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Textes de bipolaires
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flowersky



Joined: 13 Nov 2008
Posts: 37

PostPosted: Sat 9 Jan 2016 - 12:51    Post subject: Un peu de poésie pour mon Amoureux Reply with quote

Previous post review:

Pour mon Amoureux, et pour aussi tous ceux qui s'y reconnaitront...

Comme un Ange oublié que Dieu aurait posé là
Si humain et si divin à la fois
Perdu sur terre, la tête entre ciel et mer,
Tant de beauté à l'intérieur,
Avec tant d'amour, pourquoi avoir si peur?
Comme un oiseau qui part voler tout la haut,
et craint de ne plus revenir,
Parce que ses ailes l'auraient poussé trop loin
Vers un autre Avenir qui n'aurait pas de fin.
Comme un ange oublié,
Dont l'esprit voyage parfois sans s'arrêter..
Mais le bonheur revient toujours,
par la petite porte dérobée..
Alors avec tant d'Amour, Mon Ange n'aie pas peur..
Ton âme est si généreuse et si belle,
Tournée incessamment vers l'autre
Tu n'as pas de compassion pour Elle,
Tu lui fixes la barre trop haute..
Comme un Ange qui se pose,
Tu reviens toujours su terre,
tu n'es pas habitant éphémère,
Tu vis dans mon coeur, là ou notre vie est rose...

Flowersky
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PostPosted: Sat 9 Jan 2016 - 12:51    Post subject: Publicité

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fontaine
Bipote Diamant

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Joined: 03 Mar 2008
Posts: 2,386

PostPosted: Mon 11 Jan 2016 - 08:41    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

merci beaucoup flowersky
la poésie est toujours la bienvenue sur le forum!
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claraangel
Bipote Emeraude

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Joined: 05 Oct 2015
Posts: 9

PostPosted: Tue 26 Jan 2016 - 23:25    Post subject: poeme Reply with quote

un regard, à travers le miroir,
un doux sentiment empli mon coeur,
ta voix résonne tard le soir,
ta main rassure mes peurs,

cette hiver aux coins du feu,
dans ce foyer heureux,
nous avons partager tant de rires,
des contes et des romans à lire.

Mais au moment du trépas,
quand vint le dernier soupire,
nous autres ici bas,
esquissions en ton honneur un dernier sourire.
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lizzie33
Bipote Turquoise

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Joined: 18 Oct 2015
Posts: 128

PostPosted: Wed 10 Feb 2016 - 17:35    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Désolée pour ce poème un peu sombre mais pas que, écrit hier soir dans mon lit, suite à une journée de lassitude.

La brume et la pluie dans la nuit sont tombées
Sur mon coeur qui s'enfuit vers le vide, loin de moi
Ma tête m'a quittée, mon esprit empêtré
Retourne au ralenti de bien mornes pensées

Janus au visage double, toi mon frère solitaire
Entends-tu comme mon pouls bats le temps de la guerre?
J'erre seule, dans la paix angoissante du jour
Mes espoirs lancinants se sont tus comme l'amour

Un jour qui sait enfin je trouverai la Terre
Non pas celle des vers, celle de ceux qui croient
Le Jour m'éclairera comme un frère solidaire

Cependant que des pleurs, rejaillira la joie
D'un terreau de misère fécondée par les flots
Et pour toujours tu navigueras, ô Bateau
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lizzie33
Bipote Turquoise

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Joined: 18 Oct 2015
Posts: 128

PostPosted: Thu 11 Feb 2016 - 19:56    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Je ne trouve pas l'onglet pour supprimer cet affreux "poème" que j'ai pondu il y a deux jours à la va-vite avant d'aller me coucher... je n'aurais pas dû le poster
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emma16
Bipote Saphir

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Joined: 17 Jan 2012
Posts: 517

PostPosted: Thu 11 Feb 2016 - 21:09    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Bonsoir lizzie,Comme il n'y a pas de méditation ratée ou réussie, je ne pense pas qu'il y ait de poème réussi ou raté.
En plus nos états d'âmes fluctuant parfois rapidement, notre jugement n'en est que plus sévère.
Soit bienveillante avec toi même.
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lizzie33
Bipote Turquoise

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Joined: 18 Oct 2015
Posts: 128

PostPosted: Sun 13 Mar 2016 - 19:23    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Voici une nouvelle que j'ai écrite. Je ne suis pas certaine d'avoir réussi à produire l'effet escompté car je l'ai un peu bâclée sur la fin, mais bon, je me suis faite plaisir en l'écrivant. Si vous voulez me donner des retours pour savoir ce que vous en avez compris, cela m'intéresse!

Bonne journée



La lumière du jour transperçant la vitre fermée lui firent ouvrir les yeux sur une pièce vide, à l’exception d’une petite table et d’une chaise disposées dans un coin de la chambre à côté d’un placard, dont la clé suspendue à un tissu blanc, était enfoncée dans une serrure étroite. La douleur lui fit tourner les yeux vers ses poignets : ils étaient ceints à des lanières de cuir marron, ainsi que ses chevilles. Il essaya de se défaire tant bien que mal de ses sangles, mais y renonça rapidement devant l’impossibilité de la chose. Que faisait-il attaché sur ce lit ? Où était¬-il ? Il essaya de rassembler les bribes désordonnées de ses derniers souvenirs. Il avait la veille, déjeuné comme à son habitude au restaurant des Arts avant de se rendre dans le pub irlandais de la rue voisine pour une dernière bière.
Quelqu’un frappa à la porte, puis pénétra dans la pièce. Il découvrit une jeune femme en blouse blanche l’air souriant qui s’avança vers lui en lui demandant s’il se sentait mieux. Elle se pencha pour défaire ses sangles et le libérer ainsi de son lit de misère.
La jeune femme se prénommait Julie, à en croire l’étiquette cousue sur sa blouse, il l’a suivi docilement tandis qu’elle lui présentait les lieux, comme si elle eût entrepris la visite guidée d’un château fortifié du XVIè siècle. A gauche directement en sortant de la salle d’inquisition d’où il venait d’émerger, elle lui indiqua « l’infirmerie », en face de laquelle se trouvait la salle du personnel soignant. La blouse blanche fit un signe de tête en direction de bureaux situés dans la continuité du couloir de gauche. « Les médecins passeront vous voir demain », lui précisa-t-elle. Allons-bon, que lui voulaient-ils ? Il n’avait rien à dire, et ne se sentait pas de douleur, si ce n’est une vague impression cotonneuse dans la tête, et les jambes flageolantes de ce réveil trop rude à son goût. Au milieu du couloir principal, le long duquel une série de portes fermées se succédaient, il aperçut une vaste ouverture donnant sur une pièce séparée en deux par une cloison ouverte qui distinguait l’espace salle à manger de l’espace salon. Une télévision allumée sur une chaîne du câble où défilaient des clips en boucles devant quelques fauteuils vides était accrochée en haut du mur. En se contorsionnant pour détailler la pièce du fond, il distingua furtivement un babyfoot et une petite bibliothèque à demi cachée par la cloison en bois. « C’est ici la pièce à vivre », déclara la jeune femme avec un enthousiasme emprunté. La visite se poursuivit avec les espaces sanitaires, quatre salles de douche en tout, dont deux avaient été fraîchement rénovées. Enfin, tout au bout du couloir, l’infirmière fit un tour de clé pour ouvrir une chambre, la sienne, puis elle le laissa là, non sans lui avoir indiqué au préalable d’un ton qui se voulait doux mais qui résonna à ses oreilles avec toute la fermeté d’une porte blindée, les horaires du repas et des traitements.
La première pensée de Grégoire, qui, il ne pouvait plus l’ignorer, se trouvait dans un hôpital psychiatrique, fut de songer à se procurer quelques affaires personnelles pour subsister le temps qu’il faudrait, si tant est qu’il dût rester là, pour une durée qui lui était tout-à-fait indéterminé. Il n’avait aucune attache familiale, et très peu d’amis dans la ville où il venait d’emménager il y avait cinq mois à peine. Il pensa aussitôt à son associée, à laquelle il pourrait éventuellement demander de lui apporter quelques habits, et de quoi survivre intellectuellement dans cet univers improbable où il commençait à sentir son cœur se serrer comme une feuille d’automne qu’un passant aurait piétiné sans ménagement, juste pour entendre le crissement sous ses pieds. Qui l’avait conduit ici? Cette question le taraudait, tandis qu’une impression d’engourdissement de son être tout entier lui donnait le vertige.
Sa chambre était digne d’une cellule monacale, avec un lit, une petite table, une chaise et un placard pour ranger d’éventuels effets personnels. Il ne put réprimer un soupir de soulagement lorsqu’il vit qu’il avait tout de même droit à un petit coin toilettes avec un lavabo et une glace, vitale pour lui, afin de vérifier le bon état de son apparence extérieure et le caractère impeccable de son rasage. Il jeta un regard rapide sur son visage fatigué et constata que précisément il aurait bien eu besoin d’un rasoir.
Il lança un dernier coup d’œil à la chambre aux murs roses pâles et à la fenêtre bloquée (des fois qu’un patient tenterait de se faire la malle, ce qui lui parût compréhensible au vu de l’atmosphère étouffante qui régnait dans les lieux) et il referma la porte derrière lui, encore abasourdi de ce réveil.
Il fit quelques pas dans le couloir et croisa son premier colocataire, ou collègue, pensa-t-il, cynique. L’homme semblait danser plus que marcher, et posa sur Grégoire un regard appuyé dans lequel le nouveau pensionnaire eut peine à distinguer s’il s’agissait d’un signe de bienvenue ou d’hostilité à son égard. Il continua le long du couloir dans le sens inverse de sa première visite, pour arriver enfin à une porte donnant sur l’extérieur, une terrasse grillagée où s’entassait cinq ou six individus qui tiraient à n’en plus finir sur leur cigarette.
Un jeune homme se leva pour lui laisser sa chaise, que Grégoire refusa en le remerciant, et se présenta sous le nom de Camille. Il était beau, malgré des yeux cernés, le visage fin et les yeux d’un bleu profond. Camille lui souffla alors à l’oreille : « C’est un peu dur les premiers jours mais tu vas t’habituer, si je peux te donner un conseil, prends un carnet et note tout ce qui se passe ici, c’est ce que je fais.» Grégoire le remercia du conseil, et alluma dans le même temps la dernière cigarette qui lui restait du paquet de la veille.
Dans un coin, un homme d’âge indéterminé était assis à même le sol en tailleur et fumait les mégots qu’il trouvait dans le cendrier. Une jeune fille à l’air mutin fredonnait en s’accompagnant de grands hochements de têtes la chanson que son lecteur de musique, posé sur ses genoux, diffusait de manière suffisamment sonore pour que toute la compagnie en profite. Sur une autre chaise un homme d’une soixantaine d’années fumait le cigare tout en discutant philosophie avec son voisin, un jeune homme aux cheveux déjà grisonnant.
Grégoire terminait sa cigarette quand un infirmier fit son apparition dans l’entrebaillement de la porte en lançant un tonitruant « c’est l’heure des traitement messieurs, dames ». Grégoire frémit en pensant qu’il avait certainement déjà dû absorber l’un de ces fameux traitement à son insu, étant donné qu’il n’avait plus souvenir de rien.



Dimanche 4 juillet
Date de l’indépendance américaine, je vais suivre le conseil de ce Camille, et noter ce qu’il se passe dans ce foutu hosto, où j’ai appris au repas qu’une ambulance m’avait conduit dans la nuit, après qu’un signalement ait été fait à la police. Quelqu’un m’aurait trouvé inanimé dans la rue et tenant de soient disant propos incohérents à mon réveil. On boit un coup de trop et on se retrouve chez les fous, ce serait presque à en pleurer de rire si je n’avais pas à supporter la compagnie des individus qui sont autour de moi, en plus de celle des cerbères déguisés en saint Bernard qui sont sensés s’occuper de cette petite société. J’ai réussi à me procurer un crayon et quelques feuilles, où j’écris ces lignes, j’espère que Clémentine m’apportera les livres que je lui ai demandés au téléphone, ainsi qu’un bloc note, mes affaires de toilettes, et un peu de change. En plus du droit à passer un coup de fil, Il a fallu que je négocie une plante, avec le chef des cerbères, qui manifestement n’aime pas la chlorophylle. J’ai pensé qu’une innocente petite plante verte pourrait donner un peu de vie à ces quatre mûrs dont le rose décati me donne de sans cesse envie de pisser- je ne sais pas pourquoi-, mais ce n’était visiblement pas l’avis du chef de service qui a invoqué un danger potentiel pour les patients. Je n’ai pas parlé de cactus, juste une plante, une plante verte, pour que je puisse respirer. Il m’a concédé qu’on verrait suivant le profil de la plante. J’ai donc précisé à Clémentine d’éviter les plantes carnivores.

Lundi 5 juillet
Ils viennent de quitter ma chambre, une armada de blouses blanches à ne plus savoir qui regarder. Il paraît que c’est comme ça tous les lundis, c’est la visite ministérielle, ils débarquent tous dans les chambres pour faire « le bilan ». Ils étaient bien une dizaine, je ne les ai pas compté, entre les infirmiers, aide soignants, pys, internes et même étudiants venus observer leurs futurs sujet d’exposé, de quoi péter un plomb, devant ces Argos venus étudier mon cas. Je n’ai pas pipé mot, même quand l’un d’eux, m’a demandé si j’avais quelque chose à dire sur comment je me sentais. Comme un rat de laboratoire à cet instant précis, mais j’ai préféré me taire là-dessus, devant les regards silencieux dans l’assemblée. La visite n’a pas trainée, ils sont repartis en grande pompe, comme ils étaient entrés, par ordre de hiérarchie, et je les ai entendus discuter dans le couloir quelques instants avant de toquer chez mon voisin. J’ai été pris au dépourvu, la prochaine fois je préparerai un speech, si je suis encore là lundi. De toute façon, l’un des psys, un grand homme brun, la cinquantaine, aux cheveux légèrement bouclé, m’a dit qu’il me reverrait demain. Je vais leur préparer un dossier béton et ils ne pourront que me laisser sortir, on ne retient pas quelqu’un qui est parfaitement sain d’esprit contre son gré, ou alors ça se juge devant les tribunaux. Il y a une charte des droits du patient affichée dans l’entrée, il faudra que je l’étudie de plus près. Pour l’instant, il faudrait juste que je me souvienne de ce que j’ai fait samedi soir dans ce fichu pub irlandais, ils ont mis quoi dans ma bière ? Je ne me souviens même plus si j’étais seul ou accompagné.


Mardi 6 juillet
Clémentine est enfin passée pour m’emmener mes affaires. La plante a été acceptée, une belle orchidée qui trône maintenant sur ma petite table de travail, où j’ai également entreposé quelques livres d’histoire et de science, qui sont mes deux dadas à mes heures perdues. J’ai rangé dans le placard mes trois pantalons et mes quatre chemises, toutes blanches, je trouve ça plus classe le blanc, surtout l’été. Je ne suis pas là pour faire un défilé de mode, mais merde, qu’on me distingue quand même des autres locataires de ces lieux, dont l’hygiène, quoique exigée dans le règlement, laisse parfois à désirer.
Je ne sais pas si le terme locataire convient, résidents irait peut-être mieux. Camille m’a dit que la durée moyenne des séjours ici était de trois semaines, mais le fumeur de cigare m’a dit qu’il était là depuis cinq mois, de quoi donner des frissons au plus optimiste.
Camille n’avait pas totalement tort, maintenant que j’ai emménagé ma chambre et que j’ai de quoi me tenir propre, même si mon matériel de rasage m’a été subtilisé par la brigade des Saint-Bernard dès fois que je ferai une connerie, je retrouve un semblant de dignité, et presque de sérénité. Disons que je garde la tête froide, pour concocter ma défense, et négocier ma libération. Je n’ai même pas pu voir Clémentine, les visites ne m’ayant pas été autorisées, elle a déposé mes affaires dans le hall, sans même que l’on m’ait informé de quoi que ce soit.

« Bonjour, tout va bien Monsieur Trémendeux ? » La porte s’était ouverte brusquement, Grégoire se retourna d’un bond, et aperçut la tête de fouine de Gontrand, l’infirmier qui, il l’avait appris la veille, l’avait sanglé le soir de son arrivée. Grégoire lui vouait depuis une rancœur tenace, d’autant que le sourire mielleux et la politesse affectée de l’infirmier lui interdisait tout écart de langage à son encontre, ce qui d’ailleurs n’aurait pu que lui nuire dans la situation où il se trouvait. « Oui, merci. », répondit-il sèchement, avant que la fouine ne disparaisse en glissant à l’intention du jeune homme : « Très bien, Je fais le tour des chambres, n’oubliez pas d’aller au traitement avant le repas. » Grégoire se leva, alla vérifier sa mise dans la salle de toilette, se passa la main dans les cheveux, fit un sourire crispé dans la classe afin d’examiner la blancheur de ses dents, mit un peu d’eau de Cologne, et se dirigea vers le couloir qui menait au fumoir. C’est ainsi que l’équipe soignante nommait l’espace extérieur de quelques mètre carrés à peine, dont la vue donnait directement sur le service des urgences à gauche, et en face, au loin, derrière un mur délimitant l’enceinte de l’édifice hospitalier, sur la route où passaient sans discontinuer les voitures et les bus de la ville, là où la vie continuait de battre son plein et que voyaient défiler, derrière les barreaux, hébétés, les occupants du pavillon Joris. Il poussa la lourde porte et se trouva nez à nez avec Henri, qui terminait son cigare en déclamant à Laurentina, la jeune fille au lecteur, un poème de son cru. Grégoire, songea qu’il était peut-être temps de mieux connaître les personnes, il ne les appelait plus les fous, se sentant naître un lien nouveau de solidarité avec eux, qui peuplait ce lieu hors du temps, cette contre utopie, pensait-il en songeant au pseudo-confort offert et à l’amabilité rémunérée du personnel destiné à les surveiller autant qu’à les soigner de il ne savait quel mal. Un jeune homme, Grégoire lui donnait à peu près vingt-cinq ans, soit une dizaine d’années de moins que lui, était prostré dans un coin, debout, adossé aux barreaux, et faisait face à la porte, le regard perdu dans le vide. C’est à lui, paradoxalement que Grégoire eut envie de s’adresser, bien que son attitude indiqua clairement que le jeune homme était ailleurs qu’avec eux sur cette terrasse. « Tu t’appelles ?... » Le jeune homme leva les yeux vers lui mais ne répondit pas. Henri se fit alors un plaisir manifeste d’informer Grégoire à la place de l’autre, ne ménageant pas un luxe de détails que manifestement il lui tenait à cœur de faire partager, sans égard pour le jeune homme qui d’ailleurs semblait indifférent à ce qu’on pouvait dire de lui. Grégoire apprit donc que Patrice était là depuis deux mois, pour une peine de cœur, qu’il ne parlait jamais à personne, mais qu’il était serviable et en aucun cas agressif, contrairement à d’autres, glissa Henri à Grégoire. Celui-ci se demanda d’abord en quoi une peine de cœur pouvait conduire dans un tel lieu, avant de s’interroger sur les agressifs dont parlait le vieil homme. Jusqu’à présent, il était très peu sorti de sa chambre, préférant s’isoler par peur d’être contaminé par la folie des autres et se concentrer pour réfléchir à un plan d’action afin sortir de cet endroit.
Il termina sa cigarette et alla docilement prendre la queue dans la file devant l’infirmerie. Jusqu’à présent, on lui avait dit que ce qu’il prenait était destiné à l’apaiser, à le libérer de ses angoisses, et il s’était contenté de cette explication, ne voyant aucun effet secondaire sur son organisme, à part une légère fatigue, et se sentant parfaitement intact intellectuellement, contrairement à ce qu’il pouvait observer de certaines silhouettes qu’il voyait parfois errer dans les couloirs inlassablement, quand elles n’étaient pas affalées devant des programmes télé débilitants.

Mercredi 7 juillet
J’ai vu le psychiatre ce matin, vu qu’il n’a pas pu me voir hier. On, les patients je veux dire, est trop nombreux dans le service, c’est ce que m’a dit la fouine, ils voient d’abord les cas les plus pressés. Et moi, je ne suis pas une urgence peut-être, retenu de force dans un asile, alors que je suis sain d’esprit et que j’ai des occupations qui m’attendent à l’extérieur : un travail, des cours de Karaté. Je suppose que Clémentine fait tourner la boutique sans moi, mais comment se débrouille-t-elle? Elle ne peut passer pas gérer tout l’administratif à elle seule, confectionner les bouquets, servir les clients, et s’occuper de décorer la boutique. C’est ce que j’ai fait valoir auprès du médecin ce matin, je lui ai parlé calmement, je lui ai dit que je me sentais bien et que la vie m’attendait à l’extérieur. Sur le coup, j’ai bien cru qu’il allait me dire, « vous avez raison, votre place n’est pas ici, il y a dû y avoir une erreur d’orientation lorsque l’on vous a emmené. ». En effet, il a hoché la tête d’un air compréhensif, mais au lieu de ça, il m’a simplement demandé si le traitement ne me fatiguait pas trop et m’a déclaré qu’envisager une sortie était encore trop prématurée. Je n’ai pas voulu m’énerver car c’est pour cela que je me suis retrouvé sanglé la première fois. Dès qu’on est un peu en désaccord, ils vous attachent, je ne parle pas de ceux qui foutent le bordel en hurlant partout, comme mon voisin de la chambre d’à côté, Jean-Marc, qui a balancé toutes les chaises de la salle à manger par terre ce matin. Ça a été vite vu pour lui, chambre d’isolement pour trois jours. Mais bon, j’avoue que là je commence à voir rouge, d’ailleurs, plus j’y pense, plus je trouve que ce lieu est une vaste mascarade. Je ne l’ai pas dit au médecin, mais je crois de plus en plus que certains font semblant d’être malade pour être logés-nourris. Par exemple, le nouvel arrivant qui occupe la cellule d’en face, un immigré qui ne parle pas deux mots de français. Il n’a pas trente ans et pourtant sa dentition est déjà fichue, je ne sais pas ce qu’il trafique avec les cigarettes, il en taxe à tout le monde alors que personne ne le voit jamais fumer. Henri pense qu’il fait un trafic avec l’extérieur.

Jeudi 8 juillet
On nous a servi un repas immonde ce midi, fait par une diététicienne soit disant. Je rêve d’un bon Kebab, bien gras, je sens que j’ai déjà perdu des kilos depuis que je suis ici. Patrice s’est décidé à me décocher deux mots. Il est homosexuel, et son ex la quitté comme une vieille merde, après cinq ans de vie commune. Du coup, le voilà à l’hosto, pauvre gars, lui non plus n’a pas de chance, il ne devrait pas être là, mais chez sa mère, à cuver son chagrin. Il y a un truc qui m’interpelle vraiment chez Satim, le nouveau : depuis qu’il est là, la voiture des flics stationne en permanence devant les urgences tous les jours, je suis sûr que le gars est louche, et qu’il est en planque ici, il devrait être en prison.

Vendredi 9 juillet
J’ai fait un sale cauchemar cette nuit. J’étais au restaurant des Arts où j’ai coutume de manger et au moment où la serveuse venait m’apporter le poulet que j’avais commandé, celui-ci se réveillait sur son lit de salade et se mettait à caqueter agressivement en donnant des coups de becs à tout le monde. J’ai essayé de me rendormir, mais l’infirmière est passée quinze minutes plus tard pour faire sa ronde, j’ai voulu lui demandé un somnifère quand elle a ouvert la porte, mais elle ne m’a pas entendu. Elle était déjà passée à la chambre d’à côté.

Samedi 10 juillet
Une semaine que je suis ici, je n’ai pas ouvert mon livre d’histoire, je me sens trop abattu pour cela. En attendant, je fais des Babyfoot, je fume et je discute avec les autres, ce ne sont pas de mauvais gars en fin de compte, ni de mauvaises filles, juste qu’aucun de nous ne devrait être ici, c’est curieux d’ailleurs, ils ont l’air d’accueillir leur médecin comme le Messie, au lieu de songer à sortir d’ici. Je suppose que ce doivent être les médicaments qui les assomment. Moi, ils ne me font rien, ils m’endorment simplement. Je fais de ces siestes les après-midi.

Dimanche 11 juillet
Une infirmière est passée pour me dire d’enlever les draps. C’est le même rituel chaque we, là aussi. J’ai comme une impression de déjà vu, que je ne m’explique pas. Clémentine, mon associée, n’est pas repassée cette semaine. Je me sens vide. Camille est parti définitivement, le bol, il ne sera resté que dix jours, personne pour jouer au baby et j’ai fait le tour de la compagnie ici. Je vais aller fumer, heureusement que Clémentine à penser à m’emmener une cartouche, la semaine dernière.

Lundi 12 juillet
Il fait chaud dehors, le fumoir s’est transformé en grill. Je n’ai pas eu de visite depuis que je suis ici, contrairement aux autres patients, mais je ne m’en plains pas, je n’ai envie de voir personne. Je me sens devenir dingue ici. Cette fenêtre fermée m’étouffe.
« Oui ? » Julie resta sur le seuil de la chambre de Grégoire tandis qu’elle lui annonçait que le médecin voulait le voir. Grégoire se leva, cette fois, c’était la bonne, ils s’étaient enfin rendu compte de leur erreur, il allait pouvoir partir. C’est pour cela sans doute qu’il n’avait pas eu droit à la visite ministérielle du lundi. Il suivit l’infirmière jusqu’au bureau du docteur Hutin, qui l’accueillit d’une poigné de main avant de le faire entrer. Installé derrière son écran d’ordinateur, un œil sur ses dossiers un autres sur son PC, le docteur ne faisait pas mine de prêter attention à Grégoire qui hésitait sur la meilleur posture à tenir afin de faire bonne figure. Il croisa puis décroisa les jambes, en attendant que le psychiatre prenne la parole. Enfin, le docteur leva les yeux vers lui et le toisa, par-dessous ses lunettes. « Bon, comment vous sentez vous depuis votre retour ?... »
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fontaine
Bipote Diamant

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Joined: 03 Mar 2008
Posts: 2,386

PostPosted: Wed 30 Mar 2016 - 10:07    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Il y a des encres noires
Pour tresser des lettres
En ruban de mots
D’ordinaire
Pour faire beau
On attrape
Une fille jeune
Pour les glisser dans la blondeur de ses cheveux
Sauf à trouver un jeune homme
Emplit de l’ambigüité d’un printemps de Botticelli
Pour les glisser dans la douceur de sa bouche

Il y a des noires idées
Pour dresser des lettres
Tels des chiens de combats
Sans exercice de beauté à tenir
On lâche les chiens dans les plaines
Pour le bonheur
De les voir hurler leurs joies mêlés de peurs devant la vie
Sous la lumière blanche
De la lune en hivers

Il y a cette mer en hivers
Qui promène l’acier des jours gris
Dans son dos d’écaille
Et cette chanson grise mêlés d’écume
Qu’elle rejette sur la grève
Dans une mécanique indifférente
Par habitude
On la dit grosse
Des tourmentes de décembre

Puis dans angoisse révoltée
On la devine aussi grosse
Des derniers rêves
De ces gosses avallés
Non qu’elle soit ogre
Rappelle-toi !
Tous ces jeux d’enfants
Ces châteaux sous le soleil
Tous ces rires entre deux vagues

Ces temps lui offrent
Des âmes
Enfants, femmes, hommes
Aux creux des vagues
Chacun à leur solitude
Se bat en silence
Se noie en silence
Et la mer
Désormais
Murmurent
Les derniers rêves des mourants

Je déchire une page d’agenda
Nous allons vers le printemps
Les alouettes
Ont dit qu’elles s’en retourneront
Mais je suis une femme de ville
Mon moineau a simplement moins froid
Comme d’autres perdus, là ,sur des bancs

Parfois on se rêve « poète »
Parce qu’enfin humain
C’est pas trop suffisant
Quand on fait poète
On prend la pose dans l’air rose
On lance des mots, hop ! au ciel
Pour qu’ils fassent cerf volant
Entre deux soleils
Quand on est poète on est toujours un peu Van Gogh
Puis on croise un chien
Dans la ville
Il vous suit
De détour en détour
Il attend
Les chiens
Possèdent la patience de la mort
Quand leurs esprits n’appartiennent pas à Méphistophélès
Quand un chien
T’attend au bas de ton lit
Pour lécher ta main glacée
Ton pari
Est en passe d’être gagné
Car la misère et l’agonie
Sont des bons points de départ
Pour obtenir la sainteté
Du martyr obligatoire
Des poètes sur la terre comme au ciel

Que raconter, conter, des choses dans la ville ?
Dans les jardins des banlieues
Les cerisiers fleurissent
Qu’à Paris
Je guette cet arbre
Du jardin des plantes
Immense et noble
Un corps qui part de terre
Et cherche à y retourner
Avec la force de toutes ses branches
Je guette cet arbre
Premier à s’épanouir en bouquet de fleurs blanches
Pour au premier souffle
Inventer la neige aux abeilles mêlées

Je grappille de petites choses
Pour m’abriter de plus grandes
Pour m’abriter des révoltes
Qui me rappellerai la noblesse
D’être simplement un humain
Si ce n’était le silence qui entoure nos révoltes
Et tous ces mots
Mort de n’être entendus
Comme tout ces humains
Morts de n’être accueillie
Alors on voit
Sa révolte, ses mots, ses pleurs
S’enfoncer
Dans l’inertie mouvante des choses
L’aridité d’une mer de sable

Vois-tu
Je ne suis pas pressée de croiser ce chien !
Compagnon des égarés
Les lauriers des poètes tremblent d’inutilité
Mais, quand est-il de ce cadeau de consolation ?
Être humain !
Malheureusement le crédit ne suit plus !
Sauver un navire en mer
C’est une addition que l’on présente !
Si la vie est sans prix
Mais L’humain est parvenu à chiffrer l’humain

Je jette un peu d’encre noir
Sur des pages plus très blanches
Les mots se regardent
En pâles épouvantails
Sur un chant de bataille
Que je ne laboure plus
Pourtant
Je sens en moi
Un manque de lettre
Comme l’ennui d’un désert sans tempête
Mes nerfs me lâchent
Si souvent
Mes mots se regardent
En chiens de batailles
La raison est une vertue
La folie une noblesse
Il me faudrait inventer
De nouvelles plaines pour le plaisir
Une nouvelle gratuité
Pour planter
Des arbres du verger
Cueillir de nouveaux fruits
Trouver un été
Qui rimerait avec éternité
Le tout tiendrait dans une bulle
Au gout de dragée
C’est vrai qu’il reste une chose gratuite
Sur cette terre en inventaire
Le rêve du rêveur !
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fontaine
Bipote Diamant

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PostPosted: Fri 8 Apr 2016 - 10:58    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

2016, année impudique !

Je ne sais pas, si comme moi, à chaque début de saison, je fais un inventaire.
Hop !, les vêtements d’hivers sont mis en boite, ça fait un bien fou au moral, sans compter la place gagnée dans mon petit trois pièces.
Hop !, inventaire des vêtements d’été, ma consommation de whisky m’excluant de tout groupement type weight watchers.
Mais z’est été jolie, et il me reste la coquetterie des femmes habituées à jouer avec leurs vêtements.
Pour tout dire, j’ai rencontré mon mari en formation professionnelle grâce à une totale ignorance d’une utilisation normale d’une chaise (il m’en faut deux), des minijupes et des collants d’une extrême variété. Les mathématiques financières n’ont pas bien résistées longtemps à l’attention de mon mari. Quant à moi les mathématiques financières ont quelques choses de Lacanien, c’est un monde clos à mon monde.
Le temps a un peu passé, j’ai remplacé les collants par des colliers qui n’en finissent pas de s’emmêler dans mes pulls les soirs de théâtre (étonnamment nous avons survécu à notre ineptie sur les champs mathématique)
Mais, bon, j’encaisse cinquante et un an, et si je n’ai toujours pas découvert la vertu attifée de la bienséance, mon respect du beau me pousse à camoufler ce qui fâche avec tous critères esthétiques.
Mais ça
C’était avant
Comme dit la pub
Avant, j’étais une coquette lambda, poudrant mon nez et dessinant mes yeux pour qu’ils soient beau comme des papillons comme dans la chanson de Richard Antony
Et puis voila, maintenant on nous sort une mode pudique.
Alors moi, qu’est ce que je suis, une morue à la plage en tong ?
Quoique la morue en papillote ça existe aussi, la preuve.
Soudain j’ai eu une pensée émue pour les Femens, caché ce sein que je ne saurais voir !
Mon premier geste serait de virer le tee short. De toute façon, la terre se réchauffe, autant se mettre à l’aise.
Sauf que ma poitrine est, dirons-nous, « fellinienne ».
Reste à retrouver les mini jupes et beaucoup de transparences
La transparence…
Un petit dessous
Un grand dessus qui vogue avec le vent
Du jaune soleil, de l’orange orange, du rouge cerise, des bleus cobalts
Pour les plus riches, la beauté de la soie
Pour les moins riches, la richesse du nylon, ces jeux de rayon dans la lumière.
Beaucoup de foulards
Beaucoup de colliers
Beaucoup de choses qui rappellent qu’on est des filles
Beaucoup de truc pour énerver ceux pour qui la terre serait mieux sans fille, même si l’espèce risque une extinction à court terme.
Beaucoup de parfum pour leurs bourrer le pif
Trainer l’ensemble, foulards, cailloux, cheveux, jusqu’à terre
Inviter le soleil aux reflets
Inviter les courants d’airs à soulever
Sourire d’un rose corail
Ouvrir les yeux d’un mauve Lila
Ouvrir des cils bleu sur les hommes
Sur une terre qui se rappellerai Woodstock
Qui se rappelai la joie de la musique, du partage, de l’amour libre et de cette nudité autant offerte à la pluie quand soleil, à la vie tout simplement.et surtout cette volonté de vivre dans tous les rêves de chacun, grands comme des cathédrales
Oui, le rêve est le premier de nos temples
Le rêve est le premier cadeau offert par le divin, ne l’oublions jamais
2016 soyons impudiques !
2016 offrons notre visage au soleil, première action de grâce à la vie!

Ps :
Je n’ai pas lu les commentaires récents ou message, mais je vous remercie de m’écrire
Je suis tombée malade, chose que je raconterais d’ici peu
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girl anachronism
Bipote Saphir

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PostPosted: Sat 9 Apr 2016 - 18:27    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Bonjour Fontaine,
J'ai lu avec plaisir ton texte. Je n'ai pas encore rangé mon armoire, je suis un peu hors du temps cette année mais tu m'as donné envie de m'y mettre.
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fontaine
Bipote Diamant

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PostPosted: Mon 11 Apr 2016 - 16:53    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Calligramme sans calligramme

C’est le nez qui ne mouche plus
La bouche qui ne respire plus
Des branchies en replacent des poumons
Les yeux coincés au plafond
La jeune fille respire
Pas
C’est une glue de morve et de kleenex
Ko
Au cas où
Tu ne le serais pas
C’est le ventre qui s’éventre

La maison est vide
Elle est grande et froide
La maison est vide
Si ce n’est le chat
Qui suit les petits morceaux
De mouchoirs
De poucettes au kleenex
Ko
Au cas où
Tu ne le serais pas
Tu sais par cœur le sort des proies
Kar T’a un cœur de musaraigne
Alors vivre à l’abri du chaos du monde
Vive le noir !
Mais t’a peur du noir
Alors tu vis affolé dans un appartement aux fenêtres closes

Il y a des mots
Mais ils ne sont pas là
Pourtant les mots sont des pauvs’choses
Comparés à la chaleur de la peau
Aux bras qui enlacent
A la main qui embrasse
Les mots ne sont pas là

Les mots ne sont pas là
Ou ils volent bas.
Là contre le mur
Ils sont à la ramasse entre le verre brisé du soir
L’argile en miette qui va avec

Là bas
Les mots vont par charges d’artilleries
Telle la balle saccageuse dans sa conception
Une forme d’art
Ne parle t’on pas : de l’art de la guerre ?
Ou comment tout bousiller dans un minimum d’effort
L’art du geste précis
L’art des blessures maitrisées
Nous étions devenus des snipeurs de mots
Et du tuméfiant aux tuméfiés, qui est le plus abimés ?

Dans le cœur des enfants
Dans la solitude
Pousse une graine de frigidaire
C’est un temps de cristal qui s’installe
Et fleurent de grandes feuilles blanches et froides
À fleurs chargées de crocs et d’épines
Un tableau de Rousseau sous la neige
Le froid curieux
Se promène un peu
Découvre l’abysse de l’intestin
La chair rose du spasme
Puis Surprend la peau dans sa sensation
Celle qui donne aux timides
Le charme
Du poisson rouge
Visite l’architecture de l’architecte
Et fou le bordel
Quant aux araignées
Je te le confie
Elles ont des berceuses
Aux songes tenaces

C’est le nez qui ne mouche plus
La bouche qui ne respire plus
Des branchies en replacent des poumons
Les yeux coincés au plafond
La femme respire
Pas
Elle est sujette aux rhumes au milieu de ses gros pulls aux mailles un peu parties
Du rhume en rhums
De grogs en gros
Du rhum en rhum
J’ai couvert plus d’un voyage d’albatros sur des mers inconnus
Les gouffres amers de Baudelaire
Sont magnifique
La tête à l’envers
Et des océans
J’en ai fondé à coup de lacrymal
Là se promène Némo
Dans des Atlantide chimériques
La transparence de la méduse
L’iris des mers
Je pers mon temps
A contempler
Le fond du fond
Abysses psychédéliques
Se délitent comme une femme aux milles voiles
Enfin je dors dans la nuit bleue
J’ouvre des coffres
Et Je pers aux dés


A coup d’éprouvettes
Faire sauter le baromètre à la scie sauteuse
On mesure l’aventure
Du lutin malin
Ou du nigaud à lunette
La race est variée
Qui s’acharnent sur les princesses en malédiction
Quand la princesse potache, par elle-même, à son mauvais sort
C’est rigolo
Comme un mauvais œuf
S’acharne à devenir ,mauvais canard
Pour un peu
Il mordrait
Lui qui ne sait pas nager
Pour un peu
Il buterait
Le maitre nageur

As-tu déjà dansé le tango avec un canard ?
C’est un peu comme danser un jerk avec un pingouin !
On se bat à coup de crayons de couleurs
De mickey en plastique
De madeleines en caoutchouc
On lance des fléchettes
On se rappelle des haricots sauteurs des pifs gadgets
On regarde passer de mélancoliques chats thérapeutiques
On se regarde
On se flaire
Au final
Je me tire
Je suis un je interdis
Je suis un jeu que je m’interdis
Un point d’interrogation
Qui a perdu son petit point
Et c’est con
Prise de panique sous les phares éclairants de trois jours sans alcool
Je me suis barrée
Je prends toujours prend la fuite, la fugue, la cavale
J’avais pas mal
Mais j’étais mal
Quand je bois je dérive un peu, certes
Mais le monde lui cesse de dériver
Au fond
Je ne fais que fixer l’image
Adapter mon objectif
Pour enfin savoir la contempler
Pour apprendre à la cadrer
Ecrire une étiquette
Classer
Ranger
Je range bourrée
Et ça dérange en fait peu de monde
Mon cœur de musaraigne vit toujours à l’abri du monde
Pour ainsi dire hors ces murs
Je connais presque le sort
De l’étrangère éternelle
Ainsi
Du reste
De tes murs
J’ai fait le mur


On n’a toujours pas trouvé le sésame
Pourtant des mots
Nous en faisons défiler par wagons entiers
Je me rappelle ce gout pour les manèges forains
Le défilé des formes
A exploser à coup de pétard
Flinguer des souvenirs de flingues
Les mots défilent
Parfois on leurs accroche des ailes
Ceux là, partent en voyage
Sur la lune
C’est plus sympa
Sauf qu’ils ne sont toujours pas redescendus
Et je reste un je interdis
De noir
De blanc
La lune de Méliès rigole un peu
Elle sait
Que le jeu n’est pas fini
Soudain j’entends une sirène
L’ambulance prend un la rue d’à coté
Je vie à coté d’un hôpital
La vie comme un terrain de mine
Amène à une existence :
Précaire !
Précarité :
Vérifions !
État, caractère de ce qui est précaire : La précarité des moyens d'existence
En savoir plus sur http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/précarité/63303#su2btyAO0YayH…

Je ferme mon petit micro
Ou j’enregistre ma petite voix
Ma tête ouverte aux quatre vents
Contemple les corbeaux qui s’en échappent
Mais les oiseaux du soir
Sont chez moi
Toujours la bienvenue
Et puis
Et puis
Tu sais quoi
Tu sais quoi

ETC
ETC
ETC
Dessine moi un mot comme Appolinaire…
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fontaine
Bipote Diamant

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PostPosted: Tue 12 Apr 2016 - 09:56    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Les marionnettes (souvenir d’Assas)

Je me souviens
C’est beau ce texte de Georges Perec : « je me souviens »
Je n’aime pas la nostalgie
J’aime le souvenir
La mise en bocal de nos petites choses à nous
Arriver aux croisements du nerf et de l’iris
On cueille une image ou bien un parfum
Je me souviens
J’ai obtenu, un jour de total miracle, un bac dit A7, bac littéraire, artistiques : dessin, histoire de l’art.
Moi, je suis un cancre
Un cancre occupé à sa survie, au premier sens du terme.
La colère du père, la raclé du père
L’école était une marelle, je n’avais même pas la notion de l’enfer ou du paradis (paradoxalement je sortais d’école privé catholique pour rejoindre une boite à bac dans le 13 éme en troisième), je savais qu’il fallait passer, comme un saumon remonte le courant, sauf à mourir.
J’ai passé ce baccalauréat en 1982
Une seule satisfaction, au début, un seul espoir : beaux arts
Je suis rentrée à Assas à coup de menace de baffes. Quand on tient une technique pédagogique qui marche, on ne la lâche pas. Puis, honnêtement, elle n’était pas compliquée d’adaptation.
C’est drôle de faire du droit quand on a aucune idée, notion, de droit personnel.
Je me rappelle de cela comme un grand paradoxe, mais je n’étais pas là pour philosopher, j’étais pour faire comme d’habitude : passer !
Mais
Mais, mais… j’ai décidé d’être une chèvre ce matin.
Il y eu, avec le dessin, l’histoire de l’art, une autre petite joie : Nous nous en mettions plein la gueule quand on disait penser politique.
-Et tu fais quoi ?
-j’ai des gros soucis personnel, je fais du droit, je suis inscrite à Assas
-fasciste !
Mon habillement en flanelle Cacharel ne facilitait pas mon intégration à l’extrême gauche, j’étais dans une école artistique
Puis ma longue dépression ne m’a pas facilité l’acceptation d’idée d’extrême droite, quand mon professeur de droit fiscal paradait avec son écharpe de député
Moi, j’ai surtout voté Xanax pendant cette période (en ignorant que je niquais ma mémoire), j’ai clos ma maitrise par une petite hospitalisation et un voyage intersidéral avec des vulcains et différentes sorte de formes de vies. Avec du recul je pourrais enfin me satisfaire de cette forme d’orientation qui a niqué ma carrière de souscripteur dans les assurances.
C’était bien , quand même, cette période !
En terminale, on sortait libé
Moi, qui comme dirait Brel, moi qui suit restée moi, je sortais le « Monde »
A Assas, on sortait le Figaro (eux, moi, je continuais avec le » Monde », la rebelle en flanelle)
Je me rappelle de mon regard hagard sur un professeur d’amphithéâtre en droit constitutionnel professant pour une privatisation de l’enseignement, seul moyen de motiver les élèves !
Moi, moi, je faisais du droit en fonction d’une forme de pauvreté familiale, oui à Daniel Hechter, non à un atelier privé de prépa à Beaux Arts
Je me rappelle aussi, mais plus de l’année, de l’ouverture du panneau d’information de l’UNEF, dans le grand hall d’Assas
J’ai admiré leurs courages. Il y a des gens qui ont un problème avec les définitions qu’ils sont censés étudier (démocratie, liberté d’expression entre autres)
J’étais subjugué par une amie qui ne disait participer aux élections étudiante de notre fac, tant qu’il n’y aurait pas de partie trotskyste représentée, je n’ai jamais recroisé de trotskyste par la suite même en hp, mais je suis en France (et en clinique privée.oui, écoles privées, cliniques privées, un atavisme)
Une gauche a existé a Assas, après 1987 je n’y ais plus remis les pieds…
Pourtant j’ai manifesté avec Assas
De fait, j’ai fait les lois anti-Savary
On manifestait à revers
Moi, je m’amusais
Marcher dans la rue avec des copines, découvrir les boulevards parisiens aux beaux jours, me convenait beaucoup plus que la rédaction d’une étude de cas. C’était juste un peu d’insouciance personnelle, si rare. Dans de telle manifestation, chacun à son histoire.
Je m’amusais, mais je grandis quand même un tout petit peu.
Des amies m’ont beaucoup aidé à passer ce sale moment. Elles ont été mon soutien, mon aide, mon recourt. Certaines étaient brillantes et je les ai suivies comme un poisson pilote pour apprendre à étudier.
Et quand, je dis « sale moment », je regrette ce temps d’étude, d’échanges, de réflexions que fuent mon temps d’étude.
Dernier souvenirs : les sifflets dès que « Giscard» était prononcé, accusé d’avoir coulé la droite
La horde de sifflets, bien sûr, le nom de « Mitterrand ».
En première année, mes td portaient, entre autre, sur le droit constitutionnel. Cela m’a sauvé de l’ennui.
Les Giscardiens ?
Je dois être la seule à avoir eu un père giscardien de sa génération, mais au fond, ce n’était pas son principal problème.
Je me souviens
Je me souviens de gamins de 18 ans, à fond libéraux, quand je comprenais l’abandon et que j’envisageais un nouveau model de vie : sdf
C’est le froid en hivers sur le quai du pont neuf qui m’a fait renoncé à cette pauvre ambition
Mais beaucoup d’autres, depuis, sont acculées dans cette vie
Ce matin, j’apprends aux informations que les étudiants d’Assas ne suivent pas le mouvement « nuit debout » (là j’ai du mal personnellement, avec mes médoc, un verre, je peux dormir à 21 heure et me réveiller à 3 heure, je suis en décalage horaire)
Oui, donc, Assas est contre !
Dans « la minute du docteur Cyclopède », Desproges conclurait : étonnant, non ?
Enfin
Je sais
Dans la cour
Qu’il y a bien une âme égarée
Peut être plusieurs
Qui se demandent ce qu’elles font là et apprennent simplement à regarder et écouter.
Décidément !
Moi aussi, je dors debout ce matin.
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fontaine
Bipote Diamant

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PostPosted: Fri 15 Apr 2016 - 17:55    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Etat des lieux, texte commencé le 13 avril, terminé le 15

Bonjour
Voila un moment que j’écris sur Médiapart
Depuis plus longtemps, j’écris sur le forum des Bipotes, un forum de soutien entre personnes souffrants de troubles bipolaires ( maniaco-dépression)
J’ai commencé ce texte par la rédaction d’un petit message pour donner de mes nouvelles sur ce forum : une hospitalisation, pour sevrage, globalement foirée.
J’essaye d’être exhaustive dans mes explications.
Je pense aux autres personnes, rencontrant une situation idem ou similaire, souffrant parfois d’un manque de mots pour écrire leurs difficultés, ce qui aggrave la situation de solitude qui peut être ressentie.
Enfin, je crois.
Parfois, on a aussi besoin de se mentir à soit même pour avancer.
Je ne décris que les choses ressenties avec mes nerfs, je prends la mesure de la limitation de mon exercice.
Mais je décris.
Du coup, je choisis de publier ce texte aussi sur Mediapart, mais sous un autre texte, qui traite de la même période de temps, de sujet, sur un autre mode.
Egocentrique ?
Parfois je ressens le besoin, un peu absurde, de décrire, l’état de mon petit cerveau.
J’ai beaucoup affronté seule mes problèmes de santé et cela a eu de grave conséquence économique sur ma vie. Je vis à la maison, point. J’entre dans aucun cas d’aide (mon dossier de reconnaissance d’invalidité a été monté deux an après une démission, je n’ai droit à aucune allocation ou aide, si, minimale soit elle.)
Je réponds au terme ancien de « femme à la maison ».
Du reste, je joins ce texte, sur un autre texte où je parle de précarité.
La précarité des gens qui vient en lisière ou un autre joli mot : « les états limitent »
Normal, au fond que cette état de précarité me préoccupe.
Plus encore, le nombre de personne en perdition, en état éthylique sur un banc, dans un état complet d’abandon me révolte profondément
Une petite voix me chante, « est toi dans 5, 10 ans ? », plus encore, je ressens le parcours de ces personnes pour en arriver là, à n’être plus rien aux yeux du monde.( je n’ignore pas non plus la violence de certains)

Etat des lieux, donc, en beau jour du 13 avril
Demain j’ai rendez vous avec mon psychiatre en ville
Dans 8 jours c’est mon anniversaire, et Je suis un peu décalée
C’est toujours pareil, quand on rentre et sort, dans un laps court, d'hospitalisation
Je suis rentrée le 1 avril, sans poisson et sur les chapeaux de roues, dans une clinique pour sevrage alcoolique.
Accord pour la prise en charge le 31 mars, entrée, le lendemain, prévue à 13h30.
Déjà c'était pénible
Cela dépend des personnes
Je sais que je vais venir pour un temps (minimum 3 semaines), qu'il est indispensable de m'occuper l'esprit, je blinde avec une année de lecture sous toutes ses formes, des cahiers à écrire, des cahiers à dessiner.
Quand je fais ma valise pour une hospitalisation, c'est une opération stratégique, faite à l'heure où je commence à être à l'ouest. C’est pour cela que je pars, pour retrouver une maitrise de moi-même.
Au final, j'ai appelé la clinique pour un retard dans l'arrivée et échouage en taxi avec mes paquets et valises.
Mon mari travaille.
Je cherche à régler beaucoup de chose par moi-même, en ne dérangeant pas trop les choses.
Je suis alcoolique, c’est déjà beaucoup .La culpabilité d’avoir mis le doigt dans une machine infernale.
Installées, j’ai pour usage de l’appeler et lui donner mes références de chambre. Il vient me voir en soirée. Il vient presque tous les soirs. Je n’ai pas d’autres familles.
J’ai parfois des amis de passage et ça c’est super.
Reprenons :
Cahier à écrire, cahier à dessiner, le matos et un état d'esprit.
Je connais bien cette clinique, ses qualités et ses défauts.
Au fond, je cherche à maintenir une zone de défense personnelle. C’est indispensable, nécessaire pour la réussite de l’hospitalisation.
Je suis hyper sensible, donc pour un sevrage, je deviens infernale.
J’ai des dérivations dans des détailles, parfums, colliers, un grand n’importe quoi, un bazar de gris- gris, une malle des indes imaginaires
Je me suis découvert un caractère de diva et découvert que ce caractère n'était le fruit d’un égo surdimensionnée, des gens à baffer pour faire court. Juste le refuge de personnes en état de forte fragilité émotionnelle.
Tout me blesse, je me refugie dans tout.
Je sais que je vais traverser des périodes de dépressions, des moments où je me sentirais très seule.
Des livres, des livres, beaucoup d’illustration, des voyages en images.
Je me suis retrouvée dans un vide et j'ai traversé une vrai "trou d'air".
Ce sont ces périodes de vides qui sont catastrophique, là ou je prends la tangente si je ne peux trouver d’appui après d’une seule personne.
Les fonctionnements des cliniques sont assez semblables (mais j’en ais fréquenté que deux) : Les psychiatres passent le matin voir 5 minutes leurs patients, leurs états, discutent pour ce faire avec.
Inutile de préciser que ce court laps de temps est essentiel pour tout le monde :
-le malade doit rapidement trouver des mots pour décrire sa situation du jour
-le psychiatre doit rapidement analyser la situation de son patient pour adapte le suivi, notamment médicamenteux.
Dans le personnel médical, il y a une infirmière, responsable d’un étage en générale, assistée de d’une ou deux aides soignantes.
On imagine vite le vide que ce maillage très faible contient de problèmes pour le soutien de personnes en souffrances psychiques
D’où l’importance de l’équipe thérapeutique de soutien : psychologues, art-thérapeutes pour écrire, peindre, danser.
Un environnement de soutien, de conseil, des créations, de découvertes de soi, de bilan.
Il y a souvent un nutritionniste. Certains médicaments accélèrent les prises de poids, l’abandon ou la méconnaissance de règle d’hygiène de vie, les problèmes de poids sont fréquents.
Je déteste me voir attendre sur un banc, cigarettes sur cigarettes, à attendre que le temps passe, entre mauvaises blagues et cafés instantanés.
C’est le quotidien de beaucoup, bien malgré eux, souvent.
Il y en a donc dans cette clinique tout une série d’activités, mais leurs mise en œuvre, l’inscription est fastidieuse.
Et puis je ne suis pas disponible pour tout.
Les groupes de paroles sont le plus faciles d’accès, mais je me fais rare. J’ai la parole facile et j’ai vite l’impression de la confisquer, donc je passe, comme pour un jeu de carte.

Par définition, le sevrage alcoolique, traumatise le corps au début.
Beaucoup d'organes cherchent un produit qui n'existe plus et s'affolent
Ce sont les moments de dépression qui s’ensuivent tres rapidement et tres fortement dans les premiers jours du sevrage qui sont les plus pénibles.
Là, j’ai littéralement perdue les pédales, en panique, j’ai pris la poudre d’escampette, voilà.
Après plusieurs jours, je reste là, étonnée. C’est dans cette période que je vois l’irrationnel prendre le dessus. Etonnement, inquiétude. Quant la raison fait, au premier sens du terme, sa valise, c’est tres déstabilisant comme constat.
Et maintenant ?
Retour à la situation de départ, mais en étant consciente que la prise charge dans cette clinique n’a pas été possible, en étant consciente de mes propres barrages.
Je refuse toujours les hôpitaux psychiatriques qui mélangent les différents types de patients, du reste beaucoup de personnes sortent traumatisée de leurs fonctionnements. Ma première hospitalisation à été faite à saint Antoine, personne ne m’avait expliqué le fonctionnement d’un sevrage, je n’ai pas vu pendant cinq jours un médecin ou autres professionnels hors la garderie des infirmiers, etc.…
Des choses sont cependant positives
J’ai accepté d’augmenter mon traitement concernant ce fond dépressif, qui en ce moment est tres important
Je suis définitivement au pied du mur. Tout ce que j’ai peu apprendre en matière de gestion des émotions ou, en matière de connaissance de mes habitudes, doit servir.
En gros, je suis juste un peu plus funambule.
Un grand remerciement au docteur Ameisen qui a lancé la mise en œuvre du Baclofène pour gérer sa consommation d’alcool, cela m’empêche de plonger dans de grandes profondeurs. Mon problème est de ne pas trop débarquer de la société, continuer à sortir, bouger, voyager, vivre ma vie. Ne plus arriver à participer, c’est s’exclure. Le monde possède une grande porte pour les habitants qui ne peuvent pas suivre le rythme.
Et un tres grand coup de gueule sur le problème des établissements psychiatriques en France.
Dans le public, pour quelques établissements de pointes, le reste est dans une situation catastrophique
Quand aux cliniques privées, le but, somme toute, c’est l’argent. Je vous souhaite une tres, tres, bonne mutuelle….
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mepine
Bipote Diamant

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Joined: 26 Mar 2012
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PostPosted: Fri 15 Apr 2016 - 18:35    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Merci pour ce texte - témoignage fontaine!
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tricoteuse
Bipote Emeraude

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Joined: 13 Apr 2016
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PostPosted: Fri 22 Apr 2016 - 09:48    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

bonjour
car il commence par vos mots qui même s'ils parlent de souffrance sont pleins de vie, parce qu'ils sont écrits sont lus et donc partagés, sans jugement car ils expriment des pensées, des sentiments des vécus partagés
alors "un peu de "po"! un pot de "sie"! un peu de poésie dans ce monde de brutes" (titre d'une chanson de la chorale Toujours les mêmes) avec une photo de ma minette Lili mon prof de yoga à domicile faite par mon mari d'amour


Lili en posture étirement, fastoche vous pouvez essayer,
[url=http://bipotes.leforum.eu/image/110/6/d/9/imgp7797_2-4f27846.jpg.htm]
voilà en parcourant la photothèque de mon amoureux je me rends compte de sa profusion, dont la plupart sont des témoignages d'instants partagés, vous parliez de rangement c'est la problématique du jour, être bipote me permets de relâcher les pressions et dépressions accumulées depuis 46 ans (je suis une cocotte minute de 53 ans), alors si les photos vous plaisent j'ai des milliers de petits bonheurs à partager

girl anachronism wrote:
Bonjour Fontaine,
J'ai lu avec plaisir ton texte. Je n'ai pas encore rangé mon armoire, je suis un peu hors du temps cette année mais tu m'as donné envie de m'y mettre.
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tricoteuse
Bipote Emeraude

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Joined: 13 Apr 2016
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PostPosted: Tue 26 Apr 2016 - 08:50    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

bonjour quelle maîtrise d'écriture pour parler de la vague déferlente qui lessive nos pensées tu as su exprimé la réalité avec légereté oui c'est limpide merci ton poème m'a permis d'éclairer ma lanterne sur la raison qui a fait retenir mon attention sur une citation de W.A Ward lue sur le site "le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles" j'ai déprimé ressassé, j'ai surfé sur le fil du rasoir à m'en noyer, j'ai réalisé ma maladie et avec vous j'apprends à naviguer en bonne compagnie merci et bonne journée
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fontaine
Bipote Diamant

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PostPosted: Thu 26 May 2016 - 16:44    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Semailles


Le soleil arrose la terre
De ses promesses
Le papillon caresse les fleurs
Avec tendresse
L’eau dort sous les nénuphars
Les poissons rouges
Font des chorégraphies
Dans l’eau verte
Une fontaine chante
Pour les oiseaux
Le jardinier découvre le pot au rose
Mais c’est sous un saule
Pleureur
Qu’il enterre son chagrin
Le soleil arrose la terre
De ses promesses
Le vent dans les nuages
chasse le chagrin
Chaque été
L’homme
Pose son fusil de chasse
Chaque printemps
Le chasseur devient
Jardinier
Dans les bois
Les cerfs brament au loin
Dans les sous bois
Entre la mousse
Fleurit le muguet du moi de mai
Chaque printemps
L’ouvrier
Devient révolutionnaire….



J’ai planté des lilas
En souvenir de grand papa
J’ai planté des iris
Toujours en souvenir de grand papa
J’ai planté des orties
Pour les autres
J’ai planté des ronces
Comme on plante des malédictions
J’ai planté des carrés
Pour réfléchir exactement
J’ai planté un pont
Pour changer de religion
J’ai planté un sentier
Pour aller de l’avant
J’ai planté des ronds
Pour tourner en rond
Comme les moutons
J’ai planté des silex
Pour essayer les films x
J’ai planté des dentelles
Pour essayer les demoiselles
J’ai planté des dés
Pour faire pousser des carreaux
J’ai planté des cartes
Pour faire pousser
Des cavaliers
J’ai aussi planté des reines
Pour être entourée
Tel en le jardin du Luxembourg
Etre entourée
De reines de pierre
J’ai planté du lierre
Pour accompagner leurs solitudes
J’ai planté des pensées mauves
Pour aider
A leurs mélancolies
J’ai planté des rois
Et personne ne m’en voudra
J’ai planté
Comme une forcenée
Des châteaux en Espagne
J’ai planté des promesses
J’ai planté des mots
Pour obtenir
Pardon
J’ai planté des mots
Pour mordre
Aussi un peu
J’ai planté mon regard
Dans une boule de cristal
J’ai planté ma ligne de chance
En la mettant au clou
Ma ligne de hanche
Se porte bien
Elle aime planter des petits papiers
Pour gouter des petits bonbons
J’ai planté une bouteille
Pour voir
Si un champ de merlot
Pousserais sous mon lit
Et J’ai invitée
En surbooking
Les cigales
A se rincer la dalles
J’ai planté des hommes
Et j’en suis désolée
J’eu aimé planter des scorpions apprivoisés
Et des cobras du dimanche
Des militaires d’opérettes
Des bombes à fleurs
Mais je ne suis pas magicienne
J’ai planté des mandragores
Pour être un peu sorcière
J’ai récolté des cactus
J’ai planté un étang
Une jeune fille s’y est noyée
J’ai planté des crapauds
Ils dansent dans ses cheveux blonds
Sous la lune
J’ai planté des souvenirs
Ils ne sont jamais revenus
J’ai planté des souvenirs
Des fantômes chantent
Mais de nuit

Je plante comme une forcenée
La vie est un jardin
Je ratisse et je bêche
Sous le soleil qui passe
Et arrose la terre
De promesses.
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fontaine
Bipote Diamant

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PostPosted: Sat 28 May 2016 - 08:55    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Comment je ne suis pas devenue (encore) écrivain

Il parait que nous vivons dans le mythe, le culte de la performance
Une paresse naturelle m’a longtemps abritée du culte
Mais un paresseux qui dort est toujours un actif en sommeil
Il y a les chutes du lit
J’ai longtemps pratiqué la peinture
Et puis le prix de Rome me pendait au nez
Du moins, vu les préparations intensives de mon professeur
Je suis partie pour économiser un billet pour la villa Médicis, disons le clairement.
Désormais, je suis dans un atelier d’écriture, c’est plus cool.
Enfin, jusque là.
Aujourd’hui, nous en sommes à rédiger une nouvelle.
Je quitte Rome pour l’académie Goncourt, il y a du positif : économie de frais de tgv.
Ordre de mission : œuvrer sur le mythe des civilisations perdues.
Un kit de fabrication nous a été expliqué
La nouvelle c’est un peu comme un plan Ikea, il y a des étapes à respecter, des chevilles à ne pas paumer. Dans le cas contraire ton histoire s’effondre et tu prends tout sur la gueule, exactement comme ma dernière bibliothèque.
Là, clairement, J’ai bétonné le titre
« L’ile maudite des reines de pierre »
C’est accrocheur, quoi qu’un peu hollywoodien
Je pense aussi à des vieux titres de Tarzan
Et reine de pierre, sans doute des réminiscences de Pompéi. Normal, notre animatrice nous a passé des livres. (En peinture il y a « el professor », en atelier d’écriture, il y a l’animatrice, comme une animatrice de club Med, on se méfie moins)
Bref, j’ai inventé un titre balèze.
Reste à tricoter l’histoire, avec un titre pareil, ce n’est pas toto qui prend le train de 15h27 pour voir sa tata manger un fricot.
Faut trouver l’inspiration
Là, j’ai fait un truc personnel et traditionnel.
Un jour de grande disponibilité
J’ai écouté deux fois « symphonie militaire » de Bashung
Puis « la superbe de » Benjamin Biolay
Il était 8h30 du matin
Ambiance !
Si tu ne ponds pas un anti héros dans les 5 minutes qui suit, il faut rester au rayon pif gadget.
Mes anti héros sont alcooliques, normal, je le suis un peu.
Verre à la main, j’attaque
C’est le risque d’écouter Bashung au petit matin, on attrape sa cirrhose par procuration
Il y a des trières
Des reines
Mon héros plombé
Une ile
Un palais
Un jardin
Une malédiction
C’est pas le dialogue de guignol
Les reines sont toujours belles et promises à des sorts funestes
Les iles sont toujours lointaines
Les jardiniers toujours…des jardiniers
Les jardins, un chemin de calvaire
Une malédiction, un graal, une fontaine
C’est parti dans le désordre
J’ai décidé de faire deux têtes de ponts
Et de travailler pour qu’ils se rejoignent un jour.
Le héros a un canoë (oui, il est pauvre), je lui souhaite un sérieux coup de rame pour rejoindre en mer inconnue une ile encore moins connue
Retour aux reines, à la beauté
A l’ile, à la beauté
Donc retour à la mise en condition
Un deuxième verre ?

J’ai écrit toute la journée
A chercher la poésie des mots pour transmettre la poésie des lieux
Le soir j’ai mangé
J’ai tout gerbé
A inventer un passé aux héros, à inventer une psychologie au héros, à écrire ce qu’il fait, à censurer ce qu’il ne fera pas, à deviner ses pensées, à refuser ses pensées, à jouer le maître des destins, le démiurge en plus petit, niveau pate à modeler
J’ai abusé
La tête dans une cuvette il restait à gamberger sur la notion du « trop » et sur le destin de l’écrivain.
Si je ne veux pas un destin à la Radiguet (bien que, coté âge, je suis vaccinée, le malheureux est mort à 20 ans)
Si je ne veux pas un destin à la Bukowski, Apollinaire, Nabokov, etc., etc., il faut que j’organise « une hygiène de vie » avec jogging en vue et plus jamais Bashung le matin (et beaucoup d’autres)
Du thé, beaucoup de the, comme un anglais.
De l’eau, beaucoup d’eau.
J’ai aussi écrit en très gros, éviter de rencontrer Houellebecq surtout s’il va au café d’à coté, surtout s’il vient fêter avec Depardieu et Poelvoorde, le succès commercial de « saint Amour »
Voila
Conclusion
C’est duraille la vie d’écrivain, il faut faire de sacrées concessions et beaucoup bosser.
Pour mon héros, au cinéma, je verrais bien Matthew McConaughey
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girl anachronism
Bipote Saphir

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PostPosted: Sat 28 May 2016 - 19:36    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Bonsoir Fontaine,

J'adore ta distance mi-ironique, mi-bienveillante.
Ta voix intérieure s'échappe entre les mots. C'est là que se trouve le style: entre les lignes.

Au plaisir de te lire ! Smile
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fontaine
Bipote Diamant

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PostPosted: Sat 6 Aug 2016 - 11:22    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Dans le lit blanc
Sous le soleil blanc

Drap blanc de silence
Tant les draps se taisent
Quand tu reposes

Dans le lit blanc
Sous le soleil blanc
Ma rage impuissante
A t’aimer

Dans une colère blanche
J’ai tracé
De craie blanche
Sur ton corps
Une marelle escargot

La sur ton corps
Frontière de craie
Frontière de poudre
Frontière
Là sur la frontière là-bas meurent des gents
Sans mots
Dans le silence

Là….
A l’ombre de ta porte
Je meure un peu
Des mots mourant de faim à force de silence
Tu me diras
Mourir
Autant mourir du cœur

Il n’y a pas de cancer du cœur
Mais s’il venait à m’interroger
Ton nom, je lui donnerai

L’amour
Comme la musique
Le soleil sur le drap
La marelle
Sont des jeux d’enfants

Les jeux d’enfants
N’ont rien de rigolos
Sans frousse au cul
La mort est un petit caillou
Que tu pousses du bout du pied
La folie
Pousse dans l’herbe entre les cailloux

Quand j’aurai retrouvé la pierre
Des nos anciennes marelles
Je serai une génie
Et déposséderais
Comme une enfant forte de son premier prix d’algèbre
Ma pierre à tes pieds

Dans le lit blanc
Sous le soleil blanc

Drap blanc de silence
Tant les draps se taisent
Quand tu reposes
J’ai tracé une marelle escargot
Sur ta peau

Je n’ai mis
Ni de 1 ni de 3
Ni de 5
De un sur ton sexe
De un sur tes lèvres
De un sur tes yeux
De un sur tes mains


Puis
Dans l’abandon
Je suis allée sur la plage
Par bonheur
La mer était fort mauvaise
Entre crabes morts
Et les couteaux
J’ai imaginé
Ton corps de craie
Sur la plage
La bas les vagues
Se battaient avec les nuages
La bas
Le vent brisait la dune
Les mouettes hurlaient
A la recherche de baleine mortes
Ou bien de naufragés
Enfin de viandes mordes
Des pas d’enfants brisèrent un peu la marelle
Puis vinrent des petites bulles d’écumes
Qui crevèrent là
Juste sur ton corps

Aout en novembre
J’ai donné le change
D’une normalité éreintante
A des Congés payés
Heureux congés payés
Les tongs
L’ambre solaire
Les cerveaux au fond des cachets

Robes d’étés
Pour l’été fasse gonfler mes robes
Passe entre les jambes comme un serpent fou
Le vent caresse la peau
Les algues collent la peau après la baignade

La maison du bord de mer
Etait belle
Là j’ai regardait l’encre des bateaux
Comme s’encre
L’encre des plumes
Qui encre
L’encre des âmes
J’ai avalée
Plus
De
Choses
Qui calment
Qu’un noyé
Avale
D’eau
Au gout de pourriture
Au fond de toutes nos
Rades
Ecluses
Canaux

La ville
Est une poubelle
Eventrée
Sous un soleil outragé

Mon corps
Est une poubelle
Gonflé
Comme un cadavre au soleil
Qui supplie l’éventration
La liberté
Des vers en pourritures

Il n’y a plus de cholera sur les villes
Juste
Une production folle
De rejets

Femmes, rats, bêtes, hommes, papiers plastiques, enfants
Pourrissent dans des arrières courts

Ton corps à transpercer mon œil
Comme l’aiguille d’une ronce
Borgne
Je saigne un peu
Pendant que d’autres meurent beaucoup
Dans un silence grossier
La ville est d’blancheur putride
Les mouches chassées
Ne savent plus cachées les charognes
De leurs ailes vertes

Je n’aime que toi
Et d’autres aussi
L’âme est commerçante
Je n’aime que toi
Et d’autres aussi
L’âme est commerçante

Le monde n’aime personne
Malgré la lumière désespérante de nos bougies
Quand vient la nuit
Malgré nos chants
La musique
Les poètes
Je n’aime que toi
J’ai n’aime que ton répondeur
J’en aimerai à lécher tes absences
Comme un chien lèche les chaussures de son maitre

La vie a une ténacité de bâtards


Les poètes sont périssables
Comme les fruits de mer
Les poètes sont des oursins

Là sur la frontière
Meurent des cœurs de-flétries
Défoncés comme nos fricassés
Sur nos nouveaux non- chants de batailles

Pourtant je continue à mettre des bougies
Pour appeler dieu
Et toi
Aussi
Un peu
Là je mets ces petites flammes apprivoisées
Pour mourir un peu
Avec eux
Et toi
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fontaine
Bipote Diamant

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PostPosted: Mon 8 Aug 2016 - 10:25    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Café de la marine
Café de la poste
Café de la place
Café de l’église
Percolateur
Verre d’eau
Anis
Croissant
Œufs mayonnaises
Les WC s’il vous plait ?

Café
Matin
Journaux
Les oiseaux passent
L’un perché sur chaise guette une miette
Rien n’est grave
Parfois, si

Eglise
Place
Les gens passent
Achètent une baguette, une religieuse
Ou bien une tarte aux fraises
D’autre Promène le chien
Parfois un vieux s’arrête, consulte son chien, tous deux s’assoient sur un banc devant la mer
Regardent les Châlus qui s’en reviennent de pèche
Une femme
Caresse le matou perché sur le mur
La vie est douce
Enfin j’espère

L’église sonne un peu
Je compte les coups
Me perd toujours dans les quarts d’heures
Se bruler la gueule
Souffler sur la tasse
Commenter les actualités
Demander un verre d’eau
Une voiture passe
Sur le petit sens giratoire
De la place

Le temps passe
La ville infuse le matin
C’est un lieu étranger
C’est un lieu familier
Comme tout nos petits patelins de bord de mer
Je suis étrangère au lieu
J’aime être étrangère
Mais pas trop
Je respire bien à fond
Le vent confirme un port
Je respire à fond
Faire circuler l’air dans le corps
Respirer
En silence la place rétrécie
Un serestat pour repousser les murs
A coté du café de la mairie
La mairie

A coté de la mairie
Le marché
Le jambon rose
Les rillettes grasses
Le homard mal barré
La feuille de chêne en bataille

Le marché rétrécit encore un peu
Je pousse les murs
Seresta

Jour de Bretagne
Le soleil fait des crêpes
Je veux dire qu’il est simplement occupé ailleurs
Les astres des galaxies font la ronde
Les nuages vont en promenade
Les enfants en ciré pèchent à l’épuisette
Rameront des petits crabes que la marée à rejeter tous crevés
Les enfants seront fières de leurs prises

Moi
Dans ces villes blanches
Dentelles aux fenêtres
Je traine emprisonné dans le filet des rues
Empoisonné de moi-même

Les valises sont des escroques
Qui admettent les passagers clandestins :
Mon âme
A
Tenu
A
Partir
En vacances
Avec
Moi

Une forme de covoiturage en quelque sorte
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fontaine
Bipote Diamant

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Joined: 03 Mar 2008
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PostPosted: Thu 18 Aug 2016 - 11:05    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

No titre


Dans le fond
Des pensions
Pour jeunes filles
Jeunes garçons
Très séparés
Des pensions
Pour jeunes soldats
Jeunes croyants
Pensions
Pour invalide civiles
Invalides du travail
Des morts
Faute
De pain
Pensions
De vieux
Valide
De vieux invalides
Maisons médicalisées
Hospice
Abandon
Hospice
Cimetières
De vieux vivants
Cimetières
De morts trop jeunes
L’inconstance d’être vivant
La méchanceté du corps
L’incontinence du cœur

Les routes
Routes à l’aube
Des petits départs
Aventure de Normandie
Petite route
Des grands départs
Que nous ussions traversé
De la mer du nord à la mer d’Aral
Que je ne sais garder un cap
Encore moins grandir
Encor moins


La vie
Est
Pour certain
Faite
Des filets qui enfoncent
Les dauphins comme les requins
Bah, on n’a pas fait exprès !
La vie
Des choses blanches flottent dans les aquariums
Méduses transparentes
Elles montrent comment le corps
Sait se transformer en inconsistance

Moi
Je suis mon corps
Avec inconsistance
Moi
On ma reproché jadis
Dans une lettre
Surement de motivation
De crevette à l’agonie
Pour un boulot
De salade de la mer
Coincée entre deux
Tubes de mayonnaise
Que me reprochèrent t ont ?
Suis-je encore ?
Etre un nom trop personnel
Moi qui ai échappé à tout cours de grammaire
Comme à l’analyse de santé
La vie ne s’étoile pas dans la craie d’ardoise d’écolier
La vie
Une fillette pisse au lit d’une pension
Importe
Le sang frais
Des jeunes tuberculeux


Pour le final
Le juste final
Se rouler
Dans
La rue déserte d’un souvenir
Chaude comme le cholera
Arrosée par la magie bleue
D’un poulpe d’opium

La raison aux absences
Le cœur
Se congèle
Comme le mou du chat
Le chat
Protège le château et la princesse

Serions-nous un incendie
Faite de larme (oui au féminin
Masculin de l’antithèse)
Serions-nous une simple erreur d’équation
En impasse
Serions-nous un ouragan
Construit à main nu
Par nos chants

Mon cœur
Est ectoplasmes
(au pluriel)
En tour operateur
J’oublierai
Pas la main la main du guide
Si je la vois
Promis
Je mors
Avec la force du chien d’aveugle

Je dois avant
Cracher encore quelques glaçons pour faire passer
L’addition
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Epsilon Eridani
Bipote Saphir

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Joined: 19 Jun 2010
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PostPosted: Fri 19 Aug 2016 - 03:56    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Á toi, la Rose, à l'Avenir...
Y'a pas d'heure pour s'Aimer...
Même l'Océan, a le temps, il me l'a dit, hier encore... De la Turballe il te sourit, encore le sel aux lèvres.
L'Amour n'est pas mort, il se mue, il se meut, il transpire ton nom.
L'Amour, ce n'est pas des mots, ce sont des gestes, des gestes simples, de chaque jour, riches de leurs banalités, presque...

Tu manques à mon cœur, ma reine.
D'un potager, je ferai notre royaume, le plus beau, le plus doux, le plus proche du réel, de l'essentiel, juste pour " Nous ".

« Je crois à l’amour, je crois à la beauté, je crois à la justice, je crois malgré tout que dans cette terre le bien l’emporte sur le mal et que les hommes créeront Dieu. »

– Anatole france -

Tout est encore à faire... Mais ça, tu le sais déjà.

To you my fairy.

Comme moi, garde la foi, en ce que tu veux, mais garde la foi.

Je t'aime.
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clelys
Bipote Turquoise

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Joined: 04 Dec 2011
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PostPosted: Sun 21 Aug 2016 - 20:08    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Les démons de la nuit sont sortis ce grand soir
Avec leurs tentations ils m'ont bien dit bonsoir
Un p'tit peu éméchée je boude alors la nuit
Dans quelles conneries encore, dans quel genre d'ennui
Il y avait le whisky et ce qui en résultait
J'aurai peut-être mieux du prendre une tasse de thé
Grisée par la paresse, voilà que j'ai l'alcool mauvais
Je suis nue de mensonges, il faut que je me vêts
Encore étrange soirée qui va droit au trou noir
J'aurai pas du c'est vrai, j'ressemble à une bonne poire
Voilà qu'on est demain, et quj'sais pas c'que j'ai fait
De belles conneries en soit ou juste j'me suis défait
Peut-être encore endormie, là bas au bord des près
Je n'ai vu la lumière, n'ai pu en voir son rai
Promis j'arrête de boire, et c'est pas des conneries
Je vois bien c'que tu fais, je vois bien que tu ris
Mais c'est la vérité, aujourd'hui la dernière
Je reprendrai plus tard, à l'aube d'une nouvelle ère
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fontaine
Bipote Diamant

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Joined: 03 Mar 2008
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PostPosted: Mon 29 Aug 2016 - 10:55    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Aéroport
Aéroport
Aéroport
Une voix frêle
Me rappelle l’envol
Et l’ailleurs
La chaleur au loin
L’amour au loin

Dans l’aéroport
Des hommes sans papiert d'idenitty
go around in circles
Pendant
Que des avions se garent
Sur la ligne exactement

La ligne jaune c’est l’allée
La ligne blanche c’est l’ailleurs

Dans les duty fruits
Des rouges à lèvre détaxés
Embrassent
Des goulots de vodka glacés

Sur les dalles
Un peu d’alcool
Pleurent un peu
Des gouttes de javel
Du personnel d’entretien
Avalent ces gouttes
Prisent dans le froid de
Leurs abandons
Par ces femmes un peu paumées
Qui savent
Accomplir
La maternité
De leurs melancolies

Les amants
Commandant en vol
Glissent sur les
Escaliers mécaniques
Interminables
Beaux
Sous les puits de lumière
Des étés de départs
Dans le dépaysement des sens
Le rose des chairs
Sentent
Les crèmes
Des peaux chaudes des aventurières
Des regards
Epient les lignes de chances de ces mains expertes
En séduction acrobatique


Ces hommes
Généreux
Glisse des pièces d’amour
A des filles
Pickpocket de passage

Mais les amants
Sont boudeurs
Gardent leurs tempos reproducteurs
Se gardent
D’afficher la même heure
Détestent répondre à l’appel
Déchirent l’humeur aux moindres faiblesses du cœur
Et tu te retrouves
Comme une plage oubliée par ces marées basses
Qui console les âmes abandonnées

Tu traines
Ton décalage horaire
Comme un peu
D’excès de rouge
Sur tes lèvres

Les poches
Emplies de
Cartouche
Je prépare
Une petite mort
Comme un point
Sur la carte
Un Symbole :
Belvédère
Sur le lit
La réédition des corps épuisés


Les poissons
Sans eau
Reconnaissant
Meurent un peu

La transition terrestre
L’écorce amère
Le sang des scarabées est violet
Comme le sang de jeunes filles opiomane

Les jeunes filles opiomane
Rejoignent
Dans la fumée de leurs désirs
Des hommes
Aux regards noirs
Qui les abandonnent
Aux bandes d’urgences
Des périphériques

Pas grave
La vie tourne en rond
Comme les étoiles
Sur la ville
Sous des dômes
Des astrophysiciens
Font des équations
Pour reconnaitre l’infini

La- haut
Les avions attendent
L’ordre d’atterrir
En bas
La fille que je suis
Guettent des anges
Dans un ciel absent
Reste
Le gros des tempêtes intérieurs
Et la tempête court après quelques hémisphères

La bouteille que je berce dans mon cœur
Va encore jeter l’encre
Va encore jeter l’encre
Les calamars des grandes profondeurs applaudiront
A ce spectacle trop rare
Des femmes qui prennent l’eau
Mais resterons sèches
Le jour de la grande interrogation
De la conscience
Je n’ai pas trouvé
Le moyen d’échapper à l’emballement de mes errements
Je n’ai pas trouvé comment ne pas jouir
D’un cerveau
Enfermé dans les trois nodules de la fusée
Et qui se séparent en pirouette loin au dessus
De l’océan pacifique

Des avions volent sous les étoiles
Des avions volent sur des villes prisent de nuit
La lumière des rues pavillonnaires transperce le mystère
Des nuits de l’univers
Le chant des genouillés est de plus en plus faible
Les baleines nous oublient
Les hommes défoncent les nuits à coup d’ampoules jaunes
Ou orange
Ou verte
Les phares rouges des berlines s’effacent au loin
Nous tuons la nuit
Pourtant les draps
Respirent encore
Reste aussi
Dernier témoin des nuits sur terre
Un peu de sueur d’effort
De nos derniers ébats
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fontaine
Bipote Diamant

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PostPosted: Thu 1 Sep 2016 - 16:52    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

partance


Je marche dans la ville
Mes idées courent devant moi tels des chiens mexicains
C’est un film aphone en noir et blanc
Où les ombres sont partie à l’anglaise
Le cerf volant attrapé laisse dévaler ses sorts sur le coq de l’église
Comme cette petite boite de coquillages, qui renversé, jette sur les damiers du tapis persan des breloques éparses : trèfles, fer à cheval, un 13 en émaille
Messes basses avec la chance

Je marche toujours dans la rue
Sur la route, l’ombre des réverbères dresse des échasses qui grimpent aux murs
La partance est comme une balancelle pour petite fille pas très sage
La curiosité est une cerise
Dans un même ticket vous pourrez visiter le blanc mausolée des reines et l’extraordinaire architecture d’une pièce montée
Un chemin refuse d’aller à Rome
Dans les nuages flottent les iris mauves des yeux des aveugles de guerre
Parfois ils se touchent, crèvent et pleurent sur le trottoir
L’eau rose de nacre s’enroule aux pieds des passants comme des serpents voleurs
Apres une dévalisassion des figures, elle s’engouffre dans le caniveau pour le chant de l’eau des bas fonds
Les poètes de bas fond fument de longues pipes à opium sous des lampions rouges
Ils écoutent le chant de l’eau des bas fonds
De leurs lèves s’échappe une fumée qui joue jusqu’au ciel
Au milieu un avion traine ses ailes


Je marche toujours dans la ville
Je m’arrête devant une cabane surmonté d’une étoile à cinq branches
Une cartomancienne boit des coups et coupent les cartes
Les soleils du tarot m’annoncent que j’aurai de la chance à minuit
Je regarde à la fenêtre
Sur le rebord
Un rose meure un peu de phtisie
Je vois
Des poètes font la queue pour traverser le miroir
Je prends la queue derrière les poètes
L’amour des fuites est général
Mais le monde rattrape ses anges et ça s’appelle le sevrage
Les anges connaissent leurs mantras
Leurs cris rayent les couloirs à coup d’aile rebelle
Le destin des fautes est aux objets trouvés
L’eau des miroirs tremblent un peu
Apres une bousculade
Derrière le miroir
Les poètes s’ébrouent un peu
En râlant beaucoup
Je m’étonne de la propreté des lieux
Un lapin blanc me prie de mettre des patins et des gants
Le merveilleux est très salissant, ajoute t il
Là-haut vole une bouche rouge
L’amour embrasse les voyageurs clandestins
La folie n’est qu’un tour operateur
Ceci n’est pas un poème
Mais une pomme d’amour
L’œil est un cyclope
Les monstres sont des animaux de compagnies fideles
Le port et la marelle du jeudi, s’en sont allés ailleurs
Je garde dans la main la pierre qui me mènera à l’enfer
Je suis une femme en partance
Le monde à cloche pied n’offre pas de vague
Je suis une femme en partance
Qui boit la tasse
La peine à perpétuité
Des nerfs en pelote
L’absinthe verte
Des rêves
Perd
L’esprit
La raison est un poker menteur
Je n’irais plus au bois
Les lauriers sont coupés
Et le chemin
Depuis longtemps
Effacé
Par les pas
Du commis voyageur
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clelys
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PostPosted: Sun 2 Oct 2016 - 21:44    Post subject: Poésie : Le mois du cancer du sein Reply with quote

Il est de ces mois
Où l'on parle moins des émois
Mais plutôt du fléau moderne
Des malheureux cancers du sein
Nous sommes dans la prévention
Malheureusement, pas assez d'intervention
Malgré cela ces quelques lignes...
Qui nous amènent dans les vignes
Des bonheurs en tout genre,
Qui soulageront les malades ;
D'être entendus, d'être dépistés
Il faut !

Combattre encore !
La femme est Reine
Mais souffre en peine

En avant la recherche
C'est tout ce que je cherche !!!
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clelys
Bipote Turquoise

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Joined: 04 Dec 2011
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PostPosted: Mon 3 Oct 2016 - 06:13    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Septembre
La tendre
Octobre
Ses arbres
Novembre
Je tremble
Décembre
On s'offre, des ambres

Janvier
Une histoire de calendrier
Février
S'échinent les lévriers
Mars
Le temps nous harasse
Avril
On se découvre...d'un fil ?
Mai
Te poses-tu des questions, des mais ?
Juin
De nos mains, on les joint
Juillet
Œil affûté, joindre les pointillés
Août
Que j'préfère (c'est la ouate)

Juste une histoire
de moi
de mois
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clelys
Bipote Turquoise

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PostPosted: Mon 3 Oct 2016 - 06:14    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Marie-Yvonne
Était bien On
De ravir, son bien aimé
En l'invitant à ses mets
Elle se sentait si lointaine
Du sentiment de haine
Qu'elle s'alanguissait
Doucement enlacée
Dans les bras de la tendresse
Elle paraissait paresse
Mais n'était qu'ivresse
D'aimer, d'hier, du jour
Elle sonnait le pourtour
Du sentiment d'Amour
Elle avait là bon goût
Elle lui offrait engoue-
ment
Mante religieuse
Elle était très pieuse
D'être cantatrice
Comme une belle actrice
Marie-Yvonne
Était bien On
Elle ne demandait pas l'aumône
Mais se sentait si bien d'automne
Qu'elle se parait d'un manteau de velours
Et que son homme, son ours
La regardait en appréciant qu'elle le gardait
Si près de lui, si contre, si contre...
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clelys
Bipote Turquoise

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PostPosted: Mon 3 Oct 2016 - 17:46    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Une nouvelle , pour changer.

Vue d'esprit

Cléa portait une robe de velours rouge. Elle espérait alanguir les passants masculins. Qu'ils coulent de sueur en pensant à ses jambes. Et qu'ils aient le cœur rude à la vouloir aux sentiments. Elle, elle s'en fichait, elle se savait belle et soupçonnait que tout le monde lui dirait toujours oui. Elle n'avait pas froid aux yeux. Dans sa petite robe, elle s'imaginait choyée. Mais en fait, celui qu'elle aimait, c'était Lucas. Sauf que Lucas, c'était bien le seul qui ne s'intéressait pas à elle. Elle avait beau tout faire, efforts et contraintes, il lui tournait le dos.

Un jour qu'elle fut confiante, elle retourna le voir, malgré son dernier vent. Elle lui pria l'amour, dans tous ses détours. Elle lui montra ses formes en louant sa luxure. Elle détacha ses cheveux, les enroula autour de son doigt. Quel signe de plus, à lui montrer ?

Sauf que Lucas lui, il n'aimait pas les femmes présomptueuses.
Il préférait là Claire, qui était toute timide. Claire, elle n'avait pas de robe de velours, mais des petites jupes bleus qui soignaient bleus à l'âme. Pour Lucas, c'était elle la plus belle, et son impopularité était signe de son ouverture d'esprit. A ce jeune âge, on préfère la beauté des sots à l'esprit des jeunes femmes à l'acné et à la chevelure dense.

Pourtant Claire, elle était belle de l'âme. Et comme un bon vieux fût, en vieillissant elle deviendrait bien plus belle que Cléa. Parce que sa maturité sera le signe de son visage. Pendant que Cléa fanera de son cerveau malhabile.

Lucas décida donc, de lui offrir des fleurs, et ceci même à la vue de Cléa. Claire, déjà rouge de peau, n'en pouvait que rôtir. Elle n'avait vraiment pas l'habitude, et c'est une certitude, d'être convoitée ainsi.

Elle, la jalouse de Cléa, avait là sa revanche. Et c'est bien vers Claire que Lucas se dirigea pour lui susurrer tendrement à l'oreille : sortons donc ensemble.

Pas besoin d'une taille fine, pas besoin de longues jambes, il y a la vue d'esprit, et là c'est du concret.
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fontaine
Bipote Diamant

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PostPosted: Thu 6 Oct 2016 - 09:50    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

bonjour tous le monde
bonjour clelys
je trouve très beau que tu puisses maintenir un joli esprit de création malgré tout tes déboires financiers/administratifs/cœur
bonne journée !
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clelys
Bipote Turquoise

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PostPosted: Fri 7 Oct 2016 - 12:50    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Je te remercie infiniment fontaine, l'écriture est ma passion, je n'arrête jamais

voici une autre petite nouvelle :

Jeanne n'inventait rien. A sa meilleure amie, elle lui confiait qu'elle avait vu Venise. Ses gondoles et ses gueules d'anges à auréoles, au dessus des églises. Mais l'amie en question, n'avait jamais voyagé, et ne pouvait croire au monde qu'à travers son livre de géographie. Triste réalité, que ces deux amies de strates différentes. Alors Jeanne contait, contait, contait encore. Pour essayer, de son cœur, d'en faire sortir de l'or. Madeleine, elle s'appelait, l'amie. Madeleine était bien triste, de ne connaître que son village rural. Pourtant, elle était l'amie des vaches et des pâquerettes. Mais elle n'avait même jamais vu la mer. Et ça, ça lui manquait. Même si parait que quand on a pas connu, on a pas le besoin. Mais elle, elle prenait des grands bains où elle rajoutait de l'eau salée, alors si, elle en avait le besoin !

Le truc idyllique c'est qu'y avait un concours à l'école. A celui ou celle qui écrirait le meilleur poème sur la mer.....gagnerait....un voyage à la mer !

Crotte, fallait que ce fut Jeanne qui gagna. Avec un simple début de :

" Venise, je t'ai fait la bise
Nous scellons notre brise "

Mais voilà que Jeanne, c'était une chouette copine. Elle raya son nom de la copie et y mis le nom de Madeleine.

Maintenant, Madeleine avait un grand bain.
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fontaine
Bipote Diamant

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PostPosted: Tue 11 Oct 2016 - 14:28    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

TF1

D’ordinaire,
L’indifférence
Se joint au mépris

Pourtant
J’ouvre ta lucarne
Pour
Savoir
Les vioques
Pourquoi sont devenus teigneux
En plus d’être vioques

TF1
T’es jamais
Décevante
En créativités
De phrases courtes
De petites remarques
De ton jeu de guignols
De ta purée morale
Pauvre peuple guéguerre
Qui hère
Sous les coups des laxo-socialo-élito-bobo-nudo-marxiste
Voir quelques que bipolaires
Quant ils manquent des musulmans
Et vice versa

TF1
C’est l’étude des bornes
Entre l’information
Le message
Et l’éthique qu’on se donne

Mais c’est le grand
Katerina des bornes
L’ouragan
Des vengeances à venir
Des postes à lever
Bientôt sonne l’ouverture de la chasse
Le chômeur
L’étranger
L’homme qui lit
L’homme qui rit
La plus insigne différence
En tête du carnage
Carnage
C’est belle tète de cerf qui décore un salon
Berce d’un regard d’une tristesse intelligence
Assassinée
L’imbécile regarder sa télé

Mais bombarder ALEP !
Trois noms raisonnent
Dans mon cœur
à l’abris dans le vieux rose de ses murs
Varsovie
Sarajevo
Alep
A croire que même l’été puisse un jour fuir aussi
A voir les yeux noirs des enfants cernés
Le son de leurs rires étouffés sous les ruines et les larmes des deuils qui se succèdent

TF1
Ce jour :
L’armée syrienne aura la peau des rebelles !
C’est une question de quartiers
Petits détails
Simples toits
Simple logis
A dégommer

Fruits et légumes croulent des étales des marchés
Marchés du bon coté
Et la fâcherie
Poutine ne veut plus aller en France !
Rapport à l’incorrection d’un gouvernement
Qui se rappelle
Comme on se rappelle d’une bouée de sauvetage
Quand le bateau est sous l’eau
Qui se rappelle
Des lois humanitaires

TF1 t’es pas brillant d’ordinaire
D’ordinaire
Je t’observe comme un miroir mauvais
Renvoie
Des images torves de nos vies

Serais tu devenues chienne atteinte de rage
Seras tu prête a distiller cette rage
Cette bave
A ceux qui ne savent pas
Qu’un petit bouton
Peuvent couper le débit
Puant comme une mauvaise bière
Verser dans le sordide des bars-tabacs
D’certains nombres de cons

Les mots sont des balles
Offrant des blessures invisibles
La démocratie est un cadeau transparent
Le racisme ne sonne pas sur un compteur Geiger
Les mots sont des balles
Lentement elles se défragmentent
Au creux des cerveaux
De l’homme
De la femme
Possédant
La main sacrée d’un sacerdoce simplement civique
Mettre une enveloppe dans une boite

Main sacrée
Poignée blessé
J’écris d’un doigt
D’une main unique
Une colère aussi blanche
Que le plâtre de ma petite poignée
Et le chat qui cherche à tout prix
Sur la clavier a ajouter
Des lettres à mon petit texte
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fontaine
Bipote Diamant

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PostPosted: Wed 12 Oct 2016 - 18:02    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Felix chat philosophix


Dans le bois magix
De felix
Se cache
Les abandonnés de la félicité

Dans des forets d’ifs
Offrant une ombre froide
Sans concession
Se promènent
Des hommes
Des femmes
Au bord d’une résiliation
D’avec la vie
Ici
Le suicide
Est une idée en voie d’exploration


Les épaules voutées
Ils attendent
Sans y croire
Le bonheur
De médicaments
Technique et rudement pratique
Quand
Les voix des sirènes
Cachées nues dans les nuées d’un soleil ardent
Ne sont plus entendues

Le bonheur
Faute de l’offrir
On le fabrix

Pour quelques jours
Le temps d’une garantix
On offre l’abrix

Garantix
Égale
Pépettes
Travail
Sécu
Surtout
Pépettes
Eviter les HP publix
Qui mêlent leurs publix
Sans faire de trix
Soie ou lin
Coton ou synthetix
Dans le même bain
Sans même
De pochette antix décolorante

Le frix
Le pezzz
Solutions
Magnifix
Pour ce monde
Boulimix
En thune
En thune
Faut que ça sonne

Ou que ça fuix
Des fuites
Dans des iles
Caïmans fixent

Les rats quittent le navire
De plus en plus loin
De plus en plus cachés
Et tant pis
Aux marins abandonnés
C’est tout les jours
Le radeau de la méduse
Idem
Sur terre ferme

Ils
Planquent prudemment
En attendant la fin d’un sentiment
Pressentix
De catas (au plurielles)
Un cholera de misère
ou la misère d’un cholera au fond des rues de nouveaux bidonvilles amovible
Calais
Vintimille
Les mers en générals
Sous les ponts du métro
Dans chaque trou
Sur chaque aérateur de métro, de parking
Cartons amovibles qu’on dégage à coup de bottes
Et de trix
Bah !
Ils vont ailleurs
Nos magasins avalent sans cesse
De nouveaux produix
Et vomissent leurs cartons aux rythmes de leurs appetix
Effrénés
Alors
Normal qu’ont enfuisse sous cet océan de cellophane un peu de vie
Une peau noire faute de soin
Une peau noire faute de choix
Des rêves noirs faute d’espoir
Des souvenirs noirs de trop de morts
La prochaine guerre ne sera toujours pas
esthetix
Malgré les efforts de maquillages
Des supers stars de l’info pour tous
Qui fixent
Les idéaux à coup de clou
Mediatix

La prochaine guerre est déjà là
Dans la gorge des affamés
Dans les plans des affameurs

C’est la le rôle de felix
Chat philosophix
De Rappeler
Que le bonheur existe encore
Faut juste
Dégager les puces

Un faux pas
Tu te débrouille paxe
Dans des déclarations automatix
Qui automatixent des gens
Dressés à virer
Les plus petits de soix
Faut que ça marche
Ou que ça décroche

Aux téléphones
Des gens
Cherchent
A trouver des mots
disparux
Faute
D’abonnix
Au numéro

Machine
Hachoir mecanix
Comme les abattoirs
Des vaches qui beuglent encore
Dans notre assiette
Nous avons
Imposé
L’abattoir a humain
Qui beuglent encore
Dans leurs pissent sur les quais
Ou sous des forets de salpêtre
Qui beugle
Dans l odeur de leur urine
Ou sous la folie d’un gros rouge
D’humains abandonnés

Dans la foret magix
Du chat Félix
Pour quelques derniers deniers
On fait croire
À des lendemains
De béton qui chante
Oui
Je sais
Il y a des chouettes filles et des chics types
Prix
Dans les doigts dans la retorix
Des réparateurs
De bonheurs
Sous pression
Eux mêmes

Felix lui est calme et serein
Il distribue sa nonchalance
Un peu
À chacun
Faut dire que Félix en cas de mauvais temps
Un moment de flottaison méthaphisix
Il sait croquer la sourix
Ça fait couic à l’aube
Et vive felix
Le chat philosophix
De ma clinix !


Ps : je rends hommage au correcteur automatix de mon micro qui perd son zen
Devant tant d’égratignure de la langue de Vercingétorix
En plus de mes fautes classix
De cancre fatalix
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fontaine
Bipote Diamant

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PostPosted: Sat 22 Oct 2016 - 10:52    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Ici
Dans un nulle part
Je suis allongée
Les yeux grands ouverts
Plantent leurs cils dans le ciel
Des nuages miroirs
Lâchent leurs pluies
Sur mon corps
Le ciel
Lave
La mer
Dans un nulle part
Je suis une respirante horizontale
A la pensée diagonale
La pluie alcaline
Arrose mes rêves
Une chose pousse dans ma tète
Une graine
En forme de haricot
Tricote
Des lianes et des feuilles
Escalier
De la terre et du ciel

J’autorise
Mes mains
A entrer en terre
Parler aux morts
Ceux là
Ont d’autres racines
Blanches et molles
Invisibles
Elles trainent en étoles
Flottant
Autour des coups de cygnes
Des enfants sauvages

Jadis
Des ogres
Plantait des jardins
Tomates, haricots, cerisier
Jadis les ogres creusaient des balançoires
Il promenait sa petite fille blonde dans la 4 ailes
Elle riait inconsciente
Du temps
Du temps historique des chroniques familiales
La rancœur, l’envie, l’avarice
Mais tous champs
Abritent
Ronces, orties, digitales
Fleurs d’ombres et d’oublies


Ici
Dans un nulle part
Je suis allongée
Les yeux grands ouverts
Plantent leurs cils dans le ciel
Des nuages miroirs
Promènent leurs pluies
Sur mon corps
Dans mon songe
Pousse des lilas
Dans mon sang
Un alcool de parfum de lilas mauve
A pénétrer bien au delà de l’artère
Dans les os : lilas
Dans les nerfs : lilas
Dans le ventre : lilas

Grandies
Les petites filles
Avalent l’oublie
Les mains chargées
De Ronces, orties, digitales
Elles vomissent des lilas vengeurs
Alchimie
L’homme en méfiance éternelle
Nous appellent sorcières
Nous les porteuses des chants passées
Homère fut il homme ?
Les femmes furent pleureuses
Sabordant
Arrachant
Leurs cheveux
Morceaux de peaux
Pièces de cils pointus
Sur le chemin des morts
D’os et d’or
Incantations
Eternités
Mode d’emploi
La pleureuse
La vestale
Se donnent
Déchirant
L’air invisible de leurs griffent de sang
Pour le chemin du mort
Balayer les petits cailloux
De leurs mains saccagées
De leurs mains sacrifiées

Mais la balade
Le chemin du mort
Sans cesse recommencé
Au milieu de nuits de feux
Ce chemin de mort
M’habite
Serais les larmes d’un autre
Que je ne cesserai
De verser
Douleur hémorragique
D’une peau décidemment trop blanche

Je suis de cette histoire ancienne de liens brisés
Ariane fût
Morte de si longtemps
Qu’un seul fil édenté
Donna
Une toute petite berceuse
Je suis cet esprit déchiqueté
En petit morceaux
Par un griffon antique

Devant la bâtisse
Je creuserais bien
Comme un basset
Comme un renard
Comme une taupe
Pour retrouver
Un reste de maison ancienne
Archéologue de mon enfance première
A la recherche d’une dent d’ogre
D’un mouchoir à carreaux
D’un verre de rouge
Ou d’un coquillage
La boite a bijoux de grand mère
Beau
Comme un trésor de mer

Psyché étonnante
Je dessine
Des memos
Piégés d’abysses
Est-ce la mer que je suis obstinée à avaler
Est-ce le silence qui tue ma gorge
L’alcool
Est une vie sous marine

Un serpent de mer ponctuel
Pique
A des heures inusagées

Post it
A coincer
Dans le vent en ribambelle
Se méfier des nuages miroirs !
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Epsilon Eridani
Bipote Saphir

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PostPosted: Sat 22 Oct 2016 - 11:51    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

J'adore te lire Fontaine, c'est fatalix.

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fontaine
Bipote Diamant

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PostPosted: Sat 22 Oct 2016 - 17:57    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

merci epsilon eridani
il y a des choses que je ne sais jamais
ma gauche et droite (il faut éviter de me demander un chemin)
leur et l'heure/tout ou tous
et les symboles masculins/féminins (tu me dira que je pouvais procéder par comparaisons, mais je ne suis pas la plus maligne du lot)
je passe sur l'explication imagée donnée par mon mari pour me fixer l'idée en tête
et donc
merci Charly!
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Epsilon Eridani
Bipote Saphir

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PostPosted: Sun 23 Oct 2016 - 02:20    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

fontaine wrote:
merci epsilon eridani
il y a des choses que je ne sais jamais
ma gauche et droite (il faut éviter de me demander un chemin)
leur et l'heure/tout ou tous
et les symboles masculins/féminins (tu me dira que je pouvais procéder par comparaisons, mais je ne suis pas la plus maligne du lot)
je passe sur l'explication imagée donnée par mon mari pour me fixer l'idée en tête
et donc
merci Charly!


Je ris à l'idée de l'image qu'a pu te donner ton mari.

Pour ceux-là de symboles masculins/féminins ?




Merci de rien,

Charlie Razz


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fontaine
Bipote Diamant

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PostPosted: Tue 15 Nov 2016 - 11:15    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Une ville en baie de somme

Quand le ciel
Lèche la terre
Le nuage prend la route
Il Laisse comme une trainée d’escargot
Une brillance
Sur le bitume
Un baiser aux feuilles des arbres
Givre leurs derniers émois
Quand le ciel
Entame
Bonhomme
Sa balade des bords de mer
La mer ralentit infiniment
Infirment
L’écume est distraite
Les coquillages sont perdus
Comme les rares châteaux de sable
Encore prisonnier du marchand de sable
Ont oublié les visages
Les mitaines
Des enfants démiurges

Le brouillard est un royaume
Dans sa langueur
Dans sa cruauté
Il clou le ciel
Au bois des passerelles
Des chemins de dune

Novembre
En baie de somme
Peu de mer en somme
Une départementale s’enfonce
Dans l’appel blanc d’une mer qui se refuse
A peine
Un bruit de houle
A peine
Des cris de mouettes
La bas un chien fou courent
Toute langue pendante
Traverse l’inconnu
Prêt à aimer
Tout inconnu

La ville
Est fixe
Comme un cristal de gel
On bouge tout doucement
On parle tout doucement
Pour ne briser
Ce charme
D’un silence à l’écoute des brumes automnales
La ville hors saison
S’offre enfin
Aux émois serrés du ciel et de la terre

La boutique des jeux d’enfants
Est enfin fermée
Le cerf volant peut dormir tranquille
La boutique de pull
Solde ses invendus
Quelques mailles un peu défaites

Reste le café des habitués
Avec le journal du pays
Le croissant du boulanger

Une église marque onze heures
Pour rappeler le court des choses

Alors dans le brouillard
Emergent quelques vieilles femmes
Elles vont à la crevette et aux soles
Puis aux légumes de saison
Font la queue
Parle un peu
Le caddie plein
Elles s’en retournent dans le brouillard

Le vieux aussi
Apres les nouvelles du jour commenté entre vieilles canailles
Un peu de mauvaises fois
Un peu de grattage
Un peu de météo
Alors le vieux aussi
S’en repartira
Rejoindre sa vieille
Dans le brouillard

Novembre
Le ciel se promène
En ville
Dans l’église
Des bougies brillent devant des bateaux de bois
L’église est un port
Pour les morts en mer
Novembre
Le ciel se glisse jusque dans les veines des humains
Un peu d’eau salée et beaucoup de solitude
Des arbres chercheront leurs socles au fond des marais
Des canards chercheront les joncs des marées
Glisse une mélancolie fine comme un feu de cheminé

Ici des cœurs fantômes passeront l’hiver à même le ciel
Des anges descendront un peu
Dans l’âtre de ces maisons si ramassée d’isolement
Des anges descendront un peu
Il s regarderons avec les vieux
Un peu la télé
Et ne manqueront pas
De caresser le chat

Ici
Il faut croire à la mer
Comme au saint esprit
Sauf à disparaitre des choses vivantes
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fontaine
Bipote Diamant

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PostPosted: Sat 19 Nov 2016 - 19:28    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

L’école oubliée


Quatre tables assemblées
Une chaise au dessus
Moi sur la chaise
La chaise se perdant dans la fente des quatre tables
Je chutais
Rigolade
Je rechutais

On travaillait vaguement la peinture de model
Promesse
Putassière
De l’école
Qui vendait des chaises et des tables
Aux recalés
Des machines académiques
A l’ambition rance des filiales parentales
Coincés dans la constipation de leurs frustrations
L’œuf poussé de part en part
Rebondit a coté des portes d’entrées rêvées
« polytechnique » « centrales »
Dés le premier le premier pas des juniors
Noyés
De dentelles
« Tartine et chocolat »
L’école
déchique
Le grelot des rires d’enfants
Ronge à l’acide
Comme un peu de vinaigre
Sur l’espace inconnue
D’une pauvre moule
L’école tue les souris et les grenouilles
Les nerfs
Les chaires fragiles
L’école tue jusqu'à circulaire contraire



Soudain
Un visage blême
Intègre jusqu’au bout de ses nerfs
Le mauvais marché
De l’amour parental
Il les contemple s’agiter en fins de trimestres
La voila livrée en pâture
Entre Enclume et marteau
De choses extérieures
Pleines de griffes et de reproches
La cohorte des juges
La folie parentale
La voix des professeurs
En académie imbécile
Les mains pleines
Du régime Bananai
Du
Par cœur
Qui se chante
De clos en clos
De classe en classe
Tel
Un chant légionnaire


J’ai beaucoup crié
Ce crie rouge sortant de l’air bleue
Une peur bleue
Enfermé dans l’espace noir
Des pleurs sans espoirs
Des enfants
Sans martingales
Sans fées
Sans chemin de traverses
Sans autre choix
Que de respirer
Ou de ne pas respirer
Respirer
Ou ne pas respirer
Est la question s’impose
Dans le noir de la chambre

Exister encore un peu

Sur ma chaise
Plantée instable
Sur 4 tables
Les joues en feu
La jupe en flanelle
Je savais
Tous ces petits dessins
Anne en santiag
Anne en culotte
Le soir
Encore
Un soir
Dans le métro
Je serais raccompagnée
Par des petits hommes
Blessant comme pour la première fois
Ou en goutant
L’humiliation
Des jeunes filles
Comme un vin nouveau
Le premier plaisir de jeunes brutes

Respirer
Ou ne pas respirer

Le frôlement des peaux vipérines de requins marteaux
La violence en folie libre de mon père

Respirer
Ou ne pas respirer


Les nerfs en armées
Imposèrent leurs choix
Ma voix s’est éteinte

Puis encore
Le cerveau est un cheval sauvage
Il sut chercher
Des landes pour ses mustangs
Ses nerfs lâchés en libertés dans la plaine
Trouvèrent des mots arrachés aux bourrasques des vents contraires

Non
Des démons prirent la liberté de m’approcher
Chiens fideles
Ils règnent à mes pieds
Déchiquent à leurs tours
L’ombre
D’un chagrin
Le passé aussi
Comme une tour prise
Sans pitié

Dire encore
Sur « l’école »
J’ai rencontré le livre de Germain Bazin
Conservateur du Louvre
Son livre d’histoire de l’art

Encore tout juste sauvé de ma cave

Un albatros a coincé son vol
A l’entrée d’une artère

Une graine à surgis
Péniblement
En cette terre de bruyère arrosée de pleurs
Les mots
Je devins une fille à mots

Un démon s’enroula
Comme une pousse d’haricot magique
Echelle
Entre terre et ciel
Alcool
L’alcool
Sera toujours le raisin
Fermenté
Un vomi de cimetière


L’alcool
Sera toujours
Une larme
Une rivière
Un fleuve
Des corps perdus
Je sais de vieilles tombes
St germain de Tournebus
Ou l’eau beigne
Les pleurs des tombeaux

Au gros des tempêtes
Par jour de chance
Os jeunes ou vieux
Suivent le ruisseau endiablé
Jusqu'à
La mer
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fontaine
Bipote Diamant

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PostPosted: Sun 27 Nov 2016 - 19:28    Post subject: Textes de bipolaires Reply with quote

Il était une fois Dieu
Seul devant le miroir
Dieu
S’étonnait d’être Dieu
Puis
S’ennuya un peu d’être Dieu
Seul devant le miroir

Fiat lux
Les planètes et les soleils
Le repos le dimanche
Le premier homme vaguement naïf
La première femme vaguement perverse
Un animal suffisamment malin
Casting hollywoodien
Pour foutre le boxon au jardin et dans le couple
Dieu
Comprit
Que ça dégénérait
il s’empressa de donner des modes d’emploi
Un peu en toutes les langues
Comme un mode d’emploi Ikea
Juif
Arabe
Grec
Romain
Chinois
Indien
Aborigène
Hindou
Nigérien
etc.
Il ne pensait pas
Qu’on se battrait
À cout de cocotte minute
Voir pire
Sur la cuisson du mouton ou du cochon
Aussi
Dans ses guides
Il est devenu un peu prudent
Il délègue à quelques anges
Transparents et sans sexe
Pour éviter les histoires
Vu que ces ouailles
Des histoires
Des légendes
Des testaments apocryphes
Des commentaires
Ils savent faire
Plus que nécessaire

Dieu a doté l’homme d’imagination
Ça le gondole tous ces trucs qu’on invente
L’horoscope
La balançoire
Les bigoudis

Ça l’inquiète aussi
La chasse à cour
La chaise électrique
Le libéralisme

A ce stade
J’aime à supposer
Qu’à force de cris et de foires d’empoigne
De coups de canon et d’explosifs
Tout le boucan
Ça doit lasser un peu en haut
Je crois que Dieu porte des boules Quiès
Depuis un petit temps

Reprenons
Il a créé l’homme
Puis la femme
Bref les humains qui se mangent entre eux
Les animaux qui se mangent entre eux
Les arbres qui ne pourrissent la vie à personne
(De sorte
L’Amazonie sous le bruit des tronçonneuses
Agonise en silence sous l’envol affolé des aras bleus)
Les vacances à la mer et les méduses
Et les vacances à la montagne et les moustiques
La syphilis
La sclérose en plaque
Les tumeurs
La vieillesse

Parfois
Il voudrait bien s’excuser
D’erreurs de jeunesse
D’un peu trop d’enthousiasme
Parfois il fait un miracle
Au hasard
Il tape dans le tas
(Ce qui donna à l’homme
Une révélation
L’invention du poker et du loto)

Parfois aussi il laisse
L’échelle
Pour monter sur son nuage

En bas
On gère le bazar
On bricole des philosophes qui bricolent des théories
Les plus inspirés trouvent des formules mathématiques
Pour rendre le monde plus simple et plus compliqué à la fois

Des pierres et des pierres
Ont été déterrées transportées, roulées, trainées, taillées, poncées
Le sphinx
Le Taj Mahal
Angkor
La cathédrale de Chartres
Un peu de pouvoir pour nous
Un peu de pouvoir pour lui
Hygiaphones
En direction du ciel

Mais les spécialistes de dieu
À force de sérieux et de pénitence
Donnent
Des rêves
De vacances
Vacance du ciel
Vacance de la terre
Courir nu en liberté dans le vent chaud du soir
Sous une nuit étoilée
Soudain rendu à sa simple réalité
Un gout de total
Gratuité
Le sentiment
Du plaisir
et
Rire
Rire
Faire le singe
Faire les clowns
Faire des tours

Un jour des hommes
En veste noir
Cape rouge
Chapeau clac
Allèrent de ville en ville
A couper des femmes en morceaux
A disparaitre dans des malles
Mais surtout
A faire sortir
Des petits lapins de leurs chapeaux

Le lapin
Les moustaches en bataille
Une oreille en point d’interrogation
Vu qu’il ne comprend pas grand-chose
Apparaitre
Disparaitre
Apparaitre
Disparaitre

« Macache » a fini par dire le lapin
La vie est trop surprenante
Pour disparaitre sur commande
Et ce fut la débandade
Certains s’enfuirent avec des montres
D’autres à dos de tortue
A coup de tunnels
Ils niquent bien des pistes d’avions
Et de générateurs électriques
Scient les mats et les rames d’un bateau
Dieu considéra les lapins avec intérêt
En découvrant l’apport des nigauds au sel de la vie

Et Dieu ouvrit son propre chapeau clac
Tira par les oreilles
Les idiots
Les candides éternels
Des fous chantant
Des fous peignant
Des poètes

Dans bien des villes
Dans bien des lieus
Ils sont accueillis à coups de pierres

N’empêche
Dieu persévère dans cette magie
Sortir fous et folles
Qui par l’or de leurs larmes
Façonnent l’âme de l’humanité.
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