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Textes de bipolaires
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Epsilon Eridani



Joined: 19 Jun 2010
Posts: 603

PostPosted: Wed 17 Jun 2015 - 12:53    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Previous post review:

Parabole: Les deux loups

Assis près d'un feu de camp, tout en fumant sa pipe, un vieux chef Cherokee racontait à son petit-fils.

«Un combat a lieu tous les jours à l'intérieur de moi, un combat terrible entre deux loups:

L'un est mauvais: regret, tristesse et solitude, fermeture, avidité, arrogance, suspicion, apitoiement sur lui-même, distance, colère, envie, culpabilité, ressentiment, égoïsme, complexes, mensonges, fermeture, vanité...

L'autre est bon: il est paix, joie, amour, chaleur, douceur, espoir, confiance, bienveillance, générosité, vérité, simplicité, bonté, présence et proximité...

Le même combat a lieu en toi-même et à l'intérieur de tout le monde».

Le petit-fils dans sa toute candeur d'enfant réfléchit pendant quelques minutes puis demande à son grand-père:

- Quel sera le loup qui vaincra?










Le vieux chef indien répondit simplement: « Celui que tu nourris!»
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PostPosted: Wed 17 Jun 2015 - 12:53    Post subject: Publicité

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lilychipie
Bipote Emeraude

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Joined: 30 May 2015
Posts: 95

PostPosted: Wed 17 Jun 2015 - 20:04    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

j'adore ton texte Epsilon;
il est de toi?...
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Epsilon Eridani
Bipote Saphir

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Joined: 19 Jun 2010
Posts: 603

PostPosted: Thu 18 Jun 2015 - 07:58    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Salut lily,

La parabole, non, évidemment, celui juste avant, oui.

Ravie qu'il te plaise.
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Shujaa
Bipote Emeraude

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Joined: 07 May 2015
Posts: 26

PostPosted: Fri 19 Jun 2015 - 11:07    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Je connais la parabole ( comme quoi les chemins se croisent et se rencontrent)
Le loup noir et le loup blanc: plus tu nourris celui que tu considères le plus et plus tu lui donne de la force pour dominer l'autre.
Amicalement, Shujaa.
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chico56
Bipote Emeraude

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Joined: 13 Jun 2015
Posts: 11

PostPosted: Fri 19 Jun 2015 - 23:23    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Texte de moi, datant du 2 octobre 2013.
Je n'attends pas de réponses particulière a ces questionnements mais je souhaiterais savoir tout de même si quelqu'un a déjà eu ces pensées ou si ça ne gêne que moi. Je précise aussi que le ton dominant est plutôt... Enfin, je veux dire que j'étais pas très bien quand j'ai écris ces lignes ^^" Bon aller, place au texte.

Titre: Je ne sais pas...

L'inspiration me manque pour exprimer le vide que j'ai en moi. Ce vide correspond au manque de réponses aux questions existentielles que je me pose.
Que dois-je faire ? Mon existence aura t-elle donc servi a rien ? Comment puis je exister ? De quelle(s) manière(s) ? etc.
Pourquoi je ne me contente pas de réponses "évasives", comme le font les autres gens ? Les personnes normales (encore faudrait s'interroger sur la notion de normalité), je les envie et je les plains en même temps. C'est assez complexe a expliquer. Si je devais le faire quand même, je ferai l'analogie par le proverbe suivant: Heureux sont les simples d'esprit.


Je sais pas ce que me réserve l'avenir, ni quel est mon destin. Mais si je devais faire un gros raccourci, je vois 4 possibilités:
Un destin banal ou extraordinaire, et un destin merveilleux ou malheureux.

Si j'étais plus serein avec moi même, je me contreficherai de toutes ces questions ! D'ailleurs, je ne sais même pas pourquoi j’écris ces lignes... Il est 2h39 du matin, je n'arrive pas a dormir... trop perturbé probablement.

J'ai toujours cru que j'avais un bon potentiel, mais je n'arrive pas a le prouver. Et peut être que je n'y arriverai jamais. C'est triste, quel gâchis !
A quand mon réveil ??? Quand est ce que je vais pouvoir (enfin!) m'épanouir ??? Cette vie morose commence vraiment a me peser :(

Mon psychologue m'a dit que je tournais en rond. Il m'a dit:
- Il est temps d'en sortir, Dorian !
Je veux bien, mais comment puis je sortir de cette boucle ?

Pour moi, un vrai cauchemar ne se situe pas dans la mort ou la souffrance qui la précède. Ce qui me fait vraiment peur, ça serai d'être bloqué dans une boucle temporelle. En effet, vivre et revivre une infinité de fois la même existence serait pire que la mort. (Je me base sur ma propre existence) Si je devais revivre ma vie, ça serai l'enfer. Mais la, je me rends compte d'un truc. Pourquoi dois-je toujours être spectateur de ma vie ? Et là, je crois que j'ai mis le doigt sur quelque chose d'important. Être acteur de sa vie. Je suis d'accord, mais comment fait on ? Il me faut un fucking déclic !! Quelque chose qui fasse changer mon état d'esprit. Depuis longtemps (peut être depuis toujours), je ne prends pas les commandes de ma vie, et là, qu'est ce que je fais ? J'attends une aide extérieur, le fameux "déclic". Je suis toujours dans la même logique: avoir un coup de pouce extérieur ! Je me crois tellement incapable de faire quoi que ce soit, que j'attends une aide extérieur. Je ne peux pas compter sur moi, et ça, c'est un problème.
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fontaine
Bipote Diamant

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Joined: 03 Mar 2008
Posts: 2,386

PostPosted: Tue 23 Jun 2015 - 20:32    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Vénus a les crocs !

C’est une petite plante, pas du genre grimpante ou urticante, non, elle est bien sage dans son coin.
Elle est d’un vert pomme, ce qui lui donne un petit coté naïf.
Un peu d’eau, un peu de musique, je la berce dans mon salon.
Je lui ai donné un petit nom : Vénus.
Dans les moments de vide existentiel, moi par manque d’inspiration, elle par gourmandise, nous gobons les premières mouches d’été.
Il faut dire que cette petite jeune plante a les crocs, c’est une dionaea dentata !
Je ne suis pas forte en latin, je traduirais par « jolies dents ».
Une plante qui a des dents, c’est comme un canari mangeur d’homme, ça donne à penser.
Enfin, ça me donne à penser.
J’ai de vieux souvenirs devant mon poste télé noir et blanc, je me souviens d’un vieux tarzan qui m’avait particulièrement traumatisé (j’étais et je reste, facilement « traumatisable », je ne peux toujours par re-visionner Bambi).
Curieusement, je suis restée asses fan de ce type d’image, à l’ancienne.
Les mains sur les yeux, je laisse un petit vide et hop ! Un méchant meurt de façon particulièrement odieuse : dégusté par les fourmis, pris dans la toile d’une araignée géante et gobé par cette même araignée (dont on aura au préalable visionné les pattes, les huit yeux, les crochets, etc. Il y a un érotisme de l’araignée) Ou, comble de l’horreur, il tombe sur un joli brin de fougère qui soudain semble s’éveiller à la vie, viens je te prends par la main, inutile de crier, je vais te digérer.
Je ne suis pas particulièrement une fille de la campagne. Suffisamment peu pour croire que les fleurs peuvent avoir la dalle.
Une pâquerette affamée vaut bien une tomate prenant le pouvoir (voir le cycle film B du moment d’ARTE, « le retour des tomates tueuses »)
Plaisanterie de cerveaux d’adolescents ou de teenager sur le retour ? Hier à la cantine on servait de la brebis/méduse, bestiole génétiquement modifiée par des savants qui aurait peut être du faire l’impasse sur certaines bandes dessinées et notamment MAD. (Ceux qui préconisent de surveiller la lecture des enfants ont décidément raison)(J’essaye d’imaginer le résultat de ce mélange et surtout son utilité. Quand les eaux auront recouvert quelques champs de pâturage, faire flotter des élevages de brebis, avec des chiens/dauphins anti -requins ?)
Revenons à ma tulipe mangeur de nains (dans le lot des victimes on trouvera bien des personnes de tailles modestes, je trouve que cela fait une belle annonce), j’avoue : elle aiguise mon imagination, aussi galopante qu’un lierre passablement forcé aux engrais sous UV
Enfin une petite chose fragile de la nature qui se rebiffe !
Tu lui files une baigne, elle te file une torgnole ; du pur savoir vivre !
Un rêve à l’état brut pour la jeune fille éthérée qui habite toujours mon petit cœur.
Evolution des mœurs, les princesses font du Kung Fu, les roses donnent des mandales.
Ou d’une façon très primaire, tu effeuilles la marguerite pour un baratin de flirt à deux balles : elle te bouffe ! Fin d’histoire d’ô.
Quoi de plus primaire que la bouffe, avec la sexualité ?
Mais il existe déjà des petites choses carnivores à la sexualité débridée : c’est ma minette et ses chatons.
La plante, terriblement romantique, a une sexualité plus compliquée, plus incertaine. Elle se reporte donc sur la bectance, c’est le lot de toute créature du ciel ayant loupée son analyse psychanalytique.
Ainsi, enfin, la nature pourrait rendre les coups qu’elle prend :
Les forets étrangleraient les incendiaires et les orpailleurs ou feraient ripaille de tout chasseur d’essences rares.
La prairie transpercerait les roues des motobykers
Les flores de dune broieront de par leurs mandibules tout promoteur à l’horizon.
La petite primevère défendrait, tel le un lion, son petit jardin de banlieue contre les plans d’urbanisme sauvage de nos maires.
La nature ferait le ménage que nous ne savons faire.
Devant une terre enfin libérée, nous pourrions entendre sous un pommier le chant du rossignol, avant d’attaquer, dans un tendre diner en tête à tête, une entrecôte.
La vache, me direz-vous, la vache, que devient la vache dans l’histoire ?
Sans doute, n’avons nous pas assez creusé l’idée de la maladie de l’encéphalopathie spongiforme bovine ou vache folle (merci Wikipédia). Vaches folles libérez vous de vos éleveurs-exploiteurs et de vos antibiotiques, de vos cadences infernales en batterie !
Etrange retournement des choses, je rêve de paix, mais entre « la margot » qui a fait sauter l’étable et l’herbe qui prend le maquis, je transforme la Normandie en terre à feu et à sang.
A bien penser, une terre à feu et à sang : Ce qu’elle est aujourd’hui, dans un silence de plomb.
Vénus s’invitera-t-elle au G8 ? Je crois que la gastronomie des grandes réunions de pays riches est d’enfer !
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Epsilon Eridani
Bipote Saphir

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PostPosted: Mon 29 Jun 2015 - 01:12    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Ainsi donc cent beautés nouvelles
Vont fixer vos brillants esprits
Vous renoncez aux étincelles,
Aux feux follets de mes écrits
Pour des lumières immortelles ;
Et le sublime Maupertuis
Vient éclipser mes bagatelles.
Je n’en suis fâché ni surpris ;
Un esprit vrai doit être épris
Pour des vérités éternelles :
Mais ces vérités que sont-elles ?
Quel est leur usage et leur prix ?
Du vrai savant que je chéris
La raison ferme et lumineuse
Vous montrera les cieux décrits,
Et d’une main audacieuse
Vous dévoilera les replis
De la nature ténébreuse :
Mais, sans le secret d’être heureuse,
Il ne vous aura rien appris.


À la marquise du Châtelet
Épîtres, stances et odes
Voltaire
(1694 -1778)
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Epsilon Eridani
Bipote Saphir

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Joined: 19 Jun 2010
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PostPosted: Mon 29 Jun 2015 - 01:13    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Je viens pour te guérir de l'espérance et dire que la nuit n'a jamais existé.
Je viens pour te délivrer de l'insupportable bonheur d'aimer.
La nuit, c'est ce que nous avons créé.
Un signe pour nous rencontrer entre les autres fleurs.
La fleur du visage et celle de l'éclatante justice,
la fleur immense de la voix et celle du songe,
celle de la fumée et la fleur océane,
celle qui s'ouvre lointaine et celles qui sont tes yeux.
La nuit c'est l'heure vivante contre laquelle luttent tant de fantômes.
Et nous qui n'avons jamais été des êtres réels !
Je viens pour te délivrer de l'insupportable bonheur d'aimer.
Rien ne ressemble plus à l'amour que ce feu qui défaisait notre solitude.
Ses flammes, des baisers de sang,
encore un signe que c'était pas le feu des autres :
un feu pour nous reconnaître à travers les autres flammes.
La flamme que la tempête reprend à l'oiseau qui meurt,
celle des mots vivants la flamme rendue à l'autre flamme comme un songe un sommeil,
celle de la haine qui déchire le ciel,
la flamme toujours régénérée de la misère humaine,
celles que tes mains portent comme des gants sanglants...
L'amour, c'est la terre interdite.
La minute qui n'attend pas et que tous les hommes ont détruite sans le savoir.
Car la nuit et l'amour sont la promesse d'un même malheur.

Je viens pour te créer une chance.

Présences
Édouard J.Maunick
(1931)
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Epsilon Eridani
Bipote Saphir

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PostPosted: Wed 1 Jul 2015 - 16:33    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Aimons toujours ! Aimons encore !
Quand l'amour s'en va, l'espoir fuit.
L'amour, c'est le cri de l'aurore,
L'amour, c'est l'hymne de la nuit.

Ce que le flot dit aux rivages,
Ce que le vent dit aux vieux monts,
Ce que l'astre dit aux nuages,
C'est le mot ineffable : Aimons !

L'amour fait songer, vivre et croire.
Il a, pour réchauffer le cœur,
Un rayon de plus que la gloire,
Et ce rayon, c'est le bonheur !

Aime ! qu'on les loue ou les blâme,
Toujours les grands cœurs aimeront :
Joins cette jeunesse de l'âme
A la jeunesse de ton front !

Aime, afin de charmer tes heures !
Afin qu'on voie en tes beaux yeux
Des voluptés intérieures
Le sourire mystérieux !

Aimons-nous toujours davantage !
Unissons-nous mieux chaque jour.
Les arbres croissent en feuillage ;
Que notre âme croisse en amour !

Soyons le miroir et l'image !
Soyons la fleur et le parfum !
Les amants, qui, seuls sous l'ombrage,
Se sentent deux et ne sont qu'un !

Les poètes cherchent les belles.
La femme, ange aux chastes faveurs,
Aime à rafraîchir sous ses ailes
Ces grands fronts brûlants et rêveurs.

Venez à nous, beautés touchantes !
Viens à moi, toi, mon bien, ma loi !
Ange ! viens à moi quand tu chantes,
Et, quand tu pleures, viens à moi !

Nous seuls comprenons vos extases ;
Car notre esprit n'est point moqueur ;
Car les poètes sont les vases
Où les femmes versent leur cœur.

Moi qui ne cherche dans ce monde
Que la seule réalité,
Moi qui laisse fuir comme l'onde
Tout ce qui n'est que vanité,

Je préfère, aux biens dont s'enivre
L'orgueil du soldat ou du roi,
L'ombre que tu fais sur mon livre
Quand ton front se penche sur moi.

Toute ambition allumée
Dans notre esprit, brasier subtil,
Tombe en cendre ou vole en fumée,
Et l'on se dit: « qu'en reste-t-il? »

Tout plaisir, fleur à peine éclose
Dans notre avril sombre et terni,
S'effeuille et meurt, lys, myrte ou rose,
Et l'on se dit: « C'est donc fini ! »

L'amour seul reste. O noble femme,
Si tu veux, dans ce vil séjour,
Garder ta foi, garder ton âme,
Garder ton Dieu, garde l'amour !

Conserve en ton cœur, sans rien craindre,
Dusses-tu pleurer et souffrir,
La flamme qui ne peut s'éteindre
Et la fleur qui ne peut mourir !


Les contemplations.
Aimons toujours ! Aimons encore !
Victor Hugo
(1802-1885)
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lilychipie
Bipote Emeraude

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PostPosted: Sat 4 Jul 2015 - 20:54    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

PETITE FABLE A LA CON

Il était une fois
perdue dans un monde étrange
une petite qui chercha

où étaient qué-plan les Anges.
Sans doute que c'est elle,
l'Ange, à sa façon
Quand elle déploie ses ailes
pour percer son plafond.

Il était une fois
un petit Ange bléssé
qui se demande Pourquoi
il peut pas s'envoler.
Il survole cette vie,
ce monde tellement bizarre,
il mate son agonie
et pis sans doute y s'marre

Il était une fois
une fée pas très ponctuelle
qui n'était même pas là
pour lui filer des ailes.
Seul dans son grand berceau,
le petit Ange pleure
Il gueule:"Tous des salauds!
Ils veulent pas que je meure!"

Il était une fois
une méchante sorcière
qui prit l'enfant dans ses bras
et récita sa prière:
"Tu seras Jamais heureuse
ma pauvre chérie,
ma douce et tendre rêveuse
tu t'es trompée de vie."

Il était une fois
un Magicien de Nuit
et c'était son Papa
et pis il est partit.
Puisqu'il n'avait pas put transformer
le monde en un bouquet d'Amour,
Il a juste embrassé sa poupée
avant de partir pour Toujours.

Il était une fois
un beau prince charmant
Qui n'est pas venu, je crois
Qui s'est perdu, suremment
Mais qu'elle attends encore
cette conne de princesse
quand le soir elle s'endors
blottie dans sa détresse.

Il était une fois
des milliards de Farfadets
qui racontent tout bas
leurs étranges secrets.
Pas un seul ne s'étonne
que ce monde soit si dur
Ils ricannent, ils marmonnent
dans un énorme murmure.

Il était une fois
une petite bien trop seule
mais qui restait là
à s'en prendre plein la gueule.
Elle semble terrorisée,
paumée dans son histoire
Elle voulait un conte de fée
elle n'a eu droit qu'à des cauchemards

Il était une fois
un petit Ange sans ailes.
Ses cieux étaient tout froids,
sans un seul arc-en-ciel.
Le bon dieu n'en voulait pas
il n'était pas assez sage,
alors il est parti là-bas,
au milieu des nuages.
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Sassandra
Bipote Turquoise

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Joined: 04 Oct 2014
Posts: 488

PostPosted: Sat 8 Aug 2015 - 22:24    Post subject: pouet pouet Reply with quote

Mes pays sont des musiques
Ils sont des mots
Qui courent vers la mer

Paroles d’épines
Paroles de pierres
Pour dire la voix des fleuves
Le souffle des Ancêtres

J’ai jeté l’ancre dans mon imaginaire…

Des ponts de lianes séculaires
Frissonnent sous le pas des dormeurs…

J’entends les cris du balafon
Et le tempo tatoué du tam tam
Montée de séve que rythme
La danse des corps tendus
J’entends la voix du feu
Ecoute la voix de l’eau
Les souffles de l’harmatan

Les griots seront mes parleurs bleus
A l’heure
Seule
Avec Mon Dieu
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Sassandra
Bipote Turquoise

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Joined: 04 Oct 2014
Posts: 488

PostPosted: Wed 12 Aug 2015 - 21:07    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

lilychipie wrote:
PETITE FABLE A LA CON

I.

j'aime vraiment beaucoup
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fontaine
Bipote Diamant

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Joined: 03 Mar 2008
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PostPosted: Fri 14 Aug 2015 - 09:45    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Comme des méninges
En jardin français
L’ortie et la ronce aux oubliettes
Sous le regard sévère
Des jardiniers du roi
Qu’ais je fais entrer
Ces sécateurs
Dans le dévidement de mes jours

Le sang retapé par le silence
De ces jours brulés d’un ciel impeccable
Au soleil unique et exact
Un cadran solaire sans paresse
L’ombre a la place assignée
Par une perspective sans joie

Que dis la mauvaise graine
Qu’elles sans ira mourir ailleurs ?

Comme les oiseaux
À l’aile biseautée
L’instinct prisonnier
De la petite mare
Sentent dans leurs veines
Courir le magnétisme de la terre

Que disent les anges et les sirènes ?
Que chantent les colombes et les renards sur la colline ?
Que dis la mauvaise graine
Qu’elles sans ira mourir ailleurs ?

Il faudra cette musique
Cet air du fond des entrailles
Des nuits et des sonos
De sueurs et d’acide
De mots pendus
De mots perdus
Aux hommes sombres
Comme le nom de nos remords
Pour qu’une encre noir
Plus épaisse que le sang
Des tous les calamars puisés aux abysses
Souffle sur la cruelle harmonie
Des fleurs apprivoisées
Rendent le jour à ses rêves
Le jardin à la jungle
Aux yeux verts des panthères

Enfin par la porte de ferronnerie renversée
S’engouffre un vent au gout de pure dévastation
Crève les cosses de pavot
Prêt à éclatés tels des feux follets

L’ortie et la ronce se redressent
Telles des dragons
Leurs épines crevant les yeux des jardiniers
Cherchant dans leurs larmes
Le doux secoure d’une folie
Longtemps honnie

De l’épitaphe de ce nouvel enfer
De l’épitaphe, Avouerais-je
Cette seconde où un regard
Déchira tous les sorts
Enchainant
Un esprit occupé de rédemption

Avouerais-je le soulagement
De cet esprit
A saborder
Encore
Et encore
Le fond de sa raison
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Sassandra
Bipote Turquoise

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Joined: 04 Oct 2014
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PostPosted: Fri 14 Aug 2015 - 14:23    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

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Sassandra
Bipote Turquoise

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Joined: 04 Oct 2014
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PostPosted: Fri 14 Aug 2015 - 14:33    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

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Sassandra
Bipote Turquoise

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Joined: 04 Oct 2014
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PostPosted: Fri 14 Aug 2015 - 15:20    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

oops - je me suis dit que ça pourrait être mal interprété - je précise poésie et autre degré...

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fontaine
Bipote Diamant

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Joined: 03 Mar 2008
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PostPosted: Sat 15 Aug 2015 - 11:14    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Il est l’homme sirène
Des cotes atlantiques
Dans le feu de la houle
Dans les nuées de tempête
Il envoie des mots doux
Aux oiseaux
Et aux filles des plages

Il est le Nemo
Des chairs de femme
Plante
Une croix
Aux lieux de grandes morts
Il est le Nemo
Au cœur de fer
Aux désirs mêles d’algues et de cambouis
Aux désirs
Du plein jouir
Il s’est construit
Un royaume

Il est le loup
Il est le croquemitaine
Il est le roi des mers
Dans mon cœur
Le roi des enfers
C’est vaste et furieux
C’est imbécile et folie
C’est d’un cru naïf
Celui des pucelles du premier avril



Moi
Du fond de mon écrin
Je regarde passer les tempêtes
La lumière des phares sur la crête
Des vagues en furies
L’échouage des goélettes
Les cris de Médée par intérim

Moi je peins la chair rose
Un peu de nacre
Un peu de blues
Un souvenir
D’empreintes
Un souvenir
De fantasmes en dépôt vente
Les mannequins de mes rêves
Sont plus nombreux
Qu’en Samaritaine

Pourtant
Reine de mes quatre murs
Je sollicite
Je postule
Un entretien d’affinités
De rôles tout résignés
Je suis l’amante
Tu es l’absent
Les cordes et les fouets
Je te les offre
Sous condition
D’être LA victime
Aveugle et déterminée

Je suis la femme des vents de dune
Mouvante
Prise au-dedans un corps chaud de serpent
Je suis une victime
Aveugle et déterminée
À me faire
Aimer.
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jb53
Bipote Emeraude

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Joined: 05 Aug 2015
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PostPosted: Sun 16 Aug 2015 - 09:26    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Merci Ieltxu (?), Je suis bien en ce moment. Si j'avais quelques talents littéraire, je pourrais et j'aimerais écrire mon histoire. Ou plutôt l'histoire de ce trouble psychique qui m'a fait tourner en rond jusqu'à présent. Cela afin d'éclairer ceux qui cherchent désespérément réponse à leurs questions, bien souvent dans un combat perdu contre les autres alors que la faille est en eux. Le plus positif quand je suis dans la phase actuelle, est de se prendre comme sujet d'analyse, de faire les contours du trouble, de repérer les limites, de relever l'angoisse qui alerte. C'est vertigineux ! Funanbulesque ! Je repense à ce texte que j'avais écris il y a si longtemps alors que j'allais m'allonger sur un divan deux fois par semaine sans bien comprendre ce que j'y faisais. Peut-être un jour y mettrais-je plus de sens encore car il prend sens chaque fois un peu plus.

C'est un domaine si vaste et si profond
Ou le superficiel ne s'aventure
Ses frontières mouvantes et perméables
S'ouvrent dans le couchant des mots

Au bord de son lac aux eaux limpides
S'abreuve une diversité d'être
Faisant trêve de leur instinct animal
Qui ailleurs les fait se combattre

Relevant la tête, j'ai senti dans l’œil de ce roi
Ma fragilité et son respect à me connaitre
Me laissant boire et prendre des forces
Pour un jour marcher sur sa trace

C'est un domaine si vaste et si profond
Ou chaque fin annonce un commencement
La mort vient t'y faire renaitre
Partons ensemble à sa découverte
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Ieltxu
Bipote Emeraude

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Joined: 10 May 2015
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PostPosted: Sun 16 Aug 2015 - 13:20    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

A n'en pas douter, tu as des talents littéraires. Visiblement tu as retrouvé ce lac aux eaux limpides.
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jb53
Bipote Emeraude

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Joined: 05 Aug 2015
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PostPosted: Sun 16 Aug 2015 - 13:49    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

oui, et j'y découvre les autres. La source est la même pour tous le monde. Elles nous impose la paix et le respect de chacun.
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fontaine
Bipote Diamant

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Joined: 03 Mar 2008
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PostPosted: Tue 1 Sep 2015 - 18:52    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Petit conte immergé

Une terre qui reflète le ciel au soir
L’eau l’a prise en possession
Et, La nuit n’ayant trouvé nul autre maitre
S’installa sur l’onde immobile
De part en part des oiseaux transpercent leurs royaumes
Des fleurs prennent racines
De la vase, elles conduisent leurs pétales à la lune
La lune verse des larmes sur les corolles
Des serpents glissent aux milieux des eaux sombres
Il n’est de lieux ici bas
Qui n’emportent leurs malédictions

Sur les fleurs de lune
Se pose un papillon de nuit
Haleine du monde au repos
Il fait des pirouettes et des figures
Danseur
Ses ailes souples égrènent des poussières iridescentes
Autour des feux follets charmés
On distingue sous l’eau
Comme un Léviathan de murs
Un des ces monstres de légendes
Dont le nom même fait frissonner les pages des contes

L’eau épaisse et noir refuse la lumière en ce lieu
Les racines des herbes découragent le regard
C’est par une seule ombre large et inquiétante
Que l’on devine le mystère
Papillon gentil
Nul ne plongera
Je peux te chanter, cependant, le charme des eaux sourdes

Un cœur vivait là
Château de vitraux
Gouttes de cristaux et forets d’émeraudes
Calices d’agates, coupes d’or
Pluie d’argent
Les cœurs font les plus beaux architectes
Tant ils ont besoin d’une pluie de lumières
Tant ils ont besoin d’être phare en ce monde
Un cœur s’enivrait là
Comme les cœurs ont grand besoin de s’enivrer
Aspirer la vie
Inspirer la vie
Expirer la vie
Un sourd orgue battait les tempes
Plus furieux qu’un cheval de fer
Prendre aux sensibles
Rendre aux sensibles
Magie ultime :
Un peu de sels d ‘argent au fond de l’œil
C’est le rêve qui se développe en pelote

Plus infidèle qu’une sirène
Plus vierge qu’une licorne
Un cœur enivré
Tricotait des mots d’amour
Pur laine, cachemire
Sur tout l’océan de la toile
Entre la danse abandonnée de transparentes méduses
La sage cavalcade des armés d’hippocampes
Le sang transparent des calamars
Les abysses
C’est fait pour les vies cachées

Te souviens-tu : il n’est de lieux sans malédiction
Dans la mer, les serpents se tordent autour du coup des sirènes
Dans la vie : il n’est de naissance sans malédiction
Souvent, on a vu le rêveur prisonnier de ses propres prisons
Souvent, on sait que les mots ne savent attacher l’être aimé
Malgré le vaudou et le serpent sacrifié
Mais souvent
Obstinés
Le front butté contre l’impossible
Les rêveurs désirent passionnément l’amour


Inspirer
Recracher la vie
Contempler sa solitude
Comme une feuille de saule jeté à la rivière
Ça se déglingue
Inspirer le sang
Recracher le sang
Prophétie :
Dans l’eau de ses propres larmes
Il viendra à se noyer
Mais grand cœur
Il fera grand feu
Avant de sombrer
Dans l’océan même qu’il coulera de ses larmes


Une terre qui reflète le ciel au soir
L’eau à pris possession
La nuit l’a pris en possession
De part en part des oiseaux transpercent leurs royaumes


Dans l’eau des pleurs
Des fleurs prennent racines
De la vase,
Des saisons oubliées
Elles conduisent leurs pétales à la lune
La lune verse des larmes sur les corolles
Et donne sa bénédiction
Aux cœurs oubliés.
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fontaine
Bipote Diamant

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PostPosted: Thu 3 Sep 2015 - 10:33    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Le blues de la panthère

Dans les feuilles embusquées
Ramassée au fond de leurs nuits
Pleure la panthère.

Des gouttes de larme
Glissent noblement sur sa robe sombre
De son iris noirs, dans ses yeux d’émeraude
Où naguère régnait l’éclat d’un feu d’or
De ces iris
S’échappent très doucement des petits morceaux de lacrymale
La panthère si avare de sa douleur
Dans ce monde où chaque blessure
Est une faiblesse que l’on offre à l’autre
La panthère sanglote
Les larmes glissent
Sur son corps ramassé
De taches noires et de muscles bruts
Au-dedans
Bat un cœur, tout aussi noir
Dans le secret de la forêt
La panthère broie du noir
La panthère a le blues

Griffes et crocs
Elle tue sans sommation
Les gazelles
Au creux du silence effaré de la savane
Griffes et crocs
Mais, là
La panthère souffre d’amour
Dans le silence
Qui s’offre à sa solitude
Dans le silence
Qu’offre une terre encore en sauvagerie

La panthère qui vient de tuer, là-bas
Ne se sait cruelle
Elle ne connait les mots
Ni de meurtrière, ni de tueuse
C’est avec une grande innocence
Qu’elle transperce la peau douce des gazelles
En cette fin du jour
Elle demande un peu de paix dans l’ombre des feuilles
Elle regarde un bout du ciel
Le soleil continuer sa route dans un ciel d’azur
Furetant sous chaque herbe, arbre, chaque souche
Imposant à chacun son royaume

Le cœur tordu par la lumière
La panthère est venue à la foret
Sortir son chagrin
Comme on sort ses griffes
Elle regarde bien au dessus d’elle
Les oiseaux roses ou bruns traverser le continent

Le temps d’une seconde légère
La panthère se rêve colibri
Une nouvelle larme glisse sur sa pate
Tombe sur quelques fourmis
Qui dégustent la bonne fortune
Notre mal de cœur
Trouve d’étranges utilités à vue de fourmis
La panthère se secoue et grogne
Cherche à se dégager de sa douleur
Comme on dégage de mauvaises mouches
La panthère est bête est ne sait que faire
De cette plaie toute nouvelle
La panthère souffre d’amour
Voila bien un cadeau de femme !

Dans la pièce
Une femme tient un pinceau
Puis un autre
Elle a le stock
Brosse de martre
Soie de porc
Pigments :
Bleu phtalo clair
Bleu violet outremer
Bleu céruléum
Pourpre brillant
Noir de mars
Liquides :
Encre de chine
Encre indigo
Encre iridescent
Medium
Fluide, brillant
Epais translucide
Paillette :
Turquoise
Outremer
Cobalt
Violine

Sur la bâche au sol
Comme une plage en marée basse
Ou se mêle sable et eau
Se mêlent taches et matières

Quel est la couleur du chagrin ?
les reflets de l’absent ?
C’est une spécialiste des descentes en profondeur
En apnées
Madame rêve !
Dans les abimes de ses désirs
Mais la clé des rêves
Jamais elle ne la rejoint
Au réveil, la femme
Perd le sésame de ses songes
Elle ne ramène
Que l’ombre d’une caresse
Les promesses d’un fantôme
L’amertume d’une douceur
Une couleur a l’aveugle
Quel est le goût du rêve ?
Les reflets du cauchemar ?
La couleur de l’oubli ?
Des questions
Du stock, elle en a

Têtue elle interroge l’animal
Capturé en sa toile
Stupéfait
Crucifié en ce sentiment nouveau
Mais ses naïves réponses
Ne savent calmer
La fureur de la femme
Qui ne tient ses mots d’amour
Que dans le tréfonds de ses nuits
Qui ne sait se souvenir des ses amants
Qu’aux travers des méandres de ses encres de chine

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fontaine
Bipote Diamant

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PostPosted: Sun 13 Sep 2015 - 10:43    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Gourmandise et moralité


Des œufs en neige pas trop fermes
Une goutte de grenadine pour le rose
Au dessus une belle endormie
Totalement nue, pour le rose
Jamais trop de rose
Sa poitrine flotte doucement comme deux nuages
Ajouter :
Une larme de citron pour l’acide
Une larme de crocodile pour l’absinthe
De grosses pralines tels ces mensonges
Que l’on ne croque pas trop bien innocemment
Les dragées c’est connu
Niquent les dents et les heures d’ennuis derrière les portes
Une meringue douce pour s’enfoncer
Dans le mystère d’un marais blanc
Une meringue douce pour enflammer
A la fine cognac
La belle la nuit
Quelques violettes en sucre pour les mensonges des crocodiles
Quelques pavots en graines pour rêver de violette en sucre
Sur la partie la plus nacré de son sexe
Une rose dans la coupe de champagne
Pour le rose
Don juan gourmet salive
Devant la carte des enfers
Croque autant seins et diablesses
Auxquels s’ajoutent
Quelques jolis anges à tirer
Au passage



Pain d’épice
Cannelle et miel
C’est un homme à la peau doré
Aux lèvres de sucre de gingembre
Je luis dis
Je luis dis
Tu es mon ginger man
Noyé dans un bain de chantilly
Où s’esclaffent quelques bulles de vins vénitiens
Une goutte de confiture de rose
J’aime les fleurs en confiture
Sur ma tartine
S’étale les roses de tous l’atlas
Une goutte d’anis
Pour arroser l’oasis
Un peu de perfidie
Pour damner le paradis
Le serpent tient les dés
Mais Je te souffle la règle
Ni oui
Ni non
Sur milles lunes
De jeux interdits


Gavée de confitures et de pains d’épices
La princesse peine à rentrer
Au-dedans la porte renaissance
De son petit palais
Les souris s’en sont allées à saint Malot
En thalasso
Don juan continue a plumé des anges aux enfers
Envoie des sms aux jours de fêtes
Et les princesses aux chômages s’inscrivent dans des pôles de solitudes
L’ennui livre ses messes basses
Le temps est toujours offert aux abandonnées
Le hasard des nuits vident reprend ses droits d’ainesses
La princesse prend un livre
Comme on mouche un chagrin
Presse un manteau d hermine
Sent une l’odeur de neige nocturne
Entends le vole de mort du chat-huant
L’hiver sera long
La princesse devant un feu de bois ouvre son petit livre
Carré, mêlés d’entrelacs savants
De fleurs et d’anges
Enfin de celles qui n’auront pas été consommées
Enfin de ceux qui restent d’un peu présentable à un jeune public
Elle découvre le rose aux joues la première page
C’est la A
Le petit A coincé dans un gros cœur
Il a bien du mal à respirer
Le frêle, le doux, le charmant A
Eternellement coincé dans les courbes charnues du cœur
La femme soupire et ce souvient de cet immense empiffrement
En rigolant
-1) La vie ne donne que ce que l’on lui vole
-2) Il n’est jamais trop tard pour apprendre à lire !
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Sassandra
Bipote Turquoise

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PostPosted: Thu 24 Sep 2015 - 12:26    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Tarentulo


Tarentulo, c'est mon frangin
Tarentulo est une mygale
exaspérante : le QI d'un bulot

Tarentulo est élastique :"un véreux sautillant"
Tarentulo est insidieux : "un empaffé mondain"

" les cons ça ose tout et c'est même à ça qu'on les reconnait"
Audiard


Tarentulo compte les raviolis de mon assiette
Tarentulo crucifiie mes poupées .
Tarentulodécoupe les animaux.
Tarentulon bon prince peut nourir la piétaille : piments et de laxatifs aux affamés.

A 4 ans Tarentulo me réveille toutes les heures :il pince.
A 9 ans Tarentulo est déjà maître chanteur.
A dix ans Tarentulo se faisait sucer par la petite stef .

Le faire sortir par la grand porte ? Il apparaît à la fenêtre...

A 50 ans
Tarentulo use et abuse des turpitudes nécessaire pour investir mon lobe frontal,,,
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judex
Bipote Emeraude

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PostPosted: Fri 25 Sep 2015 - 20:14    Post subject: texte Reply with quote

Folie de tristesse et de rage
Mangeant la merde et le cirage
Folie de terreur et d'horreur
Je vomis mon foie et mon coeur
Cloitrée dans l'eternel taudis
Entre ces murs que je maudis
Je tourne comme une toupie
Ou sur quelques loques je gis
Si je sors c'est pour quelques pas
L'espace horrible fond sur moi
Comme un gigantesque vautour
Transparent et sanglant le jour
Plus noir que l'enfer de la nuit
et bien oui, telle est ma folie

Brigitte est folle hi! hi ! hi !
Que c'est drole que c'est joli
Dans les plumes de canaris
Les feux-follets et les rubis!

Brulée vive sur le bucher
L'esprit et le corps embrases
Comme une femme a l'habitude
De l'est à l'ouest, du nord au sud
Noircie par toutes les tortures
Et rongée par la moisissure
Ensevelie dans les glaciers
Projetée dans un corps d'acier.
Solitaire entre les planètes
sans paroi, sans chair sans arretes
Etouffée de serpents flambants
Assourdie de cris de mourants
Je ne sais comment je survis
Et bien oui telle est ma folie

La haine et la misere au coeur
Au cul le feu ,et la douleur
J'avoue, j'avoue que j'ai peur
Crevée de blessures de fleurs
Carnivores et omnivores
Dans l'ether effrayant que dore
Le soleil de Satan puant
Calcinant la mer et le vent
J'avoue, oui j'avoue que je crève
Jusqu'au tombeau du reve

Scribouillard qui chie ta copie
Comprend le, c'est ça ma folie!
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judex
Bipote Emeraude

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PostPosted: Sat 26 Sep 2015 - 11:21    Post subject: poeme Reply with quote

Dans la cour un arbre s'esclaffe et se tord,
Il jette des feuilles d'or,
Appendices surrannés de ses longs bras noueux.
Dans l'air le cri d'un chat gris-bleu
Dérange l'ordre de la nuit;
Nuit de pleine lune
Quand les sorcieres reviennent à la vie.
Nues, elles étalent leurs runes,
Pour voir le destin des dormeurs.
Et elles dansent pour dissiper tout malheur.
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judex
Bipote Emeraude

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Joined: 19 Sep 2015
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PostPosted: Sat 26 Sep 2015 - 21:06    Post subject: fable à la con? Reply with quote

Lilychipie, elle est pas con du tout ta fable ;elle est meme tres touchante. Et, au fait tu sais pas que les sorcières sont parfois bienveillantes? Tu as peut etre mal compris ce que te disait la tienne...
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fontaine
Bipote Diamant

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PostPosted: Wed 30 Sep 2015 - 18:42    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

La bringue me va si bien


Perdu
La photo
De ce quai de gare perdue
Une voie s’engouffre dans le brouillard
Comme un cœur dans l’inconnu
Perdu
La photo
De cette histoire
De perte et d’abandon
Un peu d’herbes sauvages poussaient sur la voie
Un chat flâne
De loin, cette gare a oublié ses départs
Et les âmes lassent l’ont désaffectées
Oui
Je me suis perdue
Dans des brouillards personnels
Quand le cœur refuse
L’image aux regards
La nuit reste aux mains
Mais j’aime ces nuits
Ou les inconnus s’offrent aux mains
Je propose aux quais d’abandon
Mes absences
Délivre des consignes
En toute liberté
Je suis une fille de brume
Qui ne bringue qu’en secret

Je me suis tuée bien trop tôt
Trop de silence avalé
Et j’ai bu tout le tu et a toi
Tout les valiums, tout les prozacs
J’ai souhaité bien des morts
Pour découvrir
En chemin
Toutes les renaissances
Mais
Sans jamais
Renier
Mes nuits
Mes obscurs
Mes entorses
Mes démons
Ainsi je suis devenue
Portraitiste
De traits fantômes

Nul ne doute
Que la vie
Est un exercice de funambule
Certains apprivoisent le ciel
D’autres l’enfer
D’autres font la fête
Une fête
Une vraie fête
Se trouve en équinoxe
Entre
Souffrance
Et
Plaisir
La fête
Libre échange
Où Chaque figure
Est une
Inconnue
Les inconnues sont des formules mathématiques
Qui terminent au lit
La soie des émois
Se caresse du bout des doigts
Des pires liqueurs
On fait les meilleurs dépars
Des pires liqueurs
J’ai creusé la frontière
Où les nerfs se mêlent aux voix
De sirènes invisibles
La mélancolie est avant tout musicienne

Les visages se griment
Les cœurs s’affutent
Dans le miroir
Se tord
Une cour des miracles
Prête à toutes les débâcles
Le muet grimace sa langue
Le sourd attrape les mots
À même des lèvres bavardes

J’ai connu des fêtes à plumer des phénix
Les yeux fermés
Passent des pépites
Chut je dors !
Je suis une fille de brume
En brouillard perpétuel
Mon sang transporte une étrange drogue
Dont le silence n’arrive à avoir raison
Les ombres de mon cops
Danseront encore bien des nuits
Avant de vouloir jouir
D’un soleil blanc
Sur la dune.

Il ya des fêtes de feux de Bengale
Il y a des feux invisibles dans le cœur des femmes
Dans la nuit
Super nova
Etoiles noirs
Se répondent
En rayons cosmiques
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mepine
Bipote Diamant

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Joined: 26 Mar 2012
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PostPosted: Wed 30 Sep 2015 - 19:23    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Très beau texte fontaine, merci de le partager
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fontaine
Bipote Diamant

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Joined: 03 Mar 2008
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PostPosted: Thu 1 Oct 2015 - 09:05    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

bonjour Mepine
j'ai écrit ce texte pour un ami qui m'est cher, j'espère qu'il comprendra mes mots
je ne suis pas très douée pour verbaliser simplement les choses
je t'embrasse Mepine
pas de jaloux, je vous embrasse tous...
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fontaine
Bipote Diamant

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Joined: 03 Mar 2008
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PostPosted: Mon 12 Oct 2015 - 18:39    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Le Soleil d’automne
Souffle une âme d’or
Dans le cœur des arbres
Le ciel est bleu
Et je veux du bonheur
Femme occidentale
Je passe dans les magasins
L’acheter

Un parfum
Pour distraire ma peau
Un foulard
Pour caresser mon cou
Des bagues pour cercler mes doigts
Des cailloux partout pour voler l’étincelle des feux de Bengale
Des robes pour danser dans le vent
Des ballerines pour sautiller entre les allées des jardins
Un sac pour le bourrer de rouges à lève
Rose ingénue, rouge baisé, mauve tzigane
Aux couleurs de mes futurs mensonges
Un agenda de cuir pour donner des noms
Aux amants du jour
Les rouges baisé sont comme les coquelicots
A jeter dans le cœur des passants
Dans l’immédiat de leurs floraisons
Femme occidentale
Je fais le plein
Bonbons de la vie
J’empiffre
A cloche pied
Je traverse les jeux de la vie

Quand vient un concerto de Bach
Un cœur soulé de vide
Hésite à battre encore
Je pense toujours à lui
Une image tremble encore
L’encre encore fraiche
La couleur chair
Les draps blancs
Des yeux noirs jetés d’étoiles de lumière
Il faudra beaucoup de papier de soie contre sa chair
Il faudra beaucoup de ruban
Rose les rubans
Nerveusement, hystériquement rose
Comme ces idées de bonheurs que l’on tresse avec les mains
De l’homme qui aime
Papier de soie encore emplit d’émois
Rubans pesant de reproches
Pour lier
Pour fermer, enfermer
Le plaisir
Il faudra beaucoup d’ivresse
De bouteilles d’alcools forts
De mise en vacance éthylique
De déperditions
De malédictions jetées
Dans le silence des nuits
Pour replier les souvenirs
Dans ce petit coffre à jouet
Au fond
A droite
Un peu plus bas
Là, exactement, dans le capharnaüm de ma cervelle

Ces jours d’automnes
M’ont fait cadeau
D’un authentique mal de cœur
Femme occidentale
Hors promotion
Ils existent
Les sentiments vrais sont gratuits
Automne m’a fait cadeau
D’un authentique chagrin d’amour
Un pur bijou
Simple comme une cataracte
Le vertige
La douleur
Le chagrin
Sont des fruits simples de la terre
Et ma récolte s’embrasse sous le soleil d’octobre.
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Sassandra
Bipote Turquoise

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Joined: 04 Oct 2014
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PostPosted: Mon 12 Oct 2015 - 18:55    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

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Lili-md
Bipote Turquoise

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Joined: 12 Oct 2010
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PostPosted: Sun 8 Nov 2015 - 16:01    Post subject: Allégorie Reply with quote

Allégorie

Un jour, quand j’allais au plus mal, j’ai enfin osé entrer dans cette forêt de ronces (psychothérapie).
J’ai très vite été plongée dans le noir, seule avec ma douleur et mes peurs.
Chaque pas m’arrachait la peau .
Au début, je ramassais chaque lambeau (traumas), et j’essayais naïvement de le recoller sur moi, mais ça ne me soulageait pas, au contraire, ça intensifiait la douleur .
Jusqu’à ce que je comprenne que je n’en avais plus besoin, qu‘il me suffisait de les laisser tomber et de laisser mon corps cicatriser…
Parfois je m’arrêtais, découragée, fatiguée et je restai pour un temps prostrée dans une clairière, la chair à vif (down).
Parfois des chemins fleuris et sans épines apparaissaient (up, addictions) et je me suis laissée tenter. Mais ils me ramenaient inexorablement en arrière et ne faisaient qu’allonger le chemin .
Parfois j’ai croisé des fantômes et j’ai répondu à leur appel qui me disait de rester près d’eux pour ne plus souffrir (t.s.) , et heureusement, je me suis relevée et leur ai tourné le dos .
Le voyage a été long .
Et un jour, je me suis rendue compte que ma peau se régénérait, ne me laissant que des cicatrices .
J’ai commencé à voir la sortie de la forêt et j’ai décidé de plonger dans la rivière rafraîchissante qui la bordait (lâcher prise) .
L’eau a apaisé toutes mes plaies, j’ai fait peau neuve et j’ai nagé tranquillement jusqu’à l’autre rive (la vie) .
Je me suis reposée un temps, puis, bien propre et sèche, j’ai rejoint les vivants .
Aujourd’hui, il m’arrive de temps à autre de faire quelques pas en bordure de la forêt, pour y jeter des tout petits lambeaux et plonger à nouveau dans l’eau claire .
Même si j’étais effrayée lorsque j’ai commencé à la traverser, il y a dix ans, je sais aujourd’hui que c’était nécessaire et que mon bien-être était à ce prix .
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Benjamin
Bipote Turquoise

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Joined: 18 Sep 2015
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PostPosted: Sun 8 Nov 2015 - 20:40    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Bonsoir Lili-md,

Chapeau pour ce texte poétique de la maladie bipolaire. On dit souvent que les bipolaires ont des facilités créatives et artistiques, tu doit faire parti de ceux-là (C'est pas mon cas !).

Bonne soirée, Benjamin.
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Lili-md
Bipote Turquoise

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Joined: 12 Oct 2010
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PostPosted: Sun 8 Nov 2015 - 23:27    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Merci Benjamin ;)
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emma16
Bipote Saphir

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Joined: 17 Jan 2012
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PostPosted: Fri 13 Nov 2015 - 09:24    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Novembre 2015


Acrostiche


[b]P[/b]assager clandestin de ce navire fantôme, l'air y est poisseux, collant d'âmes perdues. Je suis paralysée, recroquevillée dans un recoin du pont inférieur. Mon cœur est chaviré d'angoisse, étreint d'effroi. L'humidité pénètre ma peau, jusqu'au plus profond de mon squelette, comme de pics acérés mortifères. Les sons étouffés, portent à ce qu'il me reste de conscience les cris de la terreur des bas-fonds, âmes prisonnières de leur propres peurs.


[b]E[/b]nvie de fuir, fuir cette ambiance d'outre tombe, sans y perdre son âme. L'entrée dans ces très fonds signe déjà la perte totale de repère. Vendre son âme au diable pour échapper à cette souffrance. Je suis aspirée par l'envie de m'engouffrer là où tout n'est que noirceur et douleur, ne plus lutter avec mes démons, ne plus lutter avec ce qu'il me reste de conscience d'être.


[b]Urgence [/b]d'agir, le corps totalement englué en enfer, et la conscience totalement ravagée par les dépressions successives, plus de conscience à la vie, plus de conscience à la survie, je suis perdue à mon être. Il y a urgence à m'aider, m'aider à reconstruire, il ne reste que quelques ruines dans la petite cage de verre, amas de terre gluante et de béton armé en miette .


[b]Rage[/b] de vivre, rage de partir ; Au flux des humeur, le navire vogue de l'une à l'autre. Mais les eaux sont troubles, lourdes, le ciel bas. La rage de partir est définitivement la plus forte mais reste une petite lueur. Mes proches. Quelle est la part de l'amour propre dans ce fragile équilibre, je pense qu'il m'en reste encore un peu, cela me maintien la tête hors de l'eau, conscience d'être à la vie ?
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Samuelle5
Bipote Emeraude

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PostPosted: Sun 22 Nov 2015 - 08:50    Post subject: Texte : La guerre des fous Reply with quote

Voilà un texte qui est dans mon recueil de nouvelles

LA GUERRE DES FOUS


[lors de la débâcle de 1940 certains médecins et des infirmiers ont abandonné les fous, les laissant totalement seuls dans les asiles.]

Nous sommes accroupis. J'ai mangé un peu d'herbe avec de la terre froide. Les gardiens sont partis, infirmiers, médecins. Certains ont oublié d'ouvrir les portes des enfermés, dangereux, gênants, impossibles. Et ils grattent à la porte, à qui ne reste que cette force. L'un d'entre eux a réussi à fracasser le bois, l’un des linteaux de sa porte, s'est glissé dessous. Libre. De crever de faim, de cette campagne immense, d'un pays, d'un monde trop grand. D'autres comme des ombres derrière la vitre regardent d'autres ombres qui mangent ce qu'ils ramassent à terre, et vomissent ensuite.

Il a fallu peu de temps pour avaler ce qui restait de nourriture après le départ des infirmiers. Au début on a tout fait cuire dans de l'eau. Plus tard on avalait crue la pomme de terre trouvée derrière le frigo. Et plus rien.

On n'est plus fou. Personne. C'est la guerre qui nous a guéris, on pense. Mais c'est une guérison de fous. Le psychopathe mythomane nous raconte des cuisines de rêve, des repas d'ogres, une épopée culinaire qui dure toute la nuit. Couteau en main, il bat des oignons invisibles, des tranches de viande, des herbes rares. Jouant ainsi, il s'est coupé le doigt. Et c'est arrivé. Nous a tous regardés disant « C'est fini de tuer... voilà mon propre sang. Tout est fini. » Et ses histoires nous manquent.

On n'est pas tous partis. Je suis dans cet asile depuis vingt ans et je devrais partir ? Je ne sais plus comment on marche dehors, ni comment on regarde sans être vu, vu fou. Alors peut-être je vais mourir là. On a regardé les avions passer au-dessus de l'hôpital, entendu les bombes parfois, avec de la lumière.

Nous les morts on les met d'abord dans les W-C, c'est là qu'il fait le plus froid. Puis on les enterre. Et c'est toujours l'occasion de découvrir une racine qu'on peut manger, manger de suite. Rarement une taupe. Il ne reste plus rien pour elle ici. On essaye d'enterrer vite.

Peut-être on va tous mourir. C'est venu jusqu'ici qu'en Allemagne les fous sont tués les uns dessus les autres, exterminés après expériences. Oui c'est venu jusque-là. Parce qu'on sait aussi les chambres à gaz maintenant. Parce qu'on y croit. Parce qu'on a perdu la folie qu'on nous destinait. Elle est passée ailleurs. Elle se montre en tous ces hommes en vert, en noir. Je n'ai rien vu mais je sais. Tous les fous qu'ils tuent ne le sont plus et c'est le regard qu'ils posent alors qui rend les Allemands fous de rage. Surtout les débiles, même les idiots, les déments.

Une guerre on dirait de la vérité criante, de la vérité qui hurle, sirène sans abri. Et alors c'est les fous qu'il faut tuer en premier, parce qu'on sait déjà, parce qu'on peut dire la vérité, comme des fous. Comme des fous. Si autant ne peuvent imaginer l'horreur possible c'est parce que les fous doivent se taire, de toute façon incroyables. Les fous n'ont pas peur de croire, parce que l'horreur dans nos têtes a une place, jusque là-bas, cet endroit inconnu de nous qui s'appelle Auschwitz. Les vrais fous n'ont pas peur de la mort et cela par courage, non par inconscience. C'est tellement sale autour.

Je mangerai de l'herbe jusqu'à ce que la neige ait tout recouvert, givrée. Ensuite je m'attaquerai aux arbres. Je n'ai connu de ma vie une Si grande envie de vivre dans cette enceinte de l'hôpital d'où je ne sortirai pas. Parce qu'ailleurs. Non.

Lui m'annonce qu'il a réussi une vinaigrette à base de paraffine et de sirop comme du vinaigre. Je lui rapporte un reste d'herbes amères. Nous sommes une dizaine à nous partager cette salade. On n'a pas peur. Pas encore. Pas en mangeant. Un boit de l'alcool à 90° : « Ça se laisse boire. » Il y a un fou mort à l'autre bout de la pièce.

Sont tués des milliers de fous en France depuis le temps de la guerre, lâchés comme des enfants brûlants, fièvre de visionnaires. Même en route sur les chemins ils tombent. Sont tués des milliers de fous en Allemagne, tués scientifiquement, les premiers oiseaux d'une volière où on étouffera tout un monde. Les fous d'abord. Qui fera le compte ? Et qui saura construire le petit monument aux fous qui se sont battus pendant la guerre, pour ne pas oublier cette vérité à laquelle nul ne veut croire, que nul ne songe à leur demander. Monument à tous les enfermés de la tête, parce qu'on y met un grillage, d'une manière comme d'une autre.

Non je ne mourrai pas, comme Si je le voulais ! Je ne témoignerai pas. Mais garder toute la saleté de cette maison debout, léproserie comme on s'éloigne de nous, comme un capitaine de cette nef, comme un fou puisque c'est cela, à vouloir contre tout et tous.

Je veux trouver les pierres. Je les assemblerai une à une. Je ferai le petit monument en mémoire des fous morts à la guerre. Il sera là avec de la neige autour. Et quand j'aurai fini, quand j'aurai posé la dernière pierre blanche, quand j'aurai écrit : « À la mémoire, au courage de tous les fous, morts en combattant la guerre pour la vie ». Alors la guerre sera finie.
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mepine
Bipote Diamant

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Joined: 26 Mar 2012
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PostPosted: Sun 22 Nov 2015 - 15:54    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Intéressant et original ton texte, merci de l'avoir partagé avec nous.
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fontaine
Bipote Diamant

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PostPosted: Sat 28 Nov 2015 - 11:08    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Le tombeau de Wilde, balade au Père Lachaise


Dans un ciel de nuit
Quand la lune éclaire la lande
J’aime
A voir vagabonder mes rêves
Entre chiens et loups
Ma tète penchée
Livre à l’océan profond
Des pensées nocturnes
D’étranges chimères mêlées aux lys des rivières
De longs songes monocordes habités de serpents rouges et noirs

Ne jette pas de pierres
Aux charades amoureuses
Un jeune homme pris d’alcool
Flotte entre chiens et loups
Autour
Dansent les lutins malandrins
Et tous les elfes d’Irlande épris de coquineries
Ainsi
Il donna
Le premier baiser
Au premier vaurien de trop bonne fortune

Sais-tu
La couleur nacre
Des chairs proscrites
Sais-tu
O combien
Les baisers sont des larmes de glace
Transpercées de mélancoliques sortilèges
Là exactement là
Sous la joue
Ou sous la bouche
L’amour est entré en guerre

Puis
L’horloge battit des yeux
Le temps s’inventa
Un jour tu embrasses
Un jour ne n’embrasse pas
Les baisers
Sont comme les papillons
Incertains comme les promesses
Un jour tu embrasses
Un jour te n’embrasses pas

Désinvolte
Tu sautas à la marelle des jeunes filles
Mais beaucoup plus
Tu jouas aux jeux sauvages
Des jeunes cygnes
Aux fonds bombés et têtus
Perlés de sueur
Le bonheur
Sérénité effrayante
Rayonne comme un lac
Et l’eau glacée sucre les corps des baigneurs
Dans l’eau sombre les algues enlacent les corps
Les mots succèdent aux mots
Désinvoltes
Par en-dessous
Se trament les fils
De secrètes aventures
Obsessions
La couleur nacre des proscrits
Tes amours
Mi-chair
Mi-poisson
Mi-malédiction

Un chat noir passa sur le drap du lit
Frôla une jeune main assoupie
Le chat noir raconta tes secrets
Aux diables et aux dieux pleins d’ennuis
Mais d’aucun ne lâcha le cornet à dés
Des destinées humaines
Un chat noir raconta tes secrets
Aux hommes pleins d’ennuis
Qui dressèrent tribunal
Les diables et les dieux
Soufflant implacablement
L’intrigue et le jugement


Apeuré, blessé, proscrit
Tu te sauvas
As-tu longé
Ces roses rouge fleurissant
Sur les murs des faubourgs ?
As-tu senti
Ces autres rêves d’amours
D’un autre peuple
Ces rêves d’amours et de liberté grandie de fraternité
Là tu t’abritas

Rues de Paris
Rues rebelles
Le pavé cultive ses souvenirs de révolution
Rue de Paris
Ce soir
Sur le pavé parisien
Gisent des jeunes gens
Espoirs fauchés : avenirs, désirs
La liberté d’être
La liberté de devenir
Le bonheur git
Cerise écrasée
Dans la rue sanglante
Ô Plaisir d’amour
Dois-tu toujours duré qu’une saison ?
La litanie des guerres
La haine comme un noyau
Poussée dans des cœurs frustrés
Implacables dans leurs sombres oracles
Ce gout des prophéties
Qui repoussent de siècle en siècle
Telles les ronces
La fleur des terrains vague
Ce gout des prières
Hypnotiques
Pour des âmes en déshérences
Perversion spirituelle
Où Dieu est bien loin
Où dieu pleure devant ces vieilles idoles
Armes toujours plus révérées

Là chacun cherche
Ses morts et ses chansons
Les fleurs souffrent
Et l’amour a mal
Pour toujours
Le désir d’amour semble abandonné
Aux cycles implacables des guerriers
La bise brise la ville
La misère trempée de l’hiver
Ronge la rue
L’indigent meurt toujours dans l’indifférence
Aux bords du canal
Des étrangers transis essais de se chauffer les mains autour de braseros
Fuirent des lois brutales
Fuirent des assassins
Ils vont de ville en ville
Chercher un asile


Me revoilà en promenade
Devant ton tombeau
Le Père Lachaise en hivers
Temps suspendu
Que n’a t’on semé des cerisiers
Dans le cimetière où tu gis
Pour arroser de fleurs blanches
Tes rêves de baisers inassouvis
Homme de plume
Au cœur insaisissable
Homme malin
Brillant de chutes carnassières
Tu sais plus que tous
La dure vie des mecs
Réduits aux cachettes
Dans le cimetière
Tu fais semblant d’être mort
Pendant
Que des chats noirs
Font semblant
D’être fort absents

Sous les fleurs de cerisiers fantômes
Vois l’anonyme androgyne
S’approchant
Ajustant sur ses lèvres un rouge
Rouge baisé
Puis délicatement embrasser la pierre
Ta pierre
L’amour du sexe
N’a pas de sexe
L’amour ne nait pas plus
Au sud des boussoles
Que dans le nord des pléiades
Le cœur en chamade
Vole vers l’infini


Toi
Enfant
Jeune homme
Homme
Tu attends
Dans ton tombeau blanc
Tes hommages
Un baisé d’amour ajouté aux baisés d’amour
Et
Enfants
Jeunes hommes
Hommes
Adorateurs
Accordent cet hommage
Un baisé d’amour ajouté aux baisés d’amour
Le désir a son pèlerinage

Sous la lune
Toujours charmante
Par chagrin exceptionnel
On peut voir danser
Des lutins malandrins
Des elfes licencieux
Dieux
Diables
Chats
Là ou tu reposes
Amant au cœur léger

Ici J’aime
A vagabonder mes rêves
Dans ce cimetière du père Lachaise
Mes pats incertains
Dérangent à peine le royaume des chats noirs
Qui sur ta tombe
Se battent
Et s’aiment
Rageusement
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fontaine
Bipote Diamant

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Joined: 03 Mar 2008
Posts: 2,386

PostPosted: Wed 2 Dec 2015 - 11:28    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Grimace du vieux singe

Y à des choix dans la vie et les choix, moi, ça me paralyse. Je suis la nana sympa qui donne raison à tout le monde. Je sais, je suis pauvre en théorie.
Chez Bertrand le barman du « petit zinc », il y a trois choix : le blanc, le rouge, le rosé.
Une option : Une mousse.
Là-bas, Je ne me pose pas de questions, si le monde va un peu moins bien ou de pire en pire.
Jean est au blanc, je vais au blanc
Paul est au Ricard, c’est par sur ma liste, mais j’adopte le Ricard
Pierre est à la bière, je passe à la bière
Voila, j’évite les tensions. Une peace and love de comptoir.
Je bois et j’écoute, au bout d’un petit moment les mots font comme des vagues dans ma tête et tout se déverse dans un vaste océan sur lequel je plane tel le goéland.
C’est mon surnom ici : Jo Anne tanne le gros élan
C’est un peu long, mais on m’appelle rarement, vu que je suis toujours là.
Les vagues, le bar comme un esquif.
Je regarde bosser Bernard, la main sur le percolateur, l’autre à la bouteille, l’autre encore à la ramasser de la monnaie, une sorte de Shiva exécutant une danse sacrée
Au milieu des vagues, d’autres mouettes, demandent « la même chose ».
Alors je dis : la même chose.
Dans la nature, il faut savoir rester en clan.
Depuis quelques jours, Bertrand, à chaque tournée, ajoute «à la tournée des héros ! »
Ce qui nous donne une raison de plus pour les ajouter, héroïquement.
On vide les verres, on crit « victoire « et on est vachement content de nous. J’ignore comment en vingt quatre heures nous sommes passés d’alcoolo à héros national, mais faut profiter.
Bertrand a une télé allumée dans le bar, ça alimente la réflexion. À l’info, il parle d’un imam qui affirmait que le rock rend singe à ses oilles.
Là l’imagination l’iman, je sais que je danse comme un phoque mais faut pas pousser.
En fait c’est du troquet que je suis sortie parfois à quatre pattes, mais aucune bête ne peut avoir une telle descente.
Je repense au dernier singe que j’ai vu pensif, devant une horde d’enfants, une classe. Un bel orang outang, aux yeux marrons rêveur : étions-nous l’avenir du singe ? pensait il en les voyant dodus, criards, se poussant des coudes, coincé dans leur anorak, une chupa chups plantée dans chaque bec.
Le vieux singe ne semblait pas emballé, devenir un employé de banque ou d’assurance, niquer la montagne en 4x4 , bronzer à Ibiza la main sur un i pod, incapable de jouir seul du moment.
Le vieux singe prit une orange et se concentra, l’éplucha philosophiquement, non, l’avenir du singe ne passait pas par l’homme. Il était bien trop pressé d’abimer tout ce qui passe, la mer, le ciel, les oiseaux et sa propre espèce.
Il réfléchissait à un autre mode d’évolution, quelque chose à tenter mais avec beaucoup d’essais.
Sur le rock, il n’a aucune idée, de toute façon il préfère Bach, enfin, c’est ce qu’il a fini par me dire.
Doucement le bruit du troquet revient dans ma tête
A la télé, les avions envoient des missiles.
Les pilotes écoutent ils de la musique quand ils sont en mission ? Comme ce vieux film, l’éclate de la walkyrie sur un village en flamme de napalm.
Walkyrie, Hitler, la race des surhommes. Décidément, il faut se méfier des hommes qui se méfient des singes : La solidarité dans l’épluchage des puces, la liberté de faire l’amour, la vie dans les arbres, l’importance des câlins.
« Seul un psychopathe peut détester à la fois l’amitié, l’amour et les arbres » Ca ma pris d’un coup, à déclarer ça tout haut dans le bastringue. La phrase, l’illumination de l’orateur du cinquième ballon !
N’empêche que mes potes étaient vachement d’accord, on a refait une tournée, parce qu’on se sentait vachement supérieur, sur le moment…
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flowersky
Bipote Emeraude

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Joined: 13 Nov 2008
Posts: 37

PostPosted: Sat 9 Jan 2016 - 12:51    Post subject: Un peu de poésie pour mon Amoureux Reply with quote

Pour mon Amoureux, et pour aussi tous ceux qui s'y reconnaitront...

Comme un Ange oublié que Dieu aurait posé là
Si humain et si divin à la fois
Perdu sur terre, la tête entre ciel et mer,
Tant de beauté à l'intérieur,
Avec tant d'amour, pourquoi avoir si peur?
Comme un oiseau qui part voler tout la haut,
et craint de ne plus revenir,
Parce que ses ailes l'auraient poussé trop loin
Vers un autre Avenir qui n'aurait pas de fin.
Comme un ange oublié,
Dont l'esprit voyage parfois sans s'arrêter..
Mais le bonheur revient toujours,
par la petite porte dérobée..
Alors avec tant d'Amour, Mon Ange n'aie pas peur..
Ton âme est si généreuse et si belle,
Tournée incessamment vers l'autre
Tu n'as pas de compassion pour Elle,
Tu lui fixes la barre trop haute..
Comme un Ange qui se pose,
Tu reviens toujours su terre,
tu n'es pas habitant éphémère,
Tu vis dans mon coeur, là ou notre vie est rose...

Flowersky
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