apaise. Je la trouve tout simplement divine, mystique, infiniment supérieure et en même temps, elle se fout de mes considérations humaines qui hiérarchisent ... Elle va d'elle même, elle coule comme la rivière ou le temps. Quand je vais mal, je n'ai pas besoin d'en parler à une amie, au fond. Cela ne me console pas. J'ai besoin de partir marcher dans la nature et de m'appuyer contre un arbre ou de sentir les odeurs de la nature. Je vais passer pour une dingo sûrement parce que c'est excessif mais c'est la vérité. Je comprends les poètes ... Mais à un point!
Je ne vais pas te mentir, tu parles d'ami(e)s qui pourraient comprendre, mais j'ai fait le vide autour de moi. Je sais que c'est mauvais et que ça n'amènera nulle part. Mais à un moment donné, je suis partie loin sans avoir été capable de le faire comprendre à mes proches. Justement à cause de ces tensions que je ressens qui me font me couper des autres intimement autant qu'ils m'imprègnent comme si j'étais une éponge. Je n'arrive pas à parler ...En fait quand je me décide à parler, tout a déjà été analysé et organisé. J'ai l'impression que les autres sont tellement loin de me comprendre que c'est vain, à l'avance. C'est comme si j'avais renoncé. Je n'en veux pas à mes ami(e)s, je ne rumine pas contre eux. Mais je me sens vide face à eux, étrangère, même si je fourmille d'idées et déborde d'énergie. Je me sens étrangère. Je n'arrive plus à m'ouvrir aux autres, c'est terrible. Et depuis quelques temps, c'est comme si je n'en avais même plus l'envie ni l'idée. Je suis contente d'échanger socialement et intellectuellement mais tout est dépersonnalisé. Ma tête est lourde, je me sens mélancolique ... C'est bizarre. Est-ce que ce ne sont pas ces quasi 15 années de maladie qui de phase en phase, n'ont fait que m'isoler chaque fois un peu plus des autres ? Je me le demande vraiment ...

Coucou TheValuck :)
Bravo pour ton dernier écrit achevé, c'est génial! Tu dois être content :) ... Je vais bien entendu aller le lire et te donner mon sentiment comme la dernière fois.
Pour tout te dire, les Fêtes m'ont épuisée même si je n'ai aucun regret d'avoir enchaîné nuits blanches et surinvestissement, parce qu'une personne âgée dans ma famille dont je suis extrêmement proche a eu de graves problèmes de santé alors qu'elle était seule une journée. J'ai passé des nuits aux urgences à surveiller qu'on s'occupait bien d'elle et à attendre après les verdicts des médecins, etc. Mais tout s'est à peu près bien terminé ... J'ai perdu 3 kg en 4 jours et j'ai une crève abominable mais bon, je suis soulagée ^^ ... Comme quoi ben bipolaire ou pas il y a des moments dans la vie où il faut assurer et passer outre les règles de vie qu'on nous préconise ( coucher tôt, nuits pleines et sereines, pas de stress, etc ^^ ).

Je suis d'accord avec toi pour l'idée du confort des masques ! Peut-être d'autres bipolaires ou toi ressentiront la même chose que moi mais contrairement à une majorité de personnes qui demandent finalement à ce que l'on fasse semblant sans quoi on leur pèserait, moi c'est quand la comédie commence que les gens me pèsent lol. Je ne me suis jamais sentie effrayée par la nudité des autres. Et je trouve beaux et formidables, ces moments rares où l'humain accepte une forme de dénuement et montre avec force qui il est, ce qu'il ressent et pense vraiment. Au-delà des vernis, des qu'en dira-t-on et des tiédeurs d'usage.
Pour le psy, j'en vois une nouvelle mercredi prochain avant de voir un spécialiste. J'avoue que j'attends beaucoup de ces prochaines consultations. Peut-être que je ne devrais pas ...
Mon conjoint est très présent et comprend sans rien me reprocher. Il est simplement inquiet quand il me voit m'absenter ou décliner au cours des conversations quand on est en famille et je pense que c'est normal. Je comprends pour la rencontre avec les amis de ton amie. C'est vrai que ce n'est pas simple pour nos amoureux(ses). Je fais aussi des blocages avec ses amis mais j'insiste énormément sur le fait qu'il faut qu'il sache les voir sans moi. Je suis trop inconstante, trop imprévisible dans mes humeurs. D'ailleurs, j'ai prévenu la copine de son meilleure ami. Je lui ai tout expliqué au cas où en cas de désistement, ce ne soit pas mon chéri qui paie les pots cassés ou que l'on pense qu'il fuit ses amis. Cela me briserait le coeur qu'il se sente obligé de se priver de ses amis à cause de mes humeurs ou de créer des malentendus. Je sais que c'est difficile de dire aux autres que l'on est bipo mais là pour le coup, tant pis, j'ai d'abord pensé à lui. Et j'ai bien fait vu qu'elle a été adorable de compréhension et de discrétion :). Est-ce que tu en as parlé à une personne de confiance du côté de ses amis ? Sont-ils au courant ?
Comme tu le dis, je pense qu'il faut savoir ménager les copains et surtout donner des explications pour ne pas qu'ils prennent tout pour eux ou personnellement alors que c'est juste toi ou moi qui allons mal.

Je vous souhaite encore à tous une merveilleuse année 2014 ! Qu'elle vous porte vers ces petits mieux qui comptent, additionnés les uns aux autres, et soit généreuse de ces menus bonheurs à partager avec ceux que vous aimez, qui font toute la saveur et le sens de cette vie :)
Santé protégée et amour à tous :)

Amitiés,
Epo
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laelie
Bipote Diamant

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PostPosted: Sat 4 Jan 2014 - 20:27    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Epona j'espère juste que tes nouvelles prises en charge te seront profitables pour voir enfin le bout du tunnel !
Bon courage à toi !
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épona
Bipote Turquoise

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PostPosted: Sat 4 Jan 2014 - 20:59    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Coucou Laelie :)

Merci beaucoup pour tes encouragements. Comment vas-tu ? J'en profite pour prendre de tes nouvelles ici, j'ai du mal à suivre tous les nouveaux billets qui ont été crée pendant les Fêtes, il faudra que je prenne le temps de le faire mais apparemment, la période a suscité le besoin de parler via le clavier ici :)

Prends soin de toi,
Epo
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laelie
Bipote Diamant

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PostPosted: Sat 4 Jan 2014 - 21:07    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Effectivement la période des fêtes a été difficile, comme pour beaucoup de monde ici !
Pas d'évolution favorable de mon état, un grand découragement... :(

J'ai suivi ton conseil je me suis mise à écrire (rubrique textes de bipolaires) et c'est vrai que ça fait du bien !

Allez, hauts les cœurs, on va s'en sortir !
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selven
Bipote Saphir

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Joined: 02 Jul 2013
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PostPosted: Sat 4 Jan 2014 - 21:14    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

bonjour épona , je suis content d avoir de tes nouvelles.

tu vois je suis assez d accord avec toi à propos des relation avec les autres .
je pense que je suis un extra terrestre ou un terrestre extra, je ne sais plus je suis parti des resto du cœur car le discours de certain étais complémentent en décalage avec mes idées sur le partage et le don de soi.
mais tu comprend bien que ces mots et l idée pour certain c'est de l hébreux.
je suis en formation au gréta pour essayer de faire moins de fautes de français ( il y a du boulot lol ).
je pourrai répondre à toutes les questions bien avant les autres , mais je dois me refréné.
tu ne dois pas tourné le dos aux gens , mais tu es différente ou c'est eux qui le sont?
tu dois vraiment gardé une attache sociale !
je comprend que c'est dur mais faut essayer.je suis souvent en décalage en soirée , mais tu vois les fetes je me suis amusé comme il y avait très longtemps.
la vie peut être belle souvent cruelle mais belle .
ne perd jamais ça de vue.
bon courage amicalement selven
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Perséphone
Bipote Turquoise

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PostPosted: Sat 4 Jan 2014 - 22:02    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Bonsoir Epona (et les autres). Pour te répondre, oui, il y a quelques similitudes. Je suis contradictoire dans le sens où j'ai besoin de solitude mais en même temps j'ai besoin des gens. J'aime recevoir, voir du monde. Je le fais avec grand plaisir mais j'ai l'impression qu'il y aura toujours un moment où involontairement, je serai absente. Les gens seront bien présents mais moi je vais me sentir glisser dans mes pensées.

J'ai un parcours de vie atypique et suis entourée de gens suivants des préceptes sociaux: on se met en couple, on se marie (peut être), on fait des enfants, on achète une maison... et du coup leurs préoccupations sont à mille lieux des miennes. Je suis en couple instable avec un bipote (enfin, en rupture en ce moment), je ne veux pas d'enfants, je ne souhaite pas acheter de maison... donc j'ai l'impression d'être en complet décalage... Du coup, cela peut me renfermer parce que je ne peux m'impliquer réellement dans aucune discussion.

Comme toi, je pense énormément aux autres. Je suis une personne empathique et je ferai tout ce que je peux faire pour les gens auxquels je tiens, j'aime avoir de leurs nouvelles, les voir, mais il y a une part de moi qui se sent en total décalage. Et du coup, j'ai l'impression que cela fausse mes relations.

Du coup, je ressens le besoin de me retirer dans ma grotte comme les hommes apparemment...

Je ne culpabilise pas trop au quotidien de ce besoin vu que je vis seule et que mon (ex?) ami travaille en décalé. J'avais des moments à moi nécessaires. Et lui ayant ce même besoin, cela ne posait aucun problème. Par contre, il est vrai que j'aimais avoir un moment à moi, que ce soit pour bosser ma formation ou me détendre et savoir qu'il était lui aussi à la maison à se détendre aussi. Là, c'est moi qui ne sais pas si je suis très claire...
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épona
Bipote Turquoise

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Joined: 19 Sep 2013
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PostPosted: Sun 5 Jan 2014 - 10:29    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Bonjour à tout le monde :)

Selven, je pense que c'est plutôt l'insouciance et la lenteur qui me font me sentir étrangère aux autres mais surtout mes sujets de préoccupation. Je suis tout sauf un génie ou un Bernard Pivot mais je suis très cérébrale. Mon esprit est toujours accaparé par des analyses ou des formes de créativité intellectuelle. J'ai besoin de stimulation mentale, intellectuelle et imaginaire mais de manière très soutenue. Sinon, je m'absente, c'est comme si je n'étais plus là. Les conversations quotidiennes, molles ou les relations m'ennuient à mourir et je ne sais pas m'y prêter. Je te donne un exemple. Quand j'étais au collège ou au lycée, les histoires de groupe, les gens qui se comparaient au quotidien, les histoires sentimentales de cours d'école ne m'intéressaient pas du tout. Le quotidien d'une adolescente normale n'était pas du tout le mien. Mais d'un autre côté, je ne détestais évidemment pas du tout les autres. J'y étais très sensible. J'aimais aider également et partager. Mais j'étais extrêmement maladroite parce qu'eux et moi n'avions pas du tout les mêmes manières d'être, de se comporter, de penser, de se divertir. Alors je racontais des bobards plus gros que moi sur le moment qui devenaient de plus en plus énormes, bien sûr, pour essayer de créer une connexion entre eux et moi qui n'était pas du tout naturelle. Ou alors, je m'occupais de défendre ceux qui étaient en difficulté. Ayant toujours ressenti d'être "différente" quelque part, j'ai du coup toujours ressenti très fortement le rejet des autres. Alors je jouais les justicières, c'était ma façon à moi de me déterminer vis à vis des autres. Mais le reste du temps, j'étais absente, très inhibée et dans mon monde. J'ai utilisé des tas de moyens, de biais pour essayer de vaincre ce sentiment étrange de différence, de malaise dans mon passé. J'ai pris des airs supérieurs, j'ai feint d'avoir une grande confiance en moi là où j'étais complètement défaillante ... J'ai tenté de me construire une carapace et de m'affirmer mais ça n'a pas marché. Je ne parle pas du tout du monde social et du travail qui eux ont toujours été protégé de tout cela finalement. Mais plutôt de la sphère privée, intime, familiale, amicale et des relations de l'enfance.
Pour répondre à ta question, je pense bien que nous sommes tous différents. Et je n'ai pas non plus le sentiment d'être genre l'Epona contre tous. Pas de paranoïa ni d'égocentrisme. C'est simplement que personnellement, je le vis également différemment des autres et ce depuis toujours. Comme si je savais au fond de moi qu'au delà des différences des uns vis à vis des autres, je ne fonctionnais pas comme la norme. Comme si j'étais quelqu'un de très compliqué et que je ne pouvais rien y faire.
Je trouve la vie magnifique. Quand je suis en gros bad, ce n'est pas contre LA vie que je me retourne mais plutôt contre moi et la mienne. Je ne condamne ni la vie ni les autres mais moi-même dans ce monde quand je descends très bas.
Pour les Restos du Coeur, c'est dommage Selven :) .. L'associatif et l'humanitaire ont été mes activités principales pendant un bout de temps. Et elles demandent de savoir faire des compromis, d'être patient. C'est difficile mais c'est ainsi. La cause défendue doit servir à rassembler des forces et non pas à chercher à faire valoir ses petits points de vue personnels. C'est difficile à appliquer parce qu'il est vrai que dans certains associations, certains responsables font réellement n'importe quoi. Puis on s’attend naïvement aussi à rentrer dans un monde parfait d'entraide et de partage au départ, on idéalise quand on fait la démarche de vouloir se vouer à une cause charitable. Or, le monde associatif est à l'image de la société et de la réalité des individus, avec ses conflits d'intérêt, ses luttes de pouvoir, ses incohérences, ses amateurismes, ses contradictions. Je suis bien persuadée que l'humanitaire comme l'associatif ne peuvent pas servir à se soigner, c'est une erreur grossière que de le penser. Et pour avoir recruté moi-même dans certains groupes, jamais je n'ai pris des personnes qui avaient besoin de se laver l'âme et le cœur, de porter toutes leurs espérances dans l'action solidaire. Parce qu'au contraire, elle demande beaucoup de lucidité, d'être en bonne forme et de donner beaucoup de soi-même en dépit des orages et de réalités parfois cruelles. Il faut être prêt à encaisser beaucoup de choses : certains ne veulent pas être aider, on ne pourra pas toujours aider, la frustration de ne pas décider, etc. Quand on a conscience de tout cela, ok. Mais sinon, non.
J'ai des attaches "sociales". C'est plutôt dans l'engagement personnel, l'amitié, l'intimité que j'ai fermé mes portes. J'ai mon chéri et puis voilà. Une partie de ma famille proche également. Mais ça s'arrête là. Je suis extrêmement fuyante avec les autres. Je n'ai pas envie de trop m'étendre à mon sujet ou de laisser rentrer les gens dans ma vie.
Merci Selven pour ta présence et tes mots qui font du bien :)
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épona
Bipote Turquoise

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PostPosted: Sun 5 Jan 2014 - 10:58    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Coucou Laelie,

J'ai lu tes jolis textes et notamment celui sur le futur et désiré bébé :)
Cela m'a énormément touché personnellement. Si cela peut te "rassurer", tes peurs sont partagées par un grand nombre de femmes bipolaires. Le désir d'aimer, de chérir, de se dévouer, face à la peur de devoir abandonner ou faillir, la culpabilité.
Ta conclusion est excellente quand tu évoques le fait d'accepter de ne pas être parfaite. Je pense que c'est à cette pensée là qu'il faut s'accrocher.
Toi et moi savons ce que nous avons, nous sommes lucides et assumons la maladie. Tu es dans une démarche de conscience et pro active même si ces jours ont été difficiles pour toi. Et c'est déjà tellement énorme. Assumer, pour la venue d'un futur petit, je crois bien que c'est très important. Le reste est question de soins et d'organisation.
Contrairement à ce que beaucoup vendent comme le remède miracle, être toujours dans le présent, je pense qu'il est important de savoir se guérir en apprenant à anticiper dans notre intérêt sans angoisses excessifs. La vie, c'est aussi cela : des circuits dynamiques et non pas figés, que ce soit dans le présent, dans le passé comme dans l'avenir. Et ayant des difficultés, c'est bien de préparer le terrain pour accueillir un enfant dans nos vies. On a besoin d'avoir des horaires réguliers, alors poser des plannings avec son chéri pour les réveils nocturnes, bien parler de nos peurs, de ce qui pourrait poser problème me semble essentiel. Je ne pense pas que l'on puisse se soigner en s'aveuglant les pieds en Buddha. L'anticipation c'est aussi la survie et ce qui permet de se recréer dans le présent pour apporter des solutions à ce que l'on voit devant soi. On ne peut pas se priver de cela sinon on ne penserait plus. Par contre, c'est sûr qu'il faut savoir arrêter ces pensées qui peuvent devenir nocives et parasitaires quand elles tournent en boucle en nous torturent.

Voilà ce que je fais dans ce cas ... Quand quelque chose m'obsède, m'inquiète énormément, et quand j'ai soulevé un possible problème, je m'oblige à mobiliser mon énergie à apporter un début de solution pratique avant même de soulever encore un autre problème. En fait, je pense que c'est bien de savoir faire des aller retour sains entre l'avenir qui nous fait peur et le présent qui nous permet de revenir à notre réalité et de nous dire que l'on peut trouver des solutions! Parce qu'il y en a plein en fait, des solutions :) ... Alors que rester plongé dans une mer de peurs de l'avenir sans s'accorder le répit d'y apporter des solutions dans le présent, ce qui nous permet d'agir, d'avoir un certain pouvoir ou contrôle sur nos vies, c'est se préparer à boire le bouillon.
L'écriture est une bonne catharsis, c'est évident. Elle permet d'évacuer ses émotions, ses craintes. Je suis vraiment contente pour toi que tu te sentes bien avec la plume et qu'elle te fasse du bien.

J'espère vraiment que petit à petit, la lumière reviendra. Je pense qu'il faut mettre en place des alarmes en soi, même si évidemment tout est dur et fastidieux quand on est en phase down. Par exemple, toutes ces portes qui ont tendance à se fermer toutes seules. Et bien il faut mettre un gentil coup de pied dedans pour les empêcher de se fermer. Par exemple, quand les peurs et la dévalorisation de soi prennent le dessus et nous poussent à renoncer à nous recréer, à prendre des risques pour vivre, à construire et bien immédiatement s'imposer un balancement en pensant à ce que l'on pourrait faire pour éviter la chute. Même si on se sent mal, c'est pas grave. Parce qu'on aura insufflé quelque chose de positif en nous qui sera le socle d'un mieux au fond de nous. Dialoguer avec soi-même quelque part. Ne pas rester dans le monologue émotionnel, irrationnel. A nos émotions, savoir imposer notre raison. Enfin, ce ne sont que des opinions personnelles. Mais étant conscients de ce que nous avons et étant documentés sur la maladie et ses formes, ses conséquences, l'exploration de soi au travers de la maladie impose en partie ce dialogue conscient avec soi-même, je pense. Sinon, comment serait-il possible d'espérer se stabiliser ou faire la part des choses entre nos phases et ce que nous sommes réellement au-delà de la maladie ? Finalement, c'est un peu ce que l'on fait en psychothérapie mais aidé par un psychologue ;) ... Trouver des clés, comprendre des mécanismes et apporter des solutions en modifiant notre comportement. Mais comme nous ne sommes pas des automates tout cela demande d'abord d'en avoir pris conscience, de nous connaître un peu.

Je te souhaite toujours et encore du courage Laelie, je surveillerai le billet des écrits pour te lire :)
Accroche-toi, la lumière est au bout du tunnel ! :))

Amitiés,
Epo
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selven
Bipote Saphir

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PostPosted: Sun 5 Jan 2014 - 11:06    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

bonjour épona,
tu vois je suis sur que tu peut trouvé des ami(es), moi aussi je cherche toujours des trucs ou des machins, ou intellectualise tout ( à mes petits moyens ).
mais que veut ut c'est comme ça!
j ai plusieurs sortes d ami(es) et chacun est différent , certains plus intellectuels et d'autres plus écoutes etc etc .
mais tu vois chacun et dans la case ou je l ai mis et j' ai des relations différente avec chacun d eux.
car moi aussi je cherche ma place et ne suis pas encore sur de savoir ou elle est!
je vais te taquiné un peut désole 'est plus fort que moi lol, j' réussi à lire tout ton post entier lolllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll.
je te souhaite vraiment de trouvé ta paix intérieur ( tu as un compagnon c'est déjà une grande chose ).
selven
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épona
Bipote Turquoise

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PostPosted: Sun 5 Jan 2014 - 11:13    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Coucou Perséphone :)

Tu es très claire, pas de problème. Tu dois tout simplement être une personne qui aime aussi préserver son indépendance. C'est une question de caractère à la base également, c'est sûr.
Je suis un peu comme toi, je crois. Mais la maladie a rendu les choses un peu compliquées. Je trouve que c'est sain de savoir garder une partie de soi à soi. Et puis comme tu sembles être un peu différente de ton entourage, plein de sujets de conversation ne doivent pas être simples mais plutôt propices aux conflits, aux justifications, aux argumentaires. Et au bout d'un moment c'est fatiguant. On a aussi besoin d'être un peu approuvés de temps en temps.
J'ai aussi un parcours atypique et je suis considérée comme l'artiste intellectuelle de la famille qui évolue en dehors des clous. Alors que chez moi ce sont des pragmatiques ancienne école. Petite, au fond, je me mettais beaucoup de côté et je m'effaçais parce que mes goûts et mes centres d'intérêt étaient trop éloignés des leurs. En plus, j'étais et je suis toujours hyper sensible, alors les paroles moqueuses, décourageantes, dévalorisantes, me faisaient fondre en larmes et réagir très vivement. J'avais facilement de gros chagrins quand je me sentais seule.

De ton côté, tu as l'air de très-bien assumer cet état de fait. Et ça c'est vraiment super. C'est essentiel en fait. Trouver son équilibre en fonction de ses propres besoins, respecter qui l'on est. Tu ne sembles pas être en conflit avec toi-même :)
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Perséphone
Bipote Turquoise

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Joined: 21 Dec 2013
Posts: 224

PostPosted: Sun 5 Jan 2014 - 19:24    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

J'ai vraiment l'impression qu'on se ressemble beaucoup Epona, en tout cas sur ce point là...

Pour être franche, c'est vrai que j'ai trouvé un certain équilibre, mais cela m'a pris du temps. Mon ami m'a beaucoup aidée pour cela. On se ressemble beaucoup, on a les mêmes parcours de vie et les mêmes aspirations, alors avec lui, je ne me sentait pas extra-terrestre ou bizarroïde...

Il m'a permis de me découvrir et de m'assumer; du coup, je respecte mes besoins sans oublier les autres pour autant. J'ai trop longtemps été à l'écoute des autres et qu'à leur écoute, à me plier en quatre, à me sacrifier pour eux d'une certaine manière. Et j'ai réalisé que comme auparavant, tout le monde était heureux sauf moi.

Il m'a appris à être un peu plus "égoïste" et il n'a pas eu tort, car à un moment, je mettais vraiment notre couple en péril en privilégiant toujours les autres, par culpabilité.

Et puis, je suis sortie de ce cercle vicieux et tout se passe vraiment mieux maintenant. J'assume et ma vie et qui je suis.

Tu vois, concernant mon ami, je n'ai aucune idée d'où nous en sommes réellement, si j'aurais un jour des nouvelles, si je lui manque, si nous serons de nouveau amis... , mais je sais que s'il doit revenir dans ma vie, je l'assumerai et tant pis si mon entourage ne le comprend pas.

Et çà va te sembler bête, mais cela, il y a encore deux ans, c'était inimaginable pour moi...
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TheValuk
Bipote Saphir

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Joined: 24 Jul 2009
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PostPosted: Sun 5 Jan 2014 - 20:34    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Tu as tout à fait raison en ce qui concerne l'"égoïsme" Perséphone.
On ne peut avoir des rapports de qualités avec les autres que si l'on sait s'écouter, poser ses limites, répondre dans un premier temps à ses propres besoins sans avoir à culpabiliser.
Le livre cité "Cessez d'être gentil, soyez vrais" en est un parfait "guide".

Cet après-midi j'étais invité chez des amis et vraiment j'ai pensé à ce fil de discussion : j'avais un besoin irrésistible de me retrouver dans ma tanière, sans avoir à blablater. Je m'ennuyais presque totalement et pourtant ce n'est pas de la faute des hôtes qui sont charmants et cultivés.
J'avais (et j'ai toujours) cette boule d'angoisse dans la ventre qui me poussait à me retrancher. Je n'ai vraiment pas envie de parler et de sociabiliser, j'ai donné ces vacances.
Et demain, la rentrée ! Ça doit jouer psychologiquement de se dire qu'on ne s'est pas beaucoup reposé ces vacances et qu'il va falloir assurer au boulot et ne pas se vider de son énergie...

Tu vois épona, je rentre dans une phase telle que tu la décris si bien.
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épona
Bipote Turquoise

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Joined: 19 Sep 2013
Posts: 231

PostPosted: Mon 6 Jan 2014 - 10:46    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Perséphone, c'est vraiment "amusant" ce que tu écris, parce que j'ai moi aussi validé avec mention un parcours de "St Bernard" auprès de mes ami(e)s pendant des années. Des nuits blanches passées au téléphone à écouter, entendre, comprendre, décortiquer, etc. Payer des restaurants pour réconforter. Répondre à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. Bref, une mise à disposition type URGENCES et un surinvestissement que je trouve un peu louche aujourd'hui. J'ai décidé de mettre fin à tout ce cirque il y a environ trois ans, alors que je faisais ma vie depuis un moment avec l'homme qui la partage toujours aujourd'hui.

De mon côté le problème était que, et je ne suis vraiment pas sûre que ce soit la même pour toi, je cachais à ces "amies' qui j'étais vraiment. Je dissimulais, je n'appelais pas à l'aide, j'embellissais, je mentais. Ce qui a fait qu'elles étaient en même temps très proches et très loin de moi alors même qu'elles pensaient me connaître sur le bout des ongles. La vérité c'est que c'était complètement faux. Et il est arrivé un moment dans ma vie ou ces "amitiés" ne me sont plus apparues comme des amitiés, de véritables liens. Je me suis sentie effroyablement seule, parfois trahie. Ce n'était pas de leur faute, bien entendu. Du coup, j'ai rompu avec tout cela. Avec une manière d'être qui remonte à toujours, à la petite enfance. C'est en cela que je me suis convaincue que je souffrais très certainement d'une pathologie depuis toujours étant donné la permanence de comportements rigides et "anormaux" depuis l'origine. Le problème c'est que je joue très-bien la comédie. J'ai toujours réussi à passer entre les gouttes, à mettre en scène une image de moi pour faire illusion, ne pas être obligée de me montrer, de me dévoiler, que l'on me fiche la paix. Petite fille modèle première à l'école, etc. Mais on ne peut jamais courir éternellement loin de soi-même. Je l'ai appris à mes dépens. J'ai valsé par la suite entre des pôles contraires qui ne me représentaient ni les uns ni les autres, entre une grande inhibition et une totale désinhibition, du sur-contrôle et plus aucun contrôle. Je crois que je ne me suis fichue la paix à moi-même en fait. On ne peut pas aimer les autres sans s'aimer soi-même. On ne peut pas accepter les autres et le pire quand on n'est pas capable de s'accepter soi-même comme ses défauts. Ou en tous cas, l'assumer devant les autres. Je n'arrive aujourd'hui toujours pas à comprendre clairement ce que j'ai ni pourquoi je suis ainsi depuis toujours, ce qui l'a provoqué à la base. Mais en écrivant ces lignes, mon tout premier message devient plus éclairé je pense. Je ne peux ressentir de vrai répit que quand je ne suis pas en présence des autres qui me stressent terriblement depuis toujours. Soit je m'efface à l'excès, soit j'ai envie de pleurer, soit j'ai envie de réagir à tout, soit tout me désespère, m'angoisse, me fait me refouler ou partir dans des comédies ou des excitations infernales. C'est compliqué. J'ai souvent le rêve d'être invisible, transparente. De voir mais de ne pas être de la partie.

C'est fantastique que tu aies pu faire une telle rencontre amoureuse. Tu sembles t'autoriser à t'explorer désormais alors même que tu semblais de l'interdire jusqu'à présent. C'est comme s'il t'avait libérée d'interdits et poussé à te révéler à toi-même. C'est une belle histoire qui sonne juste et j'espère de tout cœur qu'il ira mieux, qu'il saura se soigner pour que vous puissiez faire votre route ensembles. Tu sais, j'ai attendu une telle rencontre pendant longtemps. Mais je n'ai été attiré que par le contraire, évidemment ;) ... Ce qui a fait empiré mon état, mes mauvaises habitudes, mon désamour de moi-même, l'envie de disparaître. Puis il y a 4 ans, 3 mois et 20 jours, je suis tombée sur un homme formidable qui a su m'aimer pour ce que je suis. Et cela n'a pas de prix :) ... Je dirais même que ça change tout dans une vie ... ^^
On ne peut que souhaiter cela à tous.

The Valuck, tu ne crois pas que la distractibilité est aussi en cause dans tout cela ? Finalement, n'est-on pas très facilement distraits par nos émotions, les brouhahas, les ambiances, les lenteurs, les rythmes ? Je sais que perso, j'ai beaucoup de mal à gérer la vie en groupe. Je préfère les très petits comités ou les apartés. Les voix qui s'élèvent, les cris, les discussions quand on est nombreux, ça me fatigue énormément. Je me déconnecte, je m'évapore direct parce que j'ai beaucoup de mal à supporter, à tenir la distance. Trop de sollicitations qui me laissent frustrée. C'est la même en famille d'ailleurs. Quand je les vois les uns séparés des autres ça va mais tous ensembles ça va une fois mais après ça ne va plus du tout. En particulier quand ça parle fort et que ça coupe la parole Very Happy
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laelie
Bipote Diamant

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Joined: 01 Sep 2013
Posts: 1,909

PostPosted: Mon 6 Jan 2014 - 11:13    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Bonjour à tous,

Ça doit être un point commun à beaucoup d'entre nous, on me surnommait "mère Theresa" étant petite ! Et tout comme toi Epona, je me dissimulais derrière l'enfant puis l'ado 1ère de classe, réservée, toujours à l'écoute des autres. Du coup mon mal-être était totalement dissimulé, et quand j'ai craqué suite à un traumatisme, j'ai perdu tous ces "amis" qui ne comprenaient pas mon changement d'attitude...
Du coup j'essaye de ne pas reproduire le même schéma actuellement, et d'apprendre l'égoïsme, mais je suis tellement hyper-empathique que c'est un travail de longue haleine... J'ai prévenu mon cercle d'amis proches de ma maladie, mais ce n'est pas pour ça qu'ils sont au rdv quand j'en ai besoin... Après je peux comprendre que ça mette mal à l'aise, que ça fasse peur. Mais au moins je suis claire par rapport à moi-même !
Moi aussi j'ai eu la chance de rencontrer un compagnon qui m'accepte telle que je suis, sur qui je peux compter dans les bons comme dans les mauvais moments !

La question de l'acceptation est plus difficile pour moi... Je sais bien que je ne suis pour rien dans la maladie, mais j'ai tellement pris l'habitude de la rejeter et d'être dans l'hyper-contrôle que les vieilles habitudes ont la dent dure !! C'est devenu un "instinct" de dissimuler aux autres ce que je suis... Dans certains cas, comme dans mon milieu professionnel (je suis orthophoniste en libéral), c'est indispensable. Mais avec les autres je devrais l'assumer et m'accepter... Après, le rejet de ma famille n'aide pas non plus !

Comme vous je me sens mieux en petit groupe, où j'ai l'impression d'avoir un meilleur contrôle de la situation. Dans les grands groupes je m'efface immédiatement, comme si je ne me donnais pas le droit d'exister...

Je pense vraiment que l'acceptation de ce qu'on est est la clé de tout cela, mais c'est un but ambitieux !!

Bon courage à tous
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épona
Bipote Turquoise

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Joined: 19 Sep 2013
Posts: 231

PostPosted: Mon 6 Jan 2014 - 11:49    Post subject: Désertification affective et intime Reply with quote

Bonjour Laelie,

Je comprends vraiment très bien cette idée d'instinct concernant le besoin de dissimuler. Quant à l'hyper contrôle, il va avec évidemment. As-tu toi aussi viré de bord ? Je veux dire être passé de l'hyper contrôle à une grosse débandade ? Ou avoir rebondi de l'un à l'autre ?

Quand j'étais petite, je rougissais à la moindre remarque. J'étais très réservée et impressionnable. Je me trimballais l'image de le petite fille parfaite mais finalement, j'avais le sentiment de ne rien inspirer d'humain aux autres. Ils me sollicitaient pour les défendre, les représenter, prendre la parole, corriger un devoir. Mais il n'y avait pas cette aisance et cette complicité qu'ils cultivaient entre eux. On se sent tellement vide au corollaire ... Incapable de vivre et de ressentir ce que vivent et ressentent les autres. Et pourtant, on est hyper-sensible, on ressent fort leurs doutes, leurs peines, leurs mensonges. On s'effondre en larmes devant un film sentimental. On se sent concerné par des tas de causes.
Il y avait une forme de révolte qui bouillait en moi. J'étais à vif tout en paraissant calme et dans le droit chemin. Puis il y a eu une rupture dès la toute fin du collège. Le Diable est venu sonner à la porte, pour ainsi dire. Ou plutôt, le cygne noir. J'étais guidée par mes excitations, je me sentais invincible, je me désinhibais et étais attirée par les drogues et les interdits. Comme si tout l'angélisme et la sagesse dont j'avais fait preuve pendant des années étaient désavoué par une nature plus complexe qui se réveille.
Je pense que j'ai voulu être gentille et parfaite par empathie pour mes proches et les autres. Du coup, très petite, j'ai pris la pelle et j'ai creusé ma tombe. C'est un peu sombre mais ce sont les mots qui le viennent à l'esprit.
Puis toute une partie de moi a fini par se réveiller, en quête de liberté et de développement pour ma survie. Je suis même allé jusqu'à aimer faire peur ou impressionner les autres. C'était il y a longtemps évidemment, j'étais toute gamine, pré adolescente puis adolescente et tout est décuplé dans ces périodes. Mais le fait de m'être oublié, d'avoir renoncé, je l'ai payé.
J'aime bien le personnage de Cat Woman dans Batman Returns : Selina Kyle jouée par Michelle Pfeiffer. Je retrouve le même personnage que celui que le mien. Un endroit gauche, incertain, inhibé, un peu coincé et comprimé. Et un envers complètement débridé qui laisse parler ses instincts, ses excès, son côté "sauvage" et qui domine, qui se veut libre. Un peu comme le personnage du Mask de Jim Carrey, également. Même si le cinéma embellit tout, évidemment :)

Tu sais Laelie, c'est plus difficile qu'il n'y parait parfois avec la famille. J'ai eu beau m'imposer, je retombe souvent dans le schéma de la fille parfaite qui est davantage dans l'agir que dans l'être et qui doit correspondre à l'image que mon père, notamment, a gardé de moi. On croit s'être libéré de tout parce qu'on a dit les choses mais souvent ça ne suffit pas. Il faut du temps pour renverser les schémas et agir sur les consciences, arriver à s'affirmer.
Et parfois, la famille aussi a très mal. Peut-être que tes parents n'arrivent pas à envisager que tu ne puisses plus être cette petite fille parfaite que tu as été. Mais c'est aussi parce que la peur et la douleur les empêche de se poser les bonnes questions, donc une, fondamentale : étais-tu heureuse ainsi ? Ils t'aiment fort mais cette identification qu'ils font de toi à un personnage du passé est mauvaise pour toi, je pense.
Toute bipolaire que tu es, comme nous, tu as des forces et des talents, tu es en devenir :). Et tu dois te concentrer sur ces forces et ces talents tout en te soignant sans ne plus rien espérer de cette petite fille que tu étais. Tu n'es plus elle.
Si tu crois en toi et que tu laisses sa chance à la Laelie d'exister et de s'affirmer, je suis persuadée que ton entourage suivra. Voilà pourquoi tout ce qui compte est de se soigner, de reprendre confiance en soi pour se recréer dans le présent, prendre conscience de notre présent et du pouvoir que nous avons sur lui. Sortir des nostalgies, des mélancolies, des critiques négatives, des fantômes du passé.
Tu sembles avoir bien exploré ton passé et l'aborder avec rationalité. Dis-toi que c'est un immense pas vers la réconciliation avec ce passé et maintenant tout est maintenant et devant toi.
Ce qui est difficile pour nous je trouve, c'est que comme il y a une rupture entre qui l'on a été et ce que l'on est devenu, on a le sentiment que certaines personnes nous ont enterré, ont fait un deuil. Sauf que nous sommes tous bien envie, capables, avec un avenir devant nous et bien des richesses à exploiter, un gros vécu. Il faut se serrer les coudes et y croire :)
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